Bulbe d'ail éléphant

Bulbe d’ail éléphant

L’ail éléphant n’est pas une rareté en soit mais se veut très ancien; une exception dans une industrie agricole portée à vendre des plantes dites modernes. On en retrouve dans les supermarchés. Les centres jardins en offrent de plus en plus en automne. Il se trouve facilement sur Internet pour la vente par correspondance.

John Tradescant le jeune (Portrait: William Dobson)

Dans les faits, les premières notifications montrent que l’ail éléphant (allium ampeloprasum), aussi appelé « ail d’Orient » ou « ail à cheval » (en France), aurait été étudié en Angleterre vers 1650 par le botaniste anglais, John Tradescant le Jeune (1608-1662). À partir de là, il existe de nombreuses histoires contradictoires quant à son origine exacte supposément d’Asie centrale. Arrivé aux États-Unis avec les premiers immigrants de la Tchécoslovaquie ou de la Yougoslavie du Nord, on le classifiait sous le nom scientifique latin de « Allium Scordoprasum« ou sous le vocable commun anglais « giant garlic » (ail géant en français).

Toutefois, l’appellation récente « ail éléphant », tirerait sa provenance d’Albany en Oregon et plus spécifiquement de l’entreprise familiale « Nichols Garden Nursery« .

Nick and Edith Nichols (année inconnue. image: Nichols garden nursery)

En effet, à la fin des années 1940, N.P. (« Nick ») Nichols (1913-1975) démarre une pépinière de vente au détail située au cœur de la Vallée Willamette. Avec un diplôme en horticulture et un grand amour pour les plantes, il commence par offrir des légumes et des herbes aux résidents locaux. Un jour, un agriculteur tchèque se présente pour lui vendre un seau rempli de gousses d’ail énormes affirmant avoir ramené cette souche avec lui de son pays natal lorsqu’il immigra aux États-Unis. Monsieur Nichols, de descendance grecque, utilisant déjà beaucoup l’ail dans la cuisine de sa famille, tombe en amour avec le goût plus doux et aux caïeux beaucoup plus gros comparativement aux gousses d’ail conventionnelles.

Image: heirloomgardener.com

À la fin de sa deuxième saison de croissance, il en avait assez pour commencer ses ventes sous le nom de « Elephant garlic ». En 1950, il commence à diffuser des publicités dans le magazine Organic Gardening, proposant de vendre son ail géant par la poste en y incluant un petit pamphlet rédigé de sa main intitulé: The Story of Elephant Garlic (l’histoire de l’ail éléphant).

À mi-chemin entre le poireau et l’ail, vous récolterez des bulbes pouvant peser jusqu’à 400 grammes et contenant de 4 à 6 caïeux. Comme l’ail ordinaire à tige dure, vous devrez couper la tige si vous voulez augmenter la dimension des bulbes. N’hésitez pas à consommer cette tige comme de la fleur d’ail. 5 semaines après cette opération, déterrez-les par beau temps lorsque le feuillage aura séché. Laissez-les sur le sol, à l’ombre, durant deux jours sans pluie pour qu’ils sèchent et aider à leur conservation. Stockez-les ensuite, comme vous le feriez pour de l’ail ordinaire, dans un endroit sec et sombre. De gros sacs de papier d’épicerie peuvent très bien faire l’affaire. Vous pourrez ensuite les replanter selon la technique montrée dans la vidéo ici-bas, gracieuseté de Manon Collard, une des personnes l’ayant, à mon avis, popularisé au Québec dans les années 1990 et 2000.

Ail éléphant

Par ailleurs, la plante s’emploi aussi sous forme ornementale. D’une hauteur de 150 cm, les fleurs forment une immense boule de fleurs stériles roses de 10 cm de diamètre si vous les laissez pousser à maturité. Très joli! Il se peut, à l’occasion, qu’il y ait formation de semences. Dans certaines conditions mal définies ou lorsque la plante ne fleurit pas, il se formera un énorme bulbe très rond. Replanté, il engendrera l’année suivante une véritable gousse. Vous pouvez commander la souche originale directement via l’entreprise americaine Nichols Garden Nursery ou un peu partout sur le net au Québec.

Saviez-vous que? L’ail éléphant développe très souvent des bulbilles autour du bulbe principal. De forme ronde brune et à l’écorce très dure, vous pouvez les replanter en automne pour qu’il donne, la première année de récolte, un bulbe très rond (voir image ci-contre). Pour aider à la germination, faites éclater un peu l’écorce du bulbille à son sommet. N’oubliez pas aussi de couper la tige florale pour amener l’énergie à la base. Replanté l’automne suivant, le bulbe rond vous donnera de beaux caïeux normaux à la deuxième année.

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