Les fêtes des semences 2017

Fête des semences de QuébecC’est bientôt la saison des fêtes des semences et leur popularité ne cesse de croître chaque année. L’instigatrice, feu Diane Joubert, n’aurait probablement pas cru qu’un jour, cela aurait pris une telle ampleur depuis la première édition au début 2000.

Quoi qu’il en soit, ce sera l’occasion de rencontrer en chair et en os des producteurs de semences ancestrales, écouter des conférenciers, faire des échanges et rencontrer d’autres passionnés voire faire la fête. Et j’ajouterai que j’offrirai une conférence pour la première fois à celle de Québec. Pour les jardiniers passionnés par le patrimoine horticole, ça vaut le détour puisqu’il y a de nombreux collectionneurs de variétés rares à des prix très raisonnables. Nous vous dressons la liste chronologique de quelques endroits où vous pourrez faire le plein de trouvailles inusités et de trésors horticoles qu’on ne retrouve pas dans les grandes surfaces. L’entrée et les activités y sont habituellement gratuites, mais il peut y avoir des frais qu’on ne s’attend pas. Par exemple, dans certains endroits le stationnement est payant. Renseignez-vous en consultant les liens suggérés.

Samedi, 4 février (10:00 à 16:00)
Remis au 5 février en cas de mauvais temps.
Nicolet, Centre des arts populaire, 725, Boul. Louis Fréchette
Pour information: Consultez leur page Facebook.

Vendredi le 10 février (12:00 à 17:00)
Samedi et dimanche les 11 et 12 février (9:00 à 17:00)
Montréal, Jardin botanique, 4101, rue Sherbrooke Est à Montréal
Pour info: Luis Gomez (nourrir@alternatives.ca) ou consultez leur page Facebook

Samedi, 18 février (10:00 à 16:00)
St-Vallier-de-Bellechasse, École La ruche 364, rue Principale
Pour information: Coopérative La Mauve ou 418 884-2888

Samedi, 18 février (9:00 à 16:00)
Sawyerville (Cookshire- Eaton), 18, rue Principale Nord, complexe Ramana
Pour information: Consultez leur page Facebook

Samedi, le 18 février (10:00 à 14:00)
Morin-Heights, United Church, 831 chemin du Village
Pour Information: morinheightsmarket@gmail.com

Dimanche, le 19 Février (10:00 à 15:00)
St-Appolinaire, Centre communautaire, 83, rue Boucher
Pour information: Société d’horticulture de Saint-Apollinaire ou consultez leur page Facebook ou encore Anne Gauthier au 418 886-2874

Samedi et dimanche, les 25 et 26 février (10:00 à 16:00)
Sherbrooke, Serres St-Élie, 4675 Boul. Industriel
Pour information: Mélanie Grégoire (819-570-2717)

Samedi et dimanche les 25 (10h00 à 17h00) et 26 février (10h00 à 16h00)
Ste-Émélie-de-L’Énergie, 140 rue Émélie Bolduc, Salle J-A Leprohon
Pour information: info@fetesemenceslanaudiere.org, (450-917-1393) ou visitez leur site Internet

Samedi et dimanche, les 4 et 5 mars (10h00 à 16h00)
Québec, 2325, rue de l’Université (Pavillon Alphonse-Desjardins de l’Université Laval)
Pour information: Fête des semences et de l’agriculture urbaine de Québec

Dimanche, le 11 mars (10:00 à 15:00)
Verdun, Les Serres Municipales de Verdun 7000 Boul. Lasalle
Pour information: Daniel Brisebois (450-452-4271), Tereska Gesing
(514-578-8900), le Réseau de jardinage du Sud-Ouest ou consultez leur page Facebook

Dimanche. le 12 mars 10:00 à 15h30).
Alma, 525, rue Sacré-Cœur Ouest
Pour information: La Boîte à bleuets 

Samedi et dimanche, les 18 et 19 mars (10:00 à 17:00)
Frelishburg, Camp Garagona, 23 chemin Garagona
Pour information: Le Noyau

Samedi, le 1 avril (10:00 à 15:00)
Ouest de l’Île de Montréal, 510, Chemin Herron à Dorval
Pour information: Pine Beach Citizens AssociationDaniel Brisebois (450-452-4271) ou Tereska Gesing (514-578-8900)

S’il y avait un événement manquant, n’hésitez pas à nous le faire savoir. Nous le rajouterons.

 

Concours Monarques au Mexique

Le monarque, papillon emblèmatique du Québec et espèce désormais en voie de disparition, est avant tout un grand voyageur. Chaque automne, il quitte le Québec en direction du Mexique. Pour y arriver, il va parcourir en quelques semaines près de 4 000 km. Il passera donc l’hiver au soleil… comme bon nombre de Québécois!

Vous aimeriez le rejoindre? Participez au concours « Monarques au Mexique » de la Fondation David Suzuki et courez la chance de gagner un voyage pour deux personnes au Mexique en février pour visiter un magnifique refuge de monarques!

Une aventure unique pour les amoureux de nature et de culture : 10 jours pour découvrir les couleurs vibrantes du Mexique… et des papillons monarques! Après le cœur historique de Mexico City, vous découvrirez la route des monarques, des villes coloniales somptueuses aux parcs nationaux éblouissants. Le clou du voyage : le spectacle féérique des monarques, au cœur de la réserve de El Rosario et Sierra Chincua, déclarée Patrimoine mondial de l’UNESCO. Le voyage d’une vie!

Le concours se termine le 29 janvier à 23 h 59 EST.

Des centaines d’anciens catalogues de semences sauvés

Connaissez-vous les Archives d’Internet?

Cet organisme sans but lucratif a été fondé vers la fin de 1999 dans l’optique de construire une bibliothèque Internet afin d’offrir un accès permanent aux chercheurs, aux historiens, aux personnes handicapées et au grand public aux collections historiques qui existent sous forme numérique. En gros, les corps morts oubliés d’Internet mais dignes d’être conservés trouvaient une seconde vie, évitant ainsi de disparaître à jamais du web. Situé à San Francisco, ils ont commencé il y a une quinzaine d’années à incorporer des collections beaucoup plus spécifiques. Maintenant, le site inclut: textes, fichiers audio, images en mouvement, logiciels ainsi que des pages Web archivées dans leurs collections et ils fournissent également des services spécialisés pour la lecture adaptative et l’accès à l’information pour les aveugles autres personnes handicapées.

Mais pour quelle raison vous écris-je ça?

Catalogue Wm. Ewing & co. (1909)

Catalogue Wm. Ewing & co. (1909)

Et bien suite à un message bienveillant d’une lectrice, Émilie Perreault, celle-ci m’a fait part d’une newsletter reçue de cet organisme lui indiquant la mise en ligne d’une quantité impressionnante de catalogues de semences numérisés sous l’appellation « Biodiversity Heritage Library Seed & Nursery Catalogs ».

En fait, vous aurez accès à plus de 1000 catalogues de semences (majoritairement en anglais) aux bouts des doigts. Il y a quelques exemplaires hyper rares de documents en provenance du Québec (ex: William Ewing & co.) et de France. Quel temps j’aurai épargné jadis en possédant une telle source d’information.

Pour faire du pouce sur le sujet, le site du semencier du patrimoine vous offre également la possibilité de chercher parmi 37 anciens catalogues canadiens d’aussi loin que 1846 et ce, jusqu’en 1949.

Bonne consultation!

Gagnante de notre coucours de fin d’année 2016

Je voudrais premièrement vous souhaitez à toutes et tous une très belle année 2017 et vous partagez tous mes vœux d’abondance.

Je débute ma 8e année au clavier de ce blogue réservé, en grande partie, aux variétés ancestrales du Québec. Comme au premier jour de cette passion, il y a 15 ans, il me reste tant à apprendre, à expérimenter et à partager. C’est cette abondance que je tentes de retranscrire avec le plus d’intégrité possible pour ne pas qu’un tel savoir, trop souvent oral, sombre dans l’oubli. Ce n’est peut-être pas un hasard si, la semaine dernière, j’ai reçu une demande de la Bibliothèque et Archives Nationales du Québec pour participer à leur programme de collecte de sites web pour des fins de recherche historique. En consultant leurs critères de sélection, j’ai compris qu’il ne devait pas y avoir beaucoup de blogues comme le mien pour qu’ils considèrent ma contribution comme « importante à préserver ».

Bref, j’aurai encore cette année de merveilleuse histoires à raconter, des découvertes surgit du passé et toutes une panoplie d’anecdotes, images et sujets inédits. J’espère vous compter encore une fois parmi nos lectrices et lecteurs.

En attendant, je voulais aussi féliciter Nathalie Barron, gagnante de notre concours de fin d’année 2016. Elle s’est méritée des semences de courge hyper rare Yokohama, cultivée au Québec vers la fin du 20e siècle et quasiment disparue. À notre question-quiz « sauriez-vous reconnaître ce personnage du Québec? », vous avez été nombreux à mentionner Félix Leclerc. Cette photographie, tirée du livre « ta photo dans ma chambre », a été prise en 1973 dans son potager à sa demeure de l’île d’Orléans avec probablement son garçon Francis mais cette dernière affirmation demeure sous toute réserve puisqu’elle ne m’a pas été certifiée. Je ne peux passer sous silence tous vos bons mots, vos encouragements et votre enthousiasme de tous ceux et celles ayant participé. Ça me fait toujours chaud au coeur de lire vos commentaires. Dites-vous que j’aurai aimé tous vous faire gagner.

Félix Leclerc a l'Ile d'Orleans en 1973 (photo: Jean-Yves Letourneau, La Presse)

Félix Leclerc à l’île d’Orléans en 1973 (photo: Jean-Yves Letourneau, La Presse)

Comment cultiver et reproduire vos semences de chervis

Qu’est-ce que le chervis (Sium sisarum L.)?

Et bien pour vous l’illustrer, comparez-le à une sorte de mottes de longues carottes blanches minces plutôt asymétriques (voir photo ci-dessous). Originaire d’Asie occidentale et centrale, on le consomme pelé, coupé dans un ragoût ou un bouilli. Il est important de se rappeler qu’anciennement le repas se préparait tôt et mijotait toute la journée sur la cuisinière ou dans la marmite au feu. C’est un légume-racine coriace, amer qu’on déconseille apprêté comme légume frais. Mais il gagne beaucoup en saveur et en tendreté lorsqu’il cuit longtemps en l’intégrant, par exemple, dans des mijotés. Pour un goût plus sucré, récoltez-le après le premier gel, cela concentrera les saveurs.

Chervis (racines et feuillage) images: droite botanica-suisse.org / gauche: Jacques-brisant.fr

Chervis (racines et feuillage) images: droite botanica-suisse.org / gauche: Jacques-brisant.fr

Qui plus est, il a la particularité, s’il n’est pas récolté durant la première année, de faire des semences chaque saison vers la fin de l’été. Si elles demeurent sur le plant, elles vont tomber par le vent à côté du plant-mère et se ressemer ça et là. Soyez vigilant si ça vous arrive, déracinez complètement dès qu’il apparaît en-dehors de son lieu de culture.

Quoi qu’il en soit, c’est une racine vivace peu exigeante de la famille des apiaceaes tolérant les milieux humides voires détrempés, une véritable amie pour les jardiniers paresseux. Utilisez-la en permaculture sans problème. En ce qui a trait à la multiplication des semences, commencez par semer en automne au ras-du-sol et ce, à peine recouvert car les  graines ont besoin d’une période de gel pour germer. Espacez vos rangées de 50 cm. Des l’apparition des premières pousses, éclaircissez aux 30 cm entre les plants. Il produira à la fin de l’été une grosse motte de 40 cm diamètre environ qui, si elle est mal déterrée, se régénérera au printemps suivant.

Graines de chervis

Graines de chervis

En effet, le petit bout de racine laissé en terre se fortifiera pour aussitôt, le milieu de l’été venu grandir jusqu’à 1.5 mètre de hauteur où les ombelles attireront une foule d’insectes butineurs. Si vous souhaitez augmenter le nombre de plants-mère, divisez la souche au printemps.

Par la suite, deux options s’offrent à vous:

  1. Attendez à la fin septembre, coupez les tiges par vent calme et rentrez-les (ex: dans un garage ventilé) les têtes vers le bas pour attendre la fin du processus de maturité. Sinon, par manque d’espace vous pouvez;
  2. Attachez les hautes tiges encore en terre pour éviter leur affaissement dû au fort vent et ainsi risquer de voir les graines s’éparpiller sur le sol. En fait, on vous suggère d’exécuter cette étape dès la mi-juin à l’aide de tuteurs pour permettre aux tiges de pousser bien droites et évitez qu’elles tombent sur les cultures à proximité. Attendez un après-midi d’une journée calme et ensoleillé pour récolter vos semences directement sur le plant et éviter l’étape du séchage. Attendez qu’elles affichent une apparence très brunes et dodues (début octobre). Même avec toutes vos précautions, ne soyez pas surpris d’en échapper par terre.

Pour notre part, nous options pour la première option. Nous coupons les ombelles directement dans une chaudière et par la suite, les égrenons au-dessus d’un bol devant la télé. Une fois cette étape complétée, on passe le tout dans un tamis de cuisine aux mailles serrées pour éliminer la saleté et les poussières. Conservez-les dans un sachet de papier opaque à l’abris de la lumière et de l’humidité. Elles se conserveront pour une durée maximale de 3 à 4 années.

 

« Potagers d’antan » invité à l’émission « Banc public »

Moi (sur le banc jaune à droite) et l’équipe de « Banc Public »

Si vous me suivez depuis longtemps, vous aurez remarqué mon absence totale lorsqu’arrive le moment de publier des photographies sur ce blogue. C’est une question de choix. Je laisse toute la place au sujet et je ne ressens pas le besoin de m’exposer ni moi, ni ma famille. Et bien, je fais une exception cette fois-ci.

En effet, en début d’été, j’ai reçu une demande d’entrevue téléphonique du recherchiste Étienne Larrivée-Roy pour une éventuelle participation à l’émission télévisuelle « Banc public« . Bien que le concept de l’émission se base sur des « histoires humaines et des enjeux de société », « mon travail intéresserait réellement le public et votre équipe de production« ?, lui demandais-je.

En fait, je doute continuellement. Je devrais commencer à me convaincre du contraire car le compteur statistique du blogue affiche continuellement une moyenne de plus 800 visiteurs par jour depuis au-delà d’un an et ça monte tout le temps.

Bref, après quelques questions d’usage, il m’explique qu’il présentera mon parcours à son équipe et m’en redonnera des nouvelles après les vacances estivales. Et bien qu’elle ne fût pas ma réelle (vraiment grosse) surprise d’être invité le 10 septembre 2016 dans le hall de l’hôpital Ste-Justine à 10:30 afin d’être interviewé par nul autre que la comédienne multi-récompensée « Guylaine Tremblay« . Il y a 15 ans, j’aurai ri au visage de celui qui m’aurait dit que cultiver des légumes ancestraux derrière ma maison m’amènerait devant la caméra. C’est merveilleux la vie, n’est-ce pas? Mon côté « raconteur » semble avoir plu. Et bien, vous pourrez le constater vous-mêmes en voyant cette trop courte rencontre supposément le mardi 22 novembre prochain à 21 h à Télé-Québec, en reprise le vendredi 14 h, dimanche 16 h et lundi minuit. Soyez indulgent… c’est ma première expérience. Je remercies toute l’équipe (voir photo ci-haute) pour leur gentillesse et leur professionnalisme.

Je tiens à préciser qu’au moment d’écrire ces lignes, je n’ai pu obtenir une confirmation de la date réelle de mon passage. Il se peut donc qu’il y ait un décalage. Consultez leur site web dans les prochaines semaines.

La tomate Québec 1121

Ce texte attendait dans ma banque depuis longtemps… presque quatre ans. Il espérait un « je-ne-sais-quoi » pour revenir à la vie. Lorsque j’écris, je manque quelques fois d’inspiration. L’angle, le message, le contenu, l’absence de références ou d’images demeurent autant d’excuses pour les repousser aux calandres grecques. J’en possèdes des dizaines comme ça patientant ainsi dans l’espoir qu’un jour leurs secrets referont surface. Pour celui là, je n’arrivais tout simplement pas à trouver suffisamment d’information fiables pour le compléter. Jusqu’au jours où Le Courrier de Saint-Hyacinthe décide, il y a moins d’un an, de partager ses anciens journaux publiés depuis 1853, avec la bibliothèque et archives nationales du Québec.

Roger Doucet et la tomate 1121 (source: LE NOUVEAU CLAIRON — Mercredi, 1 3 SEPTEMBRE 1 978 — Page 9 )

Roger Doucet et la tomate 1121 (source: LE NOUVEAU CLAIRON — Mercredi, 13 SEPTEMBRE 1 978 — Page 9 )

En effet, en refouillant récemment sur cette variété, j’ai mis la main sur un article publié le mercredi 6 septembre 1978 intitulé « une variété de tomate découverte à Saint-Hyacinthe« . Enfin, voilà la pierre manquante cherchée depuis si longtemps. Cette hybride a été conçu à la station de recherche agricole de Saint-Hyacinthe par Roger Doucet, agronome, à partir d’une variété californienne et une tomate du Québec adaptée aux régions froides (non mentionnée). À cette période, on misait sur la relance de la culture de la tomate de conserverie au Québec notamment par l’amélioration de la récolte mécanique.

Par ailleurs, saviez-vous qu’elle portait aussi le nom de « tomate carrée »?

En effet, ses angles prononcés et charnus en faisait une candidate idéale pour une culture mécanique avec une texture ultra ferme. Aussi appelée scientifiquement la 1121 ou Q-1121, vous la retrouverez aujourd’hui davantage sous le nom de Québec 1121. Possédant la propriété de ne pas brûler au soleil, de ne pas fendiller et de ne pas présenter de pourriture apicale, son fruit rouge éclatant concentrera ses saveurs en mûrissant sur un plant déterminé (hauteur non spécifiée). Elle se prête justement très bien à la préparation de la pâte de tomate, jus, sauce ou ketchup.  Selon les propos du scientifique:

…cette variété prometteuse pourrait relancer cette culture chez nous car on peut observer pour 6 000 plants, un rendement de 5 à 10 Ib de tomates par plant. Même cassées à la main, les tomates qui procurent un rendement de plus de 11 tonnes à l’acre, s’avèrent rentables.

Roger Doucet exhibe un plant de tomates à paroi ferme (source: LE NOUVEAU CLAIRON — Mercredi, 13 SEPTEMBRE 1978, p. 8)

Roger Doucet exhibe un plant de tomates 1121 à paroi ferme (source: LE NOUVEAU CLAIRON — Mercredi, 13 SEPTEMBRE 1978, p. 8)

Votre production gagnera si votre plant pousse dans un sol frais et limoneux avec un PH entre 6.2 et 6.5. Si vous possédez une photographie de ce spécimen, n’hésitez pas à nous la faire parvenir pour qu’on l’a publie.

Disponible chez Prairie Garden Seeds.

 

La pomme Reinette grise

Pomme French Russet (source: http://adamapples.blogspot.ca)

Pomme French Russet (source: http://adamapples.blogspot.ca)

Pomme originaire de la Vallée du Saint-Laurent appelée aussi, en français, Pomme de Cuir, reinette grise du Canada et Pomme grise ou, en anglais, french russet, Gray Apple, Leather Apple, French Reinette et French Pippin. Cultivée avant 1831 et de généalogie inconnue, nos recherches tendent à croire qu’elle a subit une mutation de la souche apportée par les migrants de France ou Suisse. Elle se rapproche beaucoup de la Reinette Grise cultivée en Europe au XVIIe siècle.

De fait, le fruit possède une taille moyenne à petite, avec une peau épaisse, dure, jaune verdâtre et habituellement complètement recouverte d’un roussissement. Sur le côté exposé au soleil, il y a souvent une coloration rougeâtre. La chair jaune se veut croustillante, juteuse et richement aromatisée. L’arbre pousse droit et porte des récoltes complètes chaque année. Utilisée pour le cidre, la consommation courante (pomme fraîche) ou pour la confection de desserts, elle se cueille en septembre et se conserve jusqu’en avril lorsqu’elle est entreposée en chambre froide.

Par ailleurs, il est intéressant d’ajouter qu’il existe d’anciennes recettes de lectrices publiées dans d’anciens journaux disparus du Québec utilisant Cette pomme. Par exemple, dans son édition du dimanche 25 août 1918, le journal de Montréal, Le Nationaliste (1904-1922), publiait une recette de beignets aux pommes.

Coupez en fines tranches des pommes court-pendues ou reinettes grises, après avoir enlevé les cœurs. Passez dans la même pâte et dans la même friture; les beignets de framboises; égoutter sur du papier gris à l’entrée du four. Opérez très rapidement et servez brûlant avec du sucre blanc en poudre.

De même, le journal de la région de Joliette, l’Étoile du Nord (1884-1965) du jeudi 3 juillet 1924, proposait une omelette aux pommes en suggérant la préparation suivante:

Faites cuire dans du beurre des tranches de pommes reinettes grises, mélangez à votre omelette, et servez saupoudrée de sucre.

On la retrouvait donc un peu partout sur le territoire du Québec à la fin et au début du siècle passé et ce, même jusqu’à Saint-Jean-Port-Joli où elle fût présentée lors de la première exposition annuelle de la Société d’horticulture du comté de l’Islet le 24 octobre 1884. Une de nos anciennes variétés du terroir à redécouvrir.

Carte postale du mois d’octobre 2016

Cyrus McCormick (photo: en.m.wikipedia.org)

Cyrus McCormick (1809-1884) inventeur de la moissonneuse-batteuse (photo: en.m.wikipedia.org)

Dans une très ancienne édition de 1911 de la revue franco-espagnole du nom de « La Famille », on pouvait y admirer l’ingéniosité d’un agriculteur américain ayant comme objectif d’augmenter sa productivité. 35 chevaux conduits de main de maître par un cocher juché en hauteur parvenait d’un côté à couper le blé, le traiter au centre et l’insérer directement dans les sacs pour leur livraison du côté opposé. Cela lui procurait l’avantage de vendre sa marchandise à meilleur prix pour l’Europe. Vous comprendrez évidemment qu’une telle invention fût rapidement mise de côté avec l’amélioration et la démocratisation d’une autre idée plus « pratique », la moissonneuse-batteuse, brevetée 75 ans auparavant par Cyrus McCormick en 1834. Il est intéressant d’ajouter qu’on commence à voir les premières moissonneuses-batteuses au Québec vers le début du siècle passé non pas sans avoir passé par l’étape de la trépigneuse actionnée par un ou deux chevaux.

Saurons-nous ressusciter ces betteraves fourragères? (Partie 1)

Betteraves à sucre White jumbo et leviathan

Betteraves à sucre White jumbo et Leviathan

Il y a quelques semaines, j’ai mis la main sur de « possibles découvertes ». Je pèse ici mes mots car je ne veux créer aucune attente et encore moins donner de faux espoirs. L’exploration du monde végétal, surtout la recherche d’anciennes variétés disparues, se parsème d’embûches, d’échecs et de déceptions.

En effet, grâce à un antiquaire américain, j’ai reçu non pas une mais deux boîtes encore remplies de graines de betteraves fourragères « Leviathan » et « Jumbo white », distribuées par Reenie’s. Cette entreprise de semences de Toronto (1870-1961) a eu pignon sur rue, entre autre à Winnipeg, Vancouver et Montréal avant d’être achetée après 91 ans par une autre compagnie ontarienne, Steele Briggs Seed Company. Appelée « wurzel » (en allemand) ou « mangel » (en anglais), ce dernier mot se veut si vieux qu’il a disparu des dictionnaires modernes.

De fait, la particularité de ces légumes, très populaires à l’époque, se résume incontestablement à leurs dimensions gigantesques. De véritables monstres maraîchers; d’où leurs références à des noms évoquant le gigantisme. Par exemple, une seule racine peut atteindre le poids honorable de plus de 5 livres. Imaginez la quantité d’énergie requise pour récolter un plein champs à force d’homme. L’image ci-dessous reflète la tâche colossale accomplie par nos ancêtres. Quelle cargaison!

Récolte de betteraves (1918)

Récolte de betteraves (1918)

Par ailleurs, nous tentons encore de retracer certaines infos afin d’estimer de manière la plus juste possible l’année où ces boîtes ont été offertes aux agriculteurs, Effectivement. il y a des distinctions importantes entre elles. On sait qu’elles sont très vieilles. Peut-être même près de 100 ans. On vous reviendra là-dessus.

D’autre part, il est pertinent de se rappeler qu’au début du siècle passé le bétail s’utilisait dans une foule d’activités (transport, labourage, alimentation humaine, etc.). Par conséquent, la quantité d’animaux à nourrir chaque jour s’avérait énorme. La betterave fourragère, comparativement à la betterave potagère (ou de table), constituait une source alimentaire économique et nutritive en compllément au foin. Par exemple, dans son catalogue de 1938, Hector L. Déry décrivait que

..la betterave fourragère facilite tellement la digestion et l’assimilation de la nourriture chez les animaux qu’elle tient en santé et par là augmente la valeur nutritive de toutes les autres nourritures absorbées en même temps.

De plus, dans son catalogue de 1918, deux ans après que l’entreprise Rennie ait ouvert un centre à Montréal, on décrit ladite « Jumbo White sugar » (voir photo ici-bas) comme:

… si merveilleuse et productive…elle est aussi plus nutritive plus riche en sucre et plus pesante que n’importe quelle autre racine fourragère. Jugeant par les résultats des essais très étendues que nous avons conduits pendant plusieurs années, nous sommes entièrement convaincus que cette betterave est d’une valeur fourragère immense. Les racines éléphantines sont d’une couleur blanc crème près du sol, changeant au vert vert et vert plus foncé autour du collet.

Betterave Jumbo White (1918)

Betterave Jumbo White (1918)

Publicité parue dans le journal "The Equity" le 2 avril 1925

Publicité parue dans le journal « The Equity » le 2 avril 1925

Quoi qu’il en soit, la question est surtout de savoir: Sont-elles encore viables? Sachez qu’une semence de betterave conserve une durée germinative d’environ 4 à 5 ans. Et comme je n’ai pu recevoir d’infos sur la manière dont elles ont été entreposées, il y a de très fortes chances pour qu’aucune ne germe. Je n’arrive pas à me résigner à faire un test de germination. Imaginez si la seule et unique graine encore viable se retrouvait parmi ce test. Je ne me le pardonnerai jamais.

Et qui plus est, je n’ai pas l’espace disponible (environ 10 000 pieds carré) pour semer des milliers de graines probablement non viables. Mais si ça fonctionnait, une seule plante parviendrait à ressusciter une lignée peut-être disparue depuis des décennies. Quelle fantastique nouvelle ça serait. En attendant, on vous tiendra au courant.

Pour en savoir plus sur la betterave fourragère, consultez ce site français ou l’article « le retour de la betterave à sucre » du Bulletin des agriculteurs paru en 2012.