L’histoire du chanvre (partie 2)

Ouf! Après trois semaines de recherche, je reviens avec un autre petit bout. J’ai sous-estimé l’énergie pour creuser le sujet. Je vous encourage, si ce n’est déjà fait, à relire la partie numéro un pour une lecture plus fluide. J’y abordais l’historique du chanvre avant qu’il n’arrive définitivement en Amérique du Nord et plus spécifiquement au Canada.

En effet, vers la fin de la première partie, Jacques Cartier offrit dès son arrivée des cadeaux aux autochtones sous forme de graines et de vêtements conçus en tissus de chanvre. Louis Hébert, premier apothicaire et agriculteur du nouveau monde en plantera en 1606 à Port-Royal, berceau de l’Acadie, avant d’en amener avec lui lors de son déménagement à Québec en 1617. Bien qu’on amenâmes par bateaux des bœufs, des ânes et plus tard des chevaux pour le défrichage des terres pour aider les premiers colons de la Nouvelle-France, l’autosuffisance ne fût réalisée que dans les années 1640. Et quand bien même, la commercialisation des produits agricoles restera toujours difficile sous le régime français.

Louis Hébert (image: l’abbé A.C. Hébert, Montréal 1918. Archives nationales du Canada)

Jean Talon (image: patrimoine-culturel.gouv.qc.ca)

Ailleurs, la popularité grandissante du cannabis-textile s’étendait un peu partout dans le monde avec la poussée de la colonisation. Au milieu des années 1600, l’Espagne le cultivait au Chili, la Grande-Bretagne en Nouvelle-Angleterre et les entrepôts royaux français promettaient quant à eux d’acheter tout le cannabis produit par les agriculteurs canadiens. L’intendant Jean Talon (1626-1694) réservera des lots pour des expériences et des démonstrations agricoles en introduisant des cultures telles que le houblon et le chanvre. Certaines taxes pourront même être payées avec des tiges de chanvre et les agriculteurs récalcitrants à sa culture se voyaient passibles d’une sentence. On ne riait pas. Plusieurs noms de villes et régions du Québec ont même été baptisé de noms liés à cette importante culture d’autrefois comme Hampshires, Hempsteads et Hamptons.

Toutefois, la difficulté à l’époque ne consistait pas à cultiver du cannabis en soit mais à préparer les fibres pour leur utilisation courante. Les longues fibres externes de la tige devaient être séparées des fibres pulpeuses internes. Ce processus, appelé «rouissage», prenait énormément de main-d’oeuvre et de temps. À cause de ça, la plupart des colons préféraient les cultures vivrières. Et, même si les gouvernements, tant français qu’anglais, ont tout fait pour inciter les agriculteurs canadiens à planter davantage de cannabis pour la fabrication de textiles, les colons préféraient, de loin, cultiver de quoi manger plutôt qu’engraisser une culture marchande. Qui pourraient les en blâmer. Premier exemple.

Rouissage du chanvre (image: Marzolino, journal universel Paris, 1860)

En 1668, Jean Talon, premier intendant, confisqua tout les fils des magasins de toute la colonie en déclarant qu’il ne le vendrait qu’en échange de chanvre de cannabis. Sans aucun fil, les colons ne pouvaient donc plus réparer, ni fabriquer leurs vêtements. Ils ont donc été, en contre-partie, dans l’obligation de faire pousser plus de fibres de cannabis. Deuxième exemple.

En 1790, le gouvernement de l’Angleterre enverra gratuitement 2 000 boisseaux (environ 50 tonnes métriques) de graines de cannabis russes à tous les agriculteurs du Québec. Parmi tous, seulement quinze l’acceptèrent. Le reste des graines pourrirent. Na! Na! Na! Dix ans plus tard, le Parlement britannique envoya deux spécialistes du cannabis en leur promettant richesses et terres gratuites s’ils parvenaient à convaincre les colons de cultiver davantage de cannabis mais aussi à les former correctement à sa culture. Mauvais temps, inondations du printemps et mauvaises semences rendirent l’expérience un désastre. Mais pourquoi la France et la Grande-Bretagne souhaitaient-elles tant produire du cannabis dans leur nouvelle colonie? La réponse se trouve de l’autre côté de l’océan Atlantique.

USS Constitution en 1803 (image: wikipedia)

En effet, juste après la conquête du Canada par les anglais, la course au chanvre nous ramène dans les vieux pays soit à la campagne d’Égypte (1798-1801) où les troupes françaises tentaient de bloquer la Grande-Bretagne d’accéder à la route de l’Inde en prenant possession de l’Orient. Pendant des décennies le chanvre demeurera une matière stratégique. Il composera la majeure partie des cordages et des voiles de navires. À elle seule, la frégate américaine USS Constitution exigeait plus de 60 tonnes de chanvre juste pour ses cordages et voiles. Importé à 90% d’Italie et de Russie, la conquête napoléonienne amena le roi Georges III à développer ses propres cultures et manufactures. De retour chez-nous, la Grande-Bretagne persistera encore dans cette idée en faveur des textiles de cannabis et, en 1802, le gouvernement canadien nommera plusieurs agriculteurs importants au sein d’une nouvelle commission pour l’encouragement à la culture du chanvre. Le 22 février 1806, on assistera à la création de la « Upper Canada Agricultural and Commercial Society« . Mais il faudra attendre encore au moins deux décennies avant que l’industrie du cannabis ne décolle enfin chez-nous. En réaction à toutes ces tractations, Napoléon signera un accord le 07 juillet 1807 avec le tsar Alexandre 1er. Le traité de Tilsit interdira l’expédition de chanvre en Angleterre et aux États-Unis. Mais Alexandre 1er laissera quand même passer le chanvre en contrebande en destination de l’Angleterre. Petit coquin! C’est l’un des éléments qui poussera Napoléon à envahir la Russie. Mais ce dernier devra battre en retraite à cause de l’hiver précoce de 1812.

Champ récolté de chanvre. Année inconnue (image iastate.edu)

Y’a pas à dire, alimentaire, utilitaire, euphorisant, cette plante exerça toute une influence entre le 17e et le 19e siècle. Dans la partie 3, elle continuera à faire couler beaucoup d’encre dans les siècles suivant.

L’histoire du chanvre (partie 1)

Chanvre, dessin botanique

Selon moi, le chanvre fait partie du top 10 des plantes ayant influencé, voire changé le cours de l’histoire de l’humanité. Adoré pour ses propriétés médicinales, nutritif, vénéré pour ses attributs euphorisantes, utilisé pour le commerce, l’industrie et la guerre, il a été autant détesté par les politiciens, l’église, certains grands dirigeants d’entreprises et les gens de bonne mœurs. Comme vous le lirez, ses multiples usages lui procure une versatilité surprenante. Et, malgré tout ce qu’on dira, il fait partie de notre patrimoine agricole. Et même ici au Québec, bien que les gouvernements et la répression policière ont tenté de l’éradiquer depuis des décennies, il nous côtoie depuis le début de la colonie. Petit récapitulatif en plusieurs parties chronologiques d’une destinée hors de l’ordinaire.

ABC ÉTYMOLOGIQUE

Au départ, première nuance importante! Que ce soit chanvre (« hemp en anglais »), marijuana ou cannabis, c’est la même plante. Le terme chanvre « fil et filasse » dérive du vieux français « chenvre », « plante-textile ». Quant à « marijuana » issu de l’espagnol mexicain, il se relie à la drogue. Le mot « cannabis » quant à lui sert à l’identifier par son nom botanique « cannabis sativa » ou « cannabis india » (dans les vieux ouvrages). Saviez-vous que le terme latin cannabis réfère à l’expression « tige (cann) à (a) deux sexes (bis) »? La plante possède effectivement la particularité d’avoir à la fois le sexe mâle et femelle. Le haschisch désigne la résine produite par la plante qu’on transformera pour la fabrication de divers produits (huile, tablettes compressées, vaporisateurs, pilules…). Il reste finalement tout l’arsenal d’expressions communes du genre « pot » « mari« , « herbe« , « weed« , « joint » et j’en oublie sûrement, se rapportant aux « pétards roulés » qu’on fume sous forme de tabac séché ou coupé. Ouf! J’espère ne rien oublier.

UNE TRÈS, TRÈS, TRÈS ANCIENNE PLANTE

ShenNung (image: antiquecannabisbook.com

Il apparaît très difficile d’identifier son lieu d’origine exacte. Certains évoquent l’Himalaya, d’autres la Mésopotamie mais bon nombre des sources s’entendent pour situer le sud-est de la Russie où on l’utilisait, entre autre, pour la fabrication d’arcs, d’armes de guerre, de farine et pour les filets de pêche. Les chinois quant à eux confectionnaient une fibre par broyage de la tige pour créer des tissus quatre fois plus résistant que le coton et cela, 4500 ans av. J-C. Son utilisation en Chine remonterait même jusqu’au 28e siècle av. J-C où l’empereur Shen Nung (2838-2698 av. J-C) l’incorpore dans sa pratique lors des fondations de la médecine chinoise traditionnelle. Car, petit bémol non négligeable, le plant contient du delta-9-tétrahydrocannabinol, communément appelé THC.

De fait, on retrouve la mention des effets de cette molécule active d’aussi loin que dans les écrits grecques. Depuis des milliers d’années, les médecins de tout acabit la prescrivent sous forme d’huile, de graines ou en tabac comme antidouleur, pour soulager les maux des malades allant de la dépression jusqu’au cancer et j’en passe.

D’autre part, il est intéressant de noter qu’on s’en servait également pour la fabrication de papier. Inventé par les chinois, son secret fût conservé jusqu’au 5e siècle ap. J-C pour se perpétuer au Japon, au Moyen-Orient et enfin apparaître au 13e siècle en Europe. Les moines copiste travaillaient sur du papier de chanvre à la lumière d’une lampe à l’huile de chanvre. Moult textes mentionnent qu’apparemment le premier livre imprimé au monde, la bible (1456), éditée par Johannes Gutenberg (1400-1468), l’aurait été sur du papier de chanvre. Ailleurs en Inde, on l’offrait en offrande à la déesse KALI ou on le fumait lors d’événements religieux comme les baptêmes et les mariages. Pendant le déclin de l’empire romain, le chanvre est devenu le véritable nerf de la guerre. Administré par le « procureur du chanvre », l’une des positions les plus importante de la hiérarchie, deux réserves ont été créées des deux côtés des Alpes; Ravenne et Vienne. Le chanvre ne leur servait pas juste pour la guerre mais à toutes sortes d’utilités tels la fabrication de vêtements, d’abris, de nourriture, de défense, d’attaque et de médecine. En fait, il se retrouve à tellement d’endroits, tant d’époques et côtoie autant d’empires qu’il devient ridicule de tous les mentionner. Sans doute pour sa facilité de culture. D’une taille pouvant aller jusqu’à 4 mètres, cette annuelle à croissance rapide atteint sa pleine maturité en 4 mois (entre mai et septembre). Elle n’a ni besoin d’herbicide car sa densification et sa hauteur épuise toutes les autres mauvaises herbes. Aucun insecticide n’est non plus requis car elle possède sa propre réserve de répulsif naturelle. Trop facile!

Chinois fumant le cannabis (année et auteur inconnu)

Néanmoins, le début de l’amour-haine paraît survenir durant l’avènement du christianisme où la consommation du cannabis et de ses effets dopant sur les gens le reliera aux rituels sataniques. En 1484, le pape Innocent VIII (1432-1492) déclarera sacrilège son utilisation et seul les gens, habituellement des femmes, ayant une très bonne connaissance en herboristerie continueront de transmettre ce savoir en déclin. Inutile de vous rappeler qu’on les accusait de sorcellerie pour ainsi détenir ces connaissances hors de l’entendement. Curieux de constater qu’il sera offert par Christophe Colomb parmi les cadeaux remis aux autochtones sous forme de graines et de vêtements en chanvre lorsqu’il découvrira l’Amérique en 1492. Dans notre seconde partie, vous découvrez un autre chapitre rempli de rebondissements lorsqu’il s’intégrera par la bande dans nos mœurs nord-américaines.

Carte postale de mars 2019

Bouillage de l’eau d’érable (source: musée McCord)

Agathe de Saint-Père (1657-1748), aussi appelée Seigneuresse Madame de Repentigny, figure parmi les personnages méconnues de l’histoire du Québec. Souvent mentionnée dans les anciens écrits comme une femme d’affaires redoutable, on lui doit, outre la mise sur pied de la première manufacture de tissus au Canada et l’invention de la catalogne, la commercialisation du sirop d’érable grâce à l’amélioration de sa technique de fabrication.

En effet, la méthode rudimentaire autochtone consistait à récolter la sève d’érable à l’aide d’entailles dans lesquelles on insérait une « goutterelle » (aussi nommée « coin » ou « goudrille ») juste au-dessus d’un « cassots » d’écorce ou d’un pot en terre cuite. Une fois récoltée, on la faisait geler pour ensuite enlever le couche de glace formée sur le dessus et en concentrer la saveur; cela a quelques reprises. Ce « sirop d’érable » non concentré, nommé en langue autochtone « pimi », servait surtout à humidifier leurs yeux pour contrer l’effet d’assèchement de la fumée des feux dans leurs habitations et comme liquide fortifiant pour le corps.

Toutefois, grâce à la venue des chaudrons en fer, la technique de bouillage de l’eau d’érable utilisée jusqu’à la fin du 19e siècle, s’améliora beaucoup. On l’exécutait à l’extérieur suspendu à un tronc d’arbre et, en un seul printemps, deux hommes pouvaient confectionner près de 200 livres de « sucre du pays ». On l’acheminait en grande partie en Europe à l’élite française où il fera son entrée à la Cour du roi Louis XIV sous forme de bonbons qu’on faisait fondre dans la bouche car on le considérait, entre autre, par les médecins de l’époque, comme un médicament. Et pour cela, il devint très populaire et tout aussi attendu chaque année. Plus tard, pour diminuer la perte de la chaleur et protéger la cuisson, on construira des abris. Ainsi naquit ce qu’on appellera aujourd’hui « la cabane à sucre ». Pour en savoir davantage sur l’histoire de l’érable, consultez le site des producteurs et productrices acéricoles du Québec. Bonne partie de sucre!

Partie de sucre, Piedmont (Québec) vers 1895 (image: Anonyme – Don de M. Raymond Cherrier) source: Musée McCord

Les sentinelles Slow Food

Je dois avouer qu’en me relisant, la première partie de mon texte vous paraîtra décourageante, sinistre, voire complètement sans issue. Mais l’ombre ne peut exister sans la présence de la lumière. Je commence!

En effet, vendredi, le 22 février 2019, un premier rapport sur l’état de la biodiversité publié par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) mettait en garde l’humanité du risque de pénurie alimentaire dû à la diminution inquiétante de la biodiversité dans l’agriculture. On y affirmait que:

L’humanité cultive environ 6000 plantes pour se nourrir, mais, en réalité, seules 200 d’entre elles contribuent à remplir son assiette et neuf seulement représentent 66% de toutes les récoltes dans le monde.

Dans cette liste des 9 plantes les plus cultivées, on y retrouve: canne à sucre, maïs, riz, blé, pomme de terre, soya, noix de palme (pour l’huile de palme), betterave sucrière et manioc. Par conséquent, de nombreuses espèces, notamment les pollinisateurs (insectes et animaux), les organismes du sol et les ennemis naturels des « nuisibles » qui contribuent aux services des écosystèmes essentiels sont en déclin du fait de la destruction et de la dégradation des habitats, de la surexploitation, de la pollution et d’autres menaces. On assiste également à un déclin rapide de ces écosystèmes-clés fournissant de nombreux services essentiels à l’alimentation et à l’agriculture tels l’approvisionnement en eau douce, la protection contre les tempêtes, les inondations (et autres dangers) ainsi que la destruction des habitats d’espèces telles que les poissons et les pollinisateurs. La chaîne alimentaire s’écroule. Pour renchérir, d’autres chercheurs comme Francisco Sanchez-Bayo et Kris Wyckhuys, des universités de Sydney et du Queensland, vont publier en avril prochain dans la revue Biological Conservation une vaste synthèse de 73 études confirmant eux aussi cette théorie annoncée de l’insectagéddon » selon laquelle:

à moins que nous ne changions nos façons de produire nos aliments, les insectes auront pris le chemin de l’extinction en quelques décennies.

Est-ce sérieux? Si j’ajoute à cela, sur une touche plus québécoise, tout le tragique relié à cette supposée main-mise de l’industrie des pesticides-herbicides sur le Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) avec le congédiement récent de l’agronome et lanceur d’alertes, Louis Robert et des commentaires de l’ancien ministre de l’agriculture libéral, Pierre Paradis déclarant en 2015 « qu’ils sont encore plus puissants que le gouvernement du Québec« , il y a lieu de vouloir abdiquer, voire se recroqueviller en boule et se boucher les oreilles. Cela semble malheureusement devenu le cas lorsqu’on apprend sur une chaîne de télévision la disparition d’une espèce animale entre deux capsules d’information. Une pensée me traversant l’esprit me disant « on est rendu là ». L’extinction du monde à petites bouchées reléguée à des faits anecdotiques dans une foire d’infodivertisement.

Vous comprenez maintenant pourquoi je vous avertissais du côté sombre de mon texte. Mais alors, pourquoi donner autant d’importance aux problèmes? Pour quelles raisons ne met-on pas autant d’énergie à montrer les solutions? Car elles existent. Dans un monde idéal, j’ajouterai à toutes ces tribunes (téléphoniques, téléjournaux, nouvelles Internet, etc.) une partie égale sinon tout aussi grande aux initiatives permettant de contrer les effets néfastes de cette perte de biodiversité. Pour ne citer qu’un exemple… les sentinelles Slow Food.

Avec plus de 500 Sentinelles réparties dans plus de 60 pays à travers le monde, ces projets visent à soutenir des groupes de producteurs, souvent artisanaux, selon un concept développé en 1999 par Slow Food, à travers l’axe de leur Arche du goût. Les Sentinelles peuvent notamment intervenir pour sauvegarder :

  1. un produit traditionnel en voie de disparition (un produit de l’Arche du Goût) ;
  2. une technique ou une pratique traditionnelle en voie de disparition (pêche, élevage,
    transformation, culture) ;
  3. un paysage rural ou un écosystème en voie de disparition.

Ils soutiennent de manière concrète une ou des productions de qualité en voie d’extinction, protègent des régions et des écosystèmes uniques, réinstaurent des méthodes de fabrication traditionnelle et sauvegardent les races natives ainsi que les variétés végétales locales. Chaque projet implique une communauté de petits producteurs et offre un soutien technique pour améliorer la qualité de la production, identifier de nouveaux points de vente et organiser des échanges avec des producteurs internationaux. Pour le moment, seules deux initiatives sont soutenues au Canada pour protéger le blé « red fife » (en Ontario) et le saumon fumé (à Vancouver). Je sais, c’est peu me direz-vous mais selon moi, il n’existe pas qu’une seule solution-miracle à la perte de notre merveilleuse biodiversité. Il en existe tant mais si peu connues. Peut-être est-il temps de m’abreuver à d’autres sources d’information. De mon côté, je poursuis mon objectif de faire connaître nos merveilleuses plantes alimentaires de notre patrimoine québécois. Et je vous encourage, vous aussi à devenir, à votre manière, une partie de la solution. Vous aimeriez partir ou vous impliquer auprès d’une sentinelle au Québec, téléchargez le document en français préparée à cette fin. Ou encore, contactez Slow Food Montréal pour de plus amples infos pour vous accompagner.

Les fêtes des semences 2019

C’est la saison des fêtes des semences et leur popularité ne cesse de croître. L’instigatrice, feu Diane Joubert, n’aurait probablement pas cru qu’un jour, cela aurait pris une telle ampleur depuis la première édition en 2000. Chaque année leur nombre varie mais on en retrouve un peu partout au Québec. Il y en a sûrement une près de chez-vous. Je vous encourage à encourager ces petits producteurs ayant à cœur la préservation de notre merveilleuse biodiversité agricole.

Em effet, ce sera l’occasion de rencontrer en chair et en os des producteurs de semences ancestrales, écouter des conférenciers, faire des échanges et rencontrer d’autres passionnés, voire faire la fête. Pour les jardiniers passionnés par le patrimoine horticole, ça vaut le détour puisqu’il y a de nombreuses variétés rares à des prix très raisonnables. Nous vous dressons la liste chronologique des endroits où vous pourrez faire le plein de trouvailles inusités et de trésors horticoles qu’on ne retrouve pas dans les grandes surfaces. L’entrée et les activités y sont habituellement gratuites, mais il peut y avoir des frais qu’on ne s’attend pas. Par exemple, dans certains endroits le stationnement est payant. Renseignez-vous en consultant les liens suggérés. Il y en a sûrement une près de chez-vous. S’il y avait un événement manquant, n’hésitez pas à nous le faire savoir. Je l’ajouterais.

Fête des semences de la Petite-Nation

Samedi 26 janvier (10h00 à 17h00)
Papineauville, Centre communautaire de Papineau, 378 c. Rue Papineau
Pour information: Consultez leur page Facebook

Fête des semences de Nicolet

Samedi, 2 février (10:00 à 16:00)
Nicolet, Centre des arts populaire, 725, Boul. Louis Fréchette
Pour information: 819-293-8986 ou Consultez leur page Facebook.

Fête des semences de Thetford (1ère édition)

Samedi, 9 février (9:00 à 16:30)
Thetford-Mines, Cégep de Thetford-Mines, 671, Boulevard Frontenac ouest
Pour information:Consultez leur page Facebook

Fête des semences de St-Apollinaire

Dimanche, le 10 Février (10:00 à 16:00)
St-Appolinaire, Centre communautaire, 83, rue Boucher
Pour information: Société d’horticulture de Saint-Apollinaire, consultez leur page Facebook

Fête des semences de Sawyerville

Samedi, 16 février (9:00 à 16:30)
Sawyerville, 4, Chemin de Randboro (derrière l’entrée de l’église)
Pour information: chantalbolduc99@bell.net ou consulter leur page Facebook.

Fête des semences de Montréal

Samedi et dimanche le 16 et 17 février (9:00 à 16:30)
Montréal, Planétarium Rio Tinto Alcan, 4801, avenue Pierre de Coubertin
Pour information: Consultez leur page Facebook

Fête des semences de Sherbrooke

Samedi et dimanche, les 23 et 24 février (10:00 à 16:00)
Sherbrooke, Serres St-Élie, 4675 Boul. Industriel
Pour information: Mélanie Grégoire

Fête des semences de Lanaudière

Samedi et dimanche les 23 (10:00 à 17:00) et 24 février (10:00 à 16:00)
Ste-Émélie-de-L’Énergie, 140 rue Émélie Bolduc, Salle J-A Leprohon
Pour information: Par courriel ou visitez leur site Internet

Fête des semences de Québec

Samedi et dimanche, les 3 et 4 mars (10h00 à 16h00)
Québec, 2325, rue de l’Université (Pavillon Alphonse-Desjardins de l’Université Laval)
Pour information: Fête des semences et de l’agriculture urbaine de Québec

Fête des semences de Verdun

Samedi, le 9 mars (10:00 à 15:00)
Verdun, Les Serres Municipales de Verdun 7000 Boul. Lasalle
Pour information: Consultez leur page Internet

Fête des semences de Saguenay – Lac Saint-Jean

Dimanche, le 10 mars (9:00 à 16:00)
Larouche, Salle de l’Hôtel de ville, 610, rue Lévesque

Fête des semences de St-Vanier-de-Bellechasse

Samedi, 16 mars (10:00 à 16:00)
St-Vallier-de-Bellechasse, École La ruche 364, rue Principale
Pour information: Coopérative La Mauve

Fête des semences de Rimouski

Dimanche, 24 mars (10:00 à 16:00)
Rimouski, 110, rue de l’Évéché est
Pour information: Consulter leur page Facebook

Fête des semences de Val-David

Samedi, 23 mars (10:00 à 15:00)
Val-David, Église de Val-David, 43, rue de l’église
Pour information: Consulter leur page Facebook

Fêtes des semences de la Montérégie

Samedi et dimanche, les 30 et 31 mars (10:00 à 16:00)
Longueuil, Cégep Édouard-Montpetit, 945, chemin Chambly
Pour information: La Shop agricole

Fête des semences et horticole

Samedi et dimanche, les 6 et 7 avril (10:00 à 16:00)
Coaticook, 125, rue Morgan
Pour information: Centre de formation professionnelle Coaticook (CRIFA)

Carte postale de février 2019

Table de conversion (image: catalogue WH Perron, p.2, 1978)

À partir du 1er février 1977, la Commission du Système Métrique demandait aux marchands de semences d’offrir leurs marchandises en utilisant les unités de mesures propre au système métrique. Fini les pouces, gallons, livres. Place maintenant aux centimètres, litres et grammes.

En fait, ce changement ne représente qu’une autre manière mesurer.

Catalogue WH Perron 1978

En effet, pour les fouilleurs d’histoires agricoles, vous devrez aussi vous farcir la conversion d’une multitude d’autres unités de mesures d’antan faisant référence aux boisseaux, toises, roquilles, arpents de Paris… Quel labyrinthe! Aujourd’hui, avec les applications informatiques, la conversion revient beaucoup plus aisée. Mais, certaines doivent encore se calculer à la « mitaine » car trop anciennes.

Par ailleurs, lors de la première année d’implantation, pour aider leurs clients à s’y retrouver, l’entreprise de semences WH Perron a eu l’idée de fournir, via leur 50e catalogue, un tableau des équivalences destiné aux jardiniers amateurs. Car, vous ne le savez peut-être pas mais, la période entre janvier et avril se compare pour les semenciers à la période de Noël pour les marchands au détail.

Toutefois, après plus de 40 ans, force est d’admettre que les changements exigent beaucoup de temps. Certains, encore aujourd’hui, n’ont jamais réussi à s’adapter. Pour les gens du Québec, malgré l’obligation des établissements scolaires à enseigner le système métrique, combien de fois sommes-nous confrontés au quotidien aux deux unités combinées. Par exemple, en faisant notre épicerie ou en se pesant (kg/lb), lors de rénovations (pied/mètre) ou en regardant simplement l’odomètre de notre automobile (km/mile). Voici une autre distinction de notre belle province quant à notre capacité d’être le trait-d’union entre l’Europe et l’Amérique.

Spécial acadien (3): le haricot « St-Pons »

Dernier texte de notre spécial acadien… pour le moment.
En effet, comme au Québec, il existe une foule de ces plantes alimentaires adaptées à l’Acadie et apportées par les premiers colons et les autochtones. Il y en a d’autres que je présenterais éventuellement dans les mois à venir. En attendant, la particularité de celle présentée ici-bas, comme vous le constaterez, consiste au fait qu’on plante deux variétés ensemble; l’un bénéficiant à l’autre dans un échange symbiotique.
Je remercie encore une fois Monsieur Norbert Robichaud pour sa précieuse collaboration et sa gentillesse d’avoir partagé ses recherches et expérimentations.


— texte Norbert Robichaud —-

Le haricot « St-Pons »

semences de haricot St-Pons (photo: Norbert Robichaud)

Le haricot « St-Pons » est une variété de haricot d’Espagne que j’ai reçue de Marie-Thérèse Robichaud et qui sont dans sa famille depuis la fin moitié du dix-neuvième siècle. « St-Pons » fait référence à son lieu d’origine, la collectivité de Saint-Pons dans la péninsule acadienne au Nouveau-Brunswick. Comme presque tous les haricots d’Espagne, c’est un haricot grimpant. Il atteint une hauteur de 120 à 150 cm. Il est précoce et n’a aucun mal à amener ses semences à maturité sous notre climat, autre signe de son adaptation à notre région. Il existe en rouge et en blanc qui sont cultivés côte-à-côte comme une seule variété. La variété rouge produit des fleurs rouges et d’énormes grains noirs et violets; la variété blanche, des fleurs blanches et des grains entièrement blancs et légèrement plus petits. Ce haricot a fait l’objet d’une adoption dans le cadre du Programme semencier du Canada.

Plants de haricots St-Pons (photo: Norbert Robichaud, 2018)

Marie-Thérèse m’a raconté comment elle et sa mère étaient allées voir la grand-mère de Marie-Thérèse, Bibianne Brideau (née Basque) et elles lui avaient demandé si elle n’avait pas « des vrais fayots d’empremier ». La grand-mère, qui ne faisait plus de jardin depuis plusieurs années, avait répondu qu’il lui en restait quelque part dans le haut la maison, mais qu’elle n’était pas sûr si les semences étaient encore viables. Thérèse et sa mère ont pris les semences, les ont plantées et les semences ont toutes germées. Ceci se passait dans les années 1978-1979 et Marie-Thérèse les cultive depuis ce temps-là.

Bibianne Brideau est née vers 1895 et confirmait qu’ils avaient toujours cultivé cette variété. Elle les avait reçus de sa mère, Victorine, qui les cultivaient avant la naissance de Bibianne, mais on ignore depuis quelle année exactement.

La mère de Marie-Thérèse connaissait très bien cette variété depuis qu’elle était toute petite. Elle racontait que ses parents en semaient de grandes quantités. Ils récoltaient les gousses à l’automne et les mettaient à sécher au grenier. Elle se souvenait qu’ils en épluchaient tout l’automne jusqu’à ce qu’ils aient rempli un sac de 100 livres. C’était la quantité dont ils avaient besoin pour passer l’hiver. Ils les utilisaient pour leur consommation personnelle, ils s’en servaient pour faire du troc avec les voisins et comme monnaie d’échange au magasin général. Un beau témoignage de l’importance des haricots dans l’économie domestique de l’époque.

Plants de haricots St-Pons (photo: Norbert Robichaud, 2018)


Toutes reproductions du texte ou des photographies demeurent interdites sans le consentement de Monsieur Norbert Robichaud.

Spécial acadien (2): le haricot « gros blanc »

Augustine et Norbert Robichaud épluchant des oignons patates en 2017 (photo: Norbert Robichaud)

Pour cette seconde semaine portant sur les variétés ancestrales acadiennes, je poursuis avec le haricot « gros blanc », une plante devenue unique de cette région dont Monsieur Norbert Robichaud m’a envoyé une description, historique et commentaires retranscrits ici-bas. Il est très important de ne pas confondre cette variété avec le pois « gros blanc », une autre variété très commune. Je vous invite évidemment à lire notre premier texte portant sur le fayot « Vieux Flippe » pour un complément d’info et assurer une continuité logique de cette lecture. Bonne semaine!


—– texte de Norbert Robichaud —–

Les haricots « gros blancs »

Haricots Gros Blanc (image: Norbert Robichaud, 2018)

La première variété de plante dont j’ai préservé la semence était une variété de haricot commun qui me viennent de ma grand-mère maternelle et que nous appelons les «gros blancs». Je ne sais pas depuis quand ma grand-mère les avait, mais elle m’a dit qu’elle les tenait de son père, Richard Landry, qui les avait rapportés de Bartibogue. Mon arrière-grand-père étant décédé en 1932, ils sont donc dans la famille depuis au moins cette date.

Les « gros blancs » sont une variété dont les premières mentions datent du milieu du 19e siècle aux États-Unis. Ils sont connus sous le nom de « Marrow fat » en anglais et ils sont inscrit à l’Arche du goût de Slowfood USA. On ne les trouve pas souvent; ils sont peu cultivés au Nouveau-Brunswick et jamais en grande quantités, car ils sont de culture délicate sous notre climat.

En effet, lorsqu’ils mûrissent, les grains deviennent très gros dans les gousses qui ont tendance à s’affaisser sur le sol et risquent de pourrir en période de temps humide. Ceci est problématique lors des mois de septembre froids et humide. Ma grand-mère me faisait d’ailleurs remarquer que certaines années, elle arrivait à peine à conserver la semence. Malgré ces difficultés, nous les avons toujours cultivés à cause de leur goût incomparable et leur texture onctueuse. Mais c’est également le fait que nous ne pouvions les trouver dans le commerce que nous les avons conservés. Sans en avoir conscience, nous avons contribué à la préservation d’une variété locale d’un cultivar ancien Ce cultivar a fait l’objet d’une adoption dans le cadre du Programme semencier du Canada.


Toutes reproductions du texte ou des photographies demeurent interdites sans le consentement de Monsieur Norbert Robichaud.

Spécial acadien (1): le fayot Vieux Flippe

Pour les trois prochaines semaines, mon attention se dirigera du côté de l’Acadie.

En effet, plusieurs de nos variétés québécoises ancestrales possèdent une génétique issue de cette contrée non seulement à cause des échanges (commerciaux et familiaux) mais aussi dû à la grande déportation proclamée par le Conseil de la Nouvelle-Écosse, le 28 juillet 1755.

Norbert Robichaud en train de préparer des ognons sous la supervision du chien Benny 2017 (photo: Norbert Robichaud)

De fait, la prise de possession par les Britanniques des colonies françaises en Amérique du Nord a forcé plusieurs à s’établir, entre autre, en Nouvelle-France, amenant avec eux leurs semences et leurs habitudes de culture. Avant cette déportation, il convient de souligner qu’ils avaient dès 1604 établi leur colonie à Port-Royal aux côtés de leurs alliés et amis autochtones, les Mi’kmaq; eux aussi possédant leurs propres semences depuis des générations. Des échanges ayant, avec le temps, aussi été faits entre eux. Avec une grande générosité, Monsieur Norbert Robichaud, grand protecteur de son terroir acadien, m’a fait parvenir trois textes concernant autant de cultivars inédits très rares. C’est avec une immense reconnaissance, photos à l’appui, qu’il me fait plaisir de vous retransmettre, avec son autorisation, le fruit de ses recherches et expérimentations, pour la postérité.


— texte de Norbert Robichaud —-

LES FAYOTS

Les fayots constituaient une part importante de l’alimentation de nos ancêtres « acadiens ». Les témoignages ne manquent pas chez les gens d’un certain âge qui affirment : « On mangeait des fayots à tous les jours pour déjeuner. » Une grande partie du jardin était réservée aux « fayots pour mûrir », ceux que l’on consommait en grain secs. Les cultivars que j’ai recueillis auprès des jardiniers de la région sont presque tous des haricots à grain sec, mais je me souviens que ma grand-mère paternelle conservait les semences de haricot mange-tout. Je me limiterai aux haricots à grain sec aux fins du présent article.

Il faut d’abord savoir que le haricot est une plante américaine, c’est-à-dire originaire d’une des deux Amériques. Les amérindiens de la vallée du Saint-Laurent le cultivaient à l’arrivée de Jacques Cartier. Celui-ci écrira à propos des indiens de Gaspé, dans son voyage de 1534 : « Ils ont aussi […] des fèves, qu’ils nomment sahe, les noix caheya, les figues honnesta, les pommes… »1. La présence du haricot au Nouveau-Brunswick est vraisemblablement due aux efforts de colonisation européens, car les amérindiens des maritimes n’étaient pas des agriculteurs. Néanmoins, en raison de ses origines américaines, il est possible que certains cultivars de notre région soient très anciens.

Précisons enfin que les haricots, ou les fayots, que nous retrouvons traditionnellement dans notre région sont issus de deux espèces différentes qui ne se croisent pas. Il y a le haricot commun (Phaseolus vulgaris), de loin de plus répandu, et le haricot d’Espagne (Phaseolus coccineus, synonyme multiflorus) que beaucoup connaissent sous le nom de Scarlet Runners, beaucoup plus rares.

LE FAYOT VIEUX FLIPPE

Graines de fayot Vieux Flippe (image: Norbert Robichaud, 2018)

Dans les années 2009-2010, j’ai commencé à m’intéresser à la conservation des semences anciennes. Je suis allé voir des amis jardiniers qui conservaient certaines semences. Une de ces variétés est les fayots du « Vieux Flippe ». C’est la mère de Thérèse Robichaud qui le cultivait depuis les années 1940 et qui l’avait obtenu de Mme Mabel Comeau de Nigâwêk qui les tenaient de son père, Philippe Landry. Ce dernier était désigné familièrement sous le nom de « Vieux Flippe », d’où le nom donné au haricot. Personne ne semble savoir de qui Philippe Landry aurait obtenu ce cultivar ni en quelle année.

Cosses de fayot grimpant Vieux Flippe (image: Norbert Robichaud, 2018)

Malgré toutes les recherches que j’ai faites auprès de différentes banques ou maisons de semences, je n’ai jamais réussi à trouver un cultivar qui possède l’ensemble des caractéristiques du « Vieux Flippe ». Il pourrait de ce fait s’agir d’une variété unique et très ancienne. La première caractéristique qui témoignerait de son ancienneté est qu’il s’agit d’un haricot grimpant. Il faut savoir qu’originalement, le haricot est une plante grimpante et que le haricot nain, qui est maintenant cultivé partout, provient d’une mutation. Autre caractéristique d’une espèce ancienne, elle pousse et mûrit rapidement. Elle est donc adaptée à notre climat, ce qui suggérerait une présence de longue date en climat nordique.

Fayot grimpant en fleurs Vieux Flippe (image: Norbert Robichaud, 2018)

Ce haricot est apparenté aux haricots « Cranberry ». Il se présente sous deux formes, l’une aux grains marbrés de rouge et relativement petits, l’autre aux grains marbrés de violet et nettement plus grosse. Les deux formes produisent des feuilles comportant jusqu’à cinq folioles dans les feuilles les plus basses et chez les deux formes, on retrouve occasionnellement des grains dont la couleur s’étend à la quasi-totalité du grain contrairement aux marbrures habituelles. Les deux variantes sont cultivées côte-à-côte comme s’il s’agissait d’une seule espèce et je l’ai toujours offert de cette façon, telle que je l’ai découverte. Ce cultivar a fait l’objet d’une adoption dans le cadre du Programme semencier du Canada.

Fayot grimpant Vieux Flippe à maturité (image): Norbert Robichaud, 2018)

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