Comment reproduire et conserver vos semences de courges

Graines de citrouille (source: http://fr.123rf.com)

Pour produire des semences de courges, citrouilles, potirons, pâtissons et autres cucurbitacés, il est primordial de retenir ceci: Cucurbita pepo, cucurbita maxima, cucurbita moschata et cucurbita agyrosperma. Ces noms latins identifient l’espèce et elles ne se croisent pas entre elles. Cette info devrait être inscrite sur le sachet lors de votre achat sinon, demandez-le… c’est très important.

Ainsi, vous pourriez semer côte-à-côte 4 variétés différentes sans vous soucier de la pollinisation croisée. De nombreuses sources horticoles suggèrent même de planter une espèce différente de chacune rapprochées pour attirer davantage les insectes butineurs car ils rafolent du nectar des fleurs. Une chance parce que les courges sont monoïques. Ça veut dire que, sur un même pied, le plant possède à la fois les fleurs femelles et mâles mais à des endroits différents. Cette grande attirance fait en sorte qu’il y a des risques importants de croisements si vous ne respectez pas la distance recommandée de 800 mètres minimum entre chaque. Dans l’incertitude, faites de la pollinisation manuelle.

Fleurs mâle (à gauche) et femelle (à droite) de la citrouille (source: http://www.omafra.gov.on.ca/)

Lors de la récolte, vérifiez la maturité. Pour cela, l’écorce sera dure et vous ne devriez pas être capable d’enfoncer votre pouce et voir la trace de votre doigt sur cette dernière. C’est un truc. On suggère fortement d’attendre encore au moins 3 semaines après la récolte avant d’en extraire les graines. Les courges se conservent habituellement assez longtemps. Inutile de vous presser.

Au moment de l’ouvrir, enlevez les graines et la pulpe puis nettoyer le tout à l’eau claire. Une fois bien rincées, installez vos semences sur une surface sèche (ex: papier ciré) afin qu’elles puissent sécher complètement. Une manière pour être certain que le processus est terminé… les graines casseront si vous tentez de les pliez. Autrement, elles courberont. Mettez-les dans un sachet en papier opaque, en y inscrivant le nom de la variété et l’année de la récolte. Elles se conserveront pendant environ 6 ans.

Fabrication d’une cage d’isolation

Si comme plusieurs, vous récupérez les semences de vos fruits et légumes préférés il arrive qu’il soit impossible d’en conserver la pureté génétique en raison de la proximité d’un cultivar semblable trop près du vôtre. Par exemple, une distance recommandée de 165 mètres doit être prévue entre deux variétés de poivrons, 16 mètres pour les aubergines, 50 mètres pour les cerises de terre…

Tuyaux en PVC

Pour cela, vous pouvez trafiquer cette obligation en vous fabriquant des cages pour isoler vos plants. Vous pourrez ainsi en cultiver autant que vous voudrez.

Dans l’exemple ci-haut, les cages sont construites en cubes reliés au centre par deux sections amovibles de PVC (disponibles dans les quincailleries). C’est une idée astucieuse car, lorsque démontés, les tubes sont légers, résistants, peuvent facilement être stockés et ne rouillent pas. Cette construction permet d’utiliser des cages plus petites ou en relier plusieurs ensemble.

Pour la couverture, utilisez des filets le plus léger possible pour une pénétration maximale de la lumière et conserver une bonne aération. Pour le bénéfices des lecteurs, nous aimerions connaître un endroit au Québec où l’on pourrait acheter des toiles à des prix raisonnables.

section PVC

Aux contours des cages (derrière, à gauche et à droite), les filets sont enterrés pour empêcher les insectes de ramper dessous et le vent de les dérouler. Roulez ensuite les rabats latéraux autour de points d’ancrage avec des tiges d’armature  de 1/2 pouce ou tout autre objet assez pesant du même style. Cela plaquera fortement le tissus contre la terre. Gardez le devant uniquement tendu à l’aide de l’armature sans l’enterrer. Cela rend plus facile d’ouvrir un côté pour le désherbage ou pour la récolte.

En utilisant des barres d’armature en acier sur les côtés, cela agit comme une soupape de sécurité pour maintenir le dessus et les côtés suffisamment tendus pour ne pas qu’ils soient déchirés par de forts vents. Cela évitera aussi qu’il se déroule sous la pression, permettant  au vent de passer à travers et déchirer le tissus.

Barres d'acier

Il est à noter qu’il peut y avoir certains problèmes avec ce type de culture. Par exemple, si des pucerons pénétrent par inadvertance, cela peut causer des infestations assez graves puisque les prédateurs ne peuvent accéder aux insectes. Si une telle situation survenait ouvrez la porte (comme on le voit sur ​​la photo) pour permettre aux coccinelles et autres prédateurs de contrôler leur population.

Comment reproduire et conserver vos semences de céleri

Graines de céleri (source: http://www.creapharma.ch)

Connaissez-vous des jardiniers amateurs qui cultivent le céleri? Pour notre part, non et ça fait belle lurette qu’on visite des potagers. Lorsqu’on fait notre épicerie, nous nous désolons souvent de n’y voir qu’une seule variété. Le catalogue de Dupuy & Ferguson de 1932 en dénombrait pas moins de 13 sortes différentes. Une plus grande diversité en inciterait peut-être certains à en planter.

Quoi qu’il en soit, la production de semences de céleri est relativement facile mais demande de nombreuses manipulations car elle est biannuelle. En plus des maladies et des ravageurs, ça explique peut-être pour quelles raisons si peu de personnes produisent des graines.

Pourtant, elles se conservent jusqu’à 8 ans et peuvent être utilisées comme condiment, huile essentielle et dans divers remèdes.

Toutefois, entre 6 et 8 ans, elles perdent leur taux de germination d’au moins 50%. Pour ceux intéressés à produire des semences, il est important de savoir que même si les fleurs du céleri sont hermaphrodites, le céleri à tige (Apium graveolens var. dulce), le céleri-rave (Apium graveolens var. rapaceum) et le céleri-feuille (Apium graveolens var. secalinum) peuvent se croiser entre eux et qu’une distance de 800 mètres est obligatoire pour éviter une contamination croisée. Mais comme il n’y en a tellement peu qui en font pousser, vous ne risquez pas grand chose.

fleurs de céleri (source: http://salmiagondis.over-blog.com)

  1. Lors de la première année, cultivez votre céleri comme si vous souhaitiez le consommer frais. Pour la plantation, référez-vous aux instructions habituellement inscrites sur le sachet. Il est essentiel d’en planter plusieurs (minimum 7, selon nous) car rendu en automne, vous devrez choisir les plus beaux spécimens en santé répondant aux caractéristiques du cultivar.
  2. À l’automne, taillez les feuilles et les tiges presqu’au ras du sol. Déterrez le plant mais en conservant la motte de terre humide autour des racines. Replantez-les dans un pot. Faites attention de ne pas les endommager durant le processus.
  3. Rangez-les dans un abris humide aussi près que possible du 0 degré celsius… en chambre froide par exemple. Vous aurez peut-être à recouvrir les racines de terre supplémentaire. Certains vont même entourer le plant de paille. Ceci pour le protéger si la température descendait sous zéro. Assurez-vous que le plant ne manque pas d’eau durant l’hiver. Faites une vérification de temps à autre.
  4. Lorsque le printemps sera de retour, éliminez les feuille et les branches en mauvais état si elles ont poussées.
  5. Sortez vos plants et replantez-les au potager, espacés d’au moins 60 cm (2 pieds). Ils reprendront du tonus et ne soyez pas surpris s’ils deviennent volumineux. À cette étape, des tiges florales sont supposées poindre à partir du sol. Celles-ci devraient mesurer entre 60 et 90 cm (2 à 3 pieds). Certaines variétés pourraient exiger un tuteur.
  6. La récolte des graines se fait à intervalles irréguliers puisque les semences ne mûrissent pas en même temps. Prenez un sac en papier et secouez-les à l’intérieur. Cela vous facilitera la tâche.
  7. Inscrivez le nom et l’année de récolte du cultivar sur un sachet en papier que vous conservez dans un endroit sec, sans lumière et au frais.

Tomate… rouge ou rose?

Récemment, nous avons reçu un texte très intéressant (photographies à l’appui) composé par Madame Michèle Renaud concernant la manière d’identifier une tomate rouge versus une rose. Nous la remerçions chaleureusement de sa contribution à partager avec nous sa passion pour les tomates anciennes. Imaginez… elle en a cultivé près de 50 variétés cet été. Wow! Nous vous retranscrivons ici-bas son texte intégralement.

J’ai souvent été surprise de  trancher une tomate rouge et de constater que la chair était parfois  rose foncée ou pâle.  L’inverse se produit aussi, nombre de tomates dites roses ont la chair rouge vif.  Nous lisons trop souvent des descriptions imprécises de variétés de tomates où il est mentionné  que le fruit est rose rougeâtre ou rouge rosâtre.  Comment savoir si une tomate est rouge ou rose?

Peau rose

J’ai trouvé la réponse  dans le  livre100 Heirloom Tomatoes for the American Garden.  Le moyen d’identifier la couleur d’une variété de tomate est de prélever la peau d’un fruit mur et de gratter celle-ci pour en  retirer  la chair qui y adhère.  En regardant la peau devant une source lumineuse, on constatera qu’elle est soit jaune ou claire, dénuée de couleur.

Peau rouge

Les tomates rouges ont la peau jaune plus ou moins foncé,  alors que  les variétés  roses ont la peau claire. (texte: Michèle Renaud)

N’hésitez pas à cliquer sur les images pour une meilleure résolution.
Toutes reproductions de ces dernières et du texte sont interdits sans le consentement de Madame Renaud.

Comment reproduire et conserver vos semences de betterave

Graines de betterave (image: http://fr.123rf.com)

À cause de leur pollen extrêmement léger, la betterave peut se polliniser avec la betterave à sucre, la betterave fourragère, la bette à carde et d’autres betteraves potagères. La distance d’isolement recommandée se situera entre 3 et 8 kilomètres.

Ainsi à l’automne, récoltez les plus belles racines (bien formées, exemptes de meurtrissures et/ou de maladies apparentes). Il y a de multiples raisons pour cela:

  1. Il y a malgré tout des chances qu’il y ait des pertes pendant l’entreposage durant l’hiver.
  2. La betterave à besoin d’autres plants pour produire des semences.
  3. Cela assure une diversité génétique.

Tige florale de betterave (image: http://encyclo.voila.fr)

Nous n’avons trouvé aucune documentation indiquant le nombre de racine-mères à conserver ou à planter pour assurer la meilleure diversité génétique possible.  Chez-nous, c’est minimum 7 mais plusieurs experts s’entendent pour dire que plus il y en aura, mieux se sera.

Habituellement, elles seront mises en chambre froide et pour notre part, nous les enterrons dans du sable pour éviter qu’elles ne se dessèchent.

Lorsque le printemps sera de retour, plantez-les espacées de 30 à 60 centimètres (ça dépend de la grosseur de vos cultivars) en carré et ce, jusqu’au collet. Par inadvertance, nous avions laissé le col d’une betterave hors du sol et il avait pourri durant l’été. Ouachhhh! Dégueulasse. Mais les insectes avaient adoré.

Vous verrez par la suite apparaître une hampe florale pouvant atteindre facilement 1,2 mètre de hauteur. Tuteurez. Ne soyez pas surpris car il y aura de nonbreuses tiges sur la même.

Vous pouvez dès lors, cueillir les glomérules (graines) au fur et à mesure  lorsqu’elles tourneront au brun pâle, seront sèches et bien dodues ou encore, coupez les tiges au ras du sol pour les suspendre dans un endroit sec et aéré.

Ceci, afin qu’elles poursuivent leur maturation à l’abris des intempéries. C’est aussi plus facile de récolter les graines lorsque vous aurez deux minutes au lieu d’attendre qu’elles brunissent au jardin.

Frottez pour retirez les semences et débarassez-vous des débris avec un tamis. Ensachez-les dans une enveloppe brune en inscrivant le nom de la variété. Gardez-les au frais à l’abris de la lumière. Vos semences devraient se conserver pour une période de 4 à 5 ans mais pourraient déjà perdre 50% de leur potentiel de germination dès la 6e année.

Bonne fin de semaine!

L’ensachage des fruits

L'ensachage des fruits (photo: Jean-Claude Vigor, Le Devoir 7 et 8 août 2010)

L’ensachage des fruits est une technique ancestrale qui s’applique à la pomme, la pêche, le raisin et la poire.. Elle n’est plus utilisée de nos jours car elle a été remplacée par toutes sortes de méthodes phytosanitaires… pas toujours naturelles mais plus productives.

Em fait, pour l’industrie, cela s’avèrerait trop coûteux en main-d’oeuvre. Mais pour les amateurs possédant quelques arbres fruitiers ou pour les entreprises avec un marché très lucratif, c’est une belle manière d’obtenir de très beaux fruits biologiques, sans tache ou meurtrissure et à l’abris des prédateurs. Surtout la carpocapse, un papillon qui pond ses oeufs dans les fruits à pépins et noyaux. Une fois éclos, la larve se délecte du fruit le rendant impropre à la consommation. Cette méthode vous permettrait d’obtenir des fruits plus gros avec une peau plus mince et un fait intéressant à considérer, une couleur plus vive lorsque vous enlèverez le sac, 2 semaines avant sa récolte.

En effet, privé de lumière pendant sa croissance (en utilisant des sacs de papier brun de type Kraft), contrairement à l’image ci-contre, le fruit devient très sensible à la lumière et sa peau réagira vivement sous les rayons. Vos yeux en seront ravis. La technique est très simple et peu coûteuse en matériel. Ça prend surtout du temps!

Ça vous intéresse d’en savoir davantage, consulter le site POMUM qui vous montrera, photos à l’appui, comment préparer le matériel nécessaire et la méthode pour ensacher vos fruits.