L’ABC de l’étiquetage (partie 1)

Voici venu l’un des moments préférés des jardiniers; choisir ce qu’on va semer. On a beaucoup de projets, de vouloir et d’espoir. Allez hop! On regarde sur Internet, visite les pépinières, les grandes surfaces, commande des catalogues. Bref, on magasine. Quel choix! Les images font saliver les yeux et cracher le portefeuille. Dans l’euphorie des futures grandes récoltes, on perd souvent des notions importantes relatives aux informations sur le sachet, trop impressionnés par les belles images. Des renseignements (présents ou absents) qui, lorsqu’on les connaît, font de nous des consommateurs plus éclairés. Pour les trois prochaines semaines, on vous présente un mini lexique en 3 parties: (1) ce qu’on vous montre, (2) ce qu’on aurait intérêt à vous mentionner et (3) ce qu’on vous cache.

 

LES RENSEIGNEMENTS HABITUELLEMENT AFFICHÉS

 

LE NOM DE L’ESPÈCE ET DE LA VARIÉTÉ
Outre une image occupant souvent les 3/4 de la devanture du sachet, le nom de la plante se veut un élément vendeur et payant. Qui ne connaît pas les fameuses tomates « cœur de bœuf »? Les amérindiens eux, ne donnaient aucun nom à leurs fruits et légumes. Un maïs, c’était un maïs un point c’est tout et ce, même si on leur en présentait différents. Aujourd’hui, avec les milliers de variétés disponibles, ce serait impossible de s’y retrouver. Le nom revêt ainsi une importance capitale; entre autre pour les effets de mode et les droits de propriété. N’oubliez jamais…. c’est de l’agro-business.

En effet, selon le bureau de l’obtention de la protection végétale, la loi sur l’obtention de la protection végétale (1990) et le règlement protège une entreprise…

pour une période maximale de 25 ans pour une variété d’arbre et de vigne (ainsi que leurs porte-greffes), et de 20 ans pour toutes les autres variétés végétales.

F1, F2…
Ces deux caractères font référence justement au terme « hybride de première ou de deuxième génération ». Dans le premier cas (F1) c’est une combinaison de gènes de deux variétés distinctes, sélectionnées pour une ou plusieurs caractéristiques spécifiques et produisant un croisement bien précis. Souvent plus performant, ils ne pourront être utilisés pour produire des semences car en replantant les graines, le rejeton aura une prédominance d’un des deux parents, habituellement très différente du plant-mère. La mention F2 quant à elle se voit réservée, la majorité du temps, aux marchés professionnels sauf peut-être en de rares occasions parmi les mélanges de fleurs. Encore une fois, pour obtenir ce type de variété, les sélectionneurs auront utilisé plusieurs parents. On peut même retrouver des F3, F4 et plus. Inutile de dire qu’il serait hasardeux de conserver vos semences. À moins bien sûr de vouloir jouer à l’hybrideur.


Georges-Harrison-Shull (image: www.genetics.org)

Georges-Harrison-Shull (image: genetics.org)

 

Saviez-vous que: Inventé par l’américain Georges Harrison Shull (1874-1954) en 1908, le concept de variété hybride F1 est parti du constat qu’on ne pouvait appliquer la même méthode pour créer des variétés de lignées pures chez les céréales comparativement au maïs, à cause d’une trop forte consanguinité. Shull a alors eu la présence d’esprit de croiser des lignées pures pour reproduire à l’identique un « génotype » intéressant d’un point de vue agronomique.


OP (« Open Pollinisation » ou traduction libre « pollinisation libre »)
Lorsqu’on lit cette description, en temps normal à la suite du nom de la plante, vous saurez qu’elle  pourra être ressemée à chaque année et sera fidèle au plant-mère (en respectant les distance d’isolement prévue). Actuellement, l’engouement pour les termes « traditionnel », « patrimoine », « héritage (« heirloom » en anglais) », « paysan », « ancestral », « cultivar fixé » et « ancien »  entrent dans cette même catégorie. Ce n’est qu’un leurre sémantique pour attirer la clientèle intéressée par des produits plus rustiques; un créneau en croissance. Adaptées au terroir (climat, sol et environnement), vous pouvez poursuivre leur amélioration en faisant votre propre sélection en conservant uniquement les plus beaux spécimens ou en préservant les individus dont vous voulez reproduire certaines caractéristiques. Par exemple, la gourgane Petite du lac, aujourd’hui unique à la région du Saguenay Lac Saint-Jean, se veut une version « fixée » de la variété d’origine « Windsor ». Habituellement, on peut s’attendre à devoir patienter entre 8 à 10 ans avant qu’une nouvelle variété soit considérée « fixée ».

BIOLOGIQUE
Au Québec, lorsqu’un produit porte la « certification biologique », il garantit qu’il a été produit selon les normes de l’agriculture biologique régies par le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV). Il existe 6 organismes reconnaissant la conformité biologique à 100% avec les sceaux Écocert CanadaPro-cert Organic et TransCanada Organic (certification canadienne), Québec vrai (certification québécoise) ainsi que LETIS et Quality Assurance International (certification internationale). Mais la certification coûte cher et doit se mériter avec de nombreux contrôles rigoureux. Un petit producteur pourrait cultiver bio sans posséder la certification totale (ex. Bio-Québec, Aliments bio du Québec ou Biologique Canada) qui suggère un contenu biologique entre 70% et 95%. Pour le consommateur, il y de quoi perdre son latin avec tous ces logos. Un producteur accrédité va assurément apposer sa certification sur le sachet; gage d’une rigueur dans ses méthodes de culture. Pour être reconnues, « biologiques », vos semences n’auront reçu aucun herbicide, ni insecticide chimique. Elles n’auront bénéficié non plus d’aucune boue d’épuration, ni de fertilisants de synthèse. Enfin, elles ne seront pas issues de semences d’OGM mais plutôt issues exclusivement des variétés originales.

 

LE GRAMMAGE
Indiqué par le nombre de graines ou par le poids (en gramme). Vous comprendrez qu’il y a une grande différence entre une semence de fraise minuscule versus celle d’une citrouille. Pour cela, les semenciers indiquent la quantité avec l’une ou l’autre de ces deux unités de mesure. Par exemple, 3 grammes de semences d’une carotte pourrait vous générer entre 1900 et 2000 plants. Pratique pour la planification d’une surface cultivable de quelques mètres carrés. À moins d’aimer beaucoup, beaucoup, beaucoup les carottes. À titre comparatif, en 1942, le catalogue de Dupuy & Furgeson Ltée proposait des sachets de carottes avec au minimum une demie once (15 grammes) à 0.10$ canadiens comparativement à aujourd’hui où vous retrouverez des enveloppes entre 0.5 et 3 grammes affichées entre 0.99$ et 3.50$. Lisez notre rare coup de gueule sur ce point. Selon le magazine en ligne français « semencemag« , une ressource sur les graines et les semences, ceux-ci ont dressé un tableau afin d’illustrer pour un gramme, le nombre de semences approximatif qu’on peut retrouver dans une enveloppe.

Aubergine:
250

Betterave potagère: 60 à 80

Carotte:
800 à 1200

Céleri:
2500 à 3000

Chicorée:
600 à 800

Choux:
400 à 800

Courgette:
8 à 10

Épinard:
100

Haricot:
2 à 6

Laitue:
900 à 1100

Melon:
35

Navet:
500

Oignon:
250 à 300

Persil:
700 à 800

Poireaux:
350 à 400

Radis:
80 à 100

Tomate:
250 à 450


LA MÉTHODE DE CULTURE

Avec des pictogrammes ou des calendriers, par écrit ou en images, chaque entreprise tente, du mieux possible fournir l’essentiel de la plantation; condamnées par la petitesse de la surface d’un sachet. Vous devriez au moins y retrouver:

  • Le type de plante: annuelle, vivace ou qui se ressème
  • le meilleur moment pour la plantation (intérieur et/ou extérieur)
  • Les dimensions à maturité (hauteur et largeur)
  • Le nombre de jours pour la récolte ou la floraison à partir du semis en terre
  • La description physique de la plante (couleur à maturité, forme, dimensions des fruits ou des légumes à la récolte)
  • Les techniques de plantation en semis intérieur et/ou extérieur (profondeur du semis, emplacement, distances entre les plants et les rangées, arrosage, repiquage, éclaircissage, etc.)
  • La zone de rusticité
  • Et autres trucs pertinents (mais pas nécessairement essentiel): se consomme sous quelles formes, conseils pour un taux de réussite supérieur, résistance aux insectes ou maladies, historique…

Les vieux catalogues de semences se voulaient une aide pédagogique. En plus de la description de leurs produits, ils expliquaient la manière de les cultiver. Un William Ewing Ltée de 1897 contenaient 84 pages. Les gens les lisaient durant l’hiver. Aujourd’hui, pour compenser, de plus en plus de semenciers fournissent un support web (fiches descriptives, vidéos, blogues, foires aux questions, services techniques par courriel ou téléphonique…).

LES SEMENCES PRÊTES À L’EMPLOI
Aussi appelées « graines sous voile » ou « ruban de semences », celles-ci sont contenues dans un ruban collées entre deux voiles très fins biodégradables. Pour les jardiniers paresseux, ceux-ci n’ont qu’à dérouler le ruban à l’espace prévu et chaque graine suit une ligne régulière standardisée ayant le même espace entre chacune. Vous aurez l’avantage de faire pousser en ligne droite et gagnez du temps pour le semis direct. Il existe également des tapis pour de plus grandes parcelles ou des formes arrondies à placer dans des pots de fleur. Ce conditionnement évite la corvée d’éclaircissage entraînant moins de pertes. Adapté tant aux jardiniers expérimentés qu’aux novices. Pour l’avoir essayé, il a y toujours la fameuse question « est-ce que j’achète de vieilles graines? ». Mais n’oubliez pas, gagner en vitesse et se faciliter la vie à un prix. Vos coûts grimperont. Pourquoi ne pas en faire un maison?

En résumé, toutes informations visuelles susceptibles de faire pencher la balance vers un achat se retrouvera sur l’enveloppe. La concurrence reste vive et chaque élément pour convaincre l’acheteur se verra utilisé pour conserver, voire accroître une part de marché. Que ce soit par des coloris pimpants, des photographies hyper réalistes, un graphisme vintage, une sachet biodégradable, un look écologique, des formats  familiaux, une promotion… Soyez à l’affût de notre deuxième partie. Nous vous entretiendrons des infos qui mériteraient d’être mentionnées.

Le maïs canadien blanc

Maîs canadien blanc (source: terrepromise.ca)

Maïs canadien blanc (source: terrepromise.ca)


Lorsque j’apprends qu’on a retrouvé un légume québécois disparu, l’espoir renaît en moi. Je me dis qu’il est encore temps. Je regardais hier soir d’un œil distrait un reportage sur des chasseurs de trésors et je me suis reconnu, moi et plusieurs de mes congénères traquant les plantes alimentaires en voie d’extinction. Remonter des traces dans le temps, chercher des indices, rencontrer des gens, dépoussiérer des archives, éliminer les rumeurs des faits. À la différence près qu’au bout du chemin, il n’y a pas d’or, pierres précieuses, reliques sacrés ou d’objets de valeur. Mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a aucune récompense. Imaginez, à la fin du chemin, tenir entre ses doigts l’unique graine d’une variété éteinte. Comment réagiriez-vous? C’est l’histoire de ce maïs qui a bien failli disparaître à jamais sans l’intervention de quelques personnes bienveillantes. Avec la permission de l’une des instigatrices et fondatrice de Terre Promise, Lyne Bellemare, celle-ci a écrit son histoire (ici-bas)… que je vous retransmets avec plaisir.

Mais canadien blanc (source: terrepromise.,ca)

Mais canadien blanc (source: terrepromise.ca)

— TEXTE DE LYNE BELLEMARRE —-

Antoine D’Avignon était un passionné des légumes anciens. Précurseur au Québec dans la sauvegarde des semences du patrimoine, il a récolté, cultivé et partagé plusieurs variétés qui, aujourd’hui, auraient été oublié sans lui. Par exemple, la pomme de terre Crotte d’ours de Louis-Marie, la tomate Ice Grow (de Suzanne Bourgeois), le blé Huron, et… ce maïs.

Lors d’une entrevue radiophonique dans les années 1990, il lance un appel à tous: le maïs québécois que nos grand-mères cultivaient n’existe plus.  Personne ne fait plus pousser du maïs à farine. Après l’entrevue, une dame, Anita Fournier de Nicolet (vraisemblablement décédée depuis peu selon nos recherches) téléphone à la station de radio pour dire qu’elle avait en sa possession des semences de maïs à farine cultivé dans sa famille depuis des lustres.

Mais à farine d"Antoine D'Avignon (source: terrepromise.ca)

Mais à farine d’Antoine D’Avignon (source: terrepromise.ca)

Et c’est ainsi qu’elle a partagé avec Antoine son précieux trésor.  Puis cet été là, Antoine en parle à son amie, Mme France Bouffard, qui le prie de lui en donner quelques graines. Hésitant, car il en a très peu, il finit par lui laisser 6 semences. Celle-ci les cultive et les multiplie, puis en fait de la farine pour ses crêpes. L’histoire aurait pu se terminer ainsi, mais c’était sans compter sur le décès précoce d’Antoine, qui emporte avec lui l’histoire du maïs.

En 2016, Mme Bouffard prend contact avec moi, qui travaille alors aux Semences du patrimoine. Nous parlons. Elle aborde le maïs, puis m’en fait parvenir par la poste. Ayant eu une belle première récolte, nous pouvons donc vous l’offrir à notre tour. Une partie des semences a été envoyée aux Semences du patrimoine pour conservation. En espérant que vous contribuerez vous aussi à ajouter un nouveau chapitre à l’histoire.

Si vous souhaitez obtenir cette variété en voie d’extinction, consultez le site TERRE PROMISE.

Lyne Bellemare (source: biopolis.ca)

Lyne Bellemare (source: biopolis.ca)

LES PHOTOGRAPHIES ET LE TEXTE EN ITALIQUE NE PEUVENT ÊTRE REPRODUITS SANS LA PERMISSION DE LYNE BELLEMARE. NOUS LA REMERCIONS POUR SA MERVEILLEUSE CONTRIBUTION À LA SAUVEGARDE DE CE PATRIMOINE AGROALIMENTAIRE ANCESTRAL. 

« Potagers d’antan » invité à l’émission « Banc public » (mise à jour)

Moi (sur le banc jaune à droite) et l’équipe de « Banc Public »

Si vous me suivez depuis longtemps, vous aurez remarqué mon absence totale lorsqu’arrive le moment de publier des photographies sur ce blogue. C’est une question de choix. Je laisse toute la place au sujet et je ne ressens pas le besoin de m’exposer ni moi, ni ma famille. Et bien, je fais une exception cette fois-ci.

En effet, en début d’été, j’ai reçu une demande d’entrevue téléphonique du recherchiste Étienne Larrivée-Roy pour une éventuelle participation à l’émission télévisuelle « Banc public« . Bien que le concept de l’émission se base sur des « histoires humaines et des enjeux de société », « mon travail intéresserait réellement le public et votre équipe de production« ?, lui demandais-je.

En fait, je doute continuellement. Je devrais commencer à me convaincre du contraire car le compteur statistique du blogue affiche continuellement une moyenne de plus 800 visiteurs par jour depuis au-delà d’un an et ça monte tout le temps.

Bref, après quelques questions d’usage, il m’explique qu’il présentera mon parcours à son équipe et m’en redonnera des nouvelles après les vacances estivales. Et bien qu’elle ne fût pas ma réelle (vraiment grosse) surprise d’être invité le 10 septembre 2016 dans le hall de l’hôpital Ste-Justine à 10:30 afin d’être interviewé par nul autre que la comédienne multi-récompensée « Guylaine Tremblay« . Il y a 15 ans, j’aurai ri au visage de celui qui m’aurait dit que cultiver des légumes ancestraux derrière ma maison m’amènerait devant la caméra. C’est merveilleux la vie, n’est-ce pas? Mon côté « raconteur » semble avoir plu. Et bien, vous pourrez le constater vous-mêmes en voyant cette trop courte rencontre confirmée le mardi 14 février 2017 à 21 h à Télé-Québec, en reprise le vendredi 14 h, dimanche 16 h et lundi minuit. Soyez indulgent… c’est ma première expérience. Je remercies toute l’équipe (voir photo ci-haute) pour leur gentillesse et leur professionnalisme.

Curiosité au potager: la sarriette Ancienne d’Acadie

Sarriette Ancienne d'Acadie (image: semences.ca)

Sarriette Ancienne d’Acadie (image: semences.ca)

Il arrive de temps à autre qu’une histoire concernant une variété patrimoniale canadienne unique m’interpelle au point où je sens le besoin de la partager avant de la perdre dans le fouillis de mes notes manuscrites. Ce fût le cas pour la sarriette Ancienne d’Acadie.

En effet, en décembre 2016, je reçois le bulletin mensuel électronique du semencier du patrimoine décrivant le récit de cette fine herbe « Satureja hortensias« . Je vous en dresse ici-bas un bref résumé.

En 2012, Madame Jocelyne Gauvin de Cocagne au Nouveau-Brunswick commande des semences à Norbert Robichaud dans l’annuaire annuel pour les membres. Résidant à Bathurst (N-B), il la cultive depuis 1980. Une fois poussée, elle s’interroge sur cette sarriette d’été peu commune comparativement à la variété habituelle. Elle décide de contacter à nouveau le jardinier pour en savoir davantage sur son historique. Ils retracent sa provenance jusqu’à la fin du 19e siècle à Burnt Churchill (N-B) où Jean Prudent Robichaud (1867-1958) y reçut pour la première fois des graines d’une autochtone habitant cette région. L’homme vit avec sa femme à Canton-des-Robichaud où il travaille auprès d’agriculteurs autochtones mais c’est sa belle-fille qui la perpétuera dans les années 1930. 29 ans plus tard, c’est au tour de sa petite-fille, Anita Beattie, de continuer la tradition à Rivière-du-Portage (N-B) après s’y être installée avec son mari. Reçue de cette dernière et, selon les dires de Norbert Robichaud, il la cultive encore aujourd’hui (2017) lui, Anita Beattie et la sœur de celle-ci, Olésine Painchaud.

Par ailleurs, la plante se veut plus trapue et on lui a attribué la qualité de « très goûteuse ». Elle se cuisine dans les plats traditionnels tels le « fricot« , un mets acadien. Elle ajoute aussi une touche délicieuse aux mélanges d’herbes de Provence, soupes et ragoûts. Résistante au froid (zone 4b), elle porte une multitude de fleurs tout au long de la saison et devient une magnifique plante amie des pollinisateurs. Maturité: 60 jours. Pour sa culture Monsieur Robichaud suggère cette méthode:

  1. Semez à l’extérieur directement au jardin et laissez la pousser jusqu’au début novembre pour en conserver les semences.
  2. Entre temps, lorsque les feuilles tombent du plant, récoltez les gousses et faites sécher. Dispersez les résidus sous un vent léger.
  3. Pour le nettoyage, roulez les gousses sur une feuille de papier et soufflez doucement pour enlever les débris.

Selon la coutume de l’époque, à la fin de la saison de croissance, les femmes s’occupaient de couper les tiges de la sarriette, de les faire sécher puis, ils séparaient les feuilles des branches. À chaque fois, les tiges portaient de petites graines agrippées aux branches. Celles-ci se conservaient (feuille et graines) dans des bouteilles en verre pour être utilisées pendant l’hiver. Heureusement, quand tout le feuillage avait été consommé, il restait au fond des bouteilles les précieuses graines qu’on resemaient au printemps suivant.

Aux dires des responsables du semencier:

L’année dernière (2015), Norbert a cultivé assez de semences pour en partager avec la Banque de semences de l’Atlantique, un projet de l’Initiative de la famille Bauta sur la sécurité des semences canadiennes, ainsi que pour nous en faire don pour la Bibliothèque canadienne des semences. Et encore mieux, la famille Gauvin, qui cultive encore la sarriette Ancienne d’Acadie, ont adopté la variété dans la bibliothèque de semences, en préservant de façon permanente cette pièce importante de notre patrimoine vivrier!

Nous remercions tous les intervenants pour la sauvegarde de cette plante canadienne unique.

Carte postale de janvier 2017

Il existe plus de 4,000 espèces d’abeilles indigènes en Amérique du Nord, dont près de 800 au Canada. Auriez-vous cru aussi à l’existence de 250 espèces de bourdons dans le monde, dont une quarantaine au Canada? Cette fantastique biodiversité soutient de riches écosystèmes naturels tels les déserts, les forêts, les prairies jusqu’aux dunes côtières. Chaque espèce d’abeilles et de bourdons est unique et vitale puisqu’adaptée à son milieu. Découvrez cette récente vidéo de moins de 2 minutes (ici-bas) produite par « Biological diversity » montrant justement les visages et les formes variées du royaume des abeilles de l’Amérique du nord.

Par ailleurs, depuis 2006, les recherches montrent une baisse significative de leur nombre à cause, entre autre, des pesticides, pathogènes, virus, monoculture et de la perte d’habitat. Mais, ces facteurs menacent aussi tous les autres pollinisateurs indigènes (guêpes, papillons diurnes et nocturnes, mouches, oiseaux, coléoptères, chauves-souris, etc.). C’est pas compliqué, plus de pollinisateurs et notre alimentation ainsi que notre style de vie devrait se transformer radicalement. Un peu partout sur la planète, on s’organisme pour faire prendre conscience de leur importance mais surtout de leur immense contribution. En fin de compte, nous sommes tous inter-reliés.

Les fêtes des semences 2017

Fête des semences de QuébecC’est bientôt la saison des fêtes des semences et leur popularité ne cesse de croître chaque année. L’instigatrice, feu Diane Joubert, n’aurait probablement pas cru qu’un jour, cela aurait pris une telle ampleur depuis la première édition au début 2000.

Quoi qu’il en soit, ce sera l’occasion de rencontrer en chair et en os des producteurs de semences ancestrales, écouter des conférenciers, faire des échanges et rencontrer d’autres passionnés voire faire la fête. Et j’ajouterai que j’offrirai une conférence pour la première fois à celle de Québec. Pour les jardiniers passionnés par le patrimoine horticole, ça vaut le détour puisqu’il y a de nombreux collectionneurs de variétés rares à des prix très raisonnables. Nous vous dressons la liste chronologique de quelques endroits où vous pourrez faire le plein de trouvailles inusités et de trésors horticoles qu’on ne retrouve pas dans les grandes surfaces. L’entrée et les activités y sont habituellement gratuites, mais il peut y avoir des frais qu’on ne s’attend pas. Par exemple, dans certains endroits le stationnement est payant. Renseignez-vous en consultant les liens suggérés.

Samedi, 4 février (10:00 à 16:00)
Nicolet, Centre des arts populaire, 725, Boul. Louis Fréchette
Pour information: Consultez leur page Facebook.

Vendredi le 10 février (12:00 à 17:00)
Samedi et dimanche les 11 et 12 février (9:00 à 17:00)
Montréal, Jardin botanique, 4101, rue Sherbrooke Est à Montréal
Pour info: Luis Gomez (nourrir@alternatives.ca) ou consultez leur page Facebook

Samedi, 18 février (10:00 à 16:00)
St-Vallier-de-Bellechasse, École La ruche 364, rue Principale
Pour information: Coopérative La Mauve ou 418 884-2888

Samedi, 18 février (9:00 à 16:00)
Sawyerville (Cookshire- Eaton), 18, rue Principale Nord, complexe Ramana
Pour information: Consultez leur page Facebook

Samedi, le 18 février (10:00 à 14:00)
Morin-Heights, United Church, 831 chemin du Village
Pour Information: morinheightsmarket@gmail.com

Dimanche, le 19 Février (10:00 à 15:00)
St-Appolinaire, Centre communautaire, 83, rue Boucher
Pour information: Société d’horticulture de Saint-Apollinaire ou consultez leur page Facebook ou encore Anne Gauthier au 418 886-2874

Samedi et dimanche, les 25 et 26 février (10:00 à 16:00)
Sherbrooke, Serres St-Élie, 4675 Boul. Industriel
Pour information: Mélanie Grégoire (819-570-2717)

Samedi et dimanche les 25 (10h00 à 17h00) et 26 février (10h00 à 16h00)
Ste-Émélie-de-L’Énergie, 140 rue Émélie Bolduc, Salle J-A Leprohon
Pour information: Cynthia Laurin ou visitez leur site Internet

Samedi et dimanche, les 4 et 5 mars (10h00 à 16h00)
Québec, 2325, rue de l’Université (Pavillon Alphonse-Desjardins de l’Université Laval)
Pour information: Fête des semences et de l’agriculture urbaine de Québec

Dimanche, le 11 mars (10:00 à 15:00)
Verdun, Les Serres Municipales de Verdun 7000 Boul. Lasalle
Pour information: Daniel Brisebois (450-452-4271), Tereska Gesing
(514-578-8900), le Réseau de jardinage du Sud-Ouest ou consultez leur page Facebook

Dimanche. le 12 mars 10:00 à 15h30).
Alma, 525, rue Sacré-Cœur Ouest
Pour information: La Boîte à bleuets 

Samedi et dimanche, les 18 et 19 mars (10:00 à 17:00)
Frelishburg, Camp Garagona, 23 chemin Garagona
Pour information: Le Noyau

Samedi, le 1 avril (10:00 à 15:00)
Ouest de l’Île de Montréal, 510, Chemin Herron à Dorval
Pour information: Pine Beach Citizens AssociationDaniel Brisebois (450-452-4271) ou Tereska Gesing (514-578-8900)

S’il y avait un événement manquant, n’hésitez pas à nous le faire savoir. Nous le rajouterons.

 

Concours Monarques au Mexique

Le monarque, papillon emblèmatique du Québec et espèce désormais en voie de disparition, est avant tout un grand voyageur. Chaque automne, il quitte le Québec en direction du Mexique. Pour y arriver, il va parcourir en quelques semaines près de 4 000 km. Il passera donc l’hiver au soleil… comme bon nombre de Québécois!

Vous aimeriez le rejoindre? Participez au concours « Monarques au Mexique » de la Fondation David Suzuki et courez la chance de gagner un voyage pour deux personnes au Mexique en février pour visiter un magnifique refuge de monarques!

Une aventure unique pour les amoureux de nature et de culture : 10 jours pour découvrir les couleurs vibrantes du Mexique… et des papillons monarques! Après le cœur historique de Mexico City, vous découvrirez la route des monarques, des villes coloniales somptueuses aux parcs nationaux éblouissants. Le clou du voyage : le spectacle féérique des monarques, au cœur de la réserve de El Rosario et Sierra Chincua, déclarée Patrimoine mondial de l’UNESCO. Le voyage d’une vie!

Le concours se termine le 29 janvier à 23 h 59 EST.

Des centaines d’anciens catalogues de semences sauvés

Connaissez-vous les Archives d’Internet?

Cet organisme sans but lucratif a été fondé vers la fin de 1999 dans l’optique de construire une bibliothèque Internet afin d’offrir un accès permanent aux chercheurs, aux historiens, aux personnes handicapées et au grand public aux collections historiques qui existent sous forme numérique. En gros, les corps morts oubliés d’Internet mais dignes d’être conservés trouvaient une seconde vie, évitant ainsi de disparaître à jamais du web. Situé à San Francisco, ils ont commencé il y a une quinzaine d’années à incorporer des collections beaucoup plus spécifiques. Maintenant, le site inclut: textes, fichiers audio, images en mouvement, logiciels ainsi que des pages Web archivées dans leurs collections et ils fournissent également des services spécialisés pour la lecture adaptative et l’accès à l’information pour les aveugles autres personnes handicapées.

Mais pour quelle raison vous écris-je ça?

Catalogue Wm. Ewing & co. (1909)

Catalogue Wm. Ewing & co. (1909)

Et bien suite à un message bienveillant d’une lectrice, Émilie Perreault, celle-ci m’a fait part d’une newsletter reçue de cet organisme lui indiquant la mise en ligne d’une quantité impressionnante de catalogues de semences numérisés sous l’appellation « Biodiversity Heritage Library Seed & Nursery Catalogs ».

En fait, vous aurez accès à plus de 1000 catalogues de semences (majoritairement en anglais) aux bouts des doigts. Il y a quelques exemplaires hyper rares de documents en provenance du Québec (ex: William Ewing & co.) et de France. Quel temps j’aurai épargné jadis en possédant une telle source d’information.

Pour faire du pouce sur le sujet, le site du semencier du patrimoine vous offre également la possibilité de chercher parmi 37 anciens catalogues canadiens d’aussi loin que 1846 et ce, jusqu’en 1949.

Bonne consultation!

Gagnante de notre coucours de fin d’année 2016

Je voudrais premièrement vous souhaitez à toutes et tous une très belle année 2017 et vous partagez tous mes vœux d’abondance.

Je débute ma 8e année au clavier de ce blogue réservé, en grande partie, aux variétés ancestrales du Québec. Comme au premier jour de cette passion, il y a 15 ans, il me reste tant à apprendre, à expérimenter et à partager. C’est cette abondance que je tentes de retranscrire avec le plus d’intégrité possible pour ne pas qu’un tel savoir, trop souvent oral, sombre dans l’oubli. Ce n’est peut-être pas un hasard si, la semaine dernière, j’ai reçu une demande de la Bibliothèque et Archives Nationales du Québec pour participer à leur programme de collecte de sites web pour des fins de recherche historique. En consultant leurs critères de sélection, j’ai compris qu’il ne devait pas y avoir beaucoup de blogues comme le mien pour qu’ils considèrent ma contribution comme « importante à préserver ».

Bref, j’aurai encore cette année de merveilleuse histoires à raconter, des découvertes surgit du passé et toutes une panoplie d’anecdotes, images et sujets inédits. J’espère vous compter encore une fois parmi nos lectrices et lecteurs.

En attendant, je voulais aussi féliciter Nathalie Barron, gagnante de notre concours de fin d’année 2016. Elle s’est méritée des semences de courge hyper rare Yokohama, cultivée au Québec vers la fin du 20e siècle et quasiment disparue. À notre question-quiz « sauriez-vous reconnaître ce personnage du Québec? », vous avez été nombreux à mentionner Félix Leclerc. Cette photographie, tirée du livre « ta photo dans ma chambre », a été prise en 1973 dans son potager à sa demeure de l’île d’Orléans avec probablement son garçon Francis mais cette dernière affirmation demeure sous toute réserve puisqu’elle ne m’a pas été certifiée. Je ne peux passer sous silence tous vos bons mots, vos encouragements et votre enthousiasme de tous ceux et celles ayant participé. Ça me fait toujours chaud au coeur de lire vos commentaires. Dites-vous que j’aurai aimé tous vous faire gagner.

Félix Leclerc a l'Ile d'Orleans en 1973 (photo: Jean-Yves Letourneau, La Presse)

Félix Leclerc à l’île d’Orléans en 1973 (photo: Jean-Yves Letourneau, La Presse)