Concours estival 2019

Je dois vous avouer mes deux plus grands regrets cette année: n’avoir pu écrire davantage sur ce blogue et vous répondre rapidement. Vous aurez remarqué, pour les plus assidus, un espacement de mes publications et de mes réponses depuis quelques mois. J’en suis désolé! Entre-temps, les dossiers s’accumulent sur mon bureau mais les aléas de ma vie actuelle m’obligent à concentrer mes efforts ailleurs pour l’instant.

En fait, j’ai tellement d’écrits « sur le feu » dans ma banque de textes, attendant mon attention, qu’il devient difficile de choisir sur lequel me pencher. Mais, le besoin de repos se fait quand même sentir; d’où cette pause jusqu’au 9 septembre 2019. Pour diminuer un tout petit peu la pile, j’ai cru pertinent construire un petit quiz en vous partageant quelques photographies sympathiques et inédites, voire très rares de notre histoire agricole québécoise glanées ça et là au fil de mes recherches depuis plus de 15 ans. Je n’en reviens jamais des superficies des potagers de l’époque. On ne voit plus ça aujourd’hui. Votre défi: les classer par ordre chronologique croissant (de la plus ancienne à la plus récente). Utilisez les lettres associées à chacune des images (ex: B, D, C, A, E, F) pour répondre. Cliquez sur une photographie pour une meilleure résolution. Ah! Pas mal plus difficile cette fois-ci hein! Bon, je vous donne un gros indice: 1895-1898-1916-1943-1944 et 1955.

Jardin de la Victoire à Québec (source: François Fleury)

Jardin potager de Madame Gauvin à Sainte-Catherine (source: Musée McCord)

Potager d’une maison des premiers colon à Amos (source: Archives nationales du Québec)

Jardiniers dans les jardins potagers des sulpiciens (source: Archives des prêtres de Saint-Sulpice)

Moines de la Trappe d’Oka aux champs (source: Fonds d’archives du Séminaire de Québec)

Préparation des glaïeuls pour le marché dans une ferme de Sainte-Thérèse (source: inconnue)

Inutile d’avoir la bonne réponse mais simplement de participer. Envoyez votre réponse et votre nom à l’adresse suivante: potagersdantan@hotmail.com. Les courriers électroniques reçus non gagnants seront détruits aussitôt l’acceptation du prix par l’heureuse (je l’espère) personne élue. Elle se méritera une variété d’ail rare de mon potager personnel que je cultive et améliore depuis 15 ans. Comme l’ail est encore en terre, je vais sélectionner la variété la plus belle avant de vous l’envoyer. Attendez-vous à recevoir quelque chose de costaud; presqu’autant que l’ail éléphant. Vous aurez suffisamment de spécimens pour démarrer votre propre petite culture personnelle à la maison. Je ne vends ni ne participe à aucun échange d’adresses électroniques. Le nom de la personne gagnante, à moins d’un refus de sa part, sera mentionné dans un prochain article. Évidemment, j’inscrirai aussi la bonne réponse dans un article futur avec les dates de chacune des photographies. Le tirage se fera au sort parmi les réponses reçues. Vous avez jusqu’au dimanche 01 septembre 2019 pour participer. Je ne le dirai jamais assez… Merci de me lire.

Je vous souhaite bonne chance et profitez de l’été!

Comment reproduire et conserver vos semences de cerise de terre

Cerises de terre (image: https://practicalselfreliance.com)

Pour les gens disposant d’un bon espace cultivable, laissez-vous tenter par la cerise de terre (Physalis pruinosa), aussi appelée « husk cherry » ou « ground cherry » en anglais. Je sais… un peu tard pour traiter du sujet en juillet me direz-vous. Voyez-le plutôt comme si vous preniez de l’avance pour l’an prochain. Ça vous laissera le temps de planifier. Effectivement, à maturité, cette annuelle rampante peut mesurer environ un mètre de diamètre et autant en hauteur. Considérant qu’on recommande un minimum de 8 plants pour une production de semences personnelles (40 pour les semenciers), ceci pour assurer une diversité génétique, je comprend qu’elle ne trône pas en tête de liste des choix du jardin. C’est dommage car, sans qu’il n’y paraisse, elle nous côtoie au Québec depuis très très longtemps; aux alentours de 1860 pour être plus précis. Pour vous donner un exemple, on la mentionne le 15 mars 1866 à Sainte-Anne-de-Lapocatière dans l’édition numéro 10 de La Gazette des campagnes / Journal du cultivateur et du colon.

Toutefois, la plante commencera à vraiment être connue au Québec à partir du milieu des années 1940 lorsqu’elle apparaîtra dans les catalogues de semences de la province sous l’appellation française, « alkekenge » ou, en anglais, « golden husk » et « ground cherry ». Vivace de son lieu d’origine (Pérou) jusqu’au nord-est des États-Unis, elle se ressèmera l’année suivante si vous oubliez de tout récolter. Et surtout, ne jeter aucun fruit au compost. S’ils résistent aux hivers, les graines germeront et vous aurez un beau talus de cerises de terre la saison estivale suivante.

Au départ, on la transformait surtout en confitures de luxe de par son goût exotique de groseille et mangue comparé à aujourd’hui, où on la mange surtout fraîche. Aussi appelée « amour en cage », il est important de ne pas la confondre avec d’autres proches parentes telles les Physalis « peruviana », « ixocarpa et philadelphica » ainsi que « alkekengi ». Surveillez l’info sur les sachets pour ne pas vous trompez. Sinon, demandez-le auprès des grainetiers. De toute façon, vous devrez vous assurer d’un espace d’isolement de 200 à 1500 mètres entre chaque variété pour ne pas favoriser la pollinisation croisée. C’est pas mal de distance. Allez jaser avec vos voisins au printemps pour leur poser la question, à savoir, s’ils en plantent. Ça apaise de se dire qu’on pourra récolter en toute quiétude.

Pour commencer, faites des semis intérieures entre 8 et 9 semaines avant la date du dernier gel de votre région. Attendez quand même que le sol se soit réchauffé. Dans mon coin, avec un sol argileux, je cultive sur butte de 15 cm. Les fruits ont tendance à grossir davantage comparativement au ras le sol. Ah oui! Elle tolère super bien la sécheresse mais conservez le sol des plants humide (mais pas détrempé) de la plantation des graines jusqu’à la fin de la floraison. Outre l’espace, veillez au bon drainage du sol et une position plein soleil. Gourmande, amendez d’un compost décomposé (5 cm d’épaisseur environ). Laissez environ 45 centimètres entre les plants et 60 cm entre les rangées. Du moment de la plantation jusqu’à la récolte, prévoyez entre 75 et 90 jours jours de maturité. Aucun tuteur nécessaire puisque rampante. Youppi! Ça de moins à faire. Il existe de nombreuses ressources sur le net pour les étapes de l’entretien et pour en prendre soin. Suivez ce lien pour des détails supplémentaires (maladies, insectes indésirables, boost de production…).

(Image 1: Récolte de cerises de terre)

Par la suite, sélectionnez uniquement vos plus beaux spécimens, soit ceux répondant aux caractéristiques du cultivar mais aussi ceux ayant résisté aux aléas du climat et de son environnement. Lorsque prêts (vers la fin août au Québec), les fruits réchauffés tomberont directement sur le sol. À petite échelle, la majorité des gens les ramasseront à la main. Avec plusieurs plants, servez-vous d’un appareil à pulsation d’air pour pousser les petits fruits sur une bâche, disposée préalablement devant le plant (voir image 1). Faites-vous aider pour soulever les branches. Plus facile et efficace. Faites-les ensuite sécher quelques jours à l’air libre dans un abris au sec. Remisez-les dans un bac. De manière surprenante, vous pourrez les conserver ainsi plusieurs semaines à l’abris de l’humidité. Pour les déguster, ne vous fiez pas à une enveloppe verte en croyant qu’elle n’est pas mûre. Sur le marché, ces fruits sont déclassés juste pour l’esthétisme. Quel gaspillage! Très  souvent, vous y découvrirez une belle petite bille ronde jaune à orange dorée. Privilégier-les pour vos semences. Prenez les fruits mûrs, jetez les enveloppes séchées au compost et déposez-les dans un malaxeur. Le nombre de fruits à récolter dépend du nombre de semences que vous souhaitez conserver. Pour une utilisation personnelle, prenez une bonne poignée de chaque plant conservé. Pour les semenciers, c’est évidemment beaucoup plus. Ajouterez ensuite le double en eau dans un réservoir à mélangeur (Voir image 2) Fermez le couvercle et malaxer pendant environ une dizaine de secondes. Les graines minuscules passeront au travers des lames et les semences viables se déposeront au fond (Voir image 3).

(Image 2: Récolte de semences avant de passer au mixeur)

Image 3: Récolte de cerise de terre après avoir passé au mixeur)

À partir de là, il y a deux écoles de pensée:

PREMIÈRE ÉCOLE: Du récipient du mélangeur, retirez la pulpe et les graines non viables flottant sur le dessus. Ajoutez de l’eau claire au besoin. Videz tranquillement l’eau du dessus dans l’évier jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un tout petit peu d’eau au fond du récipient. Ensuite, aidez-vous d’un papier essuie-tout pour percoler l’eau restante (voir image 5). Déposez sur une feuille de papier ciré en répartissant les graines pour le séchage à l’air ambiant. Après 3-4 jours, elles deviendront sèches. Frottez-les ensemble pour les séparer.

(Image 4: Récolte de semences de cerise de terre après éclaircissement à l’eau le mélange)

(Image 5: Assèchement des semences de cerise de terre par percolation avec un essuie-tout)

DEUXIÈME ÉCOLE: Avec le contenu du mélangeur, couvrez d’une pellicule plastique et laissez fermenter pendant 48 heures à la température ambiante. Passez à l’eau claire la pâte sous un tamis à mailles très très fines. Faites sécher sur un papier ciré pendant quelques jours pour ensuite les frottez et les ensacher.

Dans chacun des cas, ça fonctionne. Inscrivez donc l’année de récolte et le nom de la variété. Entreposez dans un endroit sec et à l’abris de la lumière. Elles se conserveront entre 3 et 8 ans.

Opération « gardiens de semences »

Depuis 2018, Thibault Renouf, co-fondateur du réseau « Arrivage« , une initiative qui « développe des réseaux de proximité et des outils simples pour permettre aux agriculteurs et artisans de se mettre en relation avec des acheteurs professionnels sans intermédiaires« , a créé l’opération « Gardiens de semences« . L’objectif étant de proposer à des chefs restaurateurs, épiciers et transformateurs, des semences oubliées.

Thibault Renouf (photo: Martin Ménard/TCN)

Au départ, l’idée a germé (je sais… le jeu de mots se veut plutôt banal) sur un coup de tête. Avec de nombreux amis agriculteurs, semenciers et chefs cuisiniers, ces derniers ont reçu le défi de cuisiner des aliments hors de leurs zones de confort. Laissant aller leur créativité, il n’en fallait pas plus pour faire le lien et, par la même occasion, remettre en valeur toutes ces plantes ancestrales. De 17 jumelages en 2018, ce sont maintenant, en 2019, plus de 50 producteurs et chefs qui se rassemblent autour de ce projet. Voulant contrer une disparition de 75% de notre biodiversité alimentaire depuis 100 ans, la première étape a consisté à demander à 9 semenciers québécois de suggérer un catalogue de semences moins « connues » qui a été ensuite envoyé à des chefs, épiciers et transformateurs intéressés. Chacun en a choisi une seule selon leur préférence. La sélection faite, le « réseau arrivage » a procédé à un jumelage avec un maraîcher partenaire qui a semé sur mesure pour le nouvel ambassadeur la quantité souhaitée. Cette approche permet à l’agriculteur de s’assurer de vendre son produit mais aussi aux receveurs d’obtenir la quantité souhaitée. Pas de pertes et un circuit de distribution le plus court possible.

Par ailleurs, en recevant leur commande, ces nouveaux ambassadeurs ont été invité à raconter l’histoire de leur semence aux clients. Parmi les anecdotes concernant l’expérience de l’an passé, citons qu’on a pu s’apercevoir qu’il était difficile de reproduire une semence paysanne. Chaque plante possède son propre mode de culture unique; souvent peu compatible avec l’agriculture moderne. Par exemple, les oiseaux ont dévoré toute la récolte de « pois St-Hubert » d’un des maraîchers la veille de la récolte. Ou encore, la conservation du cerfeuil tubéreux s’est avérée plus difficile que prévu notamment à cause des territoires et régions moins adaptées. Il y aura des ajustements de chaque côté.

Quoi qu’il en soit, il semblerait que la conscientisation de la population aux richesses oubliés de notre terroir fait graduellement son chemin. La preuve, l’édition « été 2019, vol.161 » de la revue « Continuité » dresse un dossier spécial sur le patrimoine semencier, un legs à cultiver. On y fait justement mention de ma contribution mais surtout de celles de semenciers, organismes et gens ayant à cœur la préservation de cet héritage. Un belle lecture estivale!

Carte postale de juin 2019

Léonidas Ouimet et son fils Georges récoltant de l’avoine vers 1942 à la côte à Ouimet à Laval (image: Serge Gravel)

En ce temps de commémoration du débarquement de Normandie, une grande partie d’entre nous ne s’en rappelle plus mais les agriculteurs possédaient un « certain » avantage comparativement aux citadins.

En effet, dû aux mesures de conscription prises par le gouvernement fédéral en 1941, les fils d’agriculteurs pouvaient quant à eux évoquer l’exclusion pour contribuer au plan alimentaire à l’effort de guerre. Par manque de main-d’œuvre, le gouvernement a même réduit à 14 ans l’âge requis pour l’obtention d’un permis de conduire, pour que des enfants puissent conduire légalement des camions de ferme et d’autres véhicules. Je me souviens d’une des rares anectodes de mon père sur cette période, alors qu’il avait 9 ans au déclenchement du conflit; un souvenir peu réjouissant.

De fait, pour fuir cette guerre interminable et éviter une mort probable, il fût envoyé par mes grands-parents sur une ferme à Durham-Sud en 1943 pour accompagner son frère aîné. Obligé de cacher leur véritable identité avec l’aide de la famille sur place, ils travaillaient aux champs le jour et se couchaient dans la grange le soir venu. Et, pour s’assurer que l’un d’entre eux ne se sauve pas durant la nuit, ils attachaient un de leur pied à l’autre. Pour les rares fois où il a évoqué cette période, j’en ressentais toujours un profond sentiment marqué de peur, mêlé de malaise et de culpabilité. Effectivement, toute la société valorisait la fierté de servir son pays et parfois, de jeunes enfants de 13 ans à l’apparence mature réussissait à s’enrôler. Par ce sentiment très fort, il n’était donc pas rare que les fils d’agriculteurs s’enrôlent eux aussi pour combattre l’envahisseur ou gagner plus d’argent dans les usines de fabrication; laissant beaucoup de travail aux plus âgés. Fichue époque! J’espère qu’elle ne reviendra jamais.

Conférence sur les potagers de nos ancêtres

Maison Rosalie-Cadron

Maison Rosalie-Cadron, site patrimonial (Image: Maison Rosalie-Cadron)

Je vous convie simplement dimanche prochain, le 26 mai 2019, dès 13:00, à une présentation visuelle d’environ une heure (souvent davantage) à la Maison Rosalie-Cadron intitulée « Les potagers de nos ancêtres ». J’y aborderai une partie de mes recherches et de mes connaissances afin que vous puissiez, vous aussi, contribuer, à votre manière, au sauvetage de notre beau patrimoine agricole. Auparavant, entre 10:00 et 12:00, venez échanger des vivaces avec d’autres amateurs de plantes. Située à Lavaltrie et construite en 1790, « cette maison a vu naître Rosalie Cadron-Jetté, mère de 11 enfants et fondatrice des Sœurs de Miséricorde ». Cette femme « s’est vouée entièrement à aider les pauvres, les malheureux et les mères célibataires ». Sauvée de la démolition en 1996, elle fût convertie pour faire revivre sa maison en 1822, alors qu’avec son époux, Jean-Marie Jetté, et leurs six premiers enfants, Rosalie s’apprête à quitter Lavaltrie. Au plaisir de vous rencontrer. Pour de plus amples informations, contactez Madame Sophie Lemercier, directrice générale.

Carte postale de mai 2019

Récolte du foin de mer à Sainte-Famille-de-l’Ile-d’Orléans (image: collection privée et année inconnue)

Tout le monde connaît le « foin de terre », celui qu’on récolte dans les champs mais le « foin de mer », ça vous dit quelque chose? La différence se veut significative entre les deux car dans le premier cas, il se compose de plantes fourragères (légumineuses ou graminées) tandis que dans le deuxième cas, ce sont les joncs qui poussent le long du fleuve. Les anciens écrits font mention du « gros foin » ou du « sain-foin » et qu’on en faisait usage courant depuis le début de la colonisation par les fermiers de toutes les communautés jusqu’au milieu du 19e siècle. Qu’ils soient ramenés par les vagues sur la plage ou coupés directement dans les marais, la récolte doit s’effectuer souvent dans la boue. On lui attribut des propriétés particulières notamment le fait qu’il attire très peu les insectes par sa forte odeur et son côté hygroscopique (absorbant l’humidité de l’air). Offert en complément avec le « foin de terre », le bétail appréciait son goût salé. Il sera délaissé par le fourrage actuel après le milieu du 19e siècle.

L’histoire du chanvre (partie 3)

Dans la partie 2, je vous laissais avec la trahison de Napoléon Bonaparte par le tsar Alexandre 1er; ce dernier laissant passer le chanvre en contrebande aux profits de son ennemi. Pour envahir la Russie, Bonaparte devait avoir une réelle crotte sur le cœur face à cette plante car, lors de sa campagne d’Égypte le 1er juillet 1798, il évita un attentat perpétré par un musulman intoxiqué au haschisch. Selon le site d’histoire de la fondation Napoléon, lorsque Bonaparte fit l’association et compris les effets psychotropes dévastateurs de la substance, il en interdit l’usage par le premier texte de loi au monde contre une plante mentionnant ouvertement ses risques potentiels. Sous l’injonction de Bonaparte, le 9 octobre 1800, cette ordonnance entendait mettre un terme à la consommation de haschisch et de graines de chanvre par les soldats du corps expéditionnaire. Ceux enfreignant cette ordre, se voyaient passible d’une peine de prison de 3 mois. Et, on connaît la suite… c’est tout le contraire qui arriva.

En effet, dans l’Europe du 19e siècle, la mode vibrera au cannabis. L’orient et ses mystères provoqueront les passions; notamment le fumage du haschisch selon la méthode de la pipe à eau. Même la reine Victoria deviendra une adepte de la confiture de haschisch pour calmer ses menstruations douloureuses, comme bon nombre de femmes de l’époque.

Américains fumant la pipe à eau dans un bazar turc (image: Historical register of the centennal exposition, 1876)

Corrido de la Cucaracha en 1915 par Antonio Venegas image: wikimedia.org)

À la fin du 19e siècle, les immigrants indiens introduisirent le cannabis au Mexique où il prendra le nom de « marijuana » et deviendra le symbole de la révolution « Pancho Villa » avec la chanson « la cucaracha« , un cafard ne pouvant plus avancer faute de cannabis à fumer. Les mexicains reprennent la manière d’apprêter le chanvre indien pour y fabriquer toutes sortes de produits (chapeaux, sacs, tapis…).

Du Mexique, la marijuana voyagera jusqu’au sud des États-Unis. Les noirs des plantations de coton la consommèrent pour apaiser leurs conditions rendus encore plus difficile par la crise économique. Puis, ce sera au tour des villes comme Dixiland et Louiseville de découvrir la fièvre de la marijuana, connue sous le nom de « FEVER ». En quelques années, les chansons sur l’herbe feront fureur et les clubs de musique fleurissent partout où la communauté noire s’est établie. Cette fièvre, associée à un nouvel industrie du chanvre, combiné aussi aux dangers de la consommation d’alcool commence à faire parler d’elle dans les coulisses du pouvoir américains. L’étau se resserre.

En effet, en 1911, la Nouvelle-Orléans, puis la Louisiane, le Mississippi et autres états le long du fleuve Mississippi prohibèrent la consommation de mari. L’alcool commence aussi a être reconnue comme un danger par la société. Les femmes font pression pour interdire la vente d’alcool; qui redeviendra de nouveau légal en 1933.

Noirs coupant du chanvre au Kentucky dans les années 1930 (image: bittersoutherner.com)

De même, considéré comme démoralisant pour les soldats français, le haschisch est interdit au beau milieu de la première Grande Guerre, un an après l’absinthe, par la « loi sur les substances vénéneuses » du 12 juillet 1916 au même titre que la morphine ou la la cocaïne. Aux États-Unis, à cette époque, Harry J. Anslinger, personnage politique influent, s’est dit: « interdisons le chanvre ». W. Randolph Hearst, magnat de la presse écrite, l’a suivi ainsi que la compagnie  Dupont, une entreprise de produits chimiques. Les trois groupes formèrent un lobby rejoint par l’industrie du coton pour interdire le chanvre. La raison derrière ce front commun résidait dans le ré-intérêt économique relatif au chanvre. Par exemple, avant les années 1930, il fallait 300 heures pour planter, ramasser et extraire la fibre d’un acre de chanvre. Par la suite, ce temps de 300 heures pour un homme tomba à 1 heure par homme avec l’utilisation des nouvelles machines.

Qui plus est, la fibre atteignit une qualité exceptionnelle. Ça aurait été le début de la fin pour les autres fibres naturelles et synthétiques comme le nylon; n’étant plus compétitive face au chanvre, la fibre étant moins coûteuse, plus solide et plus douce par surcroît. Par ces arrières jeux de pouvoir, le gouvernement américain interdira une fibre et obligea le monde entier à faire de même. C’est peut-être une raison qui explique pourquoi il n’y a jamais mention de cette plante dans aucun des anciens catalogues de semences québécois ou canadiens. Comme si elle n’avait jamais existé.

Pourtant, dans le Journal des campagnes du 21 août 1884, M. Paul de Caze dresse une liste de plantes recueillies, en fleur, durant sa promenade qu’il vient de faire dans le golfe Saint-Laurent, avec indication des lieux et les dates auxquelles ces plantes ont été cueillies. Cette photographie ci-dessous de 1938 montre également un toit d’un bâtiment agricole de la région de Yamachiche conçu avec du chanvre.

Toit de chanvre à Yamachiche, comté de Maskinongé en 1938 (image: Marc Leclerc)

Quoi qu’il en soit, l’invasion par le Japon  de la Chine et des Philippines, gros producteurs de chanvre, provoque un rationnement. De son côté, comme de nombreux grands chefs militaires avant lui, Hitler prend conscience de son importance car il entre dans la fabrication de nombreux équipements de guerre. Lorsque les troupes allemandes envahissent la Russie, en 1941, elle coupe voie au chanvre russe. L’Allemagne continue de produire cette fibre mais prive l’Angleterre de cette matière primordiale à l’effort de guerre.

Le chanvre pour la victoire 1943 (image: hashmuseum.com)

En 1942, les troupes allemandes atteignent le cœur de la Russie Leur pays continue néanmoins à produire encore du chanvre. Il permet à Hitler de préparer ses prochains projets militaires. Pour protéger son approvisionnement, l’Angleterre demande à l’Inde d’accroître sa production. Pendant ce temps, la guerre gagne du terrain au Japon. Lorsque les japonais bombardent Pearl Harbor, ils obligent les américains à entrer en guerre. Ceux-ci s’aperçoivent qu’ils n’ont plus accès à leurs sources d’approvisionnement en chanvre. Car, malgré tout, les États-Unis dépendent entièrement du chanvre pour les cordages. les fils et ficelles pour les chaussures ainsi que des équipements divers. Ils décidèrent de démarrer une industrie de guerre pour le chanvre. Ils légalisèrent à nouveau la marijuana et distribuèrent des graines à ses fermiers. Ils adoptèrent même un chant « du chanvre pour la victoire » pour encourager cet effort de guerre.

Les forces aériennes des alliés dépendaient complètement du chanvre. Les sangles des sacs à dos et les parachutes étaient confectionnés de chanvre. La guerre enclenche une véritable recherche dans ce secteur pour trouver toutes sortes de débouchés utiles à cette plante. Par exemple, en 1941, Henry Ford inventa la « hemp car » ou la « voiture de chanvre », une carrosserie composée à partir de fibres de cellulose de paille de blé, de chanvre et de soya ainsi qu’un liant à base de résine. Plus résistante que l’acier, un coup de massue n’arrivait pas à l’endommager.

Henry Ford (à droite de la photographie) et sa voiture de 1941 construite avec, entre autre, du chanvre (image: truththeory.com)

Néanmoins, une fois les japonais chassés des Philippines en 1944, les niveaux de production de chanvre d’avant-guerre reviennent à la normale. Après les années de guerre, un nouveau monde apparaît. L’Inde obtient son indépendance grâce à la mécanisation; le pays double sa production et peut développer ses exportations vers les États-Unis et le reste du monde. Comme par hasard, les américains interdisent de nouveau la culture du chanvre sur leur territoire mais en important des milliers de tonnes pour approvisionner l’industrie lors du boom économique.

La France quant à elle, malgré la prohibition des États-Unis, continue à produire du chanvre jusque dans les années 1950. Mais le développement des fibres synthétiques  un peu partout dans le monde a drastiquement fait baisser cette production jusqu’à ce que l’industrie textile du chanvre meurt de sa belle mort à la fin des années 1960. Durant ces années, les groupes rock (ex: les Rolling Stones) et les hippies encouragent la consommation de cannabis. En 1970, les Rastas en Jamaïque consomment le cannabis pour communiquer avec leur Dieu; qu’ils considèrent comme la nourriture spirituelle. Toujours dans les mêmes années, le cannabis est légalisé à Amsterdam. « Ben Dronckers » devient le premier producteur de marijuana au monde millionnaire avec son entreprise Sensi seeds.

Ben Dronkers dans les années 1970 (image: thedevilsharvestseeds.com)

Bon, après 2 mois j’arrête cette incursion dans l’histoire fantastique du cannabis. J’aurai sûrement pu écrire un livre tellement son passé recèle d’anecdotes. Peut-être qu’un jour, j’écrirai une partie 4, plus spécifique à notre Québec comme complément d’information. En attendant, sur une note plus moderne, je vous suggère de lire « La petite histoire du Jean-Guy« , ou « Qui choisit les noms des variétés de cannabis« .

L’histoire du chanvre (partie 2)

Ouf! Après trois semaines de recherche, je reviens avec un autre petit bout. J’ai sous-estimé l’énergie pour creuser le sujet. Je vous encourage, si ce n’est déjà fait, à relire la partie numéro un pour une lecture plus fluide. J’y abordais l’historique du chanvre avant qu’il n’arrive définitivement en Amérique du Nord et plus spécifiquement au Canada.

En effet, vers la fin de la première partie, Jacques Cartier offrit dès son arrivée des cadeaux aux autochtones sous forme de graines et de vêtements conçus en tissus de chanvre. Louis Hébert, premier apothicaire et agriculteur du nouveau monde en plantera en 1606 à Port-Royal, berceau de l’Acadie, avant d’en amener avec lui lors de son déménagement à Québec en 1617. Bien qu’on amenâmes par bateaux des bœufs, des ânes et plus tard des chevaux pour le défrichage des terres pour aider les premiers colons de la Nouvelle-France, l’autosuffisance ne fût réalisée que dans les années 1640. Et quand bien même, la commercialisation des produits agricoles restera toujours difficile sous le régime français.

Louis Hébert (image: l’abbé A.C. Hébert, Montréal 1918. Archives nationales du Canada)

Jean Talon (image: patrimoine-culturel.gouv.qc.ca)

Ailleurs, la popularité grandissante du cannabis-textile s’étendait un peu partout dans le monde avec la poussée de la colonisation. Au milieu des années 1600, l’Espagne le cultivait au Chili, la Grande-Bretagne en Nouvelle-Angleterre et les entrepôts royaux français promettaient quant à eux d’acheter tout le cannabis produit par les agriculteurs canadiens. L’intendant Jean Talon (1626-1694) réservera des lots pour des expériences et des démonstrations agricoles en introduisant des cultures telles que le houblon et le chanvre. Certaines taxes pourront même être payées avec des tiges de chanvre et les agriculteurs récalcitrants à sa culture se voyaient passibles d’une sentence. On ne riait pas. Plusieurs noms de villes et régions du Québec ont même été baptisé de noms liés à cette importante culture d’autrefois comme Hampshires, Hempsteads et Hamptons.

Toutefois, la difficulté à l’époque ne consistait pas à cultiver du cannabis en soit mais à préparer les fibres pour leur utilisation courante. Les longues fibres externes de la tige devaient être séparées des fibres pulpeuses internes. Ce processus, appelé «rouissage», prenait énormément de main-d’oeuvre et de temps. À cause de ça, la plupart des colons préféraient les cultures vivrières. Et, même si les gouvernements, tant français qu’anglais, ont tout fait pour inciter les agriculteurs canadiens à planter davantage de cannabis pour la fabrication de textiles, les colons préféraient, de loin, cultiver de quoi manger plutôt qu’engraisser une culture marchande. Qui pourraient les en blâmer. Premier exemple.

Rouissage du chanvre (image: Marzolino, journal universel Paris, 1860)

En 1668, Jean Talon, premier intendant, confisqua tout les fils des magasins de toute la colonie en déclarant qu’il ne le vendrait qu’en échange de chanvre de cannabis. Sans aucun fil, les colons ne pouvaient donc plus réparer, ni fabriquer leurs vêtements. Ils ont donc été, en contre-partie, dans l’obligation de faire pousser plus de fibres de cannabis. Deuxième exemple.

En 1790, le gouvernement de l’Angleterre enverra gratuitement 2 000 boisseaux (environ 50 tonnes métriques) de graines de cannabis russes à tous les agriculteurs du Québec. Parmi tous, seulement quinze l’acceptèrent. Le reste des graines pourrirent. Na! Na! Na! Dix ans plus tard, le Parlement britannique envoya deux spécialistes du cannabis en leur promettant richesses et terres gratuites s’ils parvenaient à convaincre les colons de cultiver davantage de cannabis mais aussi à les former correctement à sa culture. Mauvais temps, inondations du printemps et mauvaises semences rendirent l’expérience un désastre. Mais pourquoi la France et la Grande-Bretagne souhaitaient-elles tant produire du cannabis dans leur nouvelle colonie? La réponse se trouve de l’autre côté de l’océan Atlantique.

USS Constitution en 1803 (image: wikipedia)

En effet, juste après la conquête du Canada par les anglais, la course au chanvre nous ramène dans les vieux pays soit à la campagne d’Égypte (1798-1801) où les troupes françaises tentaient de bloquer la Grande-Bretagne d’accéder à la route de l’Inde en prenant possession de l’Orient. Pendant des décennies le chanvre demeurera une matière stratégique. Il composera la majeure partie des cordages et des voiles de navires. À elle seule, la frégate américaine USS Constitution exigeait plus de 60 tonnes de chanvre juste pour ses cordages et voiles. Importé à 90% d’Italie et de Russie, la conquête napoléonienne amena le roi Georges III à développer ses propres cultures et manufactures. De retour chez-nous, la Grande-Bretagne persistera encore dans cette idée en faveur des textiles de cannabis et, en 1802, le gouvernement canadien nommera plusieurs agriculteurs importants au sein d’une nouvelle commission pour l’encouragement à la culture du chanvre. Le 22 février 1806, on assistera à la création de la « Upper Canada Agricultural and Commercial Society« . Mais il faudra attendre encore au moins deux décennies avant que l’industrie du cannabis ne décolle enfin chez-nous. En réaction à toutes ces tractations, Napoléon signera un accord le 07 juillet 1807 avec le tsar Alexandre 1er. Le traité de Tilsit interdira l’expédition de chanvre en Angleterre et aux États-Unis. Mais Alexandre 1er laissera quand même passer le chanvre en contrebande en destination de l’Angleterre. Petit coquin! C’est l’un des éléments qui poussera Napoléon à envahir la Russie. Mais ce dernier devra battre en retraite à cause de l’hiver précoce de 1812.

Champ récolté de chanvre. Année inconnue (image iastate.edu)

Y’a pas à dire, alimentaire, utilitaire, euphorisant, cette plante exerça toute une influence entre le 17e et le 19e siècle. Dans la partie 3, elle continuera à faire couler beaucoup d’encre dans les siècles suivant.

L’histoire du chanvre (partie 1)

Chanvre, dessin botanique

Selon moi, le chanvre fait partie du top 10 des plantes ayant influencé, voire changé le cours de l’histoire de l’humanité. Adoré pour ses propriétés médicinales, nutritif, vénéré pour ses attributs euphorisantes, utilisé pour le commerce, l’industrie et la guerre, il a été autant détesté par les politiciens, l’église, certains grands dirigeants d’entreprises et les gens de bonne mœurs. Comme vous le lirez, ses multiples usages lui procure une versatilité surprenante. Et, malgré tout ce qu’on dira, il fait partie de notre patrimoine agricole. Et même ici au Québec, bien que les gouvernements et la répression policière ont tenté de l’éradiquer depuis des décennies, il nous côtoie depuis le début de la colonie. Petit récapitulatif en plusieurs parties chronologiques d’une destinée hors de l’ordinaire.

ABC ÉTYMOLOGIQUE

Au départ, première nuance importante! Que ce soit chanvre (« hemp en anglais »), marijuana ou cannabis, c’est la même plante. Le terme chanvre « fil et filasse » dérive du vieux français « chenvre », « plante-textile ». Quant à « marijuana » issu de l’espagnol mexicain, il se relie à la drogue. Le mot « cannabis » quant à lui sert à l’identifier par son nom botanique « cannabis sativa » ou « cannabis india » (dans les vieux ouvrages). Saviez-vous que le terme latin cannabis réfère à l’expression « tige (cann) à (a) deux sexes (bis) »? La plante possède effectivement la particularité d’avoir à la fois le sexe mâle et femelle. Le haschisch désigne la résine produite par la plante qu’on transformera pour la fabrication de divers produits (huile, tablettes compressées, vaporisateurs, pilules…). Il reste finalement tout l’arsenal d’expressions communes du genre « pot » « mari« , « herbe« , « weed« , « joint » et j’en oublie sûrement, se rapportant aux « pétards roulés » qu’on fume sous forme de tabac séché ou coupé. Ouf! J’espère ne rien oublier.

UNE TRÈS, TRÈS, TRÈS ANCIENNE PLANTE

ShenNung (image: antiquecannabisbook.com

Il apparaît très difficile d’identifier son lieu d’origine exacte. Certains évoquent l’Himalaya, d’autres la Mésopotamie mais bon nombre des sources s’entendent pour situer le sud-est de la Russie où on l’utilisait, entre autre, pour la fabrication d’arcs, d’armes de guerre, de farine et pour les filets de pêche. Les chinois quant à eux confectionnaient une fibre par broyage de la tige pour créer des tissus quatre fois plus résistant que le coton et cela, 4500 ans av. J-C. Son utilisation en Chine remonterait même jusqu’au 28e siècle av. J-C où l’empereur Shen Nung (2838-2698 av. J-C) l’incorpore dans sa pratique lors des fondations de la médecine chinoise traditionnelle. Car, petit bémol non négligeable, le plant contient du delta-9-tétrahydrocannabinol, communément appelé THC.

De fait, on retrouve la mention des effets de cette molécule active d’aussi loin que dans les écrits grecques. Depuis des milliers d’années, les médecins de tout acabit la prescrivent sous forme d’huile, de graines ou en tabac comme antidouleur, pour soulager les maux des malades allant de la dépression jusqu’au cancer et j’en passe.

D’autre part, il est intéressant de noter qu’on s’en servait également pour la fabrication de papier. Inventé par les chinois, son secret fût conservé jusqu’au 5e siècle ap. J-C pour se perpétuer au Japon, au Moyen-Orient et enfin apparaître au 13e siècle en Europe. Les moines copiste travaillaient sur du papier de chanvre à la lumière d’une lampe à l’huile de chanvre. Moult textes mentionnent qu’apparemment le premier livre imprimé au monde, la bible (1456), éditée par Johannes Gutenberg (1400-1468), l’aurait été sur du papier de chanvre. Ailleurs en Inde, on l’offrait en offrande à la déesse KALI ou on le fumait lors d’événements religieux comme les baptêmes et les mariages. Pendant le déclin de l’empire romain, le chanvre est devenu le véritable nerf de la guerre. Administré par le « procureur du chanvre », l’une des positions les plus importante de la hiérarchie, deux réserves ont été créées des deux côtés des Alpes; Ravenne et Vienne. Le chanvre ne leur servait pas juste pour la guerre mais à toutes sortes d’utilités tels la fabrication de vêtements, d’abris, de nourriture, de défense, d’attaque et de médecine. En fait, il se retrouve à tellement d’endroits, tant d’époques et côtoie autant d’empires qu’il devient ridicule de tous les mentionner. Sans doute pour sa facilité de culture. D’une taille pouvant aller jusqu’à 4 mètres, cette annuelle à croissance rapide atteint sa pleine maturité en 4 mois (entre mai et septembre). Elle n’a ni besoin d’herbicide car sa densification et sa hauteur épuise toutes les autres mauvaises herbes. Aucun insecticide n’est non plus requis car elle possède sa propre réserve de répulsif naturelle. Trop facile!

Chinois fumant le cannabis (année et auteur inconnu)

Néanmoins, le début de l’amour-haine paraît survenir durant l’avènement du christianisme où la consommation du cannabis et de ses effets dopant sur les gens le reliera aux rituels sataniques. En 1484, le pape Innocent VIII (1432-1492) déclarera sacrilège son utilisation et seul les gens, habituellement des femmes, ayant une très bonne connaissance en herboristerie continueront de transmettre ce savoir en déclin. Inutile de vous rappeler qu’on les accusait de sorcellerie pour ainsi détenir ces connaissances hors de l’entendement. Curieux de constater qu’il sera offert par Christophe Colomb parmi les cadeaux remis aux autochtones sous forme de graines et de vêtements en chanvre lorsqu’il découvrira l’Amérique en 1492. Dans notre seconde partie, vous découvrez un autre chapitre rempli de rebondissements lorsqu’il s’intégrera par la bande dans nos mœurs nord-américaines.