L’abbé Maurice Proulx (1902-1988)

L’abbé Maurice Proulx

Peu connu de notre histoire québécoise, l’abbé Maurice Proulx, fils d’agriculteur, se veut un pionnier de notre 7e art. Prêtre catholique, il touchera également durant sa vocation ecclésiastique à l’agronomie, le service social et, durant les années 1930, au cinéma de manière autodidacte. Touche-à-tout, il deviendra élève et proche collaborateur du premier ministre libéral Joseph-Adélard Godbout où, il sera, pendant 20 ans, le cinéaste officiel du gouvernement unioniste de Maurice Duplessis. « Créateur d’images » de son temps, il mettra en valeur les réalisations du chef. Avec  son regard de cinéaste, il jettera aussi un des rares points de vue engagé, mais franc, sur la société agricole et rurale québécoise de l’après-guerre.

L’abbé Proulx filme un homme se préparant à semer, entre 1940 et 1950. (source: Société historique de la Côte-du-Sud)

Patrimoine national depuis 1977, on dira de lui que:

…son oeuvre cinématographique unique demeure l’une des seules fenêtres visuelles et sonores aujourd’hui disponibles sur le Québec d’autrefois. …. la caméra de l’abbé Proulx permet de mieux comprendre cette société un peu trop «noircie» par la mémoire.

Pour les personnes intéressées à connaître encore davantage la contribution et l’histoire de l’homme, consultez un extrait du livre biographique intitulé « dans la caméra de l’abbé Proulx ». Pour vous donner une idée d’un de ses documentaires, je vous suggère la vidéo ici-bas. D’autres références visuelles vous attendent sur la chaîne YouTube des archives nationales du Québec.

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La pomme de terre « crotte d’ours de Louis-Marie »

Pomme de terre Crotte d’ours (source: Agriculture et agro-alimentaire Canada)

Notre passé regorge d’histoires de fruits et de légumes de notre patrimoine. Il suffit juste de creuser un peu… sans vouloir faire un jeu de mots « pouiche ». Parfois, je dois contacter des gens pour avancer mes investigations. Dans d’autres cas, je cherche dans de vieux livres ou fonds d’archives. Dans ce cas-ci, la recherche avait déjà été faite via d’anciens articles québécois de journaux et de revues. Comme aurait dit feu mon beau-frère: « la misère est optionnelle ». Je trouve seulement dommage qu’on oublie si vite ces petits récits. En tous cas, mes jeunes enfants n’en revenaient tout simplement pas du nom de ce légume à tel point qu’ils croyaient à une plaisanterie. Une conversation animée assurée si vous la présentez à vos convives lors d’un repas. Vous pourrez donc leur raconter cette histoire.

Antoine d’Avignon (image: Québec sciences, mai 2000)

En 1999, Antoine d’Avignon, technicien en agriculture à la retraite, reçoit 3 tubercules de patates à la peau bleue bien particuliers de Louis-Marie Ouellet (1919-2001) de Saint-Onésime de Kamouraska. Monsieur d’Avignon, premier représentant de l’organisme pancanadien « semencier du patrimoine Canada » (section Québec), cultive déjà dans son potager de 150 mètres carré à Pintendre une centaine de fleurs et légumes quasiment disparus dont pas moins de 26 variétés de pommes de terre rares. Celle-ci qu’il appellera « crotte d’ours de Louis-Marie » en l’honneur de Monsieur Ouellet apprend qu’il l’a dorloté toute sa vie comme son père et son grand-père avant lui. Selon le magazine Bio-Bulle no.42 de 2003, il en aurait aussi transmis à sa fille pour continuer la tradition.

Louis-Marie Ouellet

Toutefois, en 2000, Monsieur d’Avignon en remettra à un ami, Garrett Pittenger, aussi membre du semencier du patrimoine qui, une fois les tubercules multipliés, en enverra quelques-uns en 2001 au Centre de recherches sur la pomme de terre (Agriculture et Agroalimentaire Canada) pour sa conservation. L’organisme gouvernemental continue encore aujourd’hui de l’étudier et la cultiver pour conserver la souche intacte. Après des recherches, on soupçonne qu’elle origine d’Écosse sous les noms de Purple Cowhorn ou Seneca Cowhorn, des spécimens ayant transité avant 1853 par le Vermont (état de New-York) avant d’arriver jusqu’au Québec. Mais selon certaines sources, cette souche pourrait même avoir été cultivé avant 1800.

Fleurs de pomme de terre Crotte d’ours (source: Agriculture et agro-alimentaire Canada)

Quoi qu’il en soit, on la décrit comme possédant une chair blanche et une peau lisse violette relativement pâle. Excellente en friture. C’est surtout sa forme quelque peu courbée qui retient l’attention; plus petit à la base et s’accroissant vers l’autre extrémité. Variété de fin de saison, bonne conservation et résistance à la gale commune. Malheureusement peu productive. Pour obtenir des clones gratuitement, exempts de maladies à des fins de recherche seulement, contacter directement le centre de recherche sur la pomme de terre afin de télécharger un formulaire. Sinon, quelques semenciers artisanaux peuvent vous accommoder comme les jardins de Nathalie.

Saviez-vous que? Plusieurs anciens artistes reconnus se sont inspirés de la pomme de terre pour créer leurs œuvres. Par exemple, Vincent Van Gogh (1853-1890) réalisa des huiles de type « nature morte » ou pour illustrer des situations de la vie courante notamment celle intitulée « les mangeurs de pommes de terre« . Selon l’artiste: (traduction de l’anglais) « J’ai voulu, tout en travaillant, faire en sorte qu’on ait une idée que ces petites gens, qui, à la clarté de leur lampe, mangent leur pommes de terre en puisant à même le plat avec les mains, ont eux-mêmes bêché la terre où les patates ont poussé ; ce tableau, donc, évoque le travail manuel et suggère que ces paysans ont honnêtement mérité de manger ce qu’ils mangent. » (référence: Lettre 404 N à Théo, Nuenen, 30 avril 1885).

Les mangeurs de pommes de terre (image: Vincent Van Gogh avril 1885)

Curiosité au potager: l’ail éléphant

Bulbe d'ail éléphant

Bulbe d’ail éléphant

L’ail éléphant n’est pas une rareté en soit mais se veut très ancien; une exception dans une industrie agricole portée à vendre des plantes dites modernes. On en retrouve dans les supermarchés. Les centres jardins en offrent de plus en plus en automne. Il se trouve facilement sur Internet pour la vente par correspondance.

John Tradescant le jeune (Portrait: William Dobson)

Dans les faits, les premières notifications montrent que l’ail éléphant (allium ampeloprasum), aussi appelé « ail d’Orient » ou « ail à cheval » (en France), aurait été étudié en Angleterre vers 1650 par le botaniste anglais, John Tradescant le Jeune (1608-1662). À partir de là, il existe de nombreuses histoires contradictoires quant à son origine exacte supposément d’Asie centrale. Arrivé aux États-Unis avec les premiers immigrants de la Tchécoslovaquie ou de la Yougoslavie du Nord, on le classifiait sous le nom scientifique latin de « Allium Scordoprasum« ou sous le vocable commun anglais « giant garlic » (ail géant en français).

Toutefois, l’appellation récente « ail éléphant », tirerait sa provenance d’Albany en Oregon et plus spécifiquement de l’entreprise familiale « Nichols Garden Nursery« .

Nick and Edith Nichols (année inconnue. image: Nichols garden nursery)

En effet, à la fin des années 1940, N.P. (« Nick ») Nichols (1913-1975) démarre une pépinière de vente au détail située au cœur de la Vallée Willamette. Avec un diplôme en horticulture et un grand amour pour les plantes, il commence par offrir des légumes et des herbes aux résidents locaux. Un jour, un agriculteur tchèque se présente pour lui vendre un seau rempli de gousses d’ail énormes affirmant avoir ramené cette souche avec lui de son pays natal lorsqu’il immigra aux États-Unis. Monsieur Nichols, de descendance grecque, utilisant déjà beaucoup l’ail dans la cuisine de sa famille, tombe en amour avec le goût plus doux et aux caïeux beaucoup plus gros comparativement aux gousses d’ail conventionnelles.

Image: heirloomgardener.com

À la fin de sa deuxième saison de croissance, il en avait assez pour commencer ses ventes sous le nom de « Elephant garlic ». En 1950, il commence à diffuser des publicités dans le magazine Organic Gardening, proposant de vendre son ail géant par la poste en y incluant un petit pamphlet rédigé de sa main intitulé: The Story of Elephant Garlic (l’histoire de l’ail éléphant).

À mi-chemin entre le poireau et l’ail, vous récolterez des bulbes pouvant peser jusqu’à 400 grammes et contenant de 4 à 6 caïeux. Comme l’ail ordinaire à tige dure, vous devrez couper la tige si vous voulez augmenter la dimension des bulbes. N’hésitez pas à consommer cette tige comme de la fleur d’ail. 5 semaines après cette opération, déterrez-les par beau temps lorsque le feuillage aura séché. Laissez-les sur le sol, à l’ombre, durant deux jours sans pluie pour qu’ils sèchent et aider à leur conservation. Stockez-les ensuite, comme vous le feriez pour de l’ail ordinaire, dans un endroit sec et sombre. De gros sacs de papier d’épicerie peuvent très bien faire l’affaire. Vous pourrez ensuite les replanter selon la technique montrée dans la vidéo ici-bas, gracieuseté de Manon Collard, une des personnes l’ayant, à mon avis, popularisé au Québec dans les années 1990 et 2000.

Ail éléphant

Par ailleurs, la plante s’emploi aussi sous forme ornementale. D’une hauteur de 150 cm, les fleurs forment une immense boule de fleurs stériles roses de 10 cm de diamètre si vous les laissez pousser à maturité. Très joli! Il se peut, à l’occasion, qu’il y ait formation de semences. Dans certaines conditions mal définies ou lorsque la plante ne fleurit pas, il se formera un énorme bulbe très rond. Replanté, il engendrera l’année suivante une véritable gousse. Vous pouvez commander la souche originale directement via l’entreprise americaine Nichols Garden Nursery ou un peu partout sur le net au Québec.

Saviez-vous que? L’ail éléphant développe très souvent des bulbilles autour du bulbe principal. De forme ronde brune et à l’écorce très dure, vous pouvez les replanter en automne pour qu’il donne, la première année de récolte, un bulbe très rond (voir image ci-contre). Pour aider à la germination, faites éclater un peu l’écorce du bulbille à son sommet. N’oubliez pas aussi de couper la tige florale pour amener l’énergie à la base. Replanté l’automne suivant, le bulbe rond vous donnera de beaux caïeux normaux à la deuxième année.

Où sont passées nos variétés autochtones?

Si comme plusieurs vous avez fait la tournée annuelle des catalogues de semences, avez-vous trouvé des variétés cultivées par les amérindiens (algonquins ou iroquois)? Il y a quelques spécimens ancestraux non autochtones mais comparé à la marée des produits, ils se perdent parmi les hybrides tellement il y en a peu. Et de surcroît, les mêmes spécimens reviennent constamment. On parle ici de quelques citrouilles, parfois de maïs mais mis-à-part cela, le néant. À croire qu’ils n’ont jamais existé. Quelles raisons expliquent cette rareté? Évidemment, les pistes de réponse qu’on propose demeurent des observations ressorties au fil de nos recherches et expériences depuis 15 ans.

Source: Catalogue Dupuy-&-Ferguson (1914)

Premièrement, il y a toujours la fameuse question de rentabilité. Les entreprises cherchent le rendement et le profit. Inutile d’alourdir un catalogue avec des cultivars non rentables. Par le passé, des commerces de semences ont été acheté et les nouveaux acquéreurs ont passé à la trappe les variétés les moins vendues notamment les souches anciennes dont celles des premières nations. Concurrence oblige, d’autres semenciers ont fait faillite laissant aussi en plan un éventail de choix, souvent non repris par un tiers compétiteur. Et, redevance oblige, l’avènement des hybrides, avec ses droits de propriété inondent le marché aujourd’hui. Ce n’est pas payant d’offrir des variétés qu’on peut reproduire chez-soi et qui, de toute façon, ne répondent pas très bien aux intrants chimiques modernes.

Deuxièmement, il y a les modes culinaires. Par exemple, un plant de courge « maxima« , en fonction de la variété peut produire des légumes pesant jusqu’à 50 livres. Ça fait beaucoup, beaucoup, beaucoup de purée à manger. Qui veut s’astreindre à tout couper, cuire, conserver voire entreposer. Aujourd’hui, le prêt-à-manger, malgré la flopée d’émissions culinaires, prend de l’ampleur à chaque année. Et l’écorce de certains fruits, quel enfer! Une scie mécanique aurait de meilleures chances. Si on ajoute, le manque de temps ou d’espace, le désintérêt ou l’absence de compétences pour la cuisine et voilà autant de raisons pour les reléguer aux oubliettes.

Source: Catalogue Dupuy-&-Ferguson (1914)

Troisièmement, les nations amérindiennes entretiennent une relation particulière avec les plantes cultivées. Considérées comme sacrées, la notion mercantile entourant la vente de semences n’est pas encouragée. Elle est même mal perçue.  Plusieurs communautés conservent jalousement leurs graines et elles se les transmettent entre membres par confiance et respect. J’ai souvent envoyé des lettres à différents groupes autochtones leur expliquant les motifs de notre approche mais sans résultat. Mais, le vent tourne.

En effet, conscients aussi de leur disparition éventuelle si elles ne sont pas cultivées, de timides initiatives s’organisent. Regardez un exemple de sauvegarde chez nos voisins du sud avec la vidéo ici-bas (en version anglaise seulement). Tout comme les jardiniers non autochtones, les cultivateurs amérindiens vieillissent. Peu de jeunes considèrent de prendre la relève et perpétuer ces traditions. Au Québec, il y a des projets comme celui de Teprine Baldo (via son site « le noyau« ) qui s’associe à des semenciers autochtones pour les multiplier et offrir ses semences traditionnelles d’ici. Le choix est très petit mais paraît prometteur.

Quatrièmement, l’absence de conscientisation dans la population n’aide évidemment pas à freiner cette tendance. Ce n’est pas par manque de volonté mais on comprend qu’un tel sujet attire peu la sympathie des médias en comparaison à des attentats terroristes à Londres, la congestion routière de Montréal, les frasques de Donald Trump, etc. Comme dirait ma mère: « c’est pas mal loin de mes préoccupations ». Justement, ça ne nous touche pas! On est tellement sollicité par toutes sortes de causes. On manque de temps ou on n’est simplement pas au courant qu’il existe des centaines de variétés en voie d’extinction.

Toutefois, avec l’arrivée d’Internet et des médias sociaux, le vent commence à tourner. Par exemple, Louise Gagnon, rédactrice du blogue québécois « ma citrouille bien-aimée » milite pour la réhabilitation des courges en se portant à leur défense. Elle y dresse toutes sortes de manières de les apprêter et ce, dans toutes les circonstances. Elle a compris qu’un sauvetage durable surviendra lorsqu’on recommencera à les réintégrer dans leur alimentation. Et c’est là la première étape! De mon côté, je continuerai à vous en faire découvrir.

Le petit potager patrimonial de la Maison nationale des Patriotes

Mini jardin collectif ancestral de la Maison nationale des Patriotes)

Je reçois régulièrement des demandes d’aide pour toutes sortes de projets. Comme mon père, j’ai de la difficulté à dire « non » car ils sont très souvent intéressants. Je ne peux évidemment tous les accepter et j’en suis souvent peiné.

En fait, je sais que je ne peux changer le monde. Ça exige trop d’énergie. Sans vouloir offusquer les demandeurs, ceux-ci sollicitent souvent une contribution (en tout ou en partie) de temps (formation, stage, conférence), des semences, de déplacement, de recherches, de dons monétaires, etc., sans se préoccuper de me présenter quel serait mon intérêt. Et ici, je ne parle pas d’argent mais plutôt de ma valorisation intrinsèque…. mon « gaz-qui-me-fait-avancer ». Je veux plutôt changer mon monde car je l’aime et il est à ma portée. On a chacun l’occasion de le faire à notre niveau. Pour cette raison, j’ai sauté sur une proposition de participer à une initiative très locale.

En effet, une administratrice du conseil d’administration de la Maison Nationale des Patriotes, Douce Labelle, aussi responsable du regroupement, le Mouvement Vert, m’a approché pour m’inviter à me joindre à leur nouveau projet.

En effet, désireux de donner une autre dimension à leurs installations de Saint-Denis-sur-Richelieu, la direction a cru pertinent ajouter une petite section « potager » aux alentours de ce lieu historique. Rien de très extraordinaire mais les petits pas mènent loin. Vous comprendrez ici mon attachement à la sensibilisation aux variétés ancestrales du Québec. Avec peu de moyens, ils ont réussi à mobiliser plusieurs personnes pour tenter cette modeste première expérience. Inutile de partir en fou et cela, pour respecter les cadres réglementaires et voir les réactions des visiteurs. Alors ce samedi 04 juin, je m’amène avec mes plants, graines, branchages, cordes, couteaux, pelle, bref, tout le bataclan pour garnir les bacs construits et remplis plus tôt le mois dernier. Après un cours rapide auprès de l’animatrice sur place, celle-ci vous attend maintenant pour vous montrer et peut-être, vous faire goûter ces spécimens de notre propre potager.

Construction du nouveau potager de la Maison Nationale des Patriotes

Ici-haut, Mylène Bonnier responsable de l’action éducative et culturelle de la Maison Nationale des Patriotes. En bas à gauche, Martin Chabot (sur le camion). Photo en bas au centre, don de terre gratuite de Michel Leblanc (Transport Michel Leblanc enr.). Et finalement, photo en bas à droite, Michel Leblanc (dans sa pelle mécanique) et Martin Chabot, conjoint de Douce Labelle. Désolé si j’oublie des personnes.

Le haricot de terre

Haricot de terre (image: tc permaculture.com)

Haricot de terre (image: tc permaculture.com)

Haricot de terre (image: unbherbarium.ca)

Le haricot de terre (Amphicarpaea bracteata), indigène au Québec, est rustique jusqu’en zone 3. Annuel, il se ressème et peut presque se considérer comme une vivace. Surnommé en anglais « american hog peanut », il s’utilise à la fois comme couvre-sol et nourriture comestible pour les humains et, à l’époque, pour les porcs. Originaire du centre et de l’est de l’Amérique du Nord, on en fait peu mention dans les livres d’histoire malgré qu’il fût aussi consommé, semble t-il, de façon marginale par les amérindiens. Par exemple, les Pawnees, une tribu amérindienne du Kansas et du Nebraska, avaient l’habitude de laisser les rats déterrer les tubercules à leur place.

Haricot de terre

Haricot de terre

Toutefois, au fur et à mesure de sa redécouverte, on réalise sa versatilité.

En effet, son utilisation en permaculture fait en sorte qu’il devient très intéressant dans l’avenir.

De fait, c’est l’une des rares plantes fixatrices d’azote tolérant les endroits ombragés.

De plus, bon couvre-sol, il tolère toutes sortes de sols  (vaseux, humides, drainés, alcalins et semi-drainés). D’une longueur entre 90 et 120 cm à maturité, sa floraison (entre août et septembre) attire toutes sortes  d’insectes polinisateurs, oiseaux et papillons du jardin.

Fleurs de haricot de terre (image: nhgardensolutions.wordpress.com)

Par ailleurs, son nom latin « Amphicarpaea » dérivé du grec, décrit sa capacité à produire « deux types de graines » différents. Pour bien comprendre, il produit deux fleurs distinctes. La première, de couleur lilas pâle, peut se croiser et contenir une à quatre semences (non comestible). La deuxième, fermée et auto fécondée, s’enfoncera dans la terre (comme l’arachide) et engendrera un gros pois (comestible). Si cueillie jeune, le légume sera tendre et pourra se manger cru. Je ne suis pas encore rendu à ce stade. Si récolté en fin de saison, ils devront être cuits comme n’importe quel autre haricot. Pourra se sécher pour consommation ultérieure en hiver. Pour la plantation au printemps suivant, simplement réhydrater 24 heures à l’avance avant de planter.

Pour vous en procurer, vous pourriez faire de l’auto-cueillette dans la forêt mais elle se confond souvent avec d’autres plantes toxiques. Donc, pas toujours évident de s’y retrouver. Mais, selon nos recherches intensives, la seule entreprise canadienne à pouvoir vous en vendre se situe en Ontario sous le nom de « Norton Naturals » (site en anglais seulement). Et leurs stocks, sont très limités.

Saviez-vous que? On est un peu en retard sur la nouvelle mais 2016 à été décrété année internationale des légumineuses par l’Assemblée Nationale des Nations-Unies. La chaîne de télévision Explora dresse justement un dossier spécial sur ce légume si important dans la vie de millions de personnes sur la planète.

Heureux printemps…quand reviendras-tu?

Aujourd’hui, il fait encore froid, humide, gris. La pluie tombe comme une bruine constante sur le visage. Le mois d’avril 2017 a quasi établi un record québécois de précipitations et le début de mai s’est amorcé sous la même tendance. Je devrais planter, semer, transplanter, arracher les mauvaise herbes pour rattraper le temps perdu mais c’est la journée nationale des Patriotes. Après 7 jours de travail consécutifs, j’ai décidé de prendre un congé à l’intérieur. En attendant le retour du beau temps et dans un instant de nostalgie, je me suis laissez bercé par cette chanson de Judy Garland extraite du film musical de 1950  » Summer Stock » ou, en version francaise, « la jolie fermière ».

En fait, lorsqu’on lit la biographie du personnage et les anecdotes de tournage, le titre français du film n’est qu’apparence car l’actrice avait un sacré caractère. Mais, la chanson redonne du pep et un sourire au cœur!

La fête du printemps au Fort Chambly

Pour la première journée de leur calendrier 2017, les responsables du Fort Chambly m’ont gentiment invité à participer à leur fête du printemps samedi le 20 mai. Dans la cour extérieure du bâtiment, il me fera plaisir de vous entretenir des variétés ancestrales du Québec mais aussi, si le coeur vous en dit, vous raconter des anecdotes sur ce magnifique patrimoine et échanger avec vous. Avec des membres du personnel, j’en profiterai pour planter quelques cultivars anciens dans leur potager démonstration et vous donner des semences, gracieuseté du Fort Chambly. Une foule d’activités vous seront aussi présentées durant cette journée (entre 13:00 et 16:00).

Par la même occasion, si vous croyez être en possession d’anciennes variétés cultivées, par exemple, par vos parents ou grand-parents, n’hésitez pas à les amener (semences, photos, témoignages, légumes, fruits, etc.)… ça m’intéresse beaucoup. Qui sait, ce sera peut-être vous qui allez me raconter des histoires passionnantes.

Carte postale de mai 2017

Sur la photo de haut à droite (de gauche à droite: Roberte, Hélène et Céline Perry) Photos: Harry Rowed

Alors que le nouveau président américain, Donald Trump, déconstruit tranquillement les réalisations de l’ancienne administration démocrate, il pourrait épargner un symbole réintroduit par l’ex-première dame, Michelle Obama: le potager de la Maison-Blanche. Produisant environ 1000kg de nourriture, il se voulait un outil pour conscientiser les gens à une saine alimentation. C’est dans cette même optique de conscientisation qu’il a été créé au départ par Eleanor Roosevelt en 1943 dans sa vision du  «jardin de la victoire» (en anglais « Victory gardens ») comme le montre cette photographie ici-bas.

Eleanor Roosevelt et son potager de la victoire (Image: carlanthonyonline.com)

Aussi appelé « potager pour la défense » ou « jardin de guerre », on les retrouvaient autour des résidences privées ou dans des parcs publics pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale. Au Québec, on retrouve peu d’infos sur ces potagers peut-être mis-part cette image (en haut à gauche) prise le 24 août 1942 à Québec où les sœurs Perry aident à l’entretien du potager sur la propriété de l’usine de la Dominion Arsenals Ltd.. Destinés surtout à atténuer la pression de la guerre sur l’approvisionnement alimentaire public, on leur attribuait aussi la vertu de stimuler le patriotisme chez les civils; ceux-ci se sentant utile de contribuer à l’effort de guerre par les produits récoltés. Pour en savoir plus sur l’histoire du premier potager de la victoire, consulter le livre « American Grown: The Story of the White House Kitchen Garden and Gardens Across America » (version anglaise seulement) en vente ou en location dans certaines bibliothèques.