• À propos…
  • Pour commander (arrêt définitif des activités)

Potagers d'antan

~ – Découvrez les fruits et légumes rares du Québec –

Potagers d'antan

Archives d’auteur : Michel

Comment reproduire et conserver vos semences de poivron / piment

09 dimanche Sep 2012

Posted by Michel in Production de vos semences

≈ 5 commentaires

Graines de poivrons (photo: http://www.bio-aude.com)

Lorsque vous déciderez de produire des semences de poivrons / piments, assurez-vous de disposer d’une distance d’au moins 200 mètres entre chaque variété pour éviter un croisement. Si ce n’est pas possible, utilisez une cage d’isolation. Les fleurs de poivrons et de piment sont autogames, c’est-à-dire:

Une plante pour laquelle la fécondation s’effectue sans recours au pollen d’autres individus. On dit qu’elle s’autoféconde. Ce processus fait que les fleurs autogames se reproduisent fidèlement, contrairement aux fleurs allogames.

Dû à cette particularité, et si vous utilisez une cage d’isolation, brassez un peu les plants à chaque 2 jours pour assurer une pollinisation manuelle.

Par la suite, laissez mûrir les fruits jusqu’à maturité. Rentrez vos fruits poursuivez le mûrissement encore 2 ou 3 jours supplémentaires à l’intérieur de la maison à la température ambiante. L’attrait dans la production de semences de poivron ou de piment, c’est qu’elle ne nécessite aucune fermentation mais seulement un temps de séchage.

De fait, comme la graine n’ a aucune couche gélatineuse comme la tomate, la tâche est simplifiée.

Vous commencerez donc par laver le fruit, les coupez en deux en prenant soin de laisser les graines et le placenta (voir photo ci-haut).  ATTENTION: Pour les piments forts, portez des gants épais et un masque car vous pourrez vous brûler à cause des vapeurs irritantes. Cette technique est plus rapide mais attire les bibittes (petites mouches) après quelques temps. D’autres s’y prendront de manière différente et détacheront directement, avec un couteau, toutes les graines et les déposeront sur un papier ciré qu’ils feront sécher pendant quelques jours.  Une fois le séchage complété, enlevez les graines ternes, déformées, rongées par les insectes, vides ou ayant un aspect maladif. La littérature fait souvent mention qu’en général, les plus grosses graines possèdent une vigueur germinative.

Néanmoins, même si elles bénéficient d’une réserve d’énergie supplémentaire si jamais les conditions de germination sont difficiles, il est aussi important de sélectionner les petites car rien n’indiquent qu’elles ont moins d’intérêt.

Enfin, vous pourrez déposer vos graines séchées dans un sachet en papier opaque, au sec. Elle se conserveront pendant 3-4 ans.

Le potager de la discorde

27 lundi Août 2012

Posted by Michel in Visites de potager

≈ 3 commentaires

Résidence de chez Josée Landry et Michel Beauchamps (fin août 2012)

En 2012, Josée Landry et Michel Beauchamps ne se doutaient sûrement pas que leur potager allait générer une telle controverse au sein de la communauté de Drumondville et qu’elle allait même faire le tour du monde.

En effet, après s’être informés de la règlementation municipale concernant l’aménagement en façade de leur maison, ils se sont décidés à y aménager leur potager afin qu’il puisse profiter du plein soleil et de la protection contre les vents grâce aux grands arbres de leur voisinage.

De fait, l’arrière du terrain n’aurait pu y accueillir autant de biodiversité car trop ombrageux mais aussi occupé à 95% par la piscine, le patio, la remise et le coin BBQ. « J’avais un magnifique espace innoccupé en avant ». « Pourquoi ne pas en profiter » déclara Monsieur Beauchamps.

Quelle ne fût cependant leur surprise de recevoir durant l’été des avis répétés de la municipalité les obligeant à déconstruire leur aménagement avant le mois de septembre 2012. « J’avais respecté la règlementation en vigueur », disait-il. « J’ai rencontré l’urbaniste, les conseillers municipaux, rien n’y faisait ». « On ne pouvait pas me répondre, ni me justifier pour quelles raisons je devais détruire mon potager construit de nos mains aux coûts de plusieurs centaines de dollars » renchérissa t-il. « C’est très beau et bien entretenu ». Maintes personnes les encourageaient à poursuivre leur combat et il n’en fallu pas plus pour qu’après quelques photos bien placées sur Internet, la nouvelle éveilla l’intérêt de milliers de personnes. « Nous avons reçu plus de 8000 visites sur leur blogue en une seule journée » semblait s’étonner Monsieur Beauchamps visiblement surpris par une telle réception et les visites continues devant chez-lui.

Il n’en fallait pas plus pour intéresser les médias sociaux, la télévision, la presse écrite et la pression des citoyens pour que la ville et plus spécifiquement la mairesse, Madame Francine Ruest Jutras comprennent que le débat valait la peine qu’on revoit la manière d’encadrer l’aménagement en façade des résidences. Un sursis leur a donc été accordé…. jusuq’en mars 2013"… pour le moment. Ceci, pour diminuer la pression.

Après avoir rencontré le couple en fin de semaine dernière suite à leur invitation, ils ont manifesté leur étonnement face à la main mise de la pelouse dans la vie des citoyens propriétaires mais aussi été subjugué par les préjugés, souvent saugrenus concernant un potager en façade. Ils se sont dits d’autant plus surpris qu’avec les discours actuels concernant le développement durable, la diminution des gaz à effets de serre, la protection de l’environnement, la production de fruits et légumes locaux, ils ont dû recourir à un BED-IN pour faire prendre conscience aux gens qu’il y a encore tant de chemins à faire pour changer les mentalités si encrées dans l’uniformité.

Visiter leur blogue le potager urbain pour mieux comprendre leur cheminement mais aussi connaitre les prochaines actions de ces deux personnes forts sympathiques. Imaginez… c’était la première fois qu’il faisait un potager. Nombreux sont ceux qui se seraient découragés avant. Bravo! Re-bravo! et re-re-bravo!

Carte postale d’août 2012

26 dimanche Août 2012

Posted by Michel in Carte postale du mois

≈ Laisser un commentaire

Jardin de la gare Medecine Hat, Alberta 1887 (source: archives Glenbow NA-200317)

Les jardins de gare font leur apparition en Grande-Bretagne en même temps que s’y développe le système ferroviaire. Au Canada, en 1868, on parle des jardins de gare dans la publication Canada farmers, en particulier de celui du dépôt de Guelph en Ontario et des « autres jolis jardins le long de la voie de la division centrale du Grand Tronc ». Les plantes sont payées par l’employé et la compagnie fournit la clôture et aménage le sol.

Rapidement les compagnies ferroviaires comprennent l’importance de la gare: lieu de rencontre pour la collectivité. C’est aussi le lien avec le monde extérieur. Si cet endroit est chaleureux et accueillant, se dit-on, il sera attirant pour les immigrants et les touristes.

On décide donc de fleurir la gare et ses environs afin de montrer la richesse du sol et de promouvoir l’agriculture. On voit ainsi le jardin comme un moyen d’éducation pour la colonisation des terres.

Ci-dessus, le jardin de la gare Medecine Hat du chemin de fer Canadien Pacifique d’Alberta en 1887. La ligne vient d’être terminée et déjà la compagnie met l’accent sur l’embellissement des gares afin d’attirer les colons.

Gagnante de notre concours estival 2012

20 lundi Août 2012

Posted by Michel in Non classé

≈ Laisser un commentaire

Calendrier Marchand A. Ouellet (1932)

Nous voudrions féliciter Madame France Montplaisir d’avoir remporté notre concours estivale.

En effet, celle-ci s’est méritée nos bulbilles d’oignons égyptiens comme prix.

Comme par le passé, vous avez été nombreux a y participer et nous remerçîons chacune et chacun d’entre vous d’avoir pris le temps de nous envoyer vos réponses et parfois avec quelques mots d’encouragement. Même si ça ne vous donnait pas de chances supplémentaires de gagner, ces mots nous touchent à chaque fois.

Néanmoins, si ça peut vous réconforter, personne n’a eu la bonne réponse au sujet de notre question-quizz à savoir:  Quelle est, selon vous, l’année de ce calendrier? 1932 (voir réponse ci-contre)

De fait,  le magasin-général du marchand A. Ouellet de Saint-Roch-des-Aulnaies, dans le comté de l’Islet offrait à cette époque une diversifiée de fruits et légumes spécifiquement du Québec puisque cette région en offrait en abondance et en diversité.

Encore une fois, félicitations à la gagnante et meilleure chance aux autres la prochaine fois.

Le concombre Tante Alice

18 samedi Août 2012

Posted by Michel in Légumes du Québec

≈ 7 commentaires

Concombre Tante Alice

Depuis plus de 9 ans, toutes nos tentatives pour retracer l’historique du concombre « Tante Alice » se sont avérées vaines. Pour débuter nos recherches, nous possédions une mince description reproduite de manière infinie sur le web soit:

Variété du patrimoine cultivée par madame Alice Gosselin 90 ans du comté de Dorchester au Québec.

Trop simpliste à notre goût, nous voulions connaître la vraie histoire pour la partager. Mais j’imagine que le destin s’organise pour placer sur notre chemin les bonnes personnes au moment voulu.

En effet, par un curieux concours de circonstances, Lyne Bellemare, coordonnatrice des communications pour le Semencier du patrimoine reçoit un peu plus tôt cette année la tâche de dénicher des renseignements supplémentaires sur cette variété. En contactant des membres dont Monsieur Paquet, celui-ci se souvient de l’émission télévisuelle « Découverte » enregistrée le 22 octobre 2001 durant laquelle on parle de ce légume. Durant cet épisode, l’équipe de reportage interview Antoine d’Avignon (aujourd’hui décédé), celui ayant reçcu des semences de cette supposée « tante Alice ». Selon les propos de ce dernier, ce sont ses neveux qui, en visitant ses plates-bandes, lui auraient apportés des graines quelques années plus tôt.

Marie-Alice Gosselin Laflamme (1908-2005)

En consultant la correspondance entre les deux individus (Alice et Antoine), c’est plus spécifiquement son neveu, Marcel Gosselin, qui, après avoir visité les jardins de Monsieur d’Avignon à Pintendre, prit la décision de demander à sa tante s’il pouvait remettre des semences à cet ancien responsable du semencier du Patrimoine (section Québec). Après cet échange et comme le concombre n’avait pas de nom, ils décidèrent de jumeler les noms Alice (en l’honneur du prénom de sa tante) et Gosselin (du nom de famille de Marcel). Et voilà… le fameux concombre Tante Alice Gosselin était né.

D’ailleurs, selon les dires de ses filles, Yvonne et Marie-Andrée, leur mère (de son vrai nom: Marie-Alice Laflamme Gosselin) n’a jamais nommé ce cultivar qu’elle a elle-même créé. Leurs souvenirs passés font croire qu’il serait le croisement entre un concombre offert dans un catalogue de semences de l’époque, l’entreprise Hector L. Déry et un autre inconnue. Mais là… rien n’est certain. Pour prouver leurs dires, elles avaient en leur possession un flacon recèlant quelques graines recueillies en 1990 par Alice elle-même. À l’intérieur, un papier écrit de sa main inscrit « graines des beaux gros concombre ». La rencontre avec ces deux filles fût réellement une révélation.

De gauche à droite: Alice Gosselin, sa soeur Mélanie et Marie-Rose Langlois entre 1952-1953 (photo: Michel Gosselin)

De fait, suite à des correspondances électroniques avec Madame Bellemare, celles-ci me tenait  informée de ses progressions et péripéties. Un 19 mai 2012, je reçois un courriel de victoire de cette dernière intitulé « ON A TROUVÉ TANTE ALICE ». Après plusieurs appels téléphoniques à tatillon auprès de descendants possibles, elle exprimait avec raison son émotion de les avoir découvert. Après sa danse de la victoire, elle m’invitait à rencontrer personnellement Marie-Andrée et Yvonne Gosselin, deux des 11 enfants de Marie-Alice. Je vous résume brièvement cette visite de plus d’une heure survenue le dimanche 02 juin 2012. Pour les semenciers et amateurs, soyez prêts à ajouter un pan d’histoire sur le concombre Tante Alice.

Ironiquement, grâce à l’acte de naissance retrouvé par Monsieur René Paquet, ses enfants ont appris la vraie date de naissance de leur mère soit le 15 février 1908 à St-Lazare dans la MRC de Bellechasse. « Tout le monde a toujours fêté ma mère le 16 février », c’est incroyable, s’exclama Marie-Andrée.

Le concombre tante Alice se faisait appelé à l’origine « beau gros concombre » par Marie-Alice Laflamme Gosselin

Quoi qu’il en soit, c’est sa fille Berthe (aujourd’hui décédée) qui réalisa la première le potentiel de ce concombre. Étant très productif et facile à digérer, elle n’hésitait pas à le partager autour d’elle. Elle recevait constamment des compliments. Dans l’une des lettres adressées à Marie-Alice, Antoine avait justement eu la gentillesse d’honorer la mémoire de Berthe en lui écrivant qu’il propagerait ses graines en l’honneur de sa fille. »Ma mère avait vraiment le tour avec les plantes » souligna Marie-Andrée. Mais c’est sa soeur aînée, Maria (voir image en bas), suite au décès prématuré de leur mère qui l’a pris sous son aile et lui appris l’art du potager. « Il ne fallait pas juste que ses légumes soient bons, il fallait que son jardin soit aussi beau » précisa Marie-Andrée.

Maria Laflamme (au piano) avec Léopold Gosselin (en haut à droite) et Georges Fournier (en haut à gauche) en mai 1963 à Bellechasse (photo: Michel Gosselin)

Pour la plantation du concombre, sa mère prenait soin de semer ses graines sur une butte le 13 juin (à la Saint-Antoine) dans une terre noire. La veille, elle les faisait tremper dans du lait. Tout le monde se surprenait de voir les plants à maturité en même temps que les autres sortes de concombre semés en mai. Elle les dégustait petits. Elle les a cultivé toute sa vie. Quand elle voyait un beau gros concombre, elle décidait de le garder pour ses graines de l’année suivante.

De gauche à droite (Marie-Andrée et Yvonne Gosselin)

Réception pour la fête d’Alice Gosselin Laflamme (à gauche) en 2002 avec Marie-Rose Gosselin (à gauche) (photo: Michel Gosselin)

Il est à noter toutefois qu’une sélection annuelle semble obligatoire pour en conserver les propriétés uniques.De fait, les expériences de Monsieur Paquet depuis plus de 10 ans, tendent à démontrer qu’une fois de temps en temps, des caractéristiques dominantes non conformes avec celles du concombre Tante Alice prennent le dessus. Des observations constantes sont donc nécessaires pour maintenir la bonne lignée.Nous remerçions chaleureusement Lyne Bellemare et René Paquet d’avoir mis en place ce pan d’histoire de notre patrimoine. Nous soulignons aussi la gentillesse de Marie-André et Yvonne Laflamme pour leur temps et leur générosité et aussi pour les semences qu’elles nous ont offertes…. directement de la lignée de leur mère. Sans oublier Michel Gosselin pour les photographies et ses infos très éclairant. Propagez cette belle histoire maintenant!

Récolte de semences du concombre Tante Alice (2012)

Un leg alimentaire sauvé par les Anglais

10 mardi Juil 2012

Posted by Michel in Non classé

≈ 8 commentaires

Julie-Anne Bouchard-Perron, anciennement étudiante au doctorat en archéologie, montrant
des graines trouvées lors fouilles dans la région
de Québec. (source: Le Soleil 3 juille 2007) PHOTO: Jocelyn Bernier

Deux petites graines de maïs, c’est tout ce que les archéologues ont pu trouver lors de leurs fouilles à Cap-Tourmente et à la Place-Royale. Avant l’arrivée des Anglais, les Français avaient rapidement mis de côté l’alimentation des Amérindiens dès leur nourriture reproduite en Nouvelle-France.

En fait, il semblerait qu’autochtones et colons français éprouvaient un dégoût réciproque envers les habitudes gustatives de chacun.

C’est une nourriture juste bonne pour les animaux.

Voilà une phrase résumant plusieurs « préjugés » écrits de l’époque.  Il est vrai qu’un chien grillé les jours de fête peut encore paraître dégoûtant aujourd’hui  mais les Amérindiens détestaient au plus haut point les assaisonnements à base de fines herbes. C’était comme verser un médicament sur un repas car ceux-ci s’en servaient pour se soigner.

Toutefois, grâce aux Anglais, plus précisément après la conquête des loyalistes en 1759, les maïs, tournesols, courges, haricots et aussi le sirop d’érable ont pu réapparaître sur les tables. Sinon, ils auraient probalement disparu. C’est drôle comment l’histoire se répète n’est-ce pas.

Effectivement, nos fruits et  légumes ancestraux, fautes de trouver des gens pour les apprêter, se dirigent-ils tout droit vers la même avenue? Parce qu’il n’est plus rare de trouver juste deux petites graines viables de spécimens uniques pour les sauver. Qui ou quoi replacera les Anglais d’antan avant que cela n’arrive? Notre leg alimentaire sera t-il lui aussi sauvé?

Carte postale de juillet 2012

05 jeudi Juil 2012

Posted by Michel in Carte postale du mois

≈ Laisser un commentaire

Jardin potager, Spirit Lake, district d’Abitibi Qc 1916 (source: Musée McCord)

Il n’y a pas uniquement des histoires joyeuses liées aux potagers.
Contrairement à aujourd’hui où l’intérêt prévaux, la survie de leurs propiétaires le reléguait jadis à une corvée essentielle.
Les débuts du potager de Spirit Lake (en Abitibi-Témiscamingue) le 15 janvier 1915, montre à quel point sa mise sur pied s’est avéré une nécessité primordiale pour 1200 individus.

De fait, au moment de la déclaration de la guerre entre l’Angleterre et l’Allemagne le 04 août 1914, de nombreux immigrants résidant au Canada furent considérés comme des « éléments subversifs potentiels ». Sans aucune raison, des familles entières (hommes, femmes et enfants) furent incarcérées sous le seul prétexte qu’ils provenaient à 90% d’Ukraine. Et on pouvait tirer à mort si ceux-ci tentaient de s’évader.

Camps de prisonniers, district d’Abitibi Qc 1916 (source: inconnue)

Supervisés par des gardes armés à 8 kilomètres à l’ouest d’Amos, entourés de barbelés, les prisonniers devaient défricher et drainer le sol. Ils devaient aussi subvenir à leurs propores besoins alimentaires, d’où la mise sur pied d’un immense potager (voir l’image ci-haute). Mais encore là, rien n’empêchait les mauvaises conditions de dominer (légumes et viandes peu fraîches, longues heures de travail alimentation peu variée…).

L’été 1916 marqua la fin de cette ignominie dû à la reprise économique et au manque de main-d’oeuvre des entreprises. Cette pression exercée par les compagnies auprès du gouvernement les obligea revenir sur leurs positions.

Pour en savoir davantage, consultez l’article intitulé: Quelques notes sur la démocratie en temps de conflit mondial.

L’agriculture biodynamique (2e partie)

27 mercredi Juin 2012

Posted by Michel in Types de jardins-potagers

≈ Laisser un commentaire

Ça nous a pris du temps mais nous ajoutons la deuxième partie à cet article paru le 16 septembre 2011. Mieux vaut tard que jamais. Pour vous aider à vous y retrouver, nous avons republié la première partie dans l’article précédent pour vous remettre en contexte. Lisez-le, ça aidera. Lorsque vous aurez terminé reprenez votre lecture après les trois points.

…

En effet, il est important de spécifier qu’une caractéristique bien particulière s’ajoute à  l’utilisation d’entrants naturels pour bonifier la structure du sol: l’astrologie. Et c’est là que plusieurs commencent à froncer les sourcils. Cet ajout tient compte du fait que le moment de plantation et de récolte auraient bel et bien une influence.

L’exemple le plus popularisé l’a été suite aux expérimentations de Maria Thum, une astronome allemande. Ayant rencontré son conjoint, Walter Thun, dans les années 1940, c’est lui qui l’initie aux principes de base de la biodynamie. À partir de ses apprentissages, elle pousse la réflexion encore plus loin en se questionnant à savoir: comment se fait-il qu’une graine de radis produit des légumes non uniformes en terme de grosseur, qualité, goût et ce, dépendamment de la journée où elle l’avait planté?

En principe, ils auraient tous dû être identiques en partant du constat qu’ils avaient bénéficié des mêmes conditions de plantation, d’arrosage, d’ensoleillement, de qualité des semences, etc.

Maria Thum (1922-2012)

C’est alors qu’elle crée dans les années 1950, selon ses observations, un calendrier astrologique horticole. L’exemple ici-bas s’en inspire. Nous vous dressons les grandes lignes mais les adeptes vous préciserons qu’il y a davantage de subtilités.

Exemple de calendrier lunaire (image: /www.rje.qc.ca)

Dans un premier temps, on prend en considération les lunes ascendantes et descendantes. À cela, s »ajoute aussi 4 thèmes (racine, fruit, feuille et fleur) répartis à divers moments dans l’année. Chaque thème représente une particularité spécifique. Voici la définition de chacun ci-dessous.

Légende du calendrier lunaire (image:www.rje.qc.ca)

L’idée n’étant pas de faire une complète formation sur cette approche, il est simplement important de retenir qu’il existe une appellation « Demeter » pour identifier les produits issus de l’agriculture biodynamique. L’équipe de la « Semaine verte dans leur reportage du 07 août 2010 mentionne que:

Selon Demeter international, l’organisme de certification, il y a plus de 4000 fermes certifiées biodynamiques dans 43 pays. En France, 235 fermes certifiées; en Allemagne, 1300. Au Canada, il y a 42 producteurs dans le programme Demeter, et il y en aurait autant qui pratiquent la biodynamie sans chercher la certification

Cette forme d’agriculture vous intéresse? Vous pouvez continuer à en apprendre davantage grâce à l’Association de biodynamie du Québec fondée depuis 1979.

Pour terminer, je vous relate une anecdote racontée il y a 25 ans concernant cette technique de culture. Je n’ai pu trouver aucune preuve ou source prouvant ces allégations. Elle n’est peut-être pas vraie mais comme j’aime bien raconter des histoires, je me suis dis « pourquoi pas ».

Durant la deuxième guerre mondiale, Hitler, adepte des sciences occultes, entend parler d’un livre proposant des principes gagnants utilisant  des techniques « non conventionnelles », voir « magiques » pour guider les agriculteurs dans leurs travaux des champs. Il veut posséder cette science et veut surtout empêcher le « commun des mortels » d’y avoir accès; désirant augmenter encore plus sa main mise sur le peuple. Il ordonne à ses services secrets de le dénicher et d’éliminer tous ceux l’ayant eu en leur possession. Il fût trouvé et par un  malheureusement hasard, était inscrit sous la pochette, le nom des hommes l’ayant emprunté. Ceux-ci furent exécutés et l’agriculture biodynamique fût perdue pendant des années jusqu’au jour où il fût retrouvé (…) 

C’est le bout de l’histoire qu’il me manque. Que voulez-vous, la mémoire est une faculté qui oublie… surtout après 25 ans. Si vous en connaissez la fin ou si jamais je me suis gourré, n’hésitez pas à m’en faire part.

L’agriculture biodynamique (1ère partie)

27 mercredi Juin 2012

Posted by Michel in Types de jardins-potagers

≈ 1 commentaire

Depuis des milliers d’années, l’hommme cultive la terre. Il a développé une foule de techniques dont l’une d’entre elles, a été conçue en 1924 par l’anthroposophe allemand Rudolf Steiner: l’agriculture biodynamique. Nous vous avertissons, elle est considérée ésotérique et est critiquée par plusieurs.

Rudolf Steiner (1861-1925)

J’ai été en contact pour la première fois avec cette forme d’agriculture il y a plus de 20 ans. Mon ex- beau-père, adepte du REIKI, m’avait amené à une séance d’information où le formateur, un agronome des Cantons de l’Est (désolé, j’ai oublié le nom!) prétendait augmenter de manière significative et toute naturelle sa production horticole contrairement à ses voisins agriculteurs utilisant leurs produits chimiques. Il parvenait même à l’appliquer dans d’autres sphères de sa vie notamment l’élevage, ses relations avec les gens, ses décisions d’affaires, etc. Bref, ce n’est pas pour rien s’il y aura plusieurs articles car elle est plutôt difficile à cerner en un seul.

C’est justement l’appauvrissement des sols dû à l’utilisation des engrais chimiques et la diminution de leurs productions animales et végétales que des agriculteurs alemands demandèrent à Steiner de réfléchir à des moyens pour les aider. Il anima 8 conférences intitulées: Cours aux Agriculteurs.

L’idée générale de son discours tient au fait que toute entité, qu’elle soit commerciale (ex: une entreprise), individuelle (ex: un terrain), animée (plante, humain, animal) est un organisme vivant autonome et qu’il cherche l’équilibre. Pour y arriver,

la biodynamie s’attache tout particulièrement au fonctionnement biologique …  et cherche avant tout l’amélioration de la qualité des produits.

Pour cela, on limite les entrants (ex: engrais) mais on augmente la plus-value de ce qu’on y intègre.

Ainsi, des terres pauvres pourront retrouver avec le temps, des qualités dignes des plus belles terres arabes. L’un des exemple les plus souvent évoqués renvoit à Alex Podolinsky. Ce pionnier de la biodynamie est né en Allemagne en 1925 où il immigre vers l’Autralie en 1947. Avec ses efforts, il convertit plus d’un million d’hectares de terres arides lessivées par l’utilisation abusives de produits chimiques en véritable oasis revitalisés. Comment a t-il fait ce tour de force? Et bien, il

… utilise les plantes pour réaliser des extraits végétaux, tisanes, décoctions, macérations, parfois combinées avec des dilutions, et qui servent à soutenir un bon processus végétatif et à limiter le développement des parasites.

Alex Podolinsky

Il existe de nombreuses préparations mais par soucis de donner un exemple concret citons, entre autre, la préparation de bouse de corne dite  » 500 « . Celle-ci sera obtenue par la fermentation de la substance dans le sol durant l’hiver, d’excréments de vache ayant été introduite dans des cornes de vaches. L’important sera d’utiliser uniquement la matière métamorphosée après la période hivernale. En séjournant dans la terre elle deviendra, d’où le terme, « biodynamisée ». 100 grammes de résidus seront dilués dans 30 à 35 litres d’eau et ensuite appliquées par pulvérisation sur 1 hectare. Cette mixture s’adresse au sol et aux racines des plantes. Appliquée au printemps et à l’automne, certains affirment qu’elle:

  • Édifie la structure du sol
  • Contribue à la formation d’humus et l’activité microbienne
  • Régularise le PH de la terre
  • Stimule la germination
  • Augmente la croissance des légumineuses
  • Dissout les formations minérales

De part les ingrédients utilisés, cette forme d’agriculture est considérée biologique. Mais même si les techniques de préparation et les ingrédients peuvent faire jaser, c’est surtout l’utilisation de l’astrologie qui en fait « tilter » plusieurs.

Antoine D’Avignon (1948-2003), jardinier de la dernière chance

21 jeudi Juin 2012

Posted by Michel in Personnages liés à l'agriculture au Québec

≈ 5 commentaires

Antoine D'Avignon (source: Radio-Canada / Découverte 22 oct. 2001)

Antoine D’Avignon (source: Radio-Canada / Découverte 22 oct. 2001)

Antoine D’Avignon est inconnu du public en général.

À priori, il paraît avoir vécu une vie ordinaire. Comme le personnage principal du film d’animation « L’homme qui plantait des arbres » de Frédérick Back, il avait un but, une passion, peut-être même une mission invisible et peu « jet-set » aux yeux du monde: celle de sauver des fleurs, des fruits et légumes de la disparition. Il serait sûrement surpris d’apprendre aujourd’hui, qu’il en est l’un des précurseurs au Québec et qu’à cause de lui, nombreuses de ses protégées n’ont pas sombrées dans l’oubli. Comme aucune source écrite n’y faisait référence à sa juste part, nous trouvions normal qu’il puisse aspirer à une meilleure reconnaissance pour ses efforts passés.

Antoine d'Avignon (photo: Gisèle d'Avignon)

Antoine d’Avignon (photo: Gisèle d’Avignon)

Né le 28 mai 1948 à Coaticook, il est le cadet d’une famille de 5 enfants. Il habite sur la ferme familiale où il apprend rapidement les rudiments de l’agriculture. Dans la vingtaine, il étudie à l’Université de Sherbrooke pendant un an et par la suite, il sera embauché en 1973 à l’âge de 25 ans par Agriculture Canada comme technicien en agriculture et ce, jusqu’à sa retraite le 28 mai 1998.

Entre-temps, il achète le 30 mai 1974 l’une des plus anciennes maisons du village de Saint-Louis-de-Pintendre qu’il habitera jusqu’à son décès. Sur ses deux arpents de terrain, il construit ses nombreux potagers. Les distances d’isolement sont très importantes pour préserver la pureté des cultivars. Il cultivait annuellement une centaine de variétés de fleurs, fruits et légumes quasi éteints. Les 26 cultivars de pommes de terre occupaient à eux seuls, 150 mètres carrés de son potager.

De fait, il est important de se remettre en contexte qu’au Québec, avant 1990 et l’arrivée d’Internet, la transmission des semences anciennes se résume à des échange de savoir et de matériel génétique de personne à personne. Si un individu brise la chaîne et qu’il en est l’unique héritier, c’est terminé. Monsieur D’Avignon s’aperçoit qu’au Canada anglais, la sensibilisation à la préservation des semences anciennes est beaucoup plus avancée qu’au Québec. Ses lectures l’amènent à prendre conscience de la disparition progressive et rapide de cette biodiversité agricole. Il apprend l’existence d’un organisme canadien de protection de semences créé en 1984 peu connu dans notre province nommé « Heritage Seed Program ». Il se sent aussitôt interpellé et la passion le gagne rapidement. Il s’y inscrit en 1989. Même avant de devenir officiellement son premier représentant (section Québec) 5 ans plus tard, il donne déjà des entrevues pour attirer l’attention du public sur la dégradation rapide de ce patrimoine agricole.

Par exemple, dans un article paru en mai 2000 dans Québec science, il sonnait déjà l’alarme en disant:

95% des variétés vendues dans les catalogues de semences sont hybridées ou encore transgéniques. Nos variétés sont pures, c’est-à-dire quelles n’ont pratiquement pas été croisées depuis plus de un siècle. C’est ce qui fait toute leur valeur.

Antoine D’Avignon (photo: Gisèle D’Avignon)

Entre 1990 et 1995, il répond aux demandes grandissantes des journalistes de la télévision, des journaux, des revues spécialisées, au courrier postal et fait aussi visiter ses jardins aux curieux. Sa soeur Gisèle se souvient des appels téléphoniques constants pendant qu’elle, son frère Pierre et des amis s’affairaient au potager. Une telle culture exigeait beaucoup de travail et seul, la tâche aurait été impossible.

Ainsi, après l’avoir vu à la télévision ou lu un article, maints passants lui léguait leurs précieuses semences pour la postérité dans l’espoir de les perpétuer.

En 2003, il racontait justement à Anne-Louise Champagne, journaliste au Soleil:

Un jour, le vieux monsieur Ouelette m’a confié trois tubercules de ses pommes de terre uniques. « Ça brillait dans ses yeux! Il me confiait quelque chose qui lui tenait beaucoup à coeur. Ses enfants n’étaient pas intéressés à cultiver ses patates. » Ces pommes de terre à la pelure très foncée, presque bleue, et à la chair très blanche, sont tout simplement délicieuses.

Il les a appelé « patate crotte d’ours de Louis-Marie ».

En effet, il devait souvent leur donner un nom car leur provenance se confondait dans le temps et les appellations d’origine s’étaient perdues ou leurs propriétaires ne leur en avaient jamais donné.

Vers la fin de son mandat, c’était 450 lettres ou appels téléphoniques qu’il avait reçu en quelques mois. « Mon bureau de travail, c’est un coin de ma table de cuisine! » écrivait-il dans son aurevoir comme représentant. Et toutes ses correspondances se faisaient à la main.

Comme l’a écrit Bob Wilddfong, ancien président du Semencier du Patrimoine:

Je n’exagère rien en disant que si ce n’avait été des efforts d’Antoine, le Programme semencier du patrimoine ne serait quasiment pas connu au Québec.

Il fût une source d’inspiration pour les autres représentants ayant pris sa relève les années subséquentes notamment Diane Joubert qui lui a même écrit un mot intitulé: Il était une fois une personne qui a changé ma vie.

Malheureusement, l’homme s’est éteint beaucoup trop jeune, le 21 août 2003, âgé de seulement 55 ans.

Nous tenons à remercier sincèrement Madame Gisèle D’Avignon pour son temps, ses recherches et l’envoi de documents visuels uniques.

← Articles antérieurs
Articles ultérieurs →

Catégories

  • Agrotourisme patrimonial
  • Avis de recherche
  • Événements et perfectionnement
  • Biodiversité
  • Carte postale du mois
  • Céréales du patrimoine:
  • Curiosités au potager
  • Fleurs alimentaires ancestrales
  • Fleurs d'antan
  • Fruits du Québec
  • Fruits et légumes du Canada
  • Légumes du Québec
  • Les herbes nuisibles ancestrales
  • Outils de références
  • Personnages liés à l'agriculture au Québec
  • Plantes comestibles indigènes au Québec
  • Production de vos semences
  • Saveurs d'autrefois
  • Types de jardins-potagers
  • Vieux trucs de jardinier
  • Visites de potager

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à ce blog et recevoir une notification de chaque nouvel article par e-mail.

Propulsé par WordPress.com.

  • Abonnement Abonné
    • Potagers d'antan
    • Rejoignez 568 autres abonnés
    • Vous disposez déjà dʼun compte WordPress ? Connectez-vous maintenant.
    • Potagers d'antan
    • Abonnement Abonné
    • S’inscrire
    • Ouvrir une session
    • Signaler ce contenu
    • Voir le site dans le Lecteur
    • Gérer les abonnements
    • Réduire cette barre
 

Chargement des commentaires…