La conservation des fruits et légumes (prise 2)

Les conserves (Minstère de l'Agriculture de la province du Québec, 1937)

Pour les assidus de ce blogue, vous vous souviendrez qu’il y presque trois mois, je vous conviais à une démonstration de Tuperware organisée par ma conjointe et une de ses amies. Ce fût une belle réussite. Rassurez-vous, je ne réitère pas l’invation car nous avons donné.

En fait, j’avais exprimé à ce moment ma profonde aversion de voir pourrir nos provisions par manque de gestion.  Nous nous sommes donc depuis équipés, vous vous en douterez, de contenants aidant à une meilleure conservation des fruits et légumes.

Par ailleurs, j’ai rencontré, il y a quelques semaines, une personne nous ayant aidé dans notre potager il y a deux ans. Celle-ci avait un rêve d’apprendre le métier de forgeron, établir sa forge dans l’est du Québec, y faire du surf et construire son potager. Je suis sûr qu’elle se reconnaîtra si elle lit ces lignes. Elle se demandait comment éventuellement conserver cette nourriture.

 Je me suis donc souvenu de cet article écrit plus tôt et m’étais promis d’écrire à nouveau sur le sujet des conserves. Il existe de nombreux sites, ouvrages et blogues traitant de ce thème. Mais, comme vous le savez maintenant, nous tentons d’y mettre un peu de piquant et d’aborder l’idée de la manière de nos ancêtres.

Ainsi, nous avons pu mettre la main sur un document de 1937 intitulé: Les conserves. Écrit par le Ministère de l’Agriculture de la province de Québec, le document nous révèle la manière dont on s’y prenait à cette époque. Suivez les étapes 1 à 12. Nous ne sommes pas des spécialistes des conserves mais nous aimerions bien avoir quelques commentaires à savoir si, encore aujourd’hui, après 74 ans, la méthode demeure la même. Vous pouvez cliquer sur les images ci-dessous et les agrandir. Bonne fin de semaine!

Comment faire la mise en conserve à la maison en 1937 (étape 1 à 6)

Comment faire la mise en conserve à la maison en 1937 (étape 7 à 12)

Comment reproduire et conserver vos semences de concombre

graines de concombre

Vers la mi-été, identifiez un plant sain. Assurez-vous qu’il aura été suffisamment espacé d’une autre variété (800 mètres à 1 kilomètre) pour éviter un croisement.  Si vous croyez ne pouvoir respecter cette distance, nous suggérons la pollinisation manuelle. Celle-ci devra être faite dès que les fleurs apparaissent et ce, avant qu’elles n’éclosent.

Pour ma part, je choisis 3 plants différents pour assurer une bonne diversité génétique mais aussi sélectionner les spécimens répondant aux caractéristiques du cultivar ancien. Il est important de reproduire les mêmes attributs pour ne pas le dénaturer; à moins que ce soit votre intention.

Faites donc mûrir les concombres choisis sur le plant jusqu’à ce qu’ils deviennent très gros et complètement jaunis.

À cette étape, ils seront rendus impropres à la consommation humaine. Comme je produis de la semence pour en échanger, j’en prends environ 2 ou 3 par plant mais pour vos besoins personnels, un ou deux suffiront.

Récoltez et coupez-les en deux dans le sens de la longueur. Retirez les graines avec l’aide d’une cuillère. Nettoyez-les à l’eau claire pour enlever le surplus de chair. Pour les variétés avec beaucoup de chair, nous les faisons tremper dans un récipient rempli à quantité égale d’eau et de chair qu’on laissera à température ambiante pendant 48 heures. Nous prendrons soin de brasser cette mixture 2 fois par jour afin que la chair se détache tranquillement des semences grâce à la fermentation. Installez les graines sur un papier ciré et laisez-les sécher plusieurs jours à la température de la pièce. Tadam! Elles sont prêtes. Ne reste qu’à les insérer dans un sachet opaque, inscrire le nom de la variété et l’année de la récolte. Gardez le tout au sec à l’abri de la lumière.  Elles se conserveront pour une période de 10 ans.

La courge Canada crookneck

Courges Canada Crookneck

Courges Canada Crookneck

Lorsqu’on recule dans le temps, les frontières du Québec d’aujourd’hui ne sont pas celles d’hier. On a qu’à penser aux territoires amérindiens avant la découverte du continent par Jacques-Cartier, celles du Haut et du Bas-Canada (1791-1841) ou nos délimitations géographiques actuelles pour comprendre qu’il peut devenir difficile d’établir si une variété de fruits ou de légumes poussait bel et bien au Québec.

C’est l’une des réalités qui survient en scrutant des variétés indigènes très anciennes (avant 1700) comme la Canada Crookneck. Cette courge de couleur jaune clair très rare peut atteindre jusqu’à 30,5 cm aurait été cultivée par les iroquois. Comme ils étaient installés dans la Vallée-du-Saint-Laurent, on peut se douter qu’elles y poussait. Vous la reconnaîtrez facilement au bout de sa tige courbée. C’est cette particularité qui a fait en sorte qu’elle a été baptisé sous différentes appellations au Québec francophone.

Par exemple, le catalogue illustré de William Evans de 1878, fait référence à la croche d’hiver du Canada. Provencher, dans son ouvrage de 1885, fait quant à lui allusion à la cou-croche du Canada. On peut remonter ainsi très loin dans les écrits mais on doit pour cela consulter la documentation anglophone.

Ainsi, elle est décrite commercialement pour la première fois aux États-Unis par le grainetier de Boston Charles H. Hovey en 1834.

Culture: Semer à l’extérieur sur butte 2 à 3 graines à environ ½ pouce de profondeur espacée de 18 à 24 pouces. Par contre, des semis intérieurs peuvent aussi être faits 3 à 4 semaines avant la dernière date de gel au sol. La température optimale de germination est de 85-95 degré Fahrenheit. Fertiliser avec une émulsion de poisson si les plants démarrés à l’intérieur commencent à jaunir. Pour endurcir les plants, réduisez la température, l’arrosage et la fertilisation. Transplanter lorsque tout risque de gel au sol est passé. À notre humble avis, démarrez vos plants directement à l’extérieur si votre région le permet. Croyez-vous que les amérindiens démarraient leurs semis à l’intérieur?  Maturité 100 jours. Serait à son meilleur pour la consommation lorsque la tige atteindrait environ une quinzaine de centimètres.  Dégustez en salade ou cuite.

La beauté des tomates anciennes

Tomates anciennes (image: Claudine Brizou)

Vous aimez les tomates? Et bien vous serez servi avec Tomodori, une ressource impressionnante sur des centaines de tomates anciennes. Couleurs, formes, grosseurs, textures et sûrement saveurs sont au rendez-vous. Cette banque d’information est mise à jour par des membres où vous retrouverez photographies, souvent de belles qualités, historiques, anectodes, caractéristiques spécifiques à chacune des variétés, bref, n’hésitez pas à le consulter.  Tomodori a justement produit deux animations dynamiques mettant en vedette plus d’une centaine de ce beau fruit. Nous parions que vous ne cultiverez plus jamais des tomates « commerciales ».

Alors, cliquez sur les liens vidéos, agrandissez l’image et monter le son!

1) Tomates et couleurs (version 1)
2) Tomates et couleurs (version 2)

Sur les traces du concombre Tante Alice (acte 2)

Vous souvenez-vous de notre articles du 15 novembre 2010  « Sur les traces du concombre Tante Alice (acte 1) »? Nous tentions de retracer l’historique de cette variété car trop de gens reproduisaient la même description de manière infinie soit:

Variété du patrimoine cultivée par madame Alice Gosselin 90 ans du comté de Dorchester au Québec.

Trop simple à notre goût, nous avons tenté de connaître l’histoire au complet.

Après plusieurs contacts, recherches et démarches, certaines questions demeurent encore sans réponse pour le moment mais nous levons tranquillement le voile sur ce cultivar sauvé in extremis de la disparition complète.

Concombre Tante Alice (Image: http://www.seeds-organic.com)

En effet, en 1998, Antoine d’Avignon, un représentant aujourd’hui décédé du Semencier du Patrimoine Canada, offrait pour la première fois aux membres de cet organisme des graines de ce concombre hérité en 1997 de Madame Alice Gosselin (supposément du comté de Dorchester … à vérifier). Qualifié de « particulièrement savoureux, charnu et presque sans pépins » par Monsieur d’Avignon, cette dame âgée de 88 ans (en 1997) ne voyant aucun intérêt chez ses enfants à perpétuer ce légume qu’elle cultivait depuis longtemps et lui légua une poignée de ses semences dans l’espoir qu’elles lui succéderait. C’est pour cette raison qu’en mémoire de Madame Gosselin, il fût nommé « concombre tante Alice » par Monsieur d’Avignon.

Par la suite, nous avons pu retracer les écrits de 4 personnes ayant reçu pour la première fois des semences de Monsieur d’Avignon et les ont ré-offertes l’année suivante dans l’annuaire d’échanges de l’organisme. Voici leurs commentaires:

(1) Large fruit has flesh which is perfumed, easily digested, and has a superior taste. Skin is hard and bitter – so peel off. Prolific, no disease. The best cucumber that I have grown in a long time. Still grown by Tante Alice Gosselin, 90 years old, in Dorchester county, Quebec. An heirloom variety.

(2) A big fruited, garden variety of high quality reminiscent of the English greenhouse variety. Quebec heirloom. 

(3) Large fruit with perfumed flesh that has superior taste, is crisp & juicy and easily digested. Skin is hard and inedible – must be peeled off. Disease resistant. Heirloom variety. Original source traced to Tante Alice Gosselin, Dorchester, Quebec.70 days to maturity.

(4) Large fruit has flesh which is perfumed, easily digested and has superior taste. Skin is hard and bitter – so peel off. Prolific, no disease observed. This mid-season, semi-bush type is still grown by Tante Alice Gosselin , 88 years old . A real heirloom variety

Voici, semblerait-il, le début officiel de l’histoire.    

Nous poursuivons nos investigations car il manque des données à notre enquête.
Nous voudrions remercier les personnes nous aidant dans nos démarches; c’est très apprécié. 

Vous lirez la suite dans l’acte 3.
Bonne fin de semaine!

Les fruits du Québec, Histoire et tradition des douceurs de la table

Ayant fait, moi et ma conjointe, chacun une Maîtrise universitaire, nous avons dû produire un projet de recherche (essai ou mémoire) pour l’obtention de notre diplôme.

Pour ma part, cette partie de ma formation m’a amené à identifier une question découlant d’une problématique liée à mon domaine d’études. Pour y répondre, l’une des premières étapes a été la recension des écrits sur le sujet.

Ainsi, lorsque nous nous sommes penchés sur l’étude des anciennes variétés du Québec, notre réflexe premier a donc été aussi de scruter la documentation sur ce thème pointu. Elle était bien mince ou du moins bien cachée. Et lorsqu’une source crédible nous arrivait entre les mains, nous nous précipitions aux pages des références pour constater le sérieux de la réflexion et du bien-fondé des propos. Mais aussi (hi!, hi!, hi!) gagner du temps en identifiant directement les documents les plus susceptibles de rejoindre nos intérêts et les consulter.

Quand même, si quelqu’un s’est donné la peine de fouiller, pouquoi refaire les mêmes efforts. La misère est optionnelle, non?

C’est ainsi qu’en 2002, nous faisions l’acquisition du livre « Les fruits du Québec, Histoire et tradition des douceurs de la table ».  Écrit par Paul-Louis Martin, historien et ethnologue, il est aussi le propriétaire de la maison de la prune située à Saint-André de Kamouraska dans le Bas Saint-Laurent. Il traite avec beaucoup de rigueur (photographies d’époque, faits véridiques, documents et propos de personnages historiques) de l’évolution de la culture fruitière au Québec, du temps de la colonisation jusqu’à la production industrielle moderne.

Son must, selon le point de vue de ce blogue évidemment, est, entre autre, de décrire les anciens cultivars tels:

  • Les poires: Savignac, Beauté flamande, Bon-Chrétien d’été, favorite de Clapp, Doyenne blanche de Montréal ou Louise Bonne de Jersey
  • Les pommes: Fameuse, Saint-Laurent d’été et d’hiver, Bourassa, Grise de Montréal, Calvilles rouges et blanches, Alexandre, Duchesse, McIntosh, Jaune transparente
  • Les pommettes: Belle de Montréal, Cirée de Montréal, Rouge transcendante, Jaune de Sibérie et Dolgo
  • Les raisins
  • Le melon de Montréal
  • Les prunes: Sauvage, Damas bleue, Reine-Claude de Montmorency et Lombard
  • Les cerisiers: Montmorency, de France et de La Duc de Mai
  • L’abricot et la pêche de Montréal

Sans oublier les petits fruits mais de manière plus générale (fraise, framboise, bleuet, gadelle, groseille, canneberge, airelle et autres petits fruits sauvages).

Aux coûts de 34.95$ en version papier ou 26.21$ en format électronique aux Éditions Septentrion, c’est une belle acquisition de plus de 200 pages à inclure dans votre bibliothèque (murale ou virtuelle), pour l’amateur ou le passionné d’histoire horticole.

Pour un aperçu, dirigez-vous sur Google-livres.

En tous cas, il nous sert fréquemment à identifier des pistes de recherche.
Bonne lecture!

Comment reproduire et conserver vos semences de haricot

La production de semences de haricot est archie facile.

Tout d’abord, prévoyez 50 mètres de distance entre une même variété pour éviter la pollinisation croisée. Il serait bête de faire pousser vos haricots anciens à côté d’un voisin qui lui, a planté des hybrides. Songez à ça.

Par contre, la nature fait bien les choses car des espèces différentes ne se croiseront pas entre elles.

Par exemple, le haricot grimpant (phaseolus vulgaris) pourra pousser aux côtés du haricot d’Espagne (phaseolus lunatus) sans inconvénient. Le nom latin sur le sachet est essentiel. Pour connaître les différentes familles des fruits et des légumes, je vous suggère fortement de commander le livre très abordable (12.00$ frais de poste inclus): la conservation des semences du patrimoine.

Pour en revenir à la production de semences de haricot, conservez quelques gousses sur le plant  que vous laisserez sécher totalement. Davantage si, comme nous, vous voulez faire des échanges. La graine comestible au départ, deviendra après quelques semaines dure et changera de couleur. Le temps de récolte varie en fonction des humeurs de dame nature. Récoltez-la en après-midi lorsque le soleil aura fait sécher la rosée et enlevé toute humidité dans le plant.

Pour être sûr de mon coup, je les laisse dans la gousse quelques jours dans la maison à l’air ambiant dans une pièce relativement sec, histoire de ne pas donner de chances à la moisissure d’attaquer les graines. Lorsque vous les enlèverez de la gousse, elles devraient être lisses, dures et luisantes. Un simple test pour vérifier si elles sont prêtes : pesez fort avec votre ongle sur la graine. Vous ne devriez pas voir la trace de votre ongle.  Aucune marque, elles sont prêtes.

Une fois séchée, mettez-les dans un pot hermétique vitré récupéré (ex: pot de confiture) à l’ombre et au sec. N’oubliez pas d’inscrire le nom du cultivar et l’année de la récolte. Et voilà! Elles se conserveront pour au mois 4 ans mais, déjà au bout de ces quatres années. elles auront perdues 50% de leur taux de germination.

Pour augmenter leur longévité, certaines personnes les conserveront au congélateur dans un contenant opaque hermétique à -20 degrés celscius. En laissant le couvercle fermé et dans ces conditions, elles augmenteront leur pouvoir de germination quasi indéfiniment. Si c’est votre intention, évitez de congeler et décongeler les semences. Cela aura pour effet de détruire les cellules de la graine et d’affecter ce pourquoi vous souhaiter les garder longtemps.

Avec le temps, vous apprécierez la diversité des couleurs entre chacune des variétés; un vrai plaisir pour les yeux.

Une ambassatrice de la biodiversité n’est plus!

Diane Joubert 1958-2011 (image: Canal-Vie) Émission Les dessous de votre assiette (février 2010)

C’est avec une surprise infinie et autant de tristesse que Nathalie AntayaMA reine des tomates, m’a annoncé le décès survenu le 03 janvier 2011 de Diane Joubert, 52 ans, représentante régionale du Semencier du Patrimoine depuis une multitude d’années. Titulaire d’un baccalauréat en ergothérapie, d’une maîtrise en sciences de la réadaptation et d’un certificat en sciences de l’environnement, elle avait dédié sa vie à de nombreuses causes touchant de près sa communauté notamment celle de la préservation de la biodiversité.

Pour vous donner une idée de son degré d’implication, elle avait été porte-parole d’un groupe de citoyens en 1999 pour la sauvergarde d’un boisé à Saint-Lambert. 

Elle s’était même présentée comme candidate au Parti Vert aux élections fédérales de 2008 dans cette même circonscription.

C’est à elle qu’on doit notamment l’instauration du mouvement des fêtes des semences au Québec depuis maintenant 10 ans.

Il y a longtemps (j’en ai oublié l’année), je l’avais rencontré pour la première fois lors d’une de ses nombreuses conférences sur la culture des légumes anciens offertes par les amis du Jardin Botanique de Montréal. J’avais même entretenu avec elle des projets de rédaction d’un volume sur les anciennes variétés du Québec.

Malheureusement, la vie a eu d’autres plans pour moi mais ça m’avait confirmé son volontarisme convaincu, une qualité qui se perd beaucoup aujourd’hui. Je peux dire avec conviction que c’est elle qui m’a conscientisé à m’impliquer à ma manière à la sauvergarde du patrimoine horticole.  Selon ses propres dires:

Nous créerons notre propre réalité. Le changement pour l’harmonie s’opère d’abord en soi, puis il se reflète dans l’environnement.

J’aimerai, en mon nom personnel, lui témoigner ma plus grande admiration pour ses réalisations à l’amélioration de la vie humaine ainsi que  mes plus sincères sympathies à sa famille et ses proches. Je planterai un arbre à son souvenir tel que souhaité dans son avis de décès.

Le Paw Paw

Prononcez POW POW!

Oui mesdames et messieurs, vous pouvez planter cet arbre aux allures tropicales pouvant survivre jusque dans les régions zonées 4 (-25 degrés celsius) car il est indigène du sud du Québec.

Personne ou presque ne le connaît et encore moins en cultive. Il m’a été présenté il y a environ 5 ans lors d’une conférence sur les espèces hoticoles en devenir. Rien ne semble l’attaquer que ce soit insecte ou maladie.

Atteignant 3 mètres à maturité, il est idéal pour les petits espaces derrière la maison.

Fleur de paw paw (photo; François Lebel)

Cependant, certains mesurent jusqu’à 10 mètres de hauteur dans les régions plus au sud. Il adore l’ombre partielle mais assurez-vous qu’il ait les racines dans un sol où vous aurez ajouté une bonne dose de matières organiques. Gardez la terre constamment humide sans pour autant qu’il soit détrempé. Les grandes pluies du printemps sont excellentes.

Fleur de paw paw fertilisée (photo: François Lebel)

Pour cela, ne lésinez pas sur le paillis à la base (ex: copeaux de bois).  Le fruit d’un poids de 150 à 450 grammes se compare à un mélange de banane, mangue et ananas. Il se récolte vers la fin septembre lorsqu’il tombe par terre. Il est suggéré de planter un deuxième arbre pour sa pollinisation qui se fait par le vent et d’autres insectes. Il est curieux de noter que les abeilles ne sont pas attirées par les fleurs qui apparaissent tôt au printemps. Bon potentiel commercial car productif.

 N’oubliez pas de lire le commentaire de François Lebel qui cultive cette variété au Québec depuis 2004. Nous le remerçions pour les belles photographies. Disponible à la pépinière Grange verte ou en commande spéciale auprès de votre pépinériste, mais si vous choississez cette dernière option, vous allez payer des frais supplémentaires pour l’intermédiaire.

L’épinard Norfolk

Épinard Norfolk (image: http://www.heritageharvestseed.com)

La recherche d’anciennes variétés est une véritable chasse au trésor, surtout si de surcroît, elles sont très rares. On ne sait jamais de quelles manières, ni de quels endroits elles vont provenir.

À l’occasion, ce sont des collectionneurs privés, des artistes engagés, un hasard d’une rencontre imprévue, la visite d’un potager, une référence d’un blogue obscur (un peu comme le mien), etc.

Cette fois-ci, les graines de ce cultivar d’épinard très rare proviennent d’un couvent, plus spécifiquement de la congrégation des Soeurs Saint-Vincent-de-Paul à Kingston en Ontario.  Je vous invites à visiter  la section ¨seed sanctuary » (en anglais seulement).

Semences Épinard Norfolk

En effet, ces religieuses préservent plus de 400 cultivars de légumes, fines herbes et fruits dans leur jardin fondé dans les années 1930.  Vous retrouverez des bijoux ayant été cultivé depuis plus de 100 ans. J’ai eu un brin de nostalgique lorsque j’ai reçu mon sachet de semences sur lequel était inscrit des infos tapées à la dactylo.

J’ai ainsi pu mettre la main sur cette variété en danger d’extinction supposément développée au Québec dans les années 1880. Le catalogue de Ewings Seeds de 1914 fait référence à la variété « Norfolk-Savoy ». Le catalogue de Reenie’s de 1920 quant à lui fait référence à la variété  Norfolk comme pouvant aussi s’appeller « Bloomsdale Savoy-Leaved ». Si c’est le cas, et bien nous sommes en présence d’une semence qui s’est fait renommer.

En effet, on retrouve ce cultivar aux États-Unis, plus pécifiquement à Omaha au Nébraska dès 1898.  Nous cherchons encore à confirmer si notre théorie se tient. En attendant, nous l’inscrivons à notre palmarès des légumes du Québec.

Graines d’épinard Norfolk

Culture: L’épinard aime le froid. Lorsqu’il commence à faire chaud, il monte en graines. C’est pourquoi vous pouvez le semer très tôt directement au jardin au printemps (en début avril ou dès que le sol peut être travaillé) ou très tard en automne (fin septembre). La variété Norfolk, selon certaines sources, pourrait même résister à des températures allant sous -35 degrés celsius (vous avez bien lu!), s’il est protégé du vent glacial. J’avoue douter beaucoup mais c’est en expérimentant qu’on saura.  Malheureusement, il est top tard pour cette année mais un jour, nous tenterons le coup. brrrrr!  Envoyez-nous vos commentaires si vous avez déjà fait l’expérimentation.