Curiosité au potager: L’amande de terre

Souchet comestible ou amande de terre

Nous tenons à remercier mos familles, amis et collègues de travail sur lesquels nous expérimentons constamment. Nous sortons souvent des sentiers battus en leur faisant déguster une foule de produits « bizarres » de notre potager. Même s’ils ne sont plus surpris de nos trouvailles, nous sommes toujours amusés par leurs réactions: dégoût, scepticisme, crainte, encore-encore-encore mais jamais d’indifférence. Cette fois-ci, ils ne pouvaient avoir foi qu’en notre parole et réputation concernant ce vieux légume oublié: l’amande de terre. Cette espèce originaire de la zone méditaréenne est apparentée au papyrus. On la retrouve aussi loin que 2000 ans avant J-C car elle aurait été retrouvée dans des tombeaux égyptiens de la XIIe dynastie. Connue  aussi sous le nom de souchet comestible, elle n’a rien de très sexy par son apparence. Certains ont même cru que nous tentions de leur faire manger des insectes. En terme de comparaison, le goût ressemble à celui de l’amande, d’où son nom. Lorsqu’on la croque, la texture surprend et fait penser au coconut car assez fibreux.Certaines de nos collègues de travail ont adoré et d’autres, refusé d’y goûter. Les conservateurs n’apprécieront pas en prétextant toutes sortes d’excuses pour se défiler. Faites donc sourire vos convives! lors d’une soirée en l’apprêtant de différentes manières . Par exemple, on dit qu’elle est cultivée en Espagne et servirait d’ingrédient dans la préparation d’une boisson nommée « horchata de chufa »…

Elle se consomme aussi crue, grillée à l’apéritif, en salade et elle peut même substituer l’amande dans les pâtisseries lorsque séchée et broyée. Que de possibilités!!! L’entreprise « Tigernuts » située en Espace mentionne:

Même lorsqu’ils sont séchés après les avoir recoltés ils sont durs, quand on les fait tremper dans l’eau pendant 4 heures, ils se réhydratent et sont, à nouveaux, mous et savoureux. Ils sont prêts à être consommés n’importe où.

Une vraie découverte au jardin!

La tomate Blanche du Québec

Tomate Blanche du Québec (image tirée du site http://www.seeds-organic.com)

Nous voudrions faire une mise au point sur cette tomate très rare. Mis-à-part les descriptions multiples concernant ses caractéristiques et sa physionomie, nous n’avons pu mettre la main sur de l’information crédible quant à son historique véritable. Nous gardons donc une certaine réserve sur son authentique provenance à savoir de la province du Québec.  Rien de nouveau sous le soleil car les semences voyagent.

En effet, nous avions contacté en 2006 François Lebel, collectionneur, pour connaître la provenance de ses semences. Ce dernier nous a confirmé qu’il les avait eues par Christian Lemaire, un autre collectionneur français, qui les avait obtenues lui-même lors d’une foire d’échanges dans son pays. Wow! quel périple. Et lorsque l’on sait qu’il existe une ville appelée « Québec » en France, il se pourrait qu’il y ait eu confusion. Nous avons été jusqu’à demander l’avis d’un personnage reconnu en Europe dans le domaine de la culture des légumes rares et oubliés, Jean-Luc Danneyrolles. Malheureusement, lui non plus n’a pu confirmer ou infirmer sa véritable provenance ni son année d’introduction.

Chose certaine, cette variété n’est pas répertoriée par Agriculture Canada mais inscrite dans la liste des tomates canadiennes à protéger par le Semencier du patrimoine. Nous lui accordons aindi du crédit. Si vous avez des renseignements complémentaires, elles seront les bienvenues.

Ce cultivar supposément québécois (jusqu’à preuve du contraire), fait belle figure au jardin et dans l’assiette par sa couleur jaune pâle. Doux au goût, juteux et peu acide, son fruit est moyen, rond, légèrement applati mais avec une tendance à l’éclatement lorsque l’irrigation est irrégulière. Il pèse entre 100 et 150 grammes.  Le plant mesure entre 75 et 90 cm de hauteur, est compact, productif  et orné d’un feuillage rugose. Culture: Variété déterminée  Semis intérieurs 6 à 8 semaines avant la date du dernier gel. Nous vous suggérons une recette de terreau de semis obtenue lors d’une conférence de Yves Gagnon, jardinier biologique « Du Jardin du Grand-Portage« . 33% de compost, 33% de mousse de tourbe et 33% de vermiculite. Ensuite, lorsque les plants ont 4 feuilles (2 cotylédons et 2 vraies feuilles), transplantez dans un terreau de croissance soit: 65% de compost, 15% de vermiculite et 20% de mousse de tourbe. Finalement, je vous suggère ce lien pour connaître le secret d’un vrai pro de la tomate, Roger Doucet, un agronome à la retraite qui a produit une foule de tomates typiquement québécoises. Nous vous en reparlerons davantage dans un prochain article. Maturité environs 75 jours.

Semer autrement…

Un jour, lorsque je préparais mon essai de Maîtrise à l’université, l’un de mes professeurs m’a dit: « Arrêtes de lire pis écris ». Encore aujourd’hui, cette phrase résonne en moi. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être l’intonation de la voix, le sérieux de son propos, le conseil paternaliste. Qui sait ce que mon cerveau a retenu. Je l’entend  renchérir: « Si tu fais une ou deux pages par jour, c’est très bien, 5 s’est fabuleux et 10 un exploit ». Pour ceux qui ne le saves pas, l’aboutissement d’un titre de Maître au Québec sous-entend l’écriture d’un travail de recherche avec un mémoire ou un essai, dépendamment du type de maîtrise choisit. Plusieurs n’y parviendront jamais. Ils entrent sur le marché du travail, ont des enfants, s’égarent dans une liberté non méritée. Bref, le temps s’écoule et distance le dépôt du papier. Je remercie aujourd’hui ce professeur qui, sans le savoir, a contribué à m’assurer une méthode de travail productive très simple. Il termina son court laïus par « Écris, même si c’est affreux ». »Tu auras le temps d’y revenir mais surtout… écris ». 

Je me suis souvenu de ce professeur lorsqu’une pile de documents s’est effrondrée il y a quelques mois. Elle contenait toutes sortes de renseignements éparpillées. après des années de recherche, Aujourd’hui,. c’est le temps d’écrire. Sans savoir si ma ligne de pensée  est logique ou ma grammaire ajustées… j’écris; parfois même plusieurs brouillons. Et j’y reviens.Je travaille souvent 4 ou 5 textes à la fois. les conserve. J’y reviens. J’écris. Je consultes mes documents, les retravailles au besoin. J’écris. C’est pour cette raison qu’une journée vous pouvez revenir revoir un articles déjà lu et ce dernier s’est transformé.

Ma conjointe me trouve bon. Je ne sais pas si c’est d’être bon mais moi j’écris… comme si je semais autrement.

À tous les écrivains, continuez!
À tous les lecteurs,, continuez à nous encourager!

Je termines aujourd’hui avec un blogue qui poursuit le message, c’est-à-dire qui apporte sa contribution à sa façon, sérieux (sans être monotone), assidu, libre, traitant de la vie végétale qu’elle soit du Québec ou d’ailleurs.  Merci à Jasmine Kabuya Racine de nous transmettre  sa passion. Continues!

Je suis au jardin
http://www.jasminekabuyajardin.com/

Notre mauvais coup de l’année

Je tentes depuis des années de devenir un jardinier paresseux, expression promue par Larry Hodgson. L’une de ses techniques consiste à remplacer la pelouse par des vivaces faciles d’entretien. J’adhère!

Pour ma part, j’ai visé des fines herbes, fleurs ancestrales comestibles, arbustes fruitiers, légumes…

Ainsi pour commencer, j’étouffe le gazon en le couvrant de papier journal ou mieux, du carton…ça va plus vite. Mes collègues de travail et ma famille me fournissent tout ce beau matériel qui s’en irait, de toute façon à la récupération.  Donc, un gros 0 sous d’investissement. Pas besoin de détourbeuse,, de couper des lisières, une vraie « job » simple et peu exigeant physiquement. 

Par la suite, je rajoute un paillis et j’arrose pour exercer une pression pour ne pas que le tout s’envole au vent. Privés de lumière et après une ou deux saisons, le gazon et toutes les mauvaise herbes meurent. Ne subsistent qu’une belle terre dans laquelle vous pouvez planter vos boutures. Aucun labour et vous conservez les micro-organismes du sol intacts. Rien ne vous empêche d’y ajouter du compost si votre sol est argileux comme chez-nous. 

À cause de mes grandes surfaces à couvrir, j’utilise la paille comme paillis car plus abordable. Pour moi, jardiner ne devrait jamais coûter cher. Par exemple, une grosse balle coûte environ 4 à 5$. Vous économiserez encore plus si elle  n’est plus fraîche pour la consommation du bétail (entre 2.00 et 3.00$) chez les agriculteurs qui veulent s’en débarasser. Avec chaque balle vous pouvez couvrir une surface très importante puisqu’elle est compactée.

Comparativement au cèdre déchiquetté vendu en sac (entre 3.50$ et 5.00$ l’unité pour format de 56 litres / couvrant 2 pieds cube), la paille couvrira des dizaines de fois plus d’espace. En plus de se répandre vite, d’être moins salissante, de nourrir votre sol une fois décomposée, ça fait un beau fini au jardin car dorée au soleil. Pour les allergiques, c’est pas l’idéal, j’en conviens.  Si vous souhaitez quand même utiliser du paillis de cèdre, sachez qu’il acidifie votre sol mais qu’il est moins dispendieux en vrac.

Comme je n’avais pu mettre la main sur des ballots carrés de paille, j’ai fait venir en début de printemps 4 cubes de 500 livres chacun, soit l’équivalent de plus ou moins 75 balles de foin. Quels mastondontes devant l’entrée du garage! J’avais de grandes espérances car je profitais d’un congé de paternité de 6 semaines jumelé à mes vacances estivales.  Je commence mon épandage je mélange carton-paille-eau lorsqu’au bout de quelques semaines, je vois poindre du chiendent rampant à travers la paille. Je regarde pour vérifier si mon carton se serait percé; ce qui aurait contribué à laisser passer cette mauvaise herbe. 

Horreur! Elle provenait de la paille. J’avais oublié d’exiger de la paille exempte de mauvaises herbes. C’est comme si j’avais semé de la mauvaise herbe. Je me suis donc astreint, pour ne pas perdre tout mon travail à arracher une à une les petites pousses avant qu’elle ne prenne trop de tonus. Quelle perte de temps. Y’a pas à dire, l’expérience ça ne s’apprend pas dans les livres.  Je ferme le potager cette fin de semaine à la grande joie de ma conjointe.

À la semaine prochaine!

Le Jardin des Premières Nations

Jardin des Premières Nations / Jardin Botanique de Montréal

Pour rendre hommage au peuple autochtone, il existe une section au jardin botanique de Montréal appelé le « jardin des premières nations« .  J’avoue qu’il est un peu tard pour y aller cette année mais vous pouvez déjà planifier une visite l’an prochain. Cette reconstitution vous dévoilera les espèces indigènes entrant dans l’alimentation et la médecine de ce peuple mais aussi aux techniques de culture.

Il est très important de souligner que la conception de cette section l’a été dans la philosophie de ces peuples, c’est-à-dire ne pas dépouiller un endroit pour en vêtir un autre.  

En effet, il devenait indécent de saccager un secteur d’une forêt pour y cueillir des plantes, souvent menacées, pour ensuite les amener au jardin. C’était tout à fait contraire au respect de la nature. Pour résoudre ce problème, ils ont décidé de récolter les végétaux sur les sites voués à la destruction par la construction domiciliaire. Ce fût en soi tout un défi.   

Steve McComber

En ce qui a trait aux légumes, ils ont fait appel à Steve McComber. Renommé à travers la confédératoon Haudenosaunee, il cultive depuis 35 ans maintes variétés traditionnelles de maïs, courges et haricots.  Très peu connu au Québec francophone, ce Mohawk de Kahnawake a fait des présentations sur le sujet à la télévision, radio, fait des conférences au Canada et aux États-Unis.  Ça, le site Internet du jardin botanique ne vous le dit pas.

L’abbé Léon Abel Provancher (1820-1892)

Léon Provancher (tiré du site: http://www.maisonleonprovancher.com)

Lorsque j’ai commencé à chercher des noms d’anciens cultivars du Québec, j’aurai sauvé beaucoup de temps en consultant « Le verger, le potager et le parterre dans la province de Québec ».

En effet, dans maints volumes, il est intéressant de connaître les us et coutumes alimentaires des anciens habitants mais encore… Outre le caractère informatif voire anecdotique, ça ne m’avançait pas de savoir qu’en 1731, on retrouve 186 jardins à Montréal. Ou qu’au temps de la Nouvelle-France, une personne pouvait consommer jusqu’à 2 livres de pain par jour. J’avais besoin des noms précis des cultivars de ces époques; pas juste le nom de l’espèce (ex: concombre ou tomate). Sinon, comment savoir si c’est une ancienne souche?

Écrit par L’abbé Léon Abel Provancher en 1885, 13 ans après sa première édition, il se passionne, entre autre pour la botanique, l’entomologie et la malacologie (sciences des mollusques). Autres grands noms dans le domaine des sciences naturelles dans l’histoire du Québec, le grand mérite de son ouvrage est d’écrire les noms des variétés cultivées de son époque mais aussi les anciennes techniques de culture qui avaient cours`au Québec à la fin du 19e siècles.  Pour une version gratuite de l’œuvre de plus de 300 pages, vous n’avez qu’à cliquer sur le lien suggéré. Et en prime, vous pouvez même télécharger tout le volume. Vous devrez toutefois posséder le logiciel pour ouvrir les documents PDF.  Bonne lecture!

Le poivron Vinedale

Poivron Vinedale

Connaissez-vous les All-America Selections? Depuis 1932, cet organisme indépendant et impartial promouvoit chaque année les semences de fleurs, fruits et légumes du jardins aux qualités supérieures tant au Canada qu’aux États-Unis. Pour quelles raisons j’évoque cet organisme? Et bien, en 1952, ils ont déclaré le poivron doux « Vinedale », seul et unique poivron développé au Canada,  « AAS Winner bronze ».

Créé à partir de 1928 par l’Institut de recherche horticole de l’Ontario, l’organisme souhaitait sélectionner à l’époque un gros poivron à chair épaisse de maturité précoce et qui produirait un bon rendement.  Après moults pollinisations croisées avec les cultivars Harris, Earliest, Harris Early Giant, Sunnybrook, Oskosh et Ruby King, plusieurs générations d’hybrides furent obtenus mais seuls ceux issus du croisement avec la Harris Early Gianrt et Sunnybrook fûrent retenus. D’autres sélections ont été effectuées à partir de ce croisement et des plants individuels ont été retenus chaque année jusqu’en 1940 pour retenir les plants aux caractéristiques souhaitées. Stabilisée, il fût présenté en 1946 pour participer au concours « Merit Trials » de l’Association canadienne des producteurs de semences. Les rapports élogieux ont dès lors, amené la production de semences à grande échelle dès 1949.  Cette variété est excellente pour la production hâtive de fruits verts et rouges uniformes. Adapté aux saisons courtes du Nord, il permet une culture commerciale avantageuse comparativement aux variétés plus tardives.

Poivron Vinedale

Malheureusement, comme une grande majorité des semences héritage du monde entier, la variété tombe dans l’oubli dans les années 1990 et ce, jusqu’en 2006 où, voulant célébrer son 100e anniversaire, l’institut de recherche horticole de Vineland a fait appel à l’ensemble de leurs contacts pour recréer une plate-bande où seraient présents tous les fruits, légumes et cultivars hornementaux développés et approuvés par l’institution. Si la saga complète de la réintroduction de cette variété vous intéresse, un article est paru dans la revue du programme du semencier du patrimoine (no.23-1, hiver 2010), magazine que vous pouvez acheter individuellement. Considéré en voie d’extinction, voire éteint par certains sites de recensement.

Poivrons Vinedale

 

Comment en sommes-nous arrivés là?

USC Canada (Unitarian Service Committee of Canada) fondé en 1945 par le Dr. Lotta Hitschmanova, est un organisme sans but lucratif dédié, entre autre, à la mise sur pied de projets orientés vers la protection et la préservation de la biodiversité de communautés locales d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine.

Pour aider ces localités, ils ont créé un projet s’intitulant « Seeds of survival » pouvant être traduit librement par « les semences de la survie ». Cet outil promouvoit la sécurité alimentaire à long terme des fermes marginales. En soutenant les techniques de culture ancestrales et le savoir des petits agriculteurs, le programme vise, par la même occasion, la diminution de leur dépendance agroalimentaire et l’abolition des métothes de cultures intensives à grande échelle de leurs terres, souvent inappropriées à leurs types de sol. 

Par ailleurs, le meilleur moyen selon moi pour faire avancer une idée demeure la sensibilisation. Dans cette optique mais aussi pour expliquer l’impact de ces transformations sur leur mode de vie par le nôtre, USC Canada a créé une animation de 6 minutes intitulée « Histoire de Bouffe / Qu’est-il arrivé à notre nourriture? ». Vous comprendrez en voyant la vidéo qu’abondance ne rime pas nécessairement avec qualité ou respect de l’environnement..

Pour les intéressés, le site permet aussi la consultation de thèmes tels:

  • Les agriculteurs;
  • Le pouvoir des semences;
  • Le système alimentaire;
  • Endettement ou auto-suffisance?;
  • Biodiversité 101;
  • Carnet de voyage 2010 et;
  • Agissez!

Et comme ils l’écrivent: « Histoire de Bouffe vous fera réfléchir sur notre système alimentaire bien mal en point« .

Bon visionnement!

La soupe aux pois canadienne française

Ma conjointe aime bien la soupe aux pois. J’espère ici que je ne dévoile aucun secret mais disons qu’elle représente à ses yeux son « comfort food ».

Lorsqu’elle me demande de chauffer une conserve la semaine dernière, je suis étonné d’y lire la mention « french-canadian pea soup » du côté anglophone. Mon côté historien s’active et je découvre que vers la fin du 18e siècle le sobriquet « Pea Soup » était attribué par les Anglais aux Canadiens français car ces derniers pouvaient travailler toute une journée  en ne mangeant que de la soupe aux pois.

Ce terme sera transformé avec le temps comme une injure en désignant une personne peureuse, lâche ou poltronne.
En effet, le terme « pissou », aurait été une adaptation de « pea soup » depuis 1880 par les canadiens français.
Qui plus est, le magazine « Protégez-vous« s’est aussi intéressé à cette question et  l’a posé à Anne Yourt, de Campbell du Canada et loin de vouloir s’associer à cette allusion, celle-ci a répondu:

Le nom anglais sur l’étiquette décrit la cuisine régionale d’où provient la soupe et met l’accent sur le style de la recette, qui diffère de celle qu’on prépare à Terre-Neuve, en Allemagne ou aux Pays-Bas.

Comme l’étiquette situe 1918 comme année de référence de leur recette « traditionnelle », je vous transporte en 1932 en vous citant un extrait du bulletin no. 112 du ministère de l’agriculture de la province de Québec:

Le consommateur du Québec préfère un pois jaune, de grosseur moyenne et de cuisson rapide.

On ne s’étonnera donc pas de retrouver encore aujourd’hui un pois de cette couleur dans leur soupe.

Bonne fin de semaine!

Curiosité au potager: Le crosne du Japon

Tubercules de crosne du Japon

À force de côtoyer des passionnés de fruits et légumes anciens, les échanges deviennent immanquables.  Bien que je concentres mes énergies à la culture de fruits et légumes du patrimoine du Québec, je ne dédaigne pas, à l’occasion, faire des expériences. La semaine dernière, j’ai pu mettre la main sur un légume peu connu au Québec qui, contrairement à ce que son nom indique, provient de la Chine: le crosne. Prononcez « crône ». Les anglophones l’appellent Chinese artichoke.

L’appellation de cette labiacée est un curieux mélange de circonstances.

En effet, importée en France du Japon en 1882 par Auguste Pailleux, ce dernier nomma ce légume du nom de son village « Crosne ».  Il connut un développement commercial intéressant entre les deux guerres mondiales, puis régressa pour quasi-disparaître dans les années 1970. La trop faible productivité des plantes (l’espèce a subi, au fil des générations, une forte dégénérescence par la présence de virus) et la pénibilité de la récolte des tubercules, ont été les principales causes de la disparition du crosne en France. Une source mentionne que:

La régénération de l’espèce par culture in vitro engagée à l’École Nationale des ingénieurs des travaux horticoles et du Paysage en 1975, et les innovations phytotechniques ou technologiques qui l’ont suivi, sont à la base de la réémergence actuelle du crosne en France.

En ce qui concerne le Québec, je n’ai pu trouver, pour le moment, de sources crédibles quant à son introduction dans la province ou au pays. Aujourd’hui, on le retrouve sur tous les continents. Son goût est comparé à un fin mélange de châtaigne d’eau et de pomme de terre. Il se détériore rapidement à l’air libre. Aussi, si vous souhaitez en consommer tout l’hiver, installez-les dans du sable sec.

Crosne en fleur (image tirée du site Academic)

Culture: En automne, plantez dans un sol bien drainé à une profondeur d’environ 10 cm, 3 à 4 tubercules par butte. Chaque poquet (aussi appelé butte) devra être espacé de 40 cm chacun. Buttez la terre légèrement pendant la saison estivale pour une plus grande facilité de récolte vers la fin octobre puisque les bulbes sont fragiles. Utilisez un tamis pour vous aider à conserver uniquement les tubercules. Vous pouvez en fabriquez-un ou prendre une vieille raquette de tennis en bois obtenue dans une vente de garage.  Installez un paillis par-dessus pour protégez des gels successifs. Faites attention, plante envahissante. Vous devrez installer un coupe bordure ou une barrière souterraine pour éviter la dispersion des rhizomes et perdre le contrôle.

Obtenez une recette simple sur le site de Gustave.tv.