Les herbes nuisibles: le chiendent

Chiendent

Il est là sous mes yeux, dans mon potager, dès ma première visite. Il m’attendait depuis l’automne dernier. Il me nargue en pointant le bout de sa tige et en me renvoyant mon impuissance à me débarrasser de lui. Qui? Le chiendent (triticum repens L) ou couch grass (en anglais). Je sais le combat perdu d’avance mais je ne me lasse pas de m’acharner sur cette vivace indigène, me défouler, la maudire. En 1906, le Ministère de l’Agriculture du Canada a édité un ouvrage de vulgarisation intitulé « les mauvaises herbes du Canada » dans lequel on pouvait y lire :

Mauvaise herbe des plus persistantes dans toutes les terres labourées profondément et dans toutes les cultures, avec une grande capacité à se propager et d’étouffer les autres plantes.

En effet, ses rhizomes charnus s´entrevechent et s’étendent loin, loin, loin. On dirait quelquefois qu’ils n’ont pas de fin mais heureusement, ceux-ci demeurent près du sol. Pour la production du foin, c’est merveilleux. Y’a rien à faire sinon couper deux fois par année. Il s’installe partout sur les terre inculte et possède une grande capacité d’absorbtion des nutriments du sol et dominer son territoire. C’est justement parce qu’il bouffe jusqu’à 68% des oligo-éléments des plantes comestibles qu’on doit l’enlever. Mais comment s’en débarrassait-on de manière naturelle à l’époque?

De fait, en utilisant des techniques avant l’apparition des herbicides, on parvient à les appliquer aujourd’hui dans une lutte écologique. En premier lieu, on laboure peu profondément par temps très chaud. Ensuite, racler pour entraîner une grande quantité de rhizomes vers la surface. Ceux-ci se dessècheront au soleil et vous pourrez les brûler. Mais attention, les racines divisées, si elles ne sont pas complètement déterrées, peuvent former à chaque tronçon une nouvelle plante. Et on se voit alors envahi à nouveau en peu de temps. Et la petite « vlimeuse » (expression québécoise pour dire ratoureuse) possède plus d’un tour pour se multiplier. Les graines constituent pour lui un autre moyen efficace de reproduction. Mûres en juillet et de la forme d’un petit grain de blé, l’épis produit en grande quantité. Elles tomberont au sol en automne et germeront pour notre plus grand déplaisir; surtout aux endroits difficiles d’accès. La plante joue à cache-cache avec moi en s’enroulant un peu partout autour de mes poteaux de clôture et près des fondations des bâtiments.

Bref, si vous n’en venez pas à bout et voyez l’infestation gagner, sortez l’artillerie biologique lourde. Labourer superficiellement tard en automne et bien gratter pour exposer les rhizomes à l’action de la gelée. Au printemps, on laboure de nouveau superficiellement et maintien le sol travaillé assez souvent pour empêcher les nouvelles pousses jusqu’au milieu de l’été. Puis, on sème une culture étouffante comme du sarrasin ou du millet, qui feront périr la plante affaiblie. Il y a de fortes chances pour que le sarrasin n’arrive pas à maturité. La coupe créera un tapis tellement opaque qu’il rendra inaccessible la lumière nécessaire à la germination de cette ou des autres mauvaises herbes. Enfouisser le tout à l’aide d’un rotoculteur pour ajouter de la matière organique. Et voilà, d’une pierre deux coups. On alimente le sol et on se débarrasse de l’indésirable.

Carte postale d’avril 2017

On fait une petite pause cette semaine le temps qu’on fasse nos semis. On attend toujours le plus longtemps possible mais là, on ne peut plus retarder. Entre-temps, on vous laisse sur quelques magnifiques photographies d’enfants et d’adolescents en apprentissage de techniques de culture prises en 1940 par le photographe Conrad Poirier. Nous tendons à croire qu’elles ont été prises au Jardin Botanique de Montréal car l’établissement offrait ce genre d’activités durant cette période et aussi en regard d’anciennes photographies. Mais, n’ayant aucune autre source, nous ne pouvons déterminer avec certitude nos dires. C’était vraiment un autre temps; il y a 77 ans.

Apprentissage du jardinage 1940 (photo: Conrad Poirier)

Apprentissage du jardinage 1940 (photo: Conrad Poirier)

Apprentissage du jardinage 1940 (photo: Conrad Poirier)

Apprentissage du jardinage 1940 (photo: Conrad Poirier)

Apprentissage du jardinage 1940 (photo: Conrad Poirier)

(08-04-17): Une très bonne amie (Lyne Bellemare) a contacté une de ses connaissances au Jardin Botanique de Montréal. Celle-ci, n’ayant pas d’information dans ses archives concernant Conrad Poirier, en a fait part à Violène Simard, responsable des Jardins Jeunes. Selon elle, « il est fort possible que ces photos aient été prises au JJeunes« . Elle ajoute qu’il « n’existait pas de projets similaires à cette époque« . « Depuis la création des JJeunes en 1938 et jusqu’en 1960, ce projet était géré en association avec la CECM« . Elle termine en disant: « Les jeûnes de plusieurs écoles venaient au Jardin pour apprendre à faire pousser des légumes« .

Je remercie ces bonnes âmes pour ces compléments d’information sur ces images.

Le maïs Hominy

Maïs Richard (image: hopeseed.com)

Pour les adeptes d’histoires acadiennes, il existe un récit non officiel de ce maïs cultivé par les Micmacs de l’Île-du-Prince-Édouard; ceux-ci l’ayant, semble t-il, partagé avec les premiers colons acadiens. Par exemple, la famille de Leonel Richard le possède depuis 1904 lorsque son grand-père a déménagé de l’Île-du-Prince-Édouard à Rogersville, au Nouveau-Brunswick. M. Richard a transmis des semences à Kim Edmondson, fondatrice de Hope Seeds, une petite entreprise de semences de Nouvelle-Écosse, fondée en 1993 et dévouée à l’agriculture locale. Cette variété possède la particularité d’atteindre une hauteur entre 60 et 120 cm, avec des feuilles marbrées vertes pâles et de produire de 2 à 5 épis par plant d’au plus 20 cm. À l’époque, les Micmacs faisaient bouillir les gros grains jaunes séchés dans de la cendre de bois pour y briser l’écorce devenues très dure.

MicMacs dans les maritimes Canada au début du 20e siècle (image: http://www.myhappysahdlife.com)

Ensuite, ils les broyaient pour apprêter le « hominy« , une sorte de bouillie de maïs. Les Acadiens ont rapidement adopté cette recette et l’ont transporté un peu partout où ils se sont installés. Le « hominy » est encore un plat très populaire dans certaines régions, y compris dans le sud des États-Unis où de nombreux acadiens ont immigré après la grande déportation (1755-1763).

Avec la très généreuse contribution de Monsieur Norbert Robichaud, celui-ci m’a transmise la lettre de Leonel Richard intitulée « Maïs Hominy » envoyée à Madame Edmonson (en anglais). Vous pouvez la télécharger pour vos propres recherches mais pour le bénéfice des lecteurs non bilingues, j’en ai fait une traduction libre ici-bas.


TÉMOIGNAGE ÉCRIT DE LEONEL RICHARD:

J’ai 43 ans (en et je me souviens que ce maïs a été planté toute ma vie mais c’est à partir de la moitié des années 60 que mon père a commencé à planter du maïs sucré. Mon père, Fred Richard, est né en 1915 et, selon son souvenir, ce maïs a été dans sa famille depuis sa plus tendre enfance.

J’ai fait quelques travaux de généalogie et j’ai trouvé que le nom de mes ancêtres remontaient jusqu’à 6 générations et qu’ils avaient eu des contacts avec le peuple amérindien à la fois de l’Île-du-Prince-Édouard et à Kent co au Nouveau-Brunswick. Dans la région de Tignish à l’Île-du-Prince-Édouard, il y a eu de nombreux mariages entre les acadiens et les immigrants irlandais arrivés plus tard dans les années 1820.

La majorité de mes ancêtres demeuraient dans la région de la Malpeque lorsque les Britanniques les ont déportés de leur île en 1758 mais quelques familles telles les Richard, Poirier, Doucet, Caudet et quelques autres ont pu s’enfuir et trouver refuge dans les forêts de l’Île-du-Prince-Édouard ou ils naviguèrent jusqu’au nord du Nouveau-Brunswick. Les ouïes dires font état qu’ils se sont cachés pendant 4 ans et durant cette période, ils reçurent l’aide des Micmacs; pouvant être ou pas la source des semences envoyées.

En 1799, mes ancêtres ont monté jusqu’au nord de l’Île-du-Prince-Édouard pour fonder la communauté de Tignish et plus tard, Palmer Road et Saint-Louis où la majorité cultivèrent la terre ou ont été embauché pour l’industrie de la pêche. À la fin de 1800, il y eu un genre d’exode des grandes familles causé par le manque de terres disponibles mais aussi par le désespoir et les difficultés que cela engendrait. Entre 1900 et 1904, plusieurs de ceux qui résidèrent à Tignish déménagèrent dans la région de Rogersville pour y acheter les terres (qui malheureusement n’étaient pas faites pour l’agriculture) et y travailler la forêt. En 1904, mon arrière grand-père est venu avec sa famille pour s’installer à West Collette Road juste au nord de Rogersville et avec eux, je présume, ce maïs. Ceci n’est que pure spéculation et cela devrait être pris comme tel.


Selon les dires de Monsieur Robichaud:

Il s’agit d’un blé d’inde corné un peu plus gros et de forme plus aplatie que le blé d’Inde « Gaspé »

Consommé principalement « sous forme de blé d’inde lessivé« , ce produit n’est pratiquement plus distribué sur les tablettes des grands épiciers québécois. J’ai justement reçu récemment un courriel d’une lectrice m’indiquant son désarroi de ne plus en retrouver nul part; les gérants des magasins d’alimentation lui indiquant ne plus en recevoir depuis plusieurs mois. Serons-nous la dernière génération à connaître ce produit?

Pour aller dans ce sens, Monsieur Norbert ajoute que:

la description que me faisait une voisine, maintenant décédée, qui avait connu cette espèce que sa famille a cultivé longtemps. Elle me disait également qu’autrefois, avant que le blé d’inde sucré remplace le blé d’inde lessivé, le blé d’inde n’était pas cultivé dans les potager, mais en plein champ, comme les pommes de terre. C’était un aliment réservé uniquement à la consommation humaine. Ils n’en cultivaient pas pour les animaux. L’ère du blé d’inde lessivé s’est terminée dans les années 1960 et c’est un véritable miracle que cette espèce soit parvenue jusqu’à nous.

Vous voulez contribuer à perpétuer ce miracle, vous pouvez en acheter via Hope seeds (site uniquement en anglais mais actuellement indisponible pour cette année) ou par l’intermédiaire du catalogue de semences du patrimoine Canada.

Comment reproduire et conserver vos semences de gourgane

Gourgane Petite du Lac Saint-Jean

Très ancienne légumineuse apportée par les premiers colons, la gourgane a quasiment disparu du paysage québécois avec l’arrivée de la pomme de terre. Les seules régions ayant poursuivi sa culture furent celles de Charlevoix et du Saguenay Lac Saint-Jean. Pourquoi ne pas l’inscrire sur la liste de vos plantes à semer cette année? Légume très facile, il possède la particularité de s‘adapter à tous types de sols irrigués, pourvu de conserver une humidité constante. Une autre de ses caractéristiques particulières consiste aussi au fait qu’elle se sème très tôt au printemps (entre le 15 au le 20 avril). Capable de germer à partir de 3.3º Celsius, les jeunes semis peuvent même supporter un gel jusqu’à -3º Celsius.

Toutefois, pour votre premier semis direct, enfouissez-la à une profondeur de 10 cm pour la protéger. Après le dernier gel, vous pourrez alors la planter à 5 cm de profondeur. Vous pourrez même semer jusqu’à 5 semis successifs pour en manger tout l’été; soit à chaque 15 jours. Mesurant jusqu’à 1 mètre ½ de hauteur, elle n’a pas besoin de tuteur. Mais, par expérience et ce, pour une petite surface, ne l’installez pas en zone de grands vents sinon, elle se couchera. Distancez de 75 cm entre les rangs et 10 cm entre les plants. Elle viendra à maturité après 90 jours. À noter que la plante se fait attaquer par le puceron. Si l’infestation devient majeure, utiliser un insecticide naturel à base de tabac ou d’ail.

Par contre, pour une consommation fraîche (ex: pour la soupe à la gourgane… voir recette ici-bas), récoltez au 3/4 de sa maturité (environ après 68 jours). Vous verrez alors de belles fèves blanches un peu verdâtre. Vous pourrez aussi les congeler pour un repas ultérieur. 

Par ailleurs, si vous souhaitez conserver vos graines pour l’année suivante, assurez-vous qu’il n’y ait pas d’autres cultures de gourganes à moins de 1.5 kilomètres. Vous aurez aussi intérêt à poursuivre leur maturité au-delà des 90 jours soit jusqu’au moment où la plante se desséchera totalement. Vous verrez les cosses noircir (vraiment très noir) et, par un après-midi ensoleillé, sans pluie depuis quelques jours, vous ramènerez les cosses dans la maison. Écossez et déposez dans un pot en vitre (ex: pot Masson). Les semences seront beaucoup plus foncées, presque brun noir. Une pellicule se colle aussi autour de la graine. Elle partira en séchant. Il m’arrive quelques fois d’attendre quelques jours pour être certain qu’elles soient totalement sèches en les laissant dans un bol. Si l’ongle de votre pouce s’imprime sur la graine, c’est mauvais signe. Laissez-la encore durcir. Enfin, entreposez vos pots dans un endroit au frais à l’abri de la lumière en inscrivant le nom du cultivar et la date de récolte. Dans de bonnes conditions, vos graines se conserveront entre 5 et 7 ans. 

L’ABC de l’étiquetage (partie 3)

Les canadiens doutent de ce qu’ils mangent dans leur assiette. Voilà un constat surprenant révélé par la première étude exploratoire pan-canadienne sur le sujet publiée au début de 2017 par la faculté d’agriculture de l’Université de Dalhousie. Selon les chercheurs, parmi les éléments alimentaires frauduleux, on y suggère entre autre:

…une étiquette non conforme, l’omissions dans la liste des ingrédients ou d’une erreur sur la provenance d’un produit.

Le monde des semences ne fait pas exception. Dans cette troisième et dernière partie, nous abordons justement les renseignements qu’on tente ou qu’on ne veut pas que vous sachiez. Les détails se cachent trop souvent entre les lignes.

LES RENSEIGNEMENTS JAMAIS AFFICHÉES

ORGANISMES GÉNÉTIQUEMENT MODIFIÉS (OGM): Selon OMG, une source d’information gouvernementale québécoise sur les organismes génétiquement modifiés, un OGM se définit comme:

un organisme vivant auquel on a ajouté un ou des gènes pour lui donner un caractère spécifique, par exemple, la résistance à un virus;

OU

un organisme vivant dans lequel on a bloqué ou atténué l’action indésirable d’un gène, par exemple, la synthèse d’une protéine allergène.

Il n’y a pas encore de cadre législatif obligeant les entreprises à indiquer la présence d’OGM dans leurs produits. Et ce n’est peut-être pas pour rien.

En effet, selon une étude faite en Alberta en 2010 concernant l’acceptabilité sociale des OGM auprès de la population canadienne, près de 50% des personnes interviewées se sont dites très préoccupées par le sujet; le Québec et la Colombie-Britannique étant les provinces les plus concernées par le phénomène. Au moment d’écrire ces lignes, treize espèces de plantes génétiquement modifiées ont été approuvées au Canada à des fins de commercialisation: le maïs-grain et le maïs sucré, la pomme de terre, la tomate, le coton, le soya, le lin, le canola, la betterave sucrière, la luzerne, le riz, la courge, la papaye et la pomme. Vous en mangez déjà probablement sans le savoir.


Dans l’ordre: en haut gauche (Avery) en bas (McCarty) et à droite (MacLeod)

Saviez-vous que? Le médecin américain d’origine canadienne, Oswald Théodore Avery (1877-1955) avec ses collaborateurs Colin Munro MacLeod (1909-1972) et Maclyn McCarty (1911-2005) furent à l’origine, en 1944, de la découverte du rôle de l’acide désoxyribonucléique comme support de l’hérédité; Le fameux ADN. Cette découverte montra le rôle de l’ADN comme molécule capable de transporter l’information héréditaire et qu’elle constitue les gènes à l’intérieur des chromosomes. Un cratère lunaire porte son nom n’ayant pu recevoir le prix Nobel de son vivant. Ce fût le début des OGM.


LES GRAINES ENROBÉES: Vous douteriez-vous qu’en achetant vos semences, celles-ci pourraient être enrobées de pesticides et/ou herbicides et/ou de fongicides très nuisibles pour l’environnement. Il s’agit d’un processus par lequel on entoure la graine d’un liquide argileux qui, une fois séché, va donner une apparence étrange (verte, blanche, rouge…) très différente de la couleur d’origine. L’exemple le plus commun s’illustre par les semences à gazon verte fluo. Souvent, on joue sur les mots en spécifiant qu’elles sont recouvertes d’une substance inerte sans vous préciser leur contenu. On mise sur l’effet recherché comme une germination accrue, une résistance aux champignons ou une protection face aux insectes. Aujourd’hui, avec le recul et les études, la recherche tend à prouver qu’une semence traitée avec la famille des « néonicotinoïdes » serait l’une des principales cause de la disparition des abeilles. Et qui dit « abeilles » fait référence à « pollinisateurs ». Donc, moins d’abeilles, moins de fruits et légumes. Le nom scientifique utilisé pour l’enrobage n’est jamais inscrit. Seule une réglementation pourra y mettre un frein. Surpris par ces infos? Tournez-vous vers des semences certifiées biologiques. Vous pouvez déjà faire une différence.

LA PROVENANCE DES SEMENCES: On croit à tord que le distributeur produit toutes les variétés offertes dans son catalogue. ERREUR! Bien souvent, ce dernier fait appel à plusieurs producteurs payés au prix du « gros ». En divisant les lots, il peut s’assurer un profit lors de la revente. Pour un exemple très hypothétique, suggérons un achat de 250 semences de melon de Montréal au coût de 20$. Subdivisé en lots de 25 graines à 3.50$ le sachet, le négociant se trouve avec un profit de 15$ ou 75% sur son achat; un bon rendement. Il est impossible de savoir, à moins de le demander, où les semences ont été produites. Sans cette info, les graines pourraient donc avoir été cultivé de n’importe quelle manière. Donc, avoir été en contact avec des intrants chimiques (herbicide, insecticide, fongicide, etc.) à moins d’avoir la mention biologique (voir l’article précédent). Mais encore là, comment le distributeur peut-il assurer à 100% de la bonne culture par un tiers? Le phénomène ne date pas d’hier puisque toutes les grandes entreprises du siècle passé (Rennie’s, Ewing, Verret…) importaient presque toute leur production d’Europe, des États-Unis et d’ailleurs au Canada. Cette manière de procéder est souvent décrite dans la documentation et généralisé à l’industrie. Seuls de petits et très rares semenciers parviennent à développer une production totalement locale. Ça leur prend beaucoup d’organisation pour éviter les croisements, respecter les distances d’isolement et les rotations de cultures. RESPECT!

En conclusion…

Dans leur plus récente édition (revue et corrigée) de leur guide de production à petite échelle (2013), les semences du patrimoine affirme que les normes de production pour les semences commerciales sont basées sur la « confiance ». Ils ajoutent « ceux qui commercialisent leurs semences doivent penser à la réputation qu’elles pourraient acquérir, non seulement pour leur propre entreprise, mais aussi pour tout le secteur de la production semencière au Canada ».

Évidemment, l’achat de graines dans d’autres pays via les sites Internet (eBay, Amazon, entreprises privées, organismes de sauvegarde…) vous amène, en plus, à transiger avec des législations gouvernementales parfois plus restrictives, parfois très laxistes. Se donne t-on réellement la peine de vérifier la manière dont vos semences ont été produite? On achète, comme une bonne partie de nos biens, avec nos yeux, avec nos émotions. Parce qu’aujourd’hui, le jardinage est devenu un passe-temps, non une nécessité vitale comme avant. C’est une différence cruciale. Et les entreprises l’ont compris. Elles aussi, comme les plantes s’adaptent. Et qui les forcent à le faire….. VOUS!

Nous vous souhaitons une excellente saison de jardinage 2017!

L’ABC de l’étiquetage (partie 2)

Si un jour vous consultez le Guide de la loi et du Règlement sur l’emballage et l’étiquetage des produits de consommation du Bureau de la concurrence (une belle petite lecture de chevet), vous remarquerez un passage intéressant dans la section des exemptions.

En effet, au paragraphe 4(1) du règlement, on y stipule que:

Les produits préemballés qui sont soumis aux exigences de la Loi relative aux aliments du bétail, de la Loi sur les engraisde la Loi sur les produits parasitaires et de la Loi sur les semences sont soustraits aux exigences en matière d’étiquetage détaillé (articles 4, 5, 6, 8, et 10) de la Loi sur l’emballage et l’étiquetage des produits de consommation.

Après avoir contacté l’agent régional de programme Engrais, Semence, Aliments du Bétail, Bio (Bureau régional de St-Hyacinthe / Division de la Production des végétaux de l’Agence Canadienne d’inspection des Aliments), nous n’avons pas encore eu de confirmation officielle à savoir si on pouvait écrire à peu près n’importe quoi sur les sachets. Comme la loi paraît complexe et pleine d’exceptions, on réécrira ce passage lorsqu’on aura la réponse.

Ainsi donc, pour faire suite à notre première partie (les renseignements habituellement inscrits), nous abordons maintenant l’information qui, selon nous, augmente la transparence de ce qu’on tente de vous vendre; une genre de valeur-ajoutée à votre choix. Est-ce mieux? C’est à vous consommateur de juger si ces infos éclairent votre sélection. En bout de ligne, le consommateur a toujours le dernier mot.

LES RENSEIGNEMENTS INSCRITS DE TEMPS À AUTRES

 

L’ANNÉE DE RÉCOLTE: Vous voulez augmenter considérablement vos chances de réussite, achetez les semences les plus récentes. Malheureusement, cette info fait trop souvent défaut et pour cause. Certaines entreprises refilent leurs invendus des années passées pour augmenter leur marge de profit. En agissant ainsi, cela réduit les dépenses supplémentaires pour la ré-impression des sachets. Évidemment, même si plusieurs variétés conservent un bon pouvoir de germination durant plusieurs années (ex: 5 ans facile pour les tomates), les gens auraient la perception d’acheter de « vieilles graines » s’ils voyaient 2014 et non 2016. En omettant volontairement cette info et en misant sur le manque de connaissances du consommateur, les compagnies font croire que le produit offert est récent. Mais comment savoir si vous dépensez pour des graines périmées? Pour vous aidez, faites simplement un test de germination quelques semaines avant de semer. Ça vous évitera de mauvaises surprises en constatant qu’elles ne germent pas. Vous pourrez alors ramener le produit à votre magasin pour remboursement ou échange avec votre coupon de caisse. Mais qui fait ça pour 3.50$? Encore une fois, on se fie sur votre manque de temps ou l’absence d’énergie pour vous plaindre. Et qui gagne encore?

LE TAUX DE GERMINATION: Pour faire du pouce sur le point précédent, certains organismes à but non lucratif de sauvegarde ou de petites entreprises ont justement la bienveillance d’esprit d’indiquer le pourcentage de germination pour l’année en cours. Par exemple, elles inscriront « 93.3%:2016 » pour mentionner qu’un peu plus de 9 graines sur 10 ont germées lors de leur test de l’an passé.

De fait, même pour l’année de récolte, il arrive souvent qu’un faible pourcentage soit déjà non viable. Et pour le consommateur muni de ses 25 graines à 3.50$, cela représente quant même une perte de 4% avec seulement une semence non viable. Ce n’est peut-être pas pour rien si de nombreux commentaires élogieux concernant la bonne levée des graines se voyaient affichés dans les anciens catalogues de semences. C’est un argument de vente majeur. Aujourd’hui, certaines entreprises font état d’une garantie promouvant le respect des normes canadiennes (ex: Canada no.1) mais saviez-vous qu’une telle cible variait entre 75% et 85%. Pire, les fines herbes peuvent voir ce pourcentage baisser jusqu’à un minimum de 50%. Il existe 8 certifications: Canada Fondation no.1 et no.2, Canada Enregistré no.1 et no.2, Canada Certifié no.1 et no.2 ainsi que Canada no.1 et no.2. Chaque certification possède son propre pourcentage minimal de germination par poids de 25 grammes. Et, tout dépendant du type de fruit ou légume, nul n’est tenu de vous vendre quelque chose au-delà de 90% de chances de levée. Intéressant, n’est-ce pas?

LE NOM LATIN: Bien qu’elle n’est pas présente sur toutes les enveloppes à cause des hybrides, cette donnée est excessivement importante pour tout individu qui souhaite reproduire ces semences issues de variétés fixées.

En effet, le nom latin des variétés hybrides n’a pas à être indiqué puisqu’il descend de deux parents distincts. Pour les sélectionneurs, les producteurs de semences ou par curiosité, cela nous permet d’apprendre le nom de famille botanique de la plante. Pour ceux soucieux de respecter les distances d’isolement entre deux membres d’une même famille, on doit absolument connaître s’ils se polliniseront entre eux. Par exemple, vous ne pouvez faire pousser deux cucurbitacées maxima (les supers grosses citrouilles) à moins de 1 kilomètre de distance entre elles. Mais, vous pouvez sans problème l’associer à une cucurbitacée pepo.


 

Carl Von Linné (image: www.garten-treffpunkt.de)

Carl Von Linné (image: garten-treffpunkt.de)

Saviez-vous que? On doit au naturaliste suédois Carl Von Linné (1707-1778) le système de classification binominale actuelle des 5900 plantes connues de son époque, une tâche titanesque qui causa vraisemblablement sa mort dû au surmenage. Bien oui, les fameux noms latins incompréhensibles pour la plupart d’entre nous. Avant la publication de son livre en deux tomes intitulés « Species Plantarum » paru en 1753, le classement des plantes et animaux s’avérait un véritable fouillis absolu rendant cauchemardesque toute tentative de classification. Par exemple, on pouvait donner plusieurs noms vernaculaires à un même oignon. Au 18e siècle, en utilisant les travaux de Linné, les botanistes et naturalistes s’entendirent pour les regrouper par famille et ensuite les diviser en différents groupes ou genres, puis de nouveau en espèces et sous-espèces. Aujourd’hui, ce système se veut la référence planétaire. Ainsi, si vous rencontrez une plante avec un « L » majuscule à la fin de son nom latin (ex: Pisum sativum L.), vous saurez qu’elle aura été répertorié par cet homme en personne.


Il y a probablement d’autres trucs qu’on pourrait ajouter. On se laisse, encore une fois, une porte pour ajouter des idées qu’on aurait pu oublier. Le monde de la production de semences, pour la majorité d’entre nous, se veut plutôt nébuleux, hors de portée, dans un monde inaccessible… même pour nous. Sans réelle référence, on se fie à la bonne volonté. On ose croire, qu’une autorité supérieure veille sur nous. Est-ce vrai? Loin des feux des projecteurs, il est plus facile de laisser libre cours à des astuces. C’est ce qu’on a découvert et ce qu’on vous entretiendra dans notre troisième partie: ce q’on vous cache.

 

L’ABC de l’étiquetage (partie 1)

Voici venu l’un des moments préférés des jardiniers; choisir ce qu’on va semer. On a beaucoup de projets, de vouloir et d’espoir. Allez hop! On regarde sur Internet, visite les pépinières, les grandes surfaces, commande des catalogues. Bref, on magasine. Quel choix! Les images font saliver les yeux et cracher le portefeuille. Dans l’euphorie des futures grandes récoltes, on perd souvent des notions importantes relatives aux informations sur le sachet, trop impressionnés par les belles images. Des renseignements (présents ou absents) qui, lorsqu’on les connaît, font de nous des consommateurs plus éclairés. Pour les trois prochaines semaines, on vous présente un mini lexique en 3 parties: (1) ce qu’on vous montre, (2) ce qu’on aurait intérêt à vous mentionner et (3) ce qu’on vous cache.

 

LES RENSEIGNEMENTS HABITUELLEMENT AFFICHÉS

 

LE NOM DE L’ESPÈCE ET DE LA VARIÉTÉ
Outre une image occupant souvent les 3/4 de la devanture du sachet, le nom de la plante se veut un élément vendeur et payant. Qui ne connaît pas les fameuses tomates « cœur de bœuf »? Les amérindiens eux, ne donnaient aucun nom à leurs fruits et légumes. Un maïs, c’était un maïs un point c’est tout et ce, même si on leur en présentait différents. Aujourd’hui, avec les milliers de variétés disponibles, ce serait impossible de s’y retrouver. Le nom revêt ainsi une importance capitale; entre autre pour les effets de mode et les droits de propriété. N’oubliez jamais…. c’est de l’agro-business.

En effet, selon le bureau de l’obtention de la protection végétale, la loi sur l’obtention de la protection végétale (1990) et le règlement protège une entreprise…

pour une période maximale de 25 ans pour une variété d’arbre et de vigne (ainsi que leurs porte-greffes), et de 20 ans pour toutes les autres variétés végétales.

F1, F2…
Ces deux caractères font référence justement au terme « hybride de première ou de deuxième génération ». Dans le premier cas (F1) c’est une combinaison de gènes de deux variétés distinctes, sélectionnées pour une ou plusieurs caractéristiques spécifiques et produisant un croisement bien précis. Souvent plus performant, ils ne pourront être utilisés pour produire des semences car en replantant les graines, le rejeton aura une prédominance d’un des deux parents, habituellement très différente du plant-mère. La mention F2 quant à elle se voit réservée, la majorité du temps, aux marchés professionnels sauf peut-être en de rares occasions parmi les mélanges de fleurs. Encore une fois, pour obtenir ce type de variété, les sélectionneurs auront utilisé plusieurs parents. On peut même retrouver des F3, F4 et plus. Inutile de dire qu’il serait hasardeux de conserver vos semences. À moins bien sûr de vouloir jouer à l’hybrideur.


Georges-Harrison-Shull (image: www.genetics.org)

Georges-Harrison-Shull (image: genetics.org)

 

Saviez-vous que: Inventé par l’américain Georges Harrison Shull (1874-1954) en 1908, le concept de variété hybride F1 est parti du constat qu’on ne pouvait appliquer la même méthode pour créer des variétés de lignées pures chez les céréales comparativement au maïs, à cause d’une trop forte consanguinité. Shull a alors eu la présence d’esprit de croiser des lignées pures pour reproduire à l’identique un « génotype » intéressant d’un point de vue agronomique.


OP (« Open Pollinisation » ou traduction libre « pollinisation libre »)
Lorsqu’on lit cette description, en temps normal à la suite du nom de la plante, vous saurez qu’elle  pourra être ressemée à chaque année et sera fidèle au plant-mère (en respectant les distance d’isolement prévue). Actuellement, l’engouement pour les termes « traditionnel », « patrimoine », « héritage (« heirloom » en anglais) », « paysan », « ancestral », « cultivar fixé » et « ancien »  entrent dans cette même catégorie. Ce n’est qu’un leurre sémantique pour attirer la clientèle intéressée par des produits plus rustiques; un créneau en croissance. Adaptées au terroir (climat, sol et environnement), vous pouvez poursuivre leur amélioration en faisant votre propre sélection en conservant uniquement les plus beaux spécimens ou en préservant les individus dont vous voulez reproduire certaines caractéristiques. Par exemple, la gourgane Petite du lac, aujourd’hui unique à la région du Saguenay Lac Saint-Jean, se veut une version « fixée » de la variété d’origine « Windsor ». Habituellement, on peut s’attendre à devoir patienter entre 8 à 10 ans avant qu’une nouvelle variété soit considérée « fixée ».

BIOLOGIQUE
Au Québec, lorsqu’un produit porte la « certification biologique », il garantit qu’il a été produit selon les normes de l’agriculture biologique régies par le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV). Il existe 6 organismes reconnaissant la conformité biologique à 100% avec les sceaux Écocert CanadaPro-cert Organic et TransCanada Organic (certification canadienne), Québec vrai (certification québécoise) ainsi que LETIS et Quality Assurance International (certification internationale). Mais la certification coûte cher et doit se mériter avec de nombreux contrôles rigoureux. Un petit producteur pourrait cultiver bio sans posséder la certification totale (ex. Bio-Québec, Aliments bio du Québec ou Biologique Canada) qui suggère un contenu biologique entre 70% et 95%. Pour le consommateur, il y de quoi perdre son latin avec tous ces logos. Un producteur accrédité va assurément apposer sa certification sur le sachet; gage d’une rigueur dans ses méthodes de culture. Pour être reconnues, « biologiques », vos semences n’auront reçu aucun herbicide, ni insecticide chimique. Elles n’auront bénéficié non plus d’aucune boue d’épuration, ni de fertilisants de synthèse. Enfin, elles ne seront pas issues de semences d’OGM mais plutôt issues exclusivement des variétés originales.

 

LE GRAMMAGE
Indiqué par le nombre de graines ou par le poids (en gramme). Vous comprendrez qu’il y a une grande différence entre une semence de fraise minuscule versus celle d’une citrouille. Pour cela, les semenciers indiquent la quantité avec l’une ou l’autre de ces deux unités de mesure. Par exemple, 3 grammes de semences d’une carotte pourrait vous générer entre 1900 et 2000 plants. Pratique pour la planification d’une surface cultivable de quelques mètres carrés. À moins d’aimer beaucoup, beaucoup, beaucoup les carottes. À titre comparatif, en 1942, le catalogue de Dupuy & Furgeson Ltée proposait des sachets de carottes avec au minimum une demie once (15 grammes) à 0.10$ canadiens comparativement à aujourd’hui où vous retrouverez des enveloppes entre 0.5 et 3 grammes affichées entre 0.99$ et 3.50$. Lisez notre rare coup de gueule sur ce point. Selon le magazine en ligne français « semencemag« , une ressource sur les graines et les semences, ceux-ci ont dressé un tableau afin d’illustrer pour un gramme, le nombre de semences approximatif qu’on peut retrouver dans une enveloppe.

Aubergine:
250

Betterave potagère: 60 à 80

Carotte:
800 à 1200

Céleri:
2500 à 3000

Chicorée:
600 à 800

Choux:
400 à 800

Courgette:
8 à 10

Épinard:
100

Haricot:
2 à 6

Laitue:
900 à 1100

Melon:
35

Navet:
500

Oignon:
250 à 300

Persil:
700 à 800

Poireaux:
350 à 400

Radis:
80 à 100

Tomate:
250 à 450


LA MÉTHODE DE CULTURE

Avec des pictogrammes ou des calendriers, par écrit ou en images, chaque entreprise tente, du mieux possible fournir l’essentiel de la plantation; condamnées par la petitesse de la surface d’un sachet. Vous devriez au moins y retrouver:

  • Le type de plante: annuelle, vivace ou qui se ressème
  • le meilleur moment pour la plantation (intérieur et/ou extérieur)
  • Les dimensions à maturité (hauteur et largeur)
  • Le nombre de jours pour la récolte ou la floraison à partir du semis en terre
  • La description physique de la plante (couleur à maturité, forme, dimensions des fruits ou des légumes à la récolte)
  • Les techniques de plantation en semis intérieur et/ou extérieur (profondeur du semis, emplacement, distances entre les plants et les rangées, arrosage, repiquage, éclaircissage, etc.)
  • La zone de rusticité
  • Et autres trucs pertinents (mais pas nécessairement essentiel): se consomme sous quelles formes, conseils pour un taux de réussite supérieur, résistance aux insectes ou maladies, historique…

Les vieux catalogues de semences se voulaient une aide pédagogique. En plus de la description de leurs produits, ils expliquaient la manière de les cultiver. Un William Ewing Ltée de 1897 contenaient 84 pages. Les gens les lisaient durant l’hiver. Aujourd’hui, pour compenser, de plus en plus de semenciers fournissent un support web (fiches descriptives, vidéos, blogues, foires aux questions, services techniques par courriel ou téléphonique…).

LES SEMENCES PRÊTES À L’EMPLOI
Aussi appelées « graines sous voile » ou « ruban de semences », celles-ci sont contenues dans un ruban collées entre deux voiles très fins biodégradables. Pour les jardiniers paresseux, ceux-ci n’ont qu’à dérouler le ruban à l’espace prévu et chaque graine suit une ligne régulière standardisée ayant le même espace entre chacune. Vous aurez l’avantage de faire pousser en ligne droite et gagnez du temps pour le semis direct. Il existe également des tapis pour de plus grandes parcelles ou des formes arrondies à placer dans des pots de fleur. Ce conditionnement évite la corvée d’éclaircissage entraînant moins de pertes. Adapté tant aux jardiniers expérimentés qu’aux novices. Pour l’avoir essayé, il a y toujours la fameuse question « est-ce que j’achète de vieilles graines? ». Mais n’oubliez pas, gagner en vitesse et se faciliter la vie à un prix. Vos coûts grimperont. Pourquoi ne pas en faire un maison?

En résumé, toutes informations visuelles susceptibles de faire pencher la balance vers un achat se retrouvera sur l’enveloppe. La concurrence reste vive et chaque élément pour convaincre l’acheteur se verra utilisé pour conserver, voire accroître une part de marché. Que ce soit par des coloris pimpants, des photographies hyper réalistes, un graphisme vintage, une sachet biodégradable, un look écologique, des formats  familiaux, une promotion… Soyez à l’affût de notre deuxième partie. Nous vous entretiendrons des infos qui mériteraient d’être mentionnées.

Le maïs canadien blanc

Maîs canadien blanc (source: terrepromise.ca)

Maïs canadien blanc (source: terrepromise.ca)


Lorsque j’apprends qu’on a retrouvé un légume québécois disparu, l’espoir renaît en moi. Je me dis qu’il est encore temps. Je regardais hier soir d’un œil distrait un reportage sur des chasseurs de trésors et je me suis reconnu, moi et plusieurs de mes congénères traquant les plantes alimentaires en voie d’extinction. Remonter des traces dans le temps, chercher des indices, rencontrer des gens, dépoussiérer des archives, éliminer les rumeurs des faits. À la différence près qu’au bout du chemin, il n’y a pas d’or, pierres précieuses, reliques sacrés ou d’objets de valeur. Mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a aucune récompense. Imaginez, à la fin du chemin, tenir entre ses doigts l’unique graine d’une variété éteinte. Comment réagiriez-vous? C’est l’histoire de ce maïs qui a bien failli disparaître à jamais sans l’intervention de quelques personnes bienveillantes. Avec la permission de l’une des instigatrices et fondatrice de Terre Promise, Lyne Bellemare, celle-ci a écrit son histoire (ici-bas)… que je vous retransmets avec plaisir.

Mais canadien blanc (source: terrepromise.,ca)

Mais canadien blanc (source: terrepromise.ca)

— TEXTE DE LYNE BELLEMARRE —-

Antoine D’Avignon était un passionné des légumes anciens. Précurseur au Québec dans la sauvegarde des semences du patrimoine, il a récolté, cultivé et partagé plusieurs variétés qui, aujourd’hui, auraient été oublié sans lui. Par exemple, la pomme de terre Crotte d’ours de Louis-Marie, la tomate Ice Grow (de Suzanne Bourgeois), le blé Huron, et… ce maïs.

Lors d’une entrevue radiophonique dans les années 1990, il lance un appel à tous: le maïs québécois que nos grand-mères cultivaient n’existe plus.  Personne ne fait plus pousser du maïs à farine. Après l’entrevue, une dame, Anita Fournier de Nicolet (vraisemblablement décédée depuis peu selon nos recherches) téléphone à la station de radio pour dire qu’elle avait en sa possession des semences de maïs à farine cultivé dans sa famille depuis des lustres.

Mais à farine d"Antoine D'Avignon (source: terrepromise.ca)

Mais à farine d’Antoine D’Avignon (source: terrepromise.ca)

Et c’est ainsi qu’elle a partagé avec Antoine son précieux trésor.  Puis cet été là, Antoine en parle à son amie, Mme France Bouffard, qui le prie de lui en donner quelques graines. Hésitant, car il en a très peu, il finit par lui laisser 6 semences. Celle-ci les cultive et les multiplie, puis en fait de la farine pour ses crêpes. L’histoire aurait pu se terminer ainsi, mais c’était sans compter sur le décès précoce d’Antoine, qui emporte avec lui l’histoire du maïs.

En 2016, Mme Bouffard prend contact avec moi, qui travaille alors aux Semences du patrimoine. Nous parlons. Elle aborde le maïs, puis m’en fait parvenir par la poste. Ayant eu une belle première récolte, nous pouvons donc vous l’offrir à notre tour. Une partie des semences a été envoyée aux Semences du patrimoine pour conservation. En espérant que vous contribuerez vous aussi à ajouter un nouveau chapitre à l’histoire.

Si vous souhaitez obtenir cette variété en voie d’extinction, consultez le site TERRE PROMISE.

Lyne Bellemare (source: biopolis.ca)

Lyne Bellemare (source: biopolis.ca)

LES PHOTOGRAPHIES ET LE TEXTE EN ITALIQUE NE PEUVENT ÊTRE REPRODUITS SANS LA PERMISSION DE LYNE BELLEMARE. NOUS LA REMERCIONS POUR SA MERVEILLEUSE CONTRIBUTION À LA SAUVEGARDE DE CE PATRIMOINE AGROALIMENTAIRE ANCESTRAL. 

« Potagers d’antan » invité à l’émission « Banc public » (mise à jour)

Moi (sur le banc jaune à droite) et l’équipe de « Banc Public »

Si vous me suivez depuis longtemps, vous aurez remarqué mon absence totale lorsqu’arrive le moment de publier des photographies sur ce blogue. C’est une question de choix. Je laisse toute la place au sujet et je ne ressens pas le besoin de m’exposer ni moi, ni ma famille. Et bien, je fais une exception cette fois-ci.

En effet, en début d’été, j’ai reçu une demande d’entrevue téléphonique du recherchiste Étienne Larrivée-Roy pour une éventuelle participation à l’émission télévisuelle « Banc public« . Bien que le concept de l’émission se base sur des « histoires humaines et des enjeux de société », « mon travail intéresserait réellement le public et votre équipe de production« ?, lui demandais-je.

En fait, je doute continuellement. Je devrais commencer à me convaincre du contraire car le compteur statistique du blogue affiche continuellement une moyenne de plus 800 visiteurs par jour depuis au-delà d’un an et ça monte tout le temps.

Bref, après quelques questions d’usage, il m’explique qu’il présentera mon parcours à son équipe et m’en redonnera des nouvelles après les vacances estivales. Et bien qu’elle ne fût pas ma réelle (vraiment grosse) surprise d’être invité le 10 septembre 2016 dans le hall de l’hôpital Ste-Justine à 10:30 afin d’être interviewé par nul autre que la comédienne multi-récompensée « Guylaine Tremblay« . Il y a 15 ans, j’aurai ri au visage de celui qui m’aurait dit que cultiver des légumes ancestraux derrière ma maison m’amènerait devant la caméra. C’est merveilleux la vie, n’est-ce pas? Mon côté « raconteur » semble avoir plu. Et bien, vous pourrez le constater vous-mêmes en voyant cette trop courte rencontre confirmée le mardi 14 février 2017 à 21 h à Télé-Québec, en reprise le vendredi 14 h, dimanche 16 h et lundi minuit. Soyez indulgent… c’est ma première expérience. Je remercies toute l’équipe (voir photo ci-haute) pour leur gentillesse et leur professionnalisme.