Passionnés de tomates anciennes

Il y a quelques années, au temps où je vendais des semences, un homme ayant vu mon site Internet, me contacte par téléphone pour me demander s’il est possible de le rencontrer. Il commence sa retraite et il a beaucoup de temps libre. Il souhaite recevoir des conseils pour réussir sa culture de tomates mais aussi acheter un sachet de toutes mes variétés anciennes; environ une trentaine de cultivars du patrimoine du Québec. Voulez-vous faire des cadeaux lui demandais-je naïvement? Non!, non!, non! répond t-il. « C’est pour planter avec mes 200 autres variétés que j’ai commandées partout dans le monde« . Ayoye!, pensais-je en moi-même. Quel contrat! Je renchérissais avec un « et depuis quand cultivez-vous des tomates? ». « Depuis l’an passé » avoua t-il. Ma surprise passée, mes propos ont été dirigé à le conscientiser sur la charge de travail (semis, transplant, préparation de la terre, distance d’isolement, arrosage, tuteur, récolte, sélection, maladies, etc.) surtout qu’il avait l’intention de récolter ses semences. « Et votre conjointe », ajoutais-je… « Qu’en pense t-elle »? Rien n’y fit. Son idée faite, il se lançait corps et âme dans son projet. Personne n’arriverait à lui faire changer d’idée, même pas son épouse.

Jean Blouin en 2011 (photo: Erick Labbé)

D’autre part, j’aurai pu prendre un exemple sur les fleurs, l’ail ou toute autre plante, le principe demeure le même… la piqûre. Je me reconnaissais en lui à mes débuts. Qui étais-je pour vouloir éteindre cette flamme? Au contraire, je décida de l’encourager. Il aura tout le loisir, comme moi je l’ai fait, d’expérimenter et d’apprendre. Peut-être deviendrait-il, un Jean Blouin, autre passionné de la région de Lévis et protecteur de plus de 200 cultivars de tomates. Le merveilleux dans le jardinage; il n’y a pas d’âge pour s’y adonner. Il était beau à voir. Ses yeux pétillaient. Il se voyait échanger des semences avec d’autres passionnés, manger ses propres tomates, partager avec sa famille, cuisiner, produire ses conserves. Si un des membres de votre entourage exprime lui aussi le désir de s’investir dans ce genre de projet le printemps prochain ou tout autre qui l’anime, encouragez-le. C’est précieux.

Pour cela, je vous suggère l’ouvrage québécois édité en 2018 concernant le sujet. Intitulé: La tomate, de la terre à la table« , Lili Michaud, agronome et conférencière, dresse un portrait complet sur les points énumérés précédemment et même plus. L’oeuvre de presque 300 pages possède l’une des rares particularités de faire la recension de plusieurs variétés de notre merveilleux patrimoine agroalimentaire. Et qui plus est, de façon très, très, très modeste… je l’ai aidé un tout petit peu. Un beau cadeau sous le sapin pour les passionnés de tomates.

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Les 90 ans de WH Perron

Catalogue WH Perron 2018 (source: whperron.com)

Avant la fin de l’année, un simple clin d’œil aux 90 bougies (1928-2018) de WH Perron, l’une des plus anciennes compagnies de vente de semences par correspondance toujours en activité en sol québécois. De Laval pour être plus précis. Pour les intéressés, lisez notre ancien article sur le cheminement de celui (Wilfrid-Henri Perron) par lequel tout a commencé.

En effet, cette compagnie eut de grands bouleversements depuis la retraite du fondateur en 1969. Dans un premier temps, les rennes furent repris par son fils agronome, Henri Perron, jusqu’en 1989.

Par la suite, un groupe d’employés et de gestionnaires externes acquittèrent les actions de l’entreprise et ils mèneront plusieurs actions telles l’achat et l’intégration des activités des Semences Laval Inc (1989), celles de Dominion Seeds (1992) et la vente des centres jardins ayant la bannière WH Perron (dans les années 1990). Toutes ces transactions menèrent en 1994 la création d’une nouvelle entité appelée Norseco (abréviation de NORd SEmence COmpagnie), devenant ainsi l’un des plus grands distributeurs de semences et de produits horticoles au Canada. Laissé pour compte aux profits du nom d’Horticlub jusqu’en 2013, le nom de WH Perron reprendra du service via la division postale et Internet francophone par laquelle on reçoit encore aujourd’hui les fameux catalogues si populaires. La division anglophone, quant à elle, prendra l’appellation de Dominion Seed House en référence à une compagnie ontarienne de semences ayant eu pignon sur rue entre 1928-1993. Comme quoi, on ne se débarrasse pas de noms aussi connus.

Ernst Benary (source: benary.com)

Saviez-vous que? La compagnie semencière-grossiste allemande Benary, où Ernest Benary (1819–1893) créa en 1843 la variété toujours populaire Zinnia elegans « Benary Riese » (aussi appelé Géant de Benary et Benary Giant) a fêté ses 175 ans en 2018. WOW! Je tiens à souligner l’excellente article détaillé de Larry Hogson sur son historique.

Carte postale de novembre 2018


Jardin chez Charles Auguste Brosseau à Brosseau-Station, comté Laprairie. (1950)

De nombreux canadiens subissent de l’insécurité alimentaire avec l’arrivée de l’hiver et la hausse du prix des fruits et légumes. C’est le cas dans de nombreuses régions éloignées où les aliments frais sont très chers. Stéphanie Blanchet, une journaliste de Radio-Canada a rencontré dans la semaine du 19 novembre 2018 des femmes de la Baie Sainte-Marie, une région acadienne de la Nouvelle-Écosse qui s’en tirent, encore aujourd’hui, grâce aux astuces de leurs grand-mères. Selon plusieurs études, les femmes ressentent davantage les complications reliées à l’insécurité alimentaire que les hommes souvent dû à leur espérance de vie plus longue.

En effet, de nombreuses femmes âgées vivent toutes seules avec un seul revenu et ce n’est pas toujours suffisant. Par exemple, en rédigeant sa thèse de maîtrise concernant l’alimentation des femmes aînées en région rurale, Madeleine McKay a fait une découverte surprenante. Lors de ses interviews, elle a réalisé leurs grandes connaissances et leurs habiletés qui leur permettent de survivre. Par exemple, les femmes de 60 ans sont celles ayant le moins recours aux banques alimentaires. Elles forment à peine 10% de la clientèle. Dans cette région acadienne, de mère en fille, on se transmet le savoir-faire pour bien manger avec peu de moyens. Une manière de vivre qu’on surnomme « stretcher la piastre ». Comme le mentionne Janice Leblanc, l’une des personnes rencontrées, « je mange beaucoup de la nourriture que je plante« . « Je stretche ma piastre de cette façon-là » précise t-elle. Elle ajoute, « aujourd’hui, il fait – 8 degrés Celsius, mais j’ai du chou frisé« .

De fait, ses minis serres réparties dans son potager lui permettent de manger des légumes et ce, même en période hivernale. C’est une bonne amie, Suzanne Aucoin qui lui a tout enseigné. Madame Aucoin rajoute: « j’ai eu tous les trucs de ma mère et mon père« . Comme quoi, le savoir de nos anciens fournit encore des solutions simples à nos problèmes actuels.

Comment produire et conserver vos semences d’artichaut

Semences d’artichaut (image: semencemag.fr)

Lorsque j’ai vu mon voisin agriculteur labourer son champ dans la neige ce matin, j’ai béni les cultures permanentes. Dans ce cas-ci, je devrais plutôt écrire semi-permanente car on doit refaire des semis après 4 ou 5 ans à cause de l’épuisement du sol et de la plante. Quand même, c’est mieux qu’à chaque année.

En effet, l’artichaut mériterait une plus grande présence au jardin. Peu valorisé par nos papilles gustatives québécoises, j’en vois très très très rarement dans les jardins modernes même s’il se cultive depuis des siècle partout sur la planète. Avis aux producteurs de semences, cultivez une seule variété par année pour éviter la pollinisation croisée. Les abeilles capotent sur les immenses fleurs. 25 grammes de semences produiront environ 500 plants. Un sachet de 1 gramme devrait contenir aux alentours de 25 semences. Détail super important… vernalisez-les, c’est-à-dire qu’elles devraient subir une période de 3 à 4 semaines au froid au réfrigérateur ou dans un endroit entre 2 et 4 degrés Celsius (ex: garage non chauffé).

Pour cela, semer en caissette à 2 cm de profondeur et 5 cm de distance dans un terreau humide pour semis. Déposer un papier ciré sur le dessus et attendez 4 semaines. Pour donner une idée du début de ce processus au Québec en zone 5b (comme chez-nous), on estime entre la fin février-début mars ou 4 mois avant la transplantation au jardin pour les régions plus froides ou chaudes.

Par la suite, mettre à la lumière à une température près de 20 degrés Celsius le jour et 10 la nuit.  Repiquer en pots de 3 pouces (7.5 cm) après l’apparition des vraies feuilles ou en caissette (12 à 15 plants par caissette), puis plus tard, en pots de 5 pouces (12.5-15 cm) dans un terreau de croissance. Acclimatez en mai pour planter définitivement vers le milieu de juin; parfois avant pour les pressés car la plante résiste aux faibles gels. Songez à espacer vos plants de 80 cm car, comme la photo ici-bas l’indique, ça devient gros. C’est beau hein! Vous devriez profiter des premières fleurs dès la première année puisqu’un plant arrive à maturité entre 80 et 120 jours. Pour les retardataires, semer en caissette directement au jardin à l’automne suivant. Par expérience, assurez-vous juste de planter à un endroit exempt de mauvaises herbes. Pour les plants n’ayant pas produit, tailler les feuilles, déraciner et installer dans un bac humide rempli de terre au frais (ex: caveau à légumes). Replanter la racine au printemps suivant. Sinon pour les régions moins rigoureuses (changements climatiques obligent), tard à l’automne, débarrasser la plante des tiges qui ont fleuri. Couper au ras du sol aussi près que possible la racine. Butter et recouvrir les pieds de feuilles sèches ou de paille pour les protéger du froid. Enlevez-les au printemps. Ils repartiront.

Plant d’artichaut (photo: jardineravecjeanpaul.fr)

Par ailleurs, pour les producteurs de semences, on récolte les semences de cette  bisannuelle (à la deuxième année de plantation) lorsque la grosse fleur aura produit un genre de « plumet blanc ». Récoltez pour les faire sécher complètement dans un endroit sec et ventilé. À l’étape de la cueillette, dans un sac de papier, écraser la base de la fleur avec un outil plat dur (ex: petite planche de bois) pour libérer les graines. Vous aurez besoin de tamiser les détritus parmi les semences cette étape complétée. Insérer dans un sac en papier avec la date et le nom du cultivar. Entreposer dans un endroit sec à l’abris de la lumière. Vos semences devraient se conserver pendant 7 ans.

MISE À JOUR (19 novembre 2018): Après plusieurs questions des lecteurs, il est important de spécifier qu’il est quand même très difficile de produire des semences d’artichaut sous notre climat nordique. À titre d’exemple, la ferme « la fille du Roy« , spécialisée dans l’auto-cueillette de cette fleur-légume, mentionne qu’il arrive qu’entre 20 et 85% des plants ne produisent aucune fleur la première année.  Non protégées avec un bon très bon paillis, elles meurent à l’automne. La sélection de variétés demeurent la meilleure option pour l’avenir; d’où l’importance de continuer à renforcer les plants.

Le Pacte pour la transition

L’urgence de la situation exige une mobilisation sans précédent et de vigoureuses actions collectives pour protéger le monde dans lequel nous vivons, l’eau, l’air, les sols qui nous nourrissent, nous et nos enfants.

Des changements profonds, sages et intelligents, de nos façons de vivre permettront de soutenir une meilleure qualité de vie ET de maintenir la création d’emplois. Avec les ressources physiques et humaines dont il dispose, avec son sens inné de la coopération et son génie d’innovation, de la permaculture à l’écoconstruction et jusqu’à l’intelligence artificielle, le Québec peut et doit devenir un leader et une inspiration pour le monde entier.

Pour toutes ces raisons, le regroupement « le pacte » propose  ─ un pacte qui n’est pas un engagement à être parfait mais un engagement solennel à réduire son empreinte écologique. Avec la force du nombre, nous pouvons renverser la vapeur, pour la suite du monde.​​

Curiosité au potager: l’épinard du Caucase

L’épinard vivace du Caucase (image: wallogreen.com)

Le froid… Brrrr! En voyant le petit tapis de neige cette semaine, j’ai compris qu’encore une fois, nous n’allions pas y échapper. Comme bon nombre de québécois, j’ai une relation ambiguë avec la température, surtout en bas du 0. La belle province (moi inclus) aurait tout intérêt à considérer l’agriculture hivernale comme une opportunité, une ressource sur laquelle composer pour se démarquer en agriculture. Concentration des sucres dans la plante, quasi aucun insecte, endormissement des mauvaises herbes, un sol humide constant ne sont que quelques-uns des avantages en faisant abstraction des engelures bien sûr. Suffit de trouver des plantes capables de résister comme celle-ci.

Stephen Barstow surnommé l’homme à la salade extrême (image: botaniska)

De fait, en 2002, l’écrivain britannique Stephen Barstow reçoit un courrier électronique de la suédoise, Lena Israelsson. Elle lui explique qu’elle a déjà écrit plusieurs livres touchant les légumes et les herbes et se dit très intéressée d’essayer de nouvelles espèces, plus spécifiquement des oignons rustiques originaires de Stockholm, son lieu de résidence.  Après échange et en guise de remerciements, elle lui fait parvenir deux bouquins. L’un d’entre eux, intitulé « Köksträdgården: Det Gröna Arvet » (pouvant être traduit grossièrement en français par: « La cuisine du jardin: notre patrimoine comestible »), écrit en 1996, fût une révélation pour lui. Parmi les légumes inhabituels mentionnés dans l’ouvrage, un lui est complètement inconnu; le Hablitzia tamnoides. Sans nom anglais officiel, on le surnomme de manière familier comme l’épinard du Caucase. Après maintes recherches, tant littéraires qu’auprès d’organismes de sauvegarde d’espèces horticoles menacées, il réussit à obtenir des semences grâce a un échange avec un autre suédois.

feuilles matures du hablitzia-tamnoides (image wallogreen.com)

Selon les écrits de Madame  Israelsson, cette variété vivace originaire du Caucase (présente tant au sud qu’au nord), survit dans les forêts d’épinettes et d’hêtres, parmi les rochers à flanc de ravin et le long des rivières. Nommé en l’honneur de Carl Ludwig Hablizl (1752-1821), un botaniste du 18e siècle et vice-gouverneur de Crimée, l’épithète « tamnoides » quant à lui fait référence à sa ressemblance avec la Black Bryony (Tamus communis), un autre cultivar indigène trouvé dans le sud de l’Angleterre, lui aussi alpin et ressemblant à la plante. Dans l’antiquité, les jeunes pousses de Tamus se voyaient apparemment préférées aux asperges et elles s’utilisent encore de nos jours dans divers plats traditionnels printaniers composés d’une cinquantaine d’herbes sauvages et ce, plus particulièrement en Italie. On aurait même retrouvé des graines dans les cales des drakkars vikings retrouvés dans les tourbières danoises d’Oseberg en Norvège occidentale. Vers 1870, la plante aurait été introduite dans les jardins comme grimpante mais il aura fallu quelques années pour découvrir son caractère comestible. Elle n’a jamais eu une très grande popularité mais elle peut s’enorgueillir d’avoir été cultivée dans certains des plus grands jardins de manoir.

En effet, notre spécimen peut grimper jusqu’à une hauteur entre 2 et 3 mètres sur une période échelonnée entre le printemps et le début de l’été. Les feuilles de la base, en forme de cœur, possèdent une longue tige. Les fleurs vertes et petites rappellent un peu le manteau de l’Alchemilla sp.. Les graines, plutôt inhabituelles et petites (environ 1,5 mm) deviennent, à maturité, noires et très brillantes. Elle se multiplie soit via ses graines ou par division des racines. Rustique jusqu’à -40 degrés Celsius, seules les limaces attaquent les jeunes feuilles. Sinon, il n’y a plus de problèmes ou de maladies connues.

Des références littéraires du 19e siècle estiment qu’il se répand comme de la mauvaise herbe mais on l’a trop souvent confondu avec son cousin le chénopode Bon-Henry (Chenopodium bonus-henricus), connu pour son envahissement. La stratification (traitement par le froid) aide à la germination des graines. Au début de son stade de croissance, elle poussera lentement la première année. Mais celui-ci s’accélère dans la seconde pour atteindre sa pleine maturité. À la fois heureux au soleil ou à l’ombre, elle peut s’accommoder du couvert forestier. Cela en fait ainsi une plante fantastique dans un jardin-forêt. Peu exigeant côté fertilisation, elle résiste à la sécheresse et aussi aux gelées tardives. Il pousse même en période de froid sous un couvert de neige et vous pourrez déjà récolter des pousses très tôt au printemps. Vous pourrez l’apprêter partout où l’on exige des épinards. J’oubliais, on estime sa survie entre 20 et 50 ans. Que des avantages pour une culture permanente. Vous pouvez vous en procurer parmi de très rares semenciers au Québec ou au Canada.

Carte postale d’octobre 2018

Récolte du maïs à grain avant l’apparition de la machinerie agricole (image: Ministère de l’agriculture, 1942)

Et voilà! Encore cette année, tout autour de chez-nous des champs à perte de vue de maïs à grain prêts à être récoltés. Du « blé d’Inde à vache » comme dirait nos anciens. Sans l’apparition de la machinerie agricole et l’augmentation de la productivité, jamais de telles superficies n’auraient pu être cultivées. Bon ou mauvais? Voici un autre débat.

Toutefois, comme le montre ces images ci-dessus, imagineriez-vous encore tout faire à la main? Avec le manque de main-d’œuvre, le désintérêt du secteur agricole par les jeunes et l’absence de relève pour de nombreuses fermes, inutile de dire qu’il aurait été impossible de rentabiliser l’entreprise. Couper, entasser les épis de maïs récoltés et les tiges puis les égrener à la main reviendrait à faire faillite. Quoique pour une version agrotouristique, ça pourrait s’avérer une activité familiale de sensibilisation intéressante pour recréer l’esprit d’antan.

Par ailleurs, en 1967, le Ministère de l’agriculture et de la colonisation publia une brochure intitulé « la culture du maïs » dans laquelle les agronomes  Maurice Hardy, Gaétan Lussier et Réal Martineau comparent les périodes de récolte du maïs-fourrager versus celui du maïs-grain (aujourd’hui celui le plus répandu) dans le sud de la province. Dans le premier cas, on l’ensilera au stade de grain denté ou après la première gelée. Dans le deuxième cas, on le récoltera avant les premières grosses gelées meurtrières; l’important étant qu’il contienne un taux d’humidité suffisamment bas pour qu’il se conserve. C’est pour cette raison qu’on entend depuis quelques jours les récolteuses toute la nuit…car « winter is coming« .

 

La tomate « rose italienne »

La tomate rose italienne (photo: Philippe Panassié)

Les québécois ont ceci de particulier. À une certaine époque (entre 1950 et 1980), ils adoraient les tomates roses comparativement au reste du Canada. L’apogée de cette popularité survient dans les années soixante où les compagnies de semences proposaient presque la moitié de leurs choix en tomates roses. Par exemple, que ce soit la Québec no.245, Apha rose, Beauté de Livingstone, Champion naine, Rose de juin, Rose à feuille de patate (McMullen) ou encore la Oxheart (la fameuse « cœur de bœuf »), toutes ont comme point commun la couleur de la chair du fruit… comme celle-ci: la « rose italienne ».

De fait, en provenance du bas Saint-Laurent et plus spécifiquement de Rivière-du-Loup, les semences originent de Madame Francine Mailloux. Qualifiée de plante « costaude » par René Paquet qui a obtenues les graines de celle-ci (été moi de lui), il ajoute que le plant indéterminé aura un « gros rendement » avec des fruits produisant « peu de graines » (à discuter) et « à peau rouge et chair rose ». Ceux-ci pèseront, en général, entre 400 et 850 grammes mais pourront aller au-delà comme en fait fois le spécimen au bas de l’article.

La tomate rose italienne (photo: Philippe Panassié)

Par ailleurs, au début début 2018, j’ai reçu une charmante invitation d’Allemagne de Philippe Panassié (lui-même grand collectionneur de tomates rares) me proposant son aide dans la culture de mes anciennes variétés de tomates; ce que j’accepta avec une très grande gratitude. À la fin de la saison, il me fit parvenir ses semences cultivées, ses observations, ses commentaires et ses photographies. REPRODUCTION DU TEXTE ET DES PHOTOGRAPHIES INTERDITES SANS LE CONSENTEMENT DE PHILIPPE PANASSIÉ.

————– texte de Philippe Panassié ——————–

La tomate rose italienne (phot: Philippe Panassié)

Jolie tomate rose-rouge. Plante très robuste à croissance indéterminée environ 180 cm, feuillage normal, gros fruit rond un peu aplati de 500 à 900 g légèrement côtelé aux épaules, très charnues, chair douce, beaucoup de graines (environ 10 loges). Bonne production de mi-juillet à fin septembre (les changements climatiques qu’on le veuille ou non ont demandé plus d’arrosages que normal et la fin de saison a sans doute été plus précoce: à mi-octobre les plantes sont encore pleine de fruits qui ne mûrirons plus).

La tomate rose italienne (photo: Philippe Panassié)

 

Comme cette année a été sèche, je ne peux pas dire si cette plante est résistante ou non aux maladies cryptogamiques (je l’ai cultivée en extérieur sans abri). J’ai cultivé 7 plantes et ai obtenu une récolte de 3,5 kg par plante, ce qui en saison « normale » devrait pouvoir atteindre 5 kg au vu de ce qui reste encore sur les plantes à mi-octobre. (À noter qu’à la mise en place à mi-mai j’ai fait un arrosage copieux avec purin d’ortie à 20% et qu’ensuite elles ont reçu tous les 15 jours une ration de purin de consoude à 10%). En résumé une bonne grosse tomate à déguster crue avec une pointe de fleur de sel, un voile de poivre, un filet d’huile d’olive et une touche de pesto ou de tapenade, un régal!

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Saviez-vous que? Vous cultivez des anciennes variétés et n’arrivez pas à déterminer leur couleur exacte. Sachez qu’il existe une manière très simple de les distinguer. Consultez mon ancien article inspiré des écrits de Madame Michèle Renaud intitulé « Tomate… rouge ou rose?« .

La culture de la betterave à sucre au début du 20e siècle

À la lumière des méthodes de culture anciennes, nombreuses sont celles méritant d’être réintégrées, voire adaptées à nos pratiques modernes. Je trouves vraiment pertinent d’en faire la recension car elles nous permettent de se réapproprier le savoir de nos aïeux, vieux de plus de 300 ans. La betterave à sucre ou betterave sucrière fût découverte en Europe au 18e siècle. Au début du 20e siècle, on comptait plus de 100 raffinerie aux États-Unis.

De fait, le Canada et les États-Unis étaient les deux pays où il se mangeait le plus de sucre au monde. Par exemple, au début du siècle passé, la consommation annuelle des États-Unis se chiffrait à plus de 12 milliards de livres. Quant à elle, la part moyenne de chaque canadien s’estimait à 105 livres (47.6 kilos) par année. Ayoye! À titre comparatif, nous en absorbons encore aujourd’hui (2018) environ 40 kilos (88 livres). C’est donc vous dire combien cette plante se retrouvait importante dans l’alimentation. Au départ, la culture de la betterave s’est faite d’abord en Ontario, l’Alberta et le Manitoba. La première entreprise viable de transformation du sucre fût construite à Wallaceburg en Ontario en 1902.

Quant à elle, la fabrique de Chatham, construite en 1916, fût considérée comme la plus grande au Canada. Sa production de sucre blanc raffiné dépassait les 60 millions de livre. À quelques kilomètres de là, Pain Court (qu’on prononçait Pincourt); l’un des centres canadien-français les plus florissant de l’Ontario. Avant que l’on y cultive la betterave, Pain Court était une humble paroisse agricole. Son sol mal drainé foisonnait de mauvaises herbes. Un peu de foin, d’avoine et de blé demeurait la principale source de revenus des habitants.

Par ailleurs, Pain Court devait son énorme prospérité à la culture de la betterave à sucre. Là demeurait les familles Roy, Caron, Lévesque, Gagné, Pinsonneault, Martin, Trudel, Béchard, Trahan, Mailhoux, Robert, venus de Saint-Jean-Tracadie, Sorel, Verchères, Saint-Hyacinthe et d’ailleurs. Pour égoutter ces terres basses, on a été obligé de construire de longs et larges canaux. Le niveau du sol étant plus bas que celui du lac Ste-Claire, il a fallu faire monter l’eau des canaux inférieurs aux canaux supérieurs. Ces énormes travaux furent une bénédiction pour la betterave à sucre.

En effet, la betterave exige un sol profond, frais, sans être humide. Les terres fortes, les bonnes terres à grains, si elles sont bien égouttées, conviennent, de même que les terres où la luzerne et le trèfle poussent bien. L’ameublissement profond du sol est essentiel. Remarquez sur la photo ici-contre la couche de terre arable qui varie entre 8 et 10 pouces (20 et 25 cm).

La herse

Après un labour profond et un hersage bien fait, le sol mérite encore beaucoup de soin. Le producteur de betteraves savait très bien qu’à chaque fois qu’il passait le brise-motte, la herse et le rouleau, il diminuait le travail du sarclage à la main, conservait l’eau du sol et augmentait son rendement. C’était la guerre totale aux mauvaises herbes que ce traitement radical faisait disparaître au bout de quelques années. Le rouleau se voyait utilisé fréquemment. Il était important de bien niveler le sol pour obtenir une levée uniforme.

Semoir

Le semoir ensemence quatre rangées à la fois, distant de 22 pouces (55 cm) les uns des autres. La graine est plantée à une profondeur entre 1 pouce et demi à deux pouces (2.5 à 5 cm). On recommandait de semer 15 livres (6.8 kilos) de semences à l’acre. Cette quantité ne devrait pas vous étonner car il faut se rappeler que la semence de betterave n’a souvent qu’un faible pourcentage de germination. Et qu’un dollar de semences investis de plus pour le producteur, pouvait lui en rapporter quinze à la fin de la récolte. Le fumier restait encore le meilleur engrais pour la betterave à sucre.

Épandage de fertilisant

Comme pour toute culture sarclée cependant, il fallait un fumier bien décomposé pour faciliter le contrôle des mauvaises herbes. Dans les anciens écrits, on estimait que les engrais chimiques donnaient un excellent rendement. 200 à 300 livres (90 à 136 kilos) à l’acre avec un mélange de 2-8-10, 2-16-6 ou 2-12-6 était généralement une application suffisante. La formule employée (azote-phosphore-potassium) dépendait de la nature su sol et du système de culture établi.

Sarcleuse

Toutefois, on comprend qu’avec les méthodes de culture biologique actuelles, d’autres alternatives peuvent compenser. Ainsi, aussitôt que l’on pouvait distinguer les rangs de betteraves, on passait la sarcleuse mécanique. Les petits plants n’étaient nullement endommagés car la sarcleuse était munie d’un dispositif facilitant la conduite. Les dents et les disques étaient disposés de manière à laisser une bande de sol non remué de 3 à 4 pouces de largeur (7.5 à 10 cm). L’instrument pouvait sarcler entre 5 à 10 acres (0.02 à 0.04 kilomètres carré) par jour.

Par la suite, le rouleau brisait ce qui restait de croûte en foulant le sol et ainsi diminuant l’évaporation de l’eau nécessaire à la croissance des plantes. La pression du rouleau ne détériorait pas les tiges souples mais forçait les racines à prendre un meilleur contact avec le sol. C’était la lutte pour la survie et les meilleurs plants se redressaient plus vigoureux que jamais. Immédiatement avant l’éclaircissage, avait lieu le deuxième sarclage mécanique.

La houe

On savait qu’il était temps d’éclaircir les rangs lorsque les jeunes plants avaient entre quatre et six feuilles d’environ deux pouces (5 cm) de longueur. La houe dont on se servait possédait un manche d’environ 20 à 24 pouces (50 a 55 cm) de longueur. Comme l’homme devait rester penché pour faire son travail, la houe à long manche l’aurait obligé à se lever et à se courber continuellement; ce qui rendait sa besogne plus pénible. L’éclaircissage consistait à enlever la majeure partie des plants superflus. Le démariage consistait à ne laisser qu’un plant à tous les 12 à 14 pouces (30 à 35 cm). L’éclaircissage et le démariage pouvaient se pratiquer en même temps. Un as pouvait faire son acre (4000 mètres carré) dans la journée. Après le démariage, les jeunes plants sont couchés et il ne semblait pas qu’ils pourront reprendre vie.

Éclaircissage et démariage des rangs de betteraves à sucre

Rouleau

Il était toutefois inutile de les relever par un renchaussage car le lendemain ils se seront déjà redressés. Ce qui n’empêchera pas le rouleau de venir une fois de plus les écraser de nouveau contre terre. Ces épreuves de vitalité étaient nécessaires au développement d’une racine forte et robuste. On sarclait et roulait chaque fois que les mauvaises herbes apparaissaient ou que la croûte de la terre se fendillait.

Sarcleuse modifiée

À mesure que les plants se développent, la sarcleuse devait être modifiée. On enlevait les disques, la forme et la disposition des dents étaient changés de manière à favoriser la croissance des racines. On recommandait de faire au moins cinq sarclages. La sarcleuse n’enlevait pas les mauvaises herbes sur les rangs même. Le sarclage à la main devenait donc nécessaire. Vers la mi-juillet, la famille se donnait rendez-vous dans le champ.

Racines de betteraves

Par ailleurs, puisqu’il est reconnu depuis belle lurette que la betterave améliore le sol, la cultiver c’était augmenter les autres récoltes. La betterave venait en tête de la rotation de la plupart des assolements. La racine de la betterave améliorait le sol en pénétrant parfois jusqu’à plus de six pieds (180 cm) de profondeur. Elle y puise dans le sous-sol l’eau et la nourriture nécessaire là où les autres plantes à racines superficielles sont incapables de s’approvisionner. Après l’arrachage, les bouts de racines se décomposent, enrichissent le sol en humus et favorise l’aération des couches profondes. Les céréales profitent beaucoup des conditions du sol après la culture de la betterave. Dans la région où on l’a pratiqué, les statistiques démontraient que le rendement des céréales étaient de 50 à 100% meilleur que dans les autres régions. Les rendements de 60 à 70 minots (2340 à 2730 litre) à l’acre n’étaient pas rares à Pain Court. La luzerne aidait beaucoup à maintenir la fertilité là où le fumier de ferme ne pouvait suffire. La culture de la betterave allait de paire avec industrie laitière. Les feuilles, la pulpe, les collets et les mélasses étaient une nourriture excellente pour les bestiaux. Il fallait avoir soin d’en servir au vache qu’après la traite, jamais avant, pour que la saveur du lait ne soit pas changée. L’élevage des animaux de boucherie devenait aussi moins coûteux lorsqu’on avait ces déchets pour les engraisser.

L’arracheuse

À la fin de septembre, le temps était idéal pour le temps de la récolte. Les feuilles basses déjà jaunies montraient un premier signe de maturité. L’analyse sur le champ devait révéler une teneur en sucre de la racine dépassant 15%. Avec la venue de la nouvelle machinerie mécanique, récolter la racine n’était plus le travail pénible d’autrefois. L’arracheuse mécanique faisait en quelques heures ce qu’un homme aurait fait en quelques jours. La conduite de l’arracheuse mécanique soulevait les racines si facilement que les chevaux pouvaient marcher aisément sans fatigue. 4 et 5 acres d’arrachage se faisaient par jour sans effort. Dans les terres fortes, deux disques étaient ajoutés à l’instrument pour faciliter le travail. Il arrivait que les mottes adhèrent si fortement à la betterave qu’il fallait passer la herse pour dégager les racines.

Couteau à décolletage

À cette étape, voici venu le temps du « décolletage » des betteraves.  Muni d’un large couteau dont la pointe se termine par un crampon, on pique la betterave adroitement pour la ramasser. On la saisi dans sa main gauche et on la tranche à la base du collet; quant on est pas gaucher, bien entendu. La faucille faisait aussi un bon couteau de décolletage.

En effet, il ne fallait pas juste couper les feuilles mais tout le collet. Le collet (la partir verte) n’est pas riche en sucre et s’il n’était pas convenablement enlevé, le producteur voyait le pourcentage en sucre de sa récolte s’abaisser; diminuant par le fait même le prix payé par la fabrique.

Écimage de la betterave à sucre avant son expédition à la fabrique

Une autre méthode consistait à prendre deux rangs à la fois. On ramassait une betterave à droite, l’autre à gauche. On les choquait ensemble afin de dégager la terre adhérente pour ensuite les jeter en tas. C’est à côté de celui-ci qu’on laissait de côté les feuilles après le décolletage, tandis que les racines étaient lancées sur un tas central pour faciliter le chargement. On pouvait produire jusqu’à 20 tonnes à l’arpent. Si les betteraves n’étaient pas transportées à la fabrique immédiatement, il fallait recouvrir les tas avec les feuilles afin de prévenir les pertes occasionnées par les intempéries.

Les betteraves se voyaient finalement chargées dans un wagon au moyen d’une fourche dont les dents sont arrondies au bout pour ne pas piquer les racines. C’était en tout, 225 000 tonnes par année qui étaient raffinées dans la région de Chatham. Toute une époque!

Ramassage des betteraves à sucre à la main avec une fourche arrondie (Pain Court, 1942)

Chargement de la betterave à sucre avec un convoyeur (Pain Court, 1942)

William Warnock, premier canadien créateur de citrouilles géantes

William Warnock et ses filles, Iris May et Isabelle Grace, la plus grosse citrouille du monde en 1930 (photo: Huron Shores Museum)

Avec le retour de l’automne, les citrouilles réapparaissent un peu partout pour annoncer la venue prochaine de l’Halloween. À les regarder, je me suis demandé par quels concours de circonstances certains spécimens avaient pu devenir si énormes? Il est loin le temps où, grosses comme une balle de baseball, les paresseux géantes de l’Amérique du Sud, s’en nourrissaient au sol. Vous vous en douterez, la contribution de l’homme y a joué un rôle déterminant.

En effet, cet intérêt pour la culture des grosses courges remonte au 19e, un siècle faste pour la dispersion des cucurbitaceas « maxima » à travers le monde.

De fait, les semences ramenées par les capitaines des navires américains via les Antilles et l’Amérique du Sud se retrouvent dans les petits jardins de ces derniers ou remis à des tiers. Parmi ceux-ci, James J.H. Gregory, un cultivateur de Marblehead au Massachusetts, introduisit la courge Hubbard sur le marché de l’oncle Sam en 1854. Vague quant à ses origines, il explique avoir reçu ses graines d’Elizabeth Hubbard, les ayant elle-même obtenues d’un capitaine de bateau du nom de Knott Martin. Avouant n’avoir jamais mangé de courge si bonne, Gregory la nomma en l’honneur de la dame. Aux alentours de 1847, en Amérique et en Angleterre, on voit aussi apparaître une souche de ces Hubbards, encore plus grosse, surnommée  « Mammoth » (Mammouth en français). Pesant souvent plus de 100 livres, c’était, selon le magazine « The Gardeners Assistant » (octobre 1857), « la plus grosse connue au monde ».

Comment faire pousser des grosses citrouilles par Wm Warnock – version anglaise –

On y lit d’ailleurs (en traduction libre): « qu’avec un compost très riche, plantés dans une grande quantité de fumier et dans des conditions climatiques favorables, les fruits atteignent souvent le cap des 120 livres ». Lors d’une exposition à Sutcombe en 1857, dans le Devonshire en Angleterre, on y expose un spécimen de 245 livres. Pour l’époque, c’était le plus lourd jamais enregistré. On arrivait même à le préserver pendant les longs mois d’hiver à condition de l’entreposer dans un endroit sec, aéré et suspendu par un très fort filet.

Par la suite, l’Europe se désintéresse progressivement  de ces « géants ». Au contraire, en Amérique du Nord, les nouveaux records encouragent les férus de cette culture marginale en contribuant à préserver les stocks de semences vivantes. Dans cette vague de passionnés, William Warnock, le premier canadien à marquer l’histoire mondiale du 20e siècle avec une nouvelle variété de courges géantes de type « mammoth ». Supposément de la souche « gros potiron jaune de Paris » obtenue d’Henry David Thoreau, le premier à produire des courges géantes en Amérique du Nord (gagnant au Middlesex Show de 1857 avec un poids de 123.5 livres), il domestiquera davantage la souche.

En effet, dans l’un de leurs catalogues de 1883-1884, le semencier américain « Burpees » fait référence aux dimensions énormes d’une courge d’un producteur canadien de Goderich en l’Ontario, fracassant records après records. Petit fabricant de voitures canadiennes et machiniste / agriculteur, il se distingue avec des échantillons inédits comme on le voit ici-bas. En plus de cultiver cette plante pour nourrir sa famille, ses connaissances acquises de génération en génération, il parvient à perfectionner son art et sélectionne un des plus gros cultivars au monde.

Citrouilles géantes du jardin de William Warnock / année inconnue (photo: Reuben Sallows)

Son premier moment de gloire survient en 1900 où il se rend à Paris lors de la Foire mondiale pour y présenter un fruit pesant 400 livres. Pour cet exploit, il reçoit une médaille en bronze  d’environ 2 1/2 pouces. Autre fait intéressant, notre gagnant réussi à dépasser de 17 livres son record précédent de 1893.

William Warnock de retour de la foire avec ses courges d’exposition en 1898 (photo: Susan Glousher, arrière, arrière petite fille de William Warnock)

Catalogue Reenie 1906 page 27

Loin de s’arrêter, il surpasse encore une fois sa propre marque de 3 livres à la Foire mondiale de St-Louis de 1903. Intéressée, l’entreprise de semences canadienne, « Rennie » lui achète sa citrouille pour en vendre les graines 25¢ le sachet, incluant le secret pour « faire pousser des courges géantes » sous le nom de « Rennie’s Mammoth Green squash ». Selon le livre « Backyard Giants: The passionate heartbreaking and glorius quest to grow the biggest pumpkin ever« , il faudra attendre 73 ans (1976) pour pulvériser ce record avec une citrouille de 451 livres, une marque établie par Bob Ford, un citoyen de Pennsylvanie.

Catalogue canadien Reenie de 1913

Pour les personnes intéressées par le sujet, la Great Pumpkin Commonwealth (GPC) réunit la majorité des concours de citrouilles géantes dans le monde. On y dénombre une quarantaine de sites officiels de pesée dont celui du potirothon de Gentilly. L’apogée de cet événement converge vers le « Weigh off Day », soit la pesée officielle, habituellement prévue vers le premier samedi du mois d’octobre. Si ce genre d’attrait vous attire, sachez qu’elle survient à la dernière semaine de septembre pour celle de Gentilly et la régate en début octobre. Vous ne serez pas surpris d’apprendre qu’on n’a cessé d’atteindre de nouveaux records pour aujourd’hui voir un nouvel exploit inégalé en 2016 avec un fruit de 2624 livres. Ayoye! Jusqu’où va t-on aller?

Record du monde de la plus grosse citrouille 2624 livres en 2016 (photo: bigpumpkins.com)

Saviez-vous que?  La médaille de bronze gagnée par William Warnock se veut identique à celle remise aux sportifs gagnants des Jeux Olympiques de Paris en 1900. Pour le prouver, vous remarquerez le nom du récipiendaire au bas de la pièce à droite.

Médaille gagnée en 1900 par William Warnock lors de la Foire mondiale de Paris (image: Susan Glousher)