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Potagers d'antan

~ – Découvrez les fruits et légumes rares du Québec –

Potagers d'antan

Archives d’auteur : Michel

Curiosité au potager: l’ail éléphant

19 lundi Juin 2017

Posted by Michel in Curiosités au potager

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Bulbe d'ail éléphant

Bulbe d’ail éléphant

L’ail éléphant n’est pas une rareté en soit mais se veut très ancien; une exception dans une industrie agricole portée à vendre des plantes dites modernes. On en retrouve dans les supermarchés. Les centres jardins en offrent de plus en plus en automne. Il se trouve facilement sur Internet pour la vente par correspondance.

John Tradescant le jeune (Portrait: William Dobson)

Dans les faits, les premières notifications montrent que l’ail éléphant (allium ampeloprasum), aussi appelé « ail d’Orient » ou « ail à cheval » (en France), aurait été étudié en Angleterre vers 1650 par le botaniste anglais, John Tradescant le Jeune (1608-1662). À partir de là, il existe de nombreuses histoires contradictoires quant à son origine exacte supposément d’Asie centrale. Arrivé aux États-Unis avec les premiers immigrants de la Tchécoslovaquie ou de la Yougoslavie du Nord, on le classifiait sous le nom scientifique latin de « Allium Scordoprasum« ou sous le vocable commun anglais « giant garlic » (ail géant en français).

Toutefois, l’appellation récente « ail éléphant », tirerait sa provenance d’Albany en Oregon et plus spécifiquement de l’entreprise familiale « Nichols Garden Nursery« .

Nick and Edith Nichols (année inconnue. image: Nichols garden nursery)

En effet, à la fin des années 1940, N.P. (« Nick ») Nichols (1913-1975) démarre une pépinière de vente au détail située au cœur de la Vallée Willamette. Avec un diplôme en horticulture et un grand amour pour les plantes, il commence par offrir des légumes et des herbes aux résidents locaux. Un jour, un agriculteur tchèque se présente pour lui vendre un seau rempli de gousses d’ail énormes affirmant avoir ramené cette souche avec lui de son pays natal lorsqu’il immigra aux États-Unis. Monsieur Nichols, de descendance grecque, utilisant déjà beaucoup l’ail dans la cuisine de sa famille, tombe en amour avec le goût plus doux et aux caïeux beaucoup plus gros comparativement aux gousses d’ail conventionnelles.

Image: heirloomgardener.com

À la fin de sa deuxième saison de croissance, il en avait assez pour commencer ses ventes sous le nom de « Elephant garlic ». En 1950, il commence à diffuser des publicités dans le magazine Organic Gardening, proposant de vendre son ail géant par la poste en y incluant un petit pamphlet rédigé de sa main intitulé: The Story of Elephant Garlic (l’histoire de l’ail éléphant).

À mi-chemin entre le poireau et l’ail, vous récolterez des bulbes pouvant peser jusqu’à 400 grammes et contenant de 4 à 6 caïeux. Comme l’ail ordinaire à tige dure, vous devrez couper la tige si vous voulez augmenter la dimension des bulbes. N’hésitez pas à consommer cette tige comme de la fleur d’ail. 5 semaines après cette opération, déterrez-les par beau temps lorsque le feuillage aura séché. Laissez-les sur le sol, à l’ombre, durant deux jours sans pluie pour qu’ils sèchent et aider à leur conservation. Stockez-les ensuite, comme vous le feriez pour de l’ail ordinaire, dans un endroit sec et sombre. De gros sacs de papier d’épicerie peuvent très bien faire l’affaire. Vous pourrez ensuite les replanter selon la technique montrée dans la vidéo ici-bas, gracieuseté de Manon Collard, une des personnes l’ayant, à mon avis, popularisé au Québec dans les années 1990 et 2000.

Ail éléphant

Par ailleurs, la plante s’emploi aussi sous forme ornementale. D’une hauteur de 150 cm, les fleurs forment une immense boule de fleurs stériles roses de 10 cm de diamètre si vous les laissez pousser à maturité. Très joli! Il se peut, à l’occasion, qu’il y ait formation de semences. Dans certaines conditions mal définies ou lorsque la plante ne fleurit pas, il se formera un énorme bulbe très rond. Replanté, il engendrera l’année suivante une véritable gousse. Vous pouvez commander la souche originale directement via l’entreprise americaine Nichols Garden Nursery ou un peu partout sur le net au Québec.

Saviez-vous que? L’ail éléphant développe très souvent des bulbilles autour du bulbe principal. De forme ronde brune et à l’écorce très dure, vous pouvez les replanter en automne pour qu’il donne, la première année de récolte, un bulbe très rond (voir image ci-contre). Pour aider à la germination, faites éclater un peu l’écorce du bulbille à son sommet. N’oubliez pas aussi de couper la tige florale pour amener l’énergie à la base. Replanté l’automne suivant, le bulbe rond vous donnera de beaux caïeux normaux à la deuxième année.

Où sont passées nos variétés autochtones?

12 lundi Juin 2017

Posted by Michel in Non classé

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Si comme plusieurs vous avez fait la tournée annuelle des catalogues de semences, avez-vous trouvé des variétés cultivées par les amérindiens (algonquins ou iroquois)? Il y a quelques spécimens ancestraux non autochtones mais comparé à la marée des produits, ils se perdent parmi les hybrides tellement il y en a peu. Et de surcroît, les mêmes spécimens reviennent constamment. On parle ici de quelques citrouilles, parfois de maïs mais mis-à-part cela, le néant. À croire qu’ils n’ont jamais existé. Quelles raisons expliquent cette rareté? Évidemment, les pistes de réponse qu’on propose demeurent des observations ressorties au fil de nos recherches et expériences depuis 15 ans.

Source: Catalogue Dupuy-&-Ferguson (1914)

Premièrement, il y a toujours la fameuse question de rentabilité. Les entreprises cherchent le rendement et le profit. Inutile d’alourdir un catalogue avec des cultivars non rentables. Par le passé, des commerces de semences ont été acheté et les nouveaux acquéreurs ont passé à la trappe les variétés les moins vendues notamment les souches anciennes dont celles des premières nations. Concurrence oblige, d’autres semenciers ont fait faillite laissant aussi en plan un éventail de choix, souvent non repris par un tiers compétiteur. Et, redevance oblige, l’avènement des hybrides, avec ses droits de propriété inondent le marché aujourd’hui. Ce n’est pas payant d’offrir des variétés qu’on peut reproduire chez-soi et qui, de toute façon, ne répondent pas très bien aux intrants chimiques modernes.

Deuxièmement, il y a les modes culinaires. Par exemple, un plant de courge « maxima« , en fonction de la variété peut produire des légumes pesant jusqu’à 50 livres. Ça fait beaucoup, beaucoup, beaucoup de purée à manger. Qui veut s’astreindre à tout couper, cuire, conserver voire entreposer. Aujourd’hui, le prêt-à-manger, malgré la flopée d’émissions culinaires, prend de l’ampleur à chaque année. Et l’écorce de certains fruits, quel enfer! Une scie mécanique aurait de meilleures chances. Si on ajoute, le manque de temps ou d’espace, le désintérêt ou l’absence de compétences pour la cuisine et voilà autant de raisons pour les reléguer aux oubliettes.

Source: Catalogue Dupuy-&-Ferguson (1914)

Troisièmement, les nations amérindiennes entretiennent une relation particulière avec les plantes cultivées. Considérées comme sacrées, la notion mercantile entourant la vente de semences n’est pas encouragée. Elle est même mal perçue.  Plusieurs communautés conservent jalousement leurs graines et elles se les transmettent entre membres par confiance et respect. J’ai souvent envoyé des lettres à différents groupes autochtones leur expliquant les motifs de notre approche mais sans résultat. Mais, le vent tourne.

En effet, conscients aussi de leur disparition éventuelle si elles ne sont pas cultivées, de timides initiatives s’organisent. Regardez un exemple de sauvegarde chez nos voisins du sud avec la vidéo ici-bas (en version anglaise seulement). Tout comme les jardiniers non autochtones, les cultivateurs amérindiens vieillissent. Peu de jeunes considèrent de prendre la relève et perpétuer ces traditions. Au Québec, il y a des projets comme celui de Teprine Baldo (via son site « le noyau« ) qui s’associe à des semenciers autochtones pour les multiplier et offrir ses semences traditionnelles d’ici. Le choix est très petit mais paraît prometteur.

Quatrièmement, l’absence de conscientisation dans la population n’aide évidemment pas à freiner cette tendance. Ce n’est pas par manque de volonté mais on comprend qu’un tel sujet attire peu la sympathie des médias en comparaison à des attentats terroristes à Londres, la congestion routière de Montréal, les frasques de Donald Trump, etc. Comme dirait ma mère: « c’est pas mal loin de mes préoccupations ». Justement, ça ne nous touche pas! On est tellement sollicité par toutes sortes de causes. On manque de temps ou on n’est simplement pas au courant qu’il existe des centaines de variétés en voie d’extinction.

Toutefois, avec l’arrivée d’Internet et des médias sociaux, le vent commence à tourner. Par exemple, Louise Gagnon, rédactrice du blogue québécois « ma citrouille bien-aimée » milite pour la réhabilitation des courges en se portant à leur défense. Elle y dresse toutes sortes de manières de les apprêter et ce, dans toutes les circonstances. Elle a compris qu’un sauvetage durable surviendra lorsqu’on recommencera à les réintégrer dans leur alimentation. Et c’est là la première étape! De mon côté, je continuerai à vous en faire découvrir.

Le petit potager patrimonial de la Maison nationale des Patriotes

04 dimanche Juin 2017

Posted by Michel in Visites de potager

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Mini jardin collectif ancestral de la Maison nationale des Patriotes)

Je reçois régulièrement des demandes d’aide pour toutes sortes de projets. Comme mon père, j’ai de la difficulté à dire « non » car ils sont très souvent intéressants. Je ne peux évidemment tous les accepter et j’en suis souvent peiné.

En fait, je sais que je ne peux changer le monde. Ça exige trop d’énergie. Sans vouloir offusquer les demandeurs, ceux-ci sollicitent souvent une contribution (en tout ou en partie) de temps (formation, stage, conférence), des semences, de déplacement, de recherches, de dons monétaires, etc., sans se préoccuper de me présenter quel serait mon intérêt. Et ici, je ne parle pas d’argent mais plutôt de ma valorisation intrinsèque…. mon « gaz-qui-me-fait-avancer ». Je veux plutôt changer mon monde car je l’aime et il est à ma portée. On a chacun l’occasion de le faire à notre niveau. Pour cette raison, j’ai sauté sur une proposition de participer à une initiative très locale.

En effet, une administratrice du conseil d’administration de la Maison Nationale des Patriotes, Douce Labelle, aussi responsable du regroupement, le Mouvement Vert, m’a approché pour m’inviter à me joindre à leur nouveau projet.

En effet, désireux de donner une autre dimension à leurs installations de Saint-Denis-sur-Richelieu, la direction a cru pertinent ajouter une petite section « potager » aux alentours de ce lieu historique. Rien de très extraordinaire mais les petits pas mènent loin. Vous comprendrez ici mon attachement à la sensibilisation aux variétés ancestrales du Québec. Avec peu de moyens, ils ont réussi à mobiliser plusieurs personnes pour tenter cette modeste première expérience. Inutile de partir en fou et cela, pour respecter les cadres réglementaires et voir les réactions des visiteurs. Alors ce samedi 04 juin, je m’amène avec mes plants, graines, branchages, cordes, couteaux, pelle, bref, tout le bataclan pour garnir les bacs construits et remplis plus tôt le mois dernier. Après un cours rapide auprès de l’animatrice sur place, celle-ci vous attend maintenant pour vous montrer et peut-être, vous faire goûter ces spécimens de notre propre potager.

Construction du nouveau potager de la Maison Nationale des Patriotes

Ici-haut, Mylène Bonnier responsable de l’action éducative et culturelle de la Maison Nationale des Patriotes. En bas à gauche, Martin Chabot (sur le camion). Photo en bas au centre, don de terre gratuite de Michel Leblanc (Transport Michel Leblanc enr.). Et finalement, photo en bas à droite, Michel Leblanc (dans sa pelle mécanique) et Martin Chabot, conjoint de Douce Labelle. Désolé si j’oublie des personnes.

Le haricot de terre

25 jeudi Mai 2017

Posted by Michel in Plantes comestibles indigènes au Québec

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Haricot de terre (image: tc permaculture.com)

Haricot de terre (image: tc permaculture.com)

Haricot de terre (image: unbherbarium.ca)

Le haricot de terre (Amphicarpaea bracteata), indigène au Québec, est rustique jusqu’en zone 3. Annuel, il se ressème et peut presque se considérer comme une vivace. Surnommé en anglais « american hog peanut », il s’utilise à la fois comme couvre-sol et nourriture comestible pour les humains et, à l’époque, pour les porcs. Originaire du centre et de l’est de l’Amérique du Nord, on en fait peu mention dans les livres d’histoire malgré qu’il fût aussi consommé, semble t-il, de façon marginale par les amérindiens. Par exemple, les Pawnees, une tribu amérindienne du Kansas et du Nebraska, avaient l’habitude de laisser les rats déterrer les tubercules à leur place.

Haricot de terre

Haricot de terre

Toutefois, au fur et à mesure de sa redécouverte, on réalise sa versatilité.

En effet, son utilisation en permaculture fait en sorte qu’il devient très intéressant dans l’avenir.

De fait, c’est l’une des rares plantes fixatrices d’azote tolérant les endroits ombragés.

De plus, bon couvre-sol, il tolère toutes sortes de sols  (vaseux, humides, drainés, alcalins et semi-drainés). D’une longueur entre 90 et 120 cm à maturité, sa floraison (entre août et septembre) attire toutes sortes  d’insectes polinisateurs, oiseaux et papillons du jardin.

Fleurs de haricot de terre (image: nhgardensolutions.wordpress.com)

Par ailleurs, son nom latin « Amphicarpaea » dérivé du grec, décrit sa capacité à produire « deux types de graines » différents. Pour bien comprendre, il produit deux fleurs distinctes. La première, de couleur lilas pâle, peut se croiser et contenir une à quatre semences (non comestible). La deuxième, fermée et auto fécondée, s’enfoncera dans la terre (comme l’arachide) et engendrera un gros pois (comestible). Si cueillie jeune, le légume sera tendre et pourra se manger cru. Je ne suis pas encore rendu à ce stade. Si récolté en fin de saison, ils devront être cuits comme n’importe quel autre haricot. Pourra se sécher pour consommation ultérieure en hiver. Pour la plantation au printemps suivant, simplement réhydrater 24 heures à l’avance avant de planter.

Pour vous en procurer, vous pourriez faire de l’auto-cueillette dans la forêt mais elle se confond souvent avec d’autres plantes toxiques. Donc, pas toujours évident de s’y retrouver. Mais, selon nos recherches intensives, la seule entreprise canadienne à pouvoir vous en vendre se situe en Ontario sous le nom de « Norton Naturals » (site en anglais seulement). Et leurs stocks, sont très limités.

Saviez-vous que? On est un peu en retard sur la nouvelle mais 2016 à été décrété année internationale des légumineuses par l’Assemblée Nationale des Nations-Unies. La chaîne de télévision Explora dresse justement un dossier spécial sur ce légume si important dans la vie de millions de personnes sur la planète.

Heureux printemps…quand reviendras-tu?

22 lundi Mai 2017

Posted by Michel in Non classé

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Aujourd’hui, il fait encore froid, humide, gris. La pluie tombe comme une bruine constante sur le visage. Le mois d’avril 2017 a quasi établi un record québécois de précipitations et le début de mai s’est amorcé sous la même tendance. Je devrais planter, semer, transplanter, arracher les mauvaise herbes pour rattraper le temps perdu mais c’est la journée nationale des Patriotes. Après 7 jours de travail consécutifs, j’ai décidé de prendre un congé à l’intérieur. En attendant le retour du beau temps et dans un instant de nostalgie, je me suis laissez bercé par cette chanson de Judy Garland extraite du film musical de 1950  » Summer Stock » ou, en version francaise, « la jolie fermière ».

En fait, lorsqu’on lit la biographie du personnage et les anecdotes de tournage, le titre français du film n’est qu’apparence car l’actrice avait un sacré caractère. Mais, la chanson redonne du pep et un sourire au cœur!

Carte postale de mai 2017

10 mercredi Mai 2017

Posted by Michel in Carte postale du mois

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Sur la photo de haut à droite (de gauche à droite: Roberte, Hélène et Céline Perry) Photos: Harry Rowed

Alors que le nouveau président américain, Donald Trump, déconstruit tranquillement les réalisations de l’ancienne administration démocrate, il pourrait épargner un symbole réintroduit par l’ex-première dame, Michelle Obama: le potager de la Maison-Blanche. Produisant environ 1000kg de nourriture, il se voulait un outil pour conscientiser les gens à une saine alimentation. C’est dans cette même optique de conscientisation qu’il a été créé au départ par Eleanor Roosevelt en 1943 dans sa vision du  «jardin de la victoire» (en anglais « Victory gardens ») comme le montre cette photographie ici-bas.

Eleanor Roosevelt et son potager de la victoire (Image: carlanthonyonline.com)

Aussi appelé « potager pour la défense » ou « jardin de guerre », on les retrouvaient autour des résidences privées ou dans des parcs publics pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale. Au Québec, on retrouve peu d’infos sur ces potagers peut-être mis-part cette image (en haut à gauche) prise le 24 août 1942 à Québec où les sœurs Perry aident à l’entretien du potager sur la propriété de l’usine de la Dominion Arsenals Ltd.. Destinés surtout à atténuer la pression de la guerre sur l’approvisionnement alimentaire public, on leur attribuait aussi la vertu de stimuler le patriotisme chez les civils; ceux-ci se sentant utile de contribuer à l’effort de guerre par les produits récoltés. Pour en savoir plus sur l’histoire du premier potager de la victoire, consulter le livre « American Grown: The Story of the White House Kitchen Garden and Gardens Across America » (version anglaise seulement) en vente ou en location dans certaines bibliothèques.

William Ewing (1843-1913)

06 samedi Mai 2017

Posted by Michel in Personnages liés à l'agriculture au Québec

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W.E Ewing & cie (1897)

Au début du siècle dernier, les couvertures des catalogues gratuits de la compagnie de semences montréalaise Ewing se distinguaient de ceux de leur époque par leur coloris et leur graphisme; des œuvres d’art en soi. Ce sont probablement les seuls témoins restant de cette entreprise et des gens y ayant œuvré notamment son fondateur William Ewing. Il fait certes parti des premiers bâtisseurs québécois (et canadiens) majeurs du réseau des semenciers de la fin du 19e siècle.

Né en septembre 1843 à Sterling en Écosse, il arrive en 1865 à Montréal où il travailla pendant 4 ans auprès de la pharmacie « Kerry Brothers & Crathern co. » Presbytérien et unilingue anglais, il marie Catherine Kinross Graham (1856-1944) en 1883 ayant elle-même immigré d’Écosse en 1862. Ils eurent 5 enfants dont deux d’entre eux reprirent le flambeau à la mort de leur père (Thomas Graham Ewing et William Ewing).

Catalogue Ewing 1928

En 1869, William Ewing (père) fondera avec son frère Archibald, la « Ewing Brothers Seed Merchants ». Sise sur la rue McGill, en face de la place d’Youville, l’entreprise déménagea, à sa 8e année, juste un peu plus loin au 142-146 McGill (coin des rues St-Maurice et St-Henri). Le premier changement de nom surviendra en 1883 après la fin du partenariat entre les deux frères en 1882. William s’associera dès lors avec James Henry Davison et William Graham pour la relancer sous le nom « William Ewing & Company ». Selon le livre « Industries of Canada, city of Montreal » de 1882, on y décrivait les activités commerciales comme:

…importing and growing choice vegetable and flower seeds and do a large business in heavy seeds as clover and timothy and seed grain of all descriptions which find their way to every section of Canada. The house is one of the largest concerns of the kind in the Dominion and sends out each year several millions packages of seeds all of which are recommended as reliable guaranteed to be as represented.

(Traduction libre): Importation d’une variété sans cesse croissante de semences de légumes et de fleurs ainsi que la vente en gros de trèfle, thimothy (une graminée européenne pour pelouse) et céréale de tout type qui trouveront preneur dans toutes les régions du Canada. Cette maison est l’une des plus grosses du genre dans tout le Dominion et elle envoi plusieurs millions de sachets de graines chaque année garanties fiables et recommandables.

Cette information se voit corroborée par une liste de prix de « gros » de 1892 en notre possession où l’on peut y retrouver justement les montants exigés. Par exemple, pour une once (28 grammes) de semences de melon de Montréal cultivées directement sur l’île, on demandait 0.30$; une grosse somme en comparaison à 0.60$ pour une livre (453 grammes) de graines de melon citron (melon pour les conserves).

Dans la préface de son catalogue de 1897 (voir image ci-haute), il explique (nous avons écrit intégralement le texte):

Nous sommes heureux de constater que d’année en année nos affaires ont toujours augmentées en volume. Nous sommes pour ainsi dire les seuls fournisseurs de graines qui aient suppléer le plus grand nombre de Merchands canadiens, Fermiers, Jardiniers et Amateurs depuis 1889 sans interruption. L’exactitude et le soin que nous avons pris à remplir les commandes de nos pratiques, expliquent le succès croissant de nos affaires.

Le journal Le Devoir du jeudi 8 mai 1913 explique que l’un de ses collaborateurs, James Henry Davison, découvre William Ewing à sa résidence montréalaise au 100, rue Sherbrooke, suite à une « syncope du cœur » (arrêt cardiaque) à l’âge de 69 ans. Et c’est à partir du 15 décembre 1913 que la compagnie sera constituée en corporation sous le nom « The William Ewing Co., Limited ». (source: The Gazette 1913-1914, p.1988) jusqu’à sa fermeture en 1963. La transaction, sous forme de vente d’actions, aura exigé un investissement de 250 000$ de la part des acquéreurs (James Henry Davidson, William McWilliam, Catherine Kinross Graham, Thomas Graham Ewing et William Ewing) soit environ 5.5. millions en dollars canadiens d’aujourd’hui. Je lève mon chapeau à cet immigrant parti de rien.

À noter: N’ayant pu obtenir de photographie de l’homme, nous serions reconnaissants aux lecteurs ayant cette information de nous en faire parvenir pour le bénéfice des lectrices et lecteurs.

 

NOUS TENONS À INFORMER QUE MALGRÉ TOUTES NOS RECHERCHES, LES DATES ET ANNÉES DE NOS SOURCES HISTORIQUES NE CONCORDAIENT PAS TOUJOURS ENTRE ELLES. MÊME SI ELLE SONT, SELON NOUS, TRÈS PROCHES, ELLES DEMEURENT QUAND MÊME APPROXIMATIVES ET NE PEUVENT ÊTRE JUGÉES COMME OFFICIELLES. NOUS AJUSTERONS ET AJOUTERONS LES INFOS AU FUR ET À MESURE DE LEUR CONFIRMATION.

 

Les herbes nuisibles: le chiendent

28 vendredi Avr 2017

Posted by Michel in Les herbes nuisibles ancestrales

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Chiendent

Il est là sous mes yeux, dans mon potager, dès ma première visite. Il m’attendait depuis l’automne dernier. Il me nargue en pointant le bout de sa tige et en me renvoyant mon impuissance à me débarrasser de lui. Qui? Le chiendent (triticum repens L) ou couch grass (en anglais). Je sais le combat perdu d’avance mais je ne me lasse pas de m’acharner sur cette vivace indigène, me défouler, la maudire. En 1906, le Ministère de l’Agriculture du Canada a édité un ouvrage de vulgarisation intitulé « les mauvaises herbes du Canada » dans lequel on pouvait y lire :

Mauvaise herbe des plus persistantes dans toutes les terres labourées profondément et dans toutes les cultures, avec une grande capacité à se propager et d’étouffer les autres plantes.

En effet, ses rhizomes charnus s´entrevechent et s’étendent loin, loin, loin. On dirait quelquefois qu’ils n’ont pas de fin mais heureusement, ceux-ci demeurent près du sol. Pour la production du foin, c’est merveilleux. Y’a rien à faire sinon couper deux fois par année. Il s’installe partout sur les terre inculte et possède une grande capacité d’absorbtion des nutriments du sol et dominer son territoire. C’est justement parce qu’il bouffe jusqu’à 68% des oligo-éléments des plantes comestibles qu’on doit l’enlever. Mais comment s’en débarrassait-on de manière naturelle à l’époque?

De fait, en utilisant des techniques avant l’apparition des herbicides, on parvient à les appliquer aujourd’hui dans une lutte écologique. En premier lieu, on laboure peu profondément par temps très chaud. Ensuite, racler pour entraîner une grande quantité de rhizomes vers la surface. Ceux-ci se dessècheront au soleil et vous pourrez les brûler. Mais attention, les racines divisées, si elles ne sont pas complètement déterrées, peuvent former à chaque tronçon une nouvelle plante. Et on se voit alors envahi à nouveau en peu de temps. Et la petite « vlimeuse » (expression québécoise pour dire ratoureuse) possède plus d’un tour pour se multiplier. Les graines constituent pour lui un autre moyen efficace de reproduction. Mûres en juillet et de la forme d’un petit grain de blé, l’épis produit en grande quantité. Elles tomberont au sol en automne et germeront pour notre plus grand déplaisir; surtout aux endroits difficiles d’accès. La plante joue à cache-cache avec moi en s’enroulant un peu partout autour de mes poteaux de clôture et près des fondations des bâtiments.

Bref, si vous n’en venez pas à bout et voyez l’infestation gagner, sortez l’artillerie biologique lourde. Labourer superficiellement tard en automne et bien gratter pour exposer les rhizomes à l’action de la gelée. Au printemps, on laboure de nouveau superficiellement et maintien le sol travaillé assez souvent pour empêcher les nouvelles pousses jusqu’au milieu de l’été. Puis, on sème une culture étouffante comme du sarrasin ou du millet, qui feront périr la plante affaiblie. Il y a de fortes chances pour que le sarrasin n’arrive pas à maturité. La coupe créera un tapis tellement opaque qu’il rendra inaccessible la lumière nécessaire à la germination de cette ou des autres mauvaises herbes. Enfouisser le tout à l’aide d’un rotoculteur pour ajouter de la matière organique. Et voilà, d’une pierre deux coups. On alimente le sol et on se débarrasse de l’indésirable.

Carte postale d’avril 2017

05 mercredi Avr 2017

Posted by Michel in Carte postale du mois

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On fait une petite pause cette semaine le temps qu’on fasse nos semis. On attend toujours le plus longtemps possible mais là, on ne peut plus retarder. Entre-temps, on vous laisse sur quelques magnifiques photographies d’enfants et d’adolescents en apprentissage de techniques de culture prises en 1940 par le photographe Conrad Poirier. Nous tendons à croire qu’elles ont été prises au Jardin Botanique de Montréal car l’établissement offrait ce genre d’activités durant cette période et aussi en regard d’anciennes photographies. Mais, n’ayant aucune autre source, nous ne pouvons déterminer avec certitude nos dires. C’était vraiment un autre temps; il y a 77 ans.

Apprentissage du jardinage 1940 (photo: Conrad Poirier)

Apprentissage du jardinage 1940 (photo: Conrad Poirier)

Apprentissage du jardinage 1940 (photo: Conrad Poirier)

Apprentissage du jardinage 1940 (photo: Conrad Poirier)

Apprentissage du jardinage 1940 (photo: Conrad Poirier)

(08-04-17): Une très bonne amie (Lyne Bellemare) a contacté une de ses connaissances au Jardin Botanique de Montréal. Celle-ci, n’ayant pas d’information dans ses archives concernant Conrad Poirier, en a fait part à Violène Simard, responsable des Jardins Jeunes. Selon elle, « il est fort possible que ces photos aient été prises au JJeunes« . Elle ajoute qu’il « n’existait pas de projets similaires à cette époque« . « Depuis la création des JJeunes en 1938 et jusqu’en 1960, ce projet était géré en association avec la CECM« . Elle termine en disant: « Les jeûnes de plusieurs écoles venaient au Jardin pour apprendre à faire pousser des légumes« .

Je remercie ces bonnes âmes pour ces compléments d’information sur ces images.

Le maïs Hominy

01 samedi Avr 2017

Posted by Michel in Fruits et légumes du Canada

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Maïs Richard (image: hopeseed.com)

Pour les adeptes d’histoires acadiennes, il existe un récit non officiel de ce maïs cultivé par les Micmacs de l’Île-du-Prince-Édouard; ceux-ci l’ayant, semble t-il, partagé avec les premiers colons acadiens. Par exemple, la famille de Leonel Richard le possède depuis 1904 lorsque son grand-père a déménagé de l’Île-du-Prince-Édouard à Rogersville, au Nouveau-Brunswick. M. Richard a transmis des semences à Kim Edmondson, fondatrice de Hope Seeds, une petite entreprise de semences de Nouvelle-Écosse, fondée en 1993 et dévouée à l’agriculture locale. Cette variété possède la particularité d’atteindre une hauteur entre 60 et 120 cm, avec des feuilles marbrées vertes pâles et de produire de 2 à 5 épis par plant d’au plus 20 cm. À l’époque, les Micmacs faisaient bouillir les gros grains jaunes séchés dans de la cendre de bois pour y briser l’écorce devenues très dure.

MicMacs dans les maritimes Canada au début du 20e siècle (image: http://www.myhappysahdlife.com)

Ensuite, ils les broyaient pour apprêter le « hominy« , une sorte de bouillie de maïs. Les Acadiens ont rapidement adopté cette recette et l’ont transporté un peu partout où ils se sont installés. Le « hominy » est encore un plat très populaire dans certaines régions, y compris dans le sud des États-Unis où de nombreux acadiens ont immigré après la grande déportation (1755-1763).

Avec la très généreuse contribution de Monsieur Norbert Robichaud, celui-ci m’a transmise la lettre de Leonel Richard intitulée « Maïs Hominy » envoyée à Madame Edmonson (en anglais). Vous pouvez la télécharger pour vos propres recherches mais pour le bénéfice des lecteurs non bilingues, j’en ai fait une traduction libre ici-bas.

Amérindiens Mic Macs (source et année inconnues)


TÉMOIGNAGE ÉCRIT DE LEONEL RICHARD:

J’ai 43 ans (en et je me souviens que ce maïs a été planté toute ma vie mais c’est à partir de la moitié des années 60 que mon père a commencé à planter du maïs sucré. Mon père, Fred Richard, est né en 1915 et, selon son souvenir, ce maïs a été dans sa famille depuis sa plus tendre enfance.

J’ai fait quelques travaux de généalogie et j’ai trouvé que le nom de mes ancêtres remontaient jusqu’à 6 générations et qu’ils avaient eu des contacts avec le peuple amérindien à la fois de l’Île-du-Prince-Édouard et à Kent co au Nouveau-Brunswick. Dans la région de Tignish à l’Île-du-Prince-Édouard, il y a eu de nombreux mariages entre les acadiens et les immigrants irlandais arrivés plus tard dans les années 1820.

La majorité de mes ancêtres demeuraient dans la région de la Malpeque lorsque les Britanniques les ont déportés de leur île en 1758 mais quelques familles telles les Richard, Poirier, Doucet, Caudet et quelques autres ont pu s’enfuir et trouver refuge dans les forêts de l’Île-du-Prince-Édouard ou ils naviguèrent jusqu’au nord du Nouveau-Brunswick. Les ouïes dires font état qu’ils se sont cachés pendant 4 ans et durant cette période, ils reçurent l’aide des Micmacs; pouvant être ou pas la source des semences envoyées.

En 1799, mes ancêtres ont monté jusqu’au nord de l’Île-du-Prince-Édouard pour fonder la communauté de Tignish et plus tard, Palmer Road et Saint-Louis où la majorité cultivèrent la terre ou ont été embauché pour l’industrie de la pêche. À la fin de 1800, il y eu un genre d’exode des grandes familles causé par le manque de terres disponibles mais aussi par le désespoir et les difficultés que cela engendrait. Entre 1900 et 1904, plusieurs de ceux qui résidèrent à Tignish déménagèrent dans la région de Rogersville pour y acheter les terres (qui malheureusement n’étaient pas faites pour l’agriculture) et y travailler la forêt. En 1904, mon arrière grand-père est venu avec sa famille pour s’installer à West Collette Road juste au nord de Rogersville et avec eux, je présume, ce maïs. Ceci n’est que pure spéculation et cela devrait être pris comme tel.


Selon les dires de Monsieur Robichaud:

Il s’agit d’un blé d’inde corné un peu plus gros et de forme plus aplatie que le blé d’Inde « Gaspé »

Consommé principalement « sous forme de blé d’inde lessivé« , ce produit n’est pratiquement plus distribué sur les tablettes des grands épiciers québécois. J’ai justement reçu récemment un courriel d’une lectrice m’indiquant son désarroi de ne plus en retrouver nul part; les gérants des magasins d’alimentation lui indiquant ne plus en recevoir depuis plusieurs mois. Serons-nous la dernière génération à connaître ce produit?

Pour aller dans ce sens, Monsieur Norbert ajoute que:

la description que me faisait une voisine, maintenant décédée, qui avait connu cette espèce que sa famille a cultivé longtemps. Elle me disait également qu’autrefois, avant que le blé d’inde sucré remplace le blé d’inde lessivé, le blé d’inde n’était pas cultivé dans les potager, mais en plein champ, comme les pommes de terre. C’était un aliment réservé uniquement à la consommation humaine. Ils n’en cultivaient pas pour les animaux. L’ère du blé d’inde lessivé s’est terminée dans les années 1960 et c’est un véritable miracle que cette espèce soit parvenue jusqu’à nous.

Vous voulez contribuer à perpétuer ce miracle, vous pouvez en acheter via Hope seeds (site uniquement en anglais mais actuellement indisponible pour cette année) ou par l’intermédiaire du catalogue de semences du patrimoine Canada.

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