Comment cultiver et reproduire vos semences de chervis

Qu’est-ce que le chervis (Sium sisarum L.)?

Et bien pour vous l’illustrer, comparez-le à une sorte de mottes de longues carottes blanches minces plutôt asymétriques (voir photo ci-dessous). Originaire d’Asie occidentale et centrale, on le consomme pelé, coupé dans un ragoût ou un bouilli. Il est important de se rappeler qu’anciennement le repas se préparait tôt et mijotait toute la journée sur la cuisinière ou dans la marmite au feu. C’est un légume-racine coriace, amer qu’on déconseille apprêté comme légume frais. Mais il gagne beaucoup en saveur et en tendreté lorsqu’il cuit longtemps en l’intégrant, par exemple, dans des mijotés. Pour un goût plus sucré, récoltez-le après le premier gel, cela concentrera les saveurs.

Chervis (racines et feuillage) images: droite botanica-suisse.org / gauche: Jacques-brisant.fr

Chervis (racines et feuillage) images: droite botanica-suisse.org / gauche: Jacques-brisant.fr

Qui plus est, il a la particularité, s’il n’est pas récolté durant la première année, de faire des semences chaque saison vers la fin de l’été. Si elles demeurent sur le plant, elles vont tomber par le vent à côté du plant-mère et se ressemer ça et là. Soyez vigilant si ça vous arrive, déracinez complètement dès qu’il apparaît en-dehors de son lieu de culture.

Quoi qu’il en soit, c’est une racine vivace peu exigeante de la famille des apiaceaes tolérant les milieux humides voires détrempés, une véritable amie pour les jardiniers paresseux. Utilisez-la en permaculture sans problème. En ce qui a trait à la multiplication des semences, commencez par semer en automne au ras-du-sol et ce, à peine recouvert car les  graines ont besoin d’une période de gel pour germer. Espacez vos rangées de 50 cm. Des l’apparition des premières pousses, éclaircissez aux 30 cm entre les plants. Il produira à la fin de l’été une grosse motte de 40 cm diamètre environ qui, si elle est mal déterrée, se régénérera au printemps suivant.

Graines de chervis

Graines de chervis

En effet, le petit bout de racine laissé en terre se fortifiera pour aussitôt, le milieu de l’été venu grandir jusqu’à 1.5 mètre de hauteur où les ombelles attireront une foule d’insectes butineurs. Si vous souhaitez augmenter le nombre de plants-mère, divisez la souche au printemps.

Par la suite, deux options s’offrent à vous:

  1. Attendez à la fin septembre, coupez les tiges par vent calme et rentrez-les (ex: dans un garage ventilé) les têtes vers le bas pour attendre la fin du processus de maturité. Sinon, par manque d’espace vous pouvez;
  2. Attachez les hautes tiges encore en terre pour éviter leur affaissement dû au fort vent et ainsi risquer de voir les graines s’éparpiller sur le sol. En fait, on vous suggère d’exécuter cette étape dès la mi-juin à l’aide de tuteurs pour permettre aux tiges de pousser bien droites et évitez qu’elles tombent sur les cultures à proximité. Attendez un après-midi d’une journée calme et ensoleillé pour récolter vos semences directement sur le plant et éviter l’étape du séchage. Attendez qu’elles affichent une apparence très brunes et dodues (début octobre). Même avec toutes vos précautions, ne soyez pas surpris d’en échapper par terre.

Pour notre part, nous options pour la première option. Nous coupons les ombelles directement dans une chaudière et par la suite, les égrenons au-dessus d’un bol devant la télé. Une fois cette étape complétée, on passe le tout dans un tamis de cuisine aux mailles serrées pour éliminer la saleté et les poussières. Conservez-les dans un sachet de papier opaque à l’abris de la lumière et de l’humidité. Elles se conserveront pour une durée maximale de 3 à 4 années.

 

« Potagers d’antan » invité à l’émission « Banc public »

Moi (sur le banc jaune à droite) et l’équipe de « Banc Public »

Si vous me suivez depuis longtemps, vous aurez remarqué mon absence totale lorsqu’arrive le moment de publier des photographies sur ce blogue. C’est une question de choix. Je laisse toute la place au sujet et je ne ressens pas le besoin de m’exposer ni moi, ni ma famille. Et bien, je fais une exception cette fois-ci.

En effet, en début d’été, j’ai reçu une demande d’entrevue téléphonique du recherchiste Étienne Larrivée-Roy pour une éventuelle participation à l’émission télévisuelle « Banc public« . Bien que le concept de l’émission se base sur des « histoires humaines et des enjeux de société », « mon travail intéresserait réellement le public et votre équipe de production« ?, lui demandais-je.

En fait, je doute continuellement. Je devrais commencer à me convaincre du contraire car le compteur statistique du blogue affiche continuellement une moyenne de plus 800 visiteurs par jour depuis au-delà d’un an et ça monte tout le temps.

Bref, après quelques questions d’usage, il m’explique qu’il présentera mon parcours à son équipe et m’en redonnera des nouvelles après les vacances estivales. Et bien qu’elle ne fût pas ma réelle (vraiment grosse) surprise d’être invité le 10 septembre 2016 dans le hall de l’hôpital Ste-Justine à 10:30 afin d’être interviewé par nul autre que la comédienne multi-récompensée « Guylaine Tremblay« . Il y a 15 ans, j’aurai ri au visage de celui qui m’aurait dit que cultiver des légumes ancestraux derrière ma maison m’amènerait devant la caméra. C’est merveilleux la vie, n’est-ce pas? Mon côté « raconteur » semble avoir plu. Et bien, vous pourrez le constater vous-mêmes en voyant cette trop courte rencontre supposément le mardi 22 novembre prochain à 21 h à Télé-Québec, en reprise le vendredi 14 h, dimanche 16 h et lundi minuit. Soyez indulgent… c’est ma première expérience. Je remercies toute l’équipe (voir photo ci-haute) pour leur gentillesse et leur professionnalisme.

Je tiens à préciser qu’au moment d’écrire ces lignes, je n’ai pu obtenir une confirmation de la date réelle de mon passage. Il se peut donc qu’il y ait un décalage. Consultez leur site web dans les prochaines semaines.

La tomate Québec 1121

Ce texte attendait dans ma banque depuis longtemps… presque quatre ans. Il espérait un « je-ne-sais-quoi » pour revenir à la vie. Lorsque j’écris, je manque quelques fois d’inspiration. L’angle, le message, le contenu, l’absence de références ou d’images demeurent autant d’excuses pour les repousser aux calandres grecques. J’en possèdes des dizaines comme ça patientant ainsi dans l’espoir qu’un jour leurs secrets referont surface. Pour celui là, je n’arrivais tout simplement pas à trouver suffisamment d’information fiables pour le compléter. Jusqu’au jours où Le Courrier de Saint-Hyacinthe décide, il y a moins d’un an, de partager ses anciens journaux publiés depuis 1853, avec la bibliothèque et archives nationales du Québec.

Roger Doucet et la tomate 1121 (source: LE NOUVEAU CLAIRON — Mercredi, 1 3 SEPTEMBRE 1 978 — Page 9 )

Roger Doucet et la tomate 1121 (source: LE NOUVEAU CLAIRON — Mercredi, 13 SEPTEMBRE 1 978 — Page 9 )

En effet, en refouillant récemment sur cette variété, j’ai mis la main sur un article publié le mercredi 6 septembre 1978 intitulé « une variété de tomate découverte à Saint-Hyacinthe« . Enfin, voilà la pierre manquante cherchée depuis si longtemps. Cette hybride a été conçu à la station de recherche agricole de Saint-Hyacinthe par Roger Doucet, agronome, à partir d’une variété californienne et une tomate du Québec adaptée aux régions froides (non mentionnée). À cette période, on misait sur la relance de la culture de la tomate de conserverie au Québec notamment par l’amélioration de la récolte mécanique.

Par ailleurs, saviez-vous qu’elle portait aussi le nom de « tomate carrée »?

En effet, ses angles prononcés et charnus en faisait une candidate idéale pour une culture mécanique avec une texture ultra ferme. Aussi appelée scientifiquement la 1121 ou Q-1121, vous la retrouverez aujourd’hui davantage sous le nom de Québec 1121. Possédant la propriété de ne pas brûler au soleil, de ne pas fendiller et de ne pas présenter de pourriture apicale, son fruit rouge éclatant concentrera ses saveurs en mûrissant sur un plant déterminé (hauteur non spécifiée). Elle se prête justement très bien à la préparation de la pâte de tomate, jus, sauce ou ketchup.  Selon les propos du scientifique:

…cette variété prometteuse pourrait relancer cette culture chez nous car on peut observer pour 6 000 plants, un rendement de 5 à 10 Ib de tomates par plant. Même cassées à la main, les tomates qui procurent un rendement de plus de 11 tonnes à l’acre, s’avèrent rentables.

Roger Doucet exhibe un plant de tomates à paroi ferme (source: LE NOUVEAU CLAIRON — Mercredi, 13 SEPTEMBRE 1978, p. 8)

Roger Doucet exhibe un plant de tomates 1121 à paroi ferme (source: LE NOUVEAU CLAIRON — Mercredi, 13 SEPTEMBRE 1978, p. 8)

Votre production gagnera si votre plant pousse dans un sol frais et limoneux avec un PH entre 6.2 et 6.5. Si vous possédez une photographie de ce spécimen, n’hésitez pas à nous la faire parvenir pour qu’on l’a publie.

Disponible chez Prairie Garden Seeds.

 

La pomme Reinette grise

Pomme French Russet (source: http://adamapples.blogspot.ca)

Pomme French Russet (source: http://adamapples.blogspot.ca)

Pomme originaire de la Vallée du Saint-Laurent appelée aussi, en français, Pomme de Cuir, reinette grise du Canada et Pomme grise ou, en anglais, french russet, Gray Apple, Leather Apple, French Reinette et French Pippin. Cultivée avant 1831 et de généalogie inconnue, nos recherches tendent à croire qu’elle a subit une mutation de la souche apportée par les migrants de France ou Suisse. Elle se rapproche beaucoup de la Reinette Grise cultivée en Europe au XVIIe siècle.

De fait, le fruit possède une taille moyenne à petite, avec une peau épaisse, dure, jaune verdâtre et habituellement complètement recouverte d’un roussissement. Sur le côté exposé au soleil, il y a souvent une coloration rougeâtre. La chair jaune se veut croustillante, juteuse et richement aromatisée. L’arbre pousse droit et porte des récoltes complètes chaque année. Utilisée pour le cidre, la consommation courante (pomme fraîche) ou pour la confection de desserts, elle se cueille en septembre et se conserve jusqu’en avril lorsqu’elle est entreposée en chambre froide.

Par ailleurs, il est intéressant d’ajouter qu’il existe d’anciennes recettes de lectrices publiées dans d’anciens journaux disparus du Québec utilisant Cette pomme. Par exemple, dans son édition du dimanche 25 août 1918, le journal de Montréal, Le Nationaliste (1904-1922), publiait une recette de beignets aux pommes.

Coupez en fines tranches des pommes court-pendues ou reinettes grises, après avoir enlevé les cœurs. Passez dans la même pâte et dans la même friture; les beignets de framboises; égoutter sur du papier gris à l’entrée du four. Opérez très rapidement et servez brûlant avec du sucre blanc en poudre.

De même, le journal de la région de Joliette, l’Étoile du Nord (1884-1965) du jeudi 3 juillet 1924, proposait une omelette aux pommes en suggérant la préparation suivante:

Faites cuire dans du beurre des tranches de pommes reinettes grises, mélangez à votre omelette, et servez saupoudrée de sucre.

On la retrouvait donc un peu partout sur le territoire du Québec à la fin et au début du siècle passé et ce, même jusqu’à Saint-Jean-Port-Joli où elle fût présentée lors de la première exposition annuelle de la Société d’horticulture du comté de l’Islet le 24 octobre 1884. Une de nos anciennes variétés du terroir à redécouvrir.

Carte postale du mois d’octobre 2016

Cyrus McCormick (photo: en.m.wikipedia.org)

Cyrus McCormick (1809-1884) inventeur de la moissonneuse-batteuse (photo: en.m.wikipedia.org)

Dans une très ancienne édition de 1911 de la revue franco-espagnole du nom de « La Famille », on pouvait y admirer l’ingéniosité d’un agriculteur américain ayant comme objectif d’augmenter sa productivité. 35 chevaux conduits de main de maître par un cocher juché en hauteur parvenait d’un côté à couper le blé, le traiter au centre et l’insérer directement dans les sacs pour leur livraison du côté opposé. Cela lui procurait l’avantage de vendre sa marchandise à meilleur prix pour l’Europe. Vous comprendrez évidemment qu’une telle invention fût rapidement mise de côté avec l’amélioration et la démocratisation d’une autre idée plus « pratique », la moissonneuse-batteuse, brevetée 75 ans auparavant par Cyrus McCormick en 1834. Il est intéressant d’ajouter qu’on commence à voir les premières moissonneuses-batteuses au Québec vers le début du siècle passé non pas sans avoir passé par l’étape de la trépigneuse actionnée par un ou deux chevaux.

Saurons-nous ressusciter ces betteraves fourragères? (Partie 1)

Betteraves à sucre White jumbo et leviathan

Betteraves à sucre White jumbo et Leviathan

Il y a quelques semaines, j’ai mis la main sur de « possibles découvertes ». Je pèse ici mes mots car je ne veux créer aucune attente et encore moins donner de faux espoirs. L’exploration du monde végétal, surtout la recherche d’anciennes variétés disparues, se parsème d’embûches, d’échecs et de déceptions.

En effet, grâce à un antiquaire américain, j’ai reçu non pas une mais deux boîtes encore remplies de graines de betteraves fourragères « Leviathan » et « Jumbo white », distribuées par Reenie’s. Cette entreprise de semences de Toronto (1870-1961) a eu pignon sur rue, entre autre à Winnipeg, Vancouver et Montréal avant d’être achetée après 91 ans par une autre compagnie ontarienne, Steele Briggs Seed Company. Appelée « wurzel » (en allemand) ou « mangel » (en anglais), ce dernier mot se veut si vieux qu’il a disparu des dictionnaires modernes.

De fait, la particularité de ces légumes, très populaires à l’époque, se résume incontestablement à leurs dimensions gigantesques. De véritables monstres maraîchers; d’où leurs références à des noms évoquant le gigantisme. Par exemple, une seule racine peut atteindre le poids honorable de plus de 5 livres. Imaginez la quantité d’énergie requise pour récolter un plein champs à force d’homme. L’image ci-dessous reflète la tâche colossale accomplie par nos ancêtres. Quelle cargaison!

Récolte de betteraves (1918)

Récolte de betteraves (1918)

Par ailleurs, nous tentons encore de retracer certaines infos afin d’estimer de manière la plus juste possible l’année où ces boîtes ont été offertes aux agriculteurs, Effectivement. il y a des distinctions importantes entre elles. On sait qu’elles sont très vieilles. Peut-être même près de 100 ans. On vous reviendra là-dessus.

D’autre part, il est pertinent de se rappeler qu’au début du siècle passé le bétail s’utilisait dans une foule d’activités (transport, labourage, alimentation humaine, etc.). Par conséquent, la quantité d’animaux à nourrir chaque jour s’avérait énorme. La betterave fourragère, comparativement à la betterave potagère (ou de table), constituait une source alimentaire économique et nutritive en compllément au foin. Par exemple, dans son catalogue de 1938, Hector L. Déry décrivait que

..la betterave fourragère facilite tellement la digestion et l’assimilation de la nourriture chez les animaux qu’elle tient en santé et par là augmente la valeur nutritive de toutes les autres nourritures absorbées en même temps.

De plus, dans son catalogue de 1918, deux ans après que l’entreprise Rennie ait ouvert un centre à Montréal, on décrit ladite « Jumbo White sugar » (voir photo ici-bas) comme:

… si merveilleuse et productive…elle est aussi plus nutritive plus riche en sucre et plus pesante que n’importe quelle autre racine fourragère. Jugeant par les résultats des essais très étendues que nous avons conduits pendant plusieurs années, nous sommes entièrement convaincus que cette betterave est d’une valeur fourragère immense. Les racines éléphantines sont d’une couleur blanc crème près du sol, changeant au vert vert et vert plus foncé autour du collet.

Betterave Jumbo White (1918)

Betterave Jumbo White (1918)

Publicité parue dans le journal "The Equity" le 2 avril 1925

Publicité parue dans le journal « The Equity » le 2 avril 1925

Quoi qu’il en soit, la question est surtout de savoir: Sont-elles encore viables? Sachez qu’une semence de betterave conserve une durée germinative d’environ 4 à 5 ans. Et comme je n’ai pu recevoir d’infos sur la manière dont elles ont été entreposées, il y a de très fortes chances pour qu’aucune ne germe. Je n’arrive pas à me résigner à faire un test de germination. Imaginez si la seule et unique graine encore viable se retrouvait parmi ce test. Je ne me le pardonnerai jamais.

Et qui plus est, je n’ai pas l’espace disponible (environ 10 000 pieds carré) pour semer des milliers de graines probablement non viables. Mais si ça fonctionnait, une seule plante parviendrait à ressusciter une lignée peut-être disparue depuis des décennies. Quelle fantastique nouvelle ça serait. En attendant, on vous tiendra au courant.

Pour en savoir plus sur la betterave fourragère, consultez ce site français ou l’article « le retour de la betterave à sucre » du Bulletin des agriculteurs paru en 2012.

Le salsifis d’Amérique

Rhizomes d'heliantis (photo: bioalaune.com)

Rhizomes de salsifis d’Amérique (photo: bioalaune.com)

Cousin du topinambour, vous reconnaîtrez l’hélianthe (Helianthus scrofuleux) aussi appelé hélianthi, héliantis ou « salsifis d’Amérique » par sa belle floraison du début septembre ressemblant à un petit tournesol. Et son nom n’est pas sans raison car les mots grecs « helios » signifient « soleil » et anthos « fleur ». De sa haute tige de plus de 1.6 mètre à maturité (200 jours après sa plantation), cette variété indigène au Québec, de la famille des asteraceaes, s’est retrouvée couramment dans l’alimentation automnale des amérindiens.

Heliantis (photo: gerbeaud.com)

Salsifis d’Amérique en fleurs (photo: gerbeaud.com)

De fait, malgré son goût subtil et sa texture fine qu’on compare à celui du topinambour ou de l’artichaut, il occasionne malheureusement des gaz intestinaux dû à sa forte concentration en inuline; un inconfort pouvant s’éviter si vous changez l’eau à la mi-cuisson. Récoltés vers la fin octobre et ce, jusqu’aux premières neiges, le rhizome, de forme allongé, s’épluche très bien une fois cuit.

Il est toutefois important de noter qu’il se conserve assez mal à l’air libre. C’est la principale raison de son absence sur les étals des marchés. Consommez-le rapidement (à l’intérieur de 2 jours) en gratin, purée ou en sauté. Évidemment, vous pouvez également les semer en automne ou au printemps comme plante d’ornement très décorative. Si c’est le cas, plantez-la dans un milieu exposé au soleil dans un sol profond et frais à une profondeur de 15 cm distancée de 70 cm.

En effet, son caractère prolifique exige certaines précautions. Installez-la dans un endroit définitif entourée  d’un coupe-bordure assez profond pour restreindre son expansion. Très peu exigeant à entretenir, apportez-y du compost lors de la mise en terre et butter lorsque la plante atteindra environ 20 cm. L’oidium a tendance à apparaître vers la fin de la saison mais elle n’aura aucune incidence sur la production. Si vous n’avez pas comme nous une panoplie de chats pour chasser les rongeurs, ces derniers peuvent causer des tords irréparables. Par exemples les rats et mulots les déterrent durant la saison froide pour de nourrir. Les lièvres quant à eux se régaleront des jeunes pousses à répétition entraînant automatiquement l’épuisement de sa réserve d’énergie et, sa mort.

Néanmoins, une fois installé, vous en aurez pour très longtemps et vous n’aurez plus jamais besoin d’en replanter. Une culture pour les jardiniers paresseux.

A NOTER:

L’art de conserver vos semences longtemps

Mme Letourneau à Saint-Roch-des-Aulnais en 1987

Vous avez décidé de récolter vos semences cette année. Félicitations!

En plus, pour vous aider, vous vous êtes référés à notre section « comment préserver vos semences ». Re-Félicitations! Protégez maintenant vos nouveaux trésors en vous assurant de leur viabilité à long terme, soit jusqu’au moment de les replanter. En passant, il n’y a pas nécessairement de grandes précautions à prendre si vous les réutilisez à l’intérieur de 2 ans.

En effet, tout ce que vous aurez besoin pour assurer leur pérennité à court terme sera un contenant opaque rangé dans un endroit frais, sombre, sec et exempt de ravageurs.

Toutefois, si vous croyez qu’elles seront au repos plus longtemps (ex: mise sur pied de votre propre banque de semences rares) quelques étapes supplémentaires seront nécessaires pour assurer leur viabilité à longue échéance. On vous donne ici-bas, quelques trucs pour y arriver.

Astuce 1: Maintenir des conditions fraîches

Gardez continuellement à l’esprit d’éloigner vos graines des rayons du soleil et surtout maintenez leur lieu d’entreposage à une fraîcheur constante. Considérez un placard froid, un sous-sol ou une chambre sur le côté nord de votre maison qui restera frais toute l’année. La congélation est aussi possible mais vos graines devront être aussi sèches que les chemises de l’archiduchesse.

Entreposage des pommes

Astuce 2: Maintenir des conditions sèches

Toutes les graines ont besoin d’eau pour germer incluant une température favorable à leur croissance. Assurez-vous qu’elles ne germeront pas en évitant de les entreposer dans un endroit humide. Prenez également soin de vérifier qu’elles sont sèches avant de les sceller dans un récipient.

De fait, l’humidité devient un facteur particulièrement important si vous les congelez ou réfrigérez. Des semences trop humides pourriront dans le réfrigérateur ou elles subiront des dommages irréversibles dû au gel au congélateur. Bien qu’une méthode à l’air libre soit habituellement suffisante, l’utilisation de gel de silice s’avère une solution intéressante si vous manquez de temps ou croyez le séchage insuffisant. Vos semences seront sèches lorsqu’elles:

  • Casseront d’un coup sec (ex: citrouille, concombre, melon, courgette)
  • S’imprimeront légèrement de l’ongle de votre pouce en pressant fortement (ex: haricot, gourgane, pois)
  • Deviendront souples au centre mais légèrement rigides sur les bords (ex: tomate, poivron, cerise de terre)
  • Seront dures, de formes rondes ou sphériques allant de brunes à noires (ex: navet, radis, betterave)

Écossage et mise en conserve des haricots (1957)

Astuce 3: Protéger vos semences

Dans le merveilleux monde de la conservation des semences, on se voit un jour ou l’autre confronté aux indésirables (rongeurs, insectes, moisissures, etc). Choisissez donc un lieu d’entreposage suffisamment proche pour y jeter un œil de manière régulière. Les bocaux en verre ou des contenants métalliques peuvent en outre protéger les semences contre ces envahisseurs.

Qui plus est, il est important de considérer l’aspect ventilation.

De fait, si votre lieu de remisage se veut frais et sec à l’année, vous pourrez sans problème conserver vos graines dans des sacs en papier ou des enveloppes. Ces deux types de contenants s’avèrent très utiles pour laissez respirer votre lot de semences à cause des gaz générés par l’humidité et la chaleur des graines entreposées durant le processus de remisage. C’est une tactique gagnante lorsqu’on est pas certain de la teneur en humidité des graines.

Toutefois, certaines variétés ne répondent pas aussi bien aux conditions évoquées précédemment simplement parce que leur taux de germination diminue rapidement. Pour vous aider, on vous a justement inséré une liste non exhaustive de fruits et légume populaires et la durée (en année) de la longévité de leur semence. Le % indique qu’après l’année indiquée, le taux de germination diminue de 50%

  • MELON: 6
  • CONCOMBRE: 10
  • COURGE: 6
  • HARICOT: 4 (50%)
  • POIS: 3 (50%)
  • GOURGANE: 6
  • POIREAU: 3 (50%)
  • OIGNON: 2 (50%)
  • ASPERGE: 5
  • MAÏS SUCRÉ 3 (50%)
  • AUTRES MAÏS: 5 À 10
  • POIVRON: 3 (50%)
  • TOMATE: 4 À 10
  • CERISE DE TERRE: 3 À 10
  • AUBERGINE: 7
  • CAROTTE: 3
  • TOURNESOL: 7
  • RADIS: 5
  • CÉLERI: 8 (50%)
  • LAITUE: 3
  • RUTABAGA: 5
  • CHOU: 4 À 5
  • BETTERAVE: 6 (50%)

La congélation se veut une alternative très intéressante pour assurer une germination à beaucoup plus long terme. Avec ces mesures mises en place, vous serez quasi garant d’un succès et conserverez vos trésors encore longtemps et ce, pour la postérité et les enfants de demain.

Sauvez les citrouilles!

(Image:macitrouillebienaimee.com)

(Image:macitrouillebienaimee.com)

Même si on a tendance à croire que la citrouille est la reine de l’Halloween, la réalité montre davantage qu’elle en est la principale victime.

En effet, selon l’Organisation des nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation, nous jettons environs 69% de ces légumes-fruitiers aux ordures. Cela, en grande partie, pour orner uniquement nos devantures de maison en octobre. Pour vous convaincre, visionner la capsule d’une minute réalisée par l’émission télévisuelle la Semaine verte, intitulée « combien de citrouille on gaspille chaque année« , diffusée sur la chaine de Radio-Canada. À la place, pourquoi ne pas la maquiller au lieu de la charcuter. Vous pourrez ainsi la récupérer et, par la suite, cuisinier de beaux petits plats lors des journées grises automnales et même hivernales.

De fait, elle se conserve plusieurs mois lorsqu’entreposée de la bonne manière soit: dans un endroit très frais et sombre. Pour les petites cicatrices, imbiber un linge avec quelques gouttes d’eau de javel et nettoyer la plaie. Cela désinfectera et empêchera les micro-organismes de pénétrer plus avant à l’intérieur de la chair et de la faire pourrir. Faites aussi attention d’utiliser des produits colorant qui ne passeront pas au travers de la chair pouvant contaminer celle-ci et la rendant impropre à la consommation. Pour vous inspirer dans vos futures créations, on vous en présente de merveilleuses glanées ça et là sur le net. En faisant quelques changements tout simples, on peut continuer à perpétuer une belle tradition et contribuer à changer une situation malheureuse en véritable fête.

Joyeuse Halloween!

POUR EN SAVOIR PLUS: Pour les intéressés, consulter cet ancien article pour connaître l’historique de cette ancienne tradition.

(Image: mamanpourlavie.com)

(Image: mamanpourlavie.com)

(Image:rienquedugratuit.ca)

(Image:rienquedugratuit.ca)

(Image: muramur.ca)

(Image: muramur.ca)

(Image:celibatairesduweb.com)

(Image:celibatairesduweb.com)

(Image:deavita.fr)

(Image:deavita.fr)

La fête des récoltes du Fort Chambly

Pour la dernière journée de leur calendrier 2016, le Fort Chambly m’a gentiment invité à participer à leur fête des récoltes. Dans la cour intérieure du bâtiment, il me fera plaisir de vous entretenir, beau temps mauvais temps, des variétés ancestrales du Québec mais aussi, si le coeur vous en dit, vous raconter des anecdotes sur ce magnifique patrimoine et échanger avec vous. Une foule d’activités vous seront présentées durant cette journée (entre 11:00 et 16:00). J’en profiterai, entre autre, pour amener des spécimens de notre propre jardin potager… et pas les plus petits.

Par la même occasion, si vous croyez être en possession d’anciennes variétés cultivées, par exemple, par vos parents ou grand-parents, n’hésitez pas à les amener (semences, photos, témoignages, légumes, fruits, etc.)… ça m’intéresse beaucoup. Qui sait, ce sera peut-être vous qui allez me raconter des histoires passionnantes.

C’est donc un rendez-vous ce dimanche 02 octobre 2016.