Haricot de la famille Boucher

Haricot de la famille Boucher

Haricot de la famille Boucher

Vous ne trouvez pas que c’est beau une graine de haricot? Il y a tellement de coloris différents. Tout comme l’héroïne du film le fabuleux destin d’Amélie Poulain, j’aime glisser ma main dans un sac pour en sentir la texture lisse sur les doigts. C’est un de mes petits plaisirs simples de la vie. Et j’ai récemment surpris ma jeune fille à faire de même.

Je ne suis donc pas du tout surpris qu’il y ait de nombreuses personnes qui, au fil de nos rencontres, en fassent collection.

En 2012, nous avons reçu justement une variété bien spéciale appelée de « la famille Boucher ». En provenance de Monsieur René Paquet, ce dernier met lui aussi beaucoup d’énergie à trouver, étudier, documenter et partager des variétés oubliées de notre patrimoine agricole. On le remercie chaleureusement car grâce à lui, une bonne parties des recherches on été effectuées. On tenait à mettre en lumière sa contribution. Ce dernier l’aurait reçu des mains de Gérard Parent de St-Joseph-deBeauce qui les auraient eues de Gabrielle Roy de St-Jules. Les graines… ça voyagent.

Haricot de la famille Boucher

Haricot de la famille Boucher

Ainsi, l’historiographie de ce cultivar remonte à plus de 100 ans, soit jusqu’en 1914 où la famille Boucher vivant à Beauceville a commencé à le cultiver. On qualifie le plant de buissonnant (environ 50 cm de hauteur par 50 cm de largeur) et de précoce (maturité: 45 jours). Pas besoin de tuteur. Il produit des fèves vertes claires et des fleurs roses lilas. Par exemple, sur un seul plant, on en a dénombré pas moins de 50 cosses. Évidemment, ça dépendra beaucoup des insectes pollinisateurs. Pour la cause, on avait planté juste à côté des œillets d’Inde pour attirer le plus d’insectes possibles.

Toutefois, les légumes ont tendance à toucher le sol car ils poussent relativement bas. Ils se consomment frais et les graines, une fois séchées, sont excellentes cuites au four.

Fleur de haricot de la famille Boucher

Fleur de haricot de la famille Boucher

De forme allongée et striée bourgognes, les coloris non uniformes laissent entrevoir quelques spécimens plus unis. Ça rajoute une touche différente en comparaison aux variétés standardisées. Vous pourrez récolter entre 4 et 6 semences (1.5 cm chacune) par cosse. Très, très rare.

La lune des moissons

The Harvest Moon de George Hemming Mason 1872 (source: goldenagepaintings.blogspot.ca)

The Harvest Moon de George Hemming Mason 1872 (source: goldenagepaintings.blogspot.ca)

Les premiers colons de la Nouvelle-France et les vagues d’immigrants subséquentes ont apporté avec eux une série de traditions orales notamment des appellations de la pleine lune en fonction des saisons et des cultures. Le livre « Trucs et astuces des anciens jardiniers » de l’auteur Pierrick Le Jardinier (nom de famille fictif ou coïncidence?) vous en dresse une panoplie notamment la lune des moissons.

En effet, que ce soit par les Français ou les Anglais (harvest moon), cette expression avait déjà cours depuis belle lurette et on la retrouve un peu partout à travers les civilisations comme l’Égypte ancienne, les Basques (originaires des premiers agriculteurs néolithiques) ou encore au Japon, pays du soleil levant.

De fait, avant l’électrification des campagnes, la lune la plus rapprochée de l’équinoxe d’automne avait la particularité de se lever presqu’au même moment où le soleil se couchait (30 minutes au lieu de 50 minutes). Elle permettait ainsi aux agriculteurs de bénéficier d’une quasi clarté continue pour leurs travaux aux champs durant la nuit et ce, pour quelques soirées successives.

Elle paraît d’ailleurs beaucoup plus grosse qu’à l’habitude en comparaison aux autres moments de l’année; une illusion d’optique attribuable à l’angle de la terre. Elle est habituellement observée en fin septembre début octobre aux quatre ans dans l’hémisphère Nord.

Toutefois, si elle se montre la journée pile de l’équinoxe d’automne (21 septembre), les anglophones la surnomme « the super harvest moon », un phénomène plutôt rare. 1991 et 2010 ont été les derniers moments d’une telle apparition et selon la NASA, la prochaine « super lune des moissons » devrait survenir en 2029… par temps dégagé évidemment.

Vous pouvez contempler d’autres magnifiques lunes des moissons, un peu partout dans le monde, à cette adresse.

The Harvest Moon (1833) de Samuel Palmer (source: Wikimedia.org)

The Harvest Moon (1833) de Samuel Palmer (source: Wikimedia.org)

Gagnante de notre concours été 2015

Ail Transylvanian

Ail Transylvanian

Bravo à Madame Valérie Théberge, gagnante de notre concours estival 2015. Cette dernière s’est méritée une variété d’ail du Canada nommée « Transylvanian » et menacée d’extinction. Merci tout particulièrement à tous les participants et participantes. Nous sommes constamment surpris de constater votre enthousiasme à répondre à nos petits questionnaires sympathiques. Des 3 personnes en 2010, nous avons recensé pas moins de 43 inscriptions en 2015. On est loin de Loto-Québec mais vous avez beaucoup plus de chances.

Concernant notre question: Que récolte t-on en août? Bien qu’une multitude de réponses étaient possibles, on avait mis l’emphase sur la récolte de foin ou de paille avec les photos suggérées (voir ici-bas).

Photo: Archives nationales du Québec

Photo: Archives nationales du Québec

Photo: Archives nationales du Québec

Photo: Archives nationales du Québec

Photo: Archives nationales du Québec

En effet, c’est en 1871 qu’un premier brevet a été déposé aux États-Unis pour une presse à foin actionnée par des chevaux. Ce n’est que vers 1920-1930 que la machinerie va se mécaniser davantage pour diminuer le travail aux champs. Mais ca prendra plusieurs décennies avant que le fermier puisse s’acheter de tel équipement.

Presse à paille Rumely 1913 (source:http://www.farmcollector.com)

Presse à paille Rumely 1913 (source:http://www.farmcollector.com)

Aujourd’hui, tout est mécanisé. À preuve, cette photographie (ici-bas) prise à l’avant de chez-nous ce mois d’août. De gigantesques blocs de paille (1.5 mètre par 1 mètre environs) compressés pesant plus de 500 livres. Il n’y a presque plus aucune manipulation humaine mis-à-part la conduite des moissonneuses informatisées guidées par GPS et une série de matériel mécanique. On arrive ainsi à augmenter la productivité de manière exponentielle comparativement au « jus de bras ».

Récolte de blocs de paille (été 2015)

Récolte de blocs de paille (été 2015)

L’Association Provinciale du Patrimoine Agricole du Québec

Association Provinciale du Patrimoine Agricole du Québec

Après une pause estivale, nous vous revenons avec toute une série d’articles, de trouvailles et de rencontres qui, on l’espère, sauront vous intéresser encore davantage à notre merveilleux patrimoine agricole québécois.

Par exemple, lors de la 178e édition de l’Exposition agricole de Saint-Hyacinthe, nous avons pu parler avec des représentants de l’Association du patrimoine agricole du Québec. Ayant comme mission de faire connaître et promouvoir l’évolution culturelle de l’agriculture au Québec, c’est-à-dire de l’utilisation des chevaux jusqu’au début de la mécanisation, cet organisme sans but lucratif, fondé en 1992, se veut le plus gros musée à ciel ouvert du monde agricole au Québec. Avec plus de 700 membres passionnés par l’agriculture (collectionneurs, protecteurs du savoir, historiens, personnes engagées par l’autonomie alimentaire, etc.), ils contribuent à rendre hommage aux pionniers qui ont marqués l’histoire du Québec agricole d’aujourd’hui. La visite de leur site Internet ou de leur compte Facebook permet aussi de connaître d’autres événements d’organismes ayant une mission similaire à la leur se déroulant soit au Québec ou en Ontario.

Tire de tracteurs à l'ancienne 2014 au week-end rouge (source: appaq)

Tire de tracteurs à l’ancienne 2014 au week-end rouge (source: appaq)

D’ailleurs, l’événement marquant de leur regroupement demeure leur « week-en rouge » qui se tiendra pour une 13e édition les 11-12 et 13 septembre 2015 à Saint-Liboire (sortie 147 de l’autoroute 20). Au menu: encan d’antiquités, marché aux puces, artisanat, équipement agricole, voitures anciennes, équipement de chevaux, musique et danse, tire de tracteurs à l’ancienne, exposition de machineries et équipement agricoles antiques, danse de tracteurs, souper, etc.

Nous tenons également à souligner la présence samedi de Pierre Rhéaume, chroniqueur à la revue la Terre de chez-nous. Monsieur Rhéaume possède un compte facebook actif très original dont nous y tirons de nombreuses photographies anciennes du monde rural. Le coût d’entrée est de 7$. Vous pouvez apporter votre pique-nique.

Pour plus d’information contactez:

  • Marcel Gravel: 450-676-9060 ou 514-605-9060
  • Pierre Cartier: 450-742-2128 ou 450-880-1340
  • Gilles Marcil: 450-799-5608 ou 450-701-0418
  • Lucien Riendeau: 450-293-6376 ou 450-776-0824

 

Le haricot sacré-cœur (mise à jour)

Haricot Sacré-coeur (photo: Louis Chevrefils)

Haricot Sacré-coeur (photo: Louise Chevrefils)

Ça prend du temps mais on y arrive! Pourquoi cette affirmation?
Simplement parce qu’il nous aura fallu 3 ans et quelques mois pour identifier correctement cette variété de haricot mais surtout… prendre le temps de faire les corrections sur notre blogue.

En effet, nous avions mis en lumière certaines infos et heureusement, de bonnes âmes nous ont mis sur la bonne voie. L’expérience et les connaissances s’apprennent avec le temps. Merci de les partager avec tant de générosité.

Tout a commencé par cette simple description dans le catalogue annuel du semencier du patrimoine en 2010:

Cultivé par la famille Larochelle de Saint-Fayare depuis au moins 2 générations.

« Saint-Fayare »… c’est où au Québec? Jamais entendu parlé et rien dans le répertoire des municipalités du Québec ni en cherchant parmi les anciens noms. C’est fou comme une erreur de typographie peut engendrer de la confusion et transformer « Saint-Lazare » en « Saint-Fayare ».

Qui plus est, avec une citation « depuis au moins 2 générations » et ce réflexe qu’on les gens de copier-coller du texte sans se poser de questions, celle-ci sera écrite de la même manière dans 100 ans.

Toutefois, il est intéressant de noter que son histoire pourrait bien débuter chez nos cousins Français et cela, depuis plusieurs siècles.

En effet, ce haricot a été vu sous cette appellation par Annie Richard (pas de lien de parenté avec moi) au Château Labourbansais, un édifice construit au 16e siècle. Les jardins y sont conçus comme un outil pédagogique. Ils s’inspirent du « Potager du roi » de Versailles et les visites guidées se basent sur l’histoire des plantes, légumes et jardins. Est-ce le même? Ça serait un voyage formidable à suggérer à ma conjointe pour valider mais ne lui dites pas. Hi!, Hi!, Hi!.

Néanmoins, il est fort à parier qu’une telle souche puisse provenir d’Europe et s’être adaptée à notre climat puisque bon nombre de légumes sont arrivés ici avec les immigrants. Considéré comme de « culture facile et de bonne production », il n’en aurait pas fallu bien plus pour qu’il soit adopté et reproduit ici.

De plus, le sacré-coeur a été offert autrefois dans le catalogue des « Semences Laval », une entreprise achetée en 1989 par Norseco,  jadis W.H Perron (fondée en 1928). Il nous faudrait maintenant obtenir des semences pour vous dresser un meilleur aperçu de la plante et de ses distinctions. On vous ré-écrira ça avant, je l’espère, un autre 4 ans. Encore merci à Louise Chevrefils et Annie Richard pour leurs participation.

 

 

Comment reproduire et conserver vos semences de tabac

Tabac Petit canadien en fleur

Tabac Petit canadien en fleur

Vous serez probablement surpris d’apprendre qu’une partie des questions qu’on reçoit se rapporte au tabac. Et oui! Il y a un réel engouement pour cette plante aux multiples vertus. Ce n’est pas étonnant, elle nous accompagne depuis des siècles. De notre côté, on ne fume pas mais on l’utilise comme insecticide. Comme nous répondions de manière répétitive aux mêmes demandes et qu’il existe peu d’infos sur le web au sujet de la production maison et la conservation des semences pour le Québec, la raison voulait qu’on fasse un papier sur le sujet. Mais on voudrait faire un petit détour avant d’arriver au vif du sujet.

Culture et industrie du tabac au Québec (1898)

Culture et industrie du tabac au Québec (1898)

En effet, pendant deux ans nous regardions sur ebay une reproduction du livre de 1898 concernant la culture du tabac au Québec. À 50.00$, l’achat m’apparaissait dispendieux mais un jour, je me suis décidé à faire une offre. Quelques heures plus tard, celle-ci fut acceptée mais aussitôt annulée par le vendeur (Hibouquine) prétextant une mauvaise description de l’article. En signe de bonne foi, il me l’offrait gratuitement. WOW! Quelle générosité! Je lui ai promis d’écrire un bon mot pour lui exprimer ma gratitude et le remercier pour son honnêteté. Il ne se doutait sûrement pas qu’il contribuerait à faire d’autres heureux car nous avons décidé de donner au suivant. Ça nous offre aussi un bon prétexte pour raccourcir le texte mais principalement contribuer à diffuser cette connaissance de nos aïeux.

En effet, on vous donne le lien pour télécharger gratuitement ce Traité de près de 125 pages expliquant de A à Z la culture de cette plante ancestrale dans notre province; une référence archi difficile à trouver sans les bons mots-clés. Si vous décidez de vous y plonger, vous constaterez la rigueur et surtout le travail colossal exigé par ce type de culture à cette époque absente de confort et des commodités actuelles. Fallait vraiment vouloir. On vous a aussi inclus la table des matières pour vous donner une idée.

Table des matières "la culture et industrie du tabac" au Québec (1898)

Table des matières « la culture et industrie du tabac » au Québec (1898)

On vous suggère de passer l’étape de la serre chaude puisqu’aujourd’hui on peut facilement débuter nos semis à l’intérieur. La majorité des cultivars exigent de déposer les graines sur un terreau de semis constamment humide et de les laisser à la lumière, critère essentiel pour la germination. Passez aussi la section concernant les engrais chimiques. On peut y remédier avec des engrais verts et l’auteur, Louis-V Labelle, vous suggère de belles alternatives.

Qui plus est, vous y apprendrez une foule de trucs encore d’actualité même après plus de 115 ans; surtout la méthode du séchage pour les fervents de tabac-maison. La récolte des graines n’a aussi rien de compliqué. Simplement laissez monter les plants en graines (voir image ci-haut) en s’assurant de conserver uniquement les plus beaux spécimens. Les passages des pages 28 à 30 vous donne un bel aperçu de la méthode à privilégier.

Table des matières "la culture et industrie du tabac" au Québec (1898)

Table des matières « la culture et industrie du tabac » au Québec (1898)

 

 

 

 

Par ailleurs, peu de personnes cultivent encore le tabac aujourd’hui. Si vous aviez quand même le hasard de côtoyer un voisin lui aussi intéressé par cette culture, sachez qu’une distance minimum se doit d’être respectée. On cherche encore cette info. Les anciens prenaient la peine d’isoler les fleurs des plants sélectionnés à l’aide de sacs destinés a cet effet (voir photo ici-bas) pour s’assurer d’une pureté génétique ou s’ils décidaient de croiser deux plants. Ils installaient les sacs avant l’ouverture des fleurs pour en faire la pollinisation manuelle et les refermaient jusqu’au moment où les capsules se formaient.

Culture des graines de tabac au Québec vers 1930 (source : musée McCord)

Rendu à cette étape, enlevez les sacs (si vous en utilisez) et faites attention en frottant les capsules car elles contiennent de minuscules semences et celles-ci peuvent s’éparpiller partout. Installez-vous au-dessus d’un récipient. Une fois l’opération terminée, soufflez doucement sur les petit débris séchés et ils s’envoleront laissant place à votre belle récolte. Insérez le tout dans une enveloppe opaque à l’abris de la lumière et de l’humidité. Elles devraient se conserver entre 3 et 4 ans.

SAVIEZ-VOUS QUE?: À l’époque, les fumeurs canadiens-français ne faisaient aucune distinction entre du bon et du mauvais tabac; en autant que ça goûtait fort. C’est l’une des raisons qui explique pourquoi les producteurs de tabac d’ici n’arrivaient pas à exporter leurs produits; eux-mêmes ne sachant si leur production était de qualité ou non. La fin du 18e siècle fut la période ou les variétés locales se sont développées à cause justement de l’absence de repères. On voit ici-bas une vieille caricature illustrant notre propos.

Une bonne pipe de tabac canadien (source: L’Album Universel, 20 octobre, 1906, p. 845)

Une bonne pipe de tabac canadien (source: L’Album Universel, 20 octobre, 1906, p. 845)

 

 

 

Carte postale de juillet 2015

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On vous revient après un mois rempli de travaux au potager. Il y a autant de mauvaises herbes à arracher mais c’est le lot de tous ceux et celles qui décident un jour de cultiver la terre.

Par contre, avec de bons soins et de l’attention, on a l’espoir d’une récolte abondante, comme sur cette photographie. Pour les jours de pluie, allez jeter un coup d’œil à la collection virtuelle de photographies Musee McCord, plus de 135 000 images. Pour les vacanciers du mois de juillet, on vous souhaite bonne vacances!

Art visuel et melon de Montréal

Maquette de Jordan Racine (2015)

Maquette de Jordan Racine (2015)

Nous tenons à souligner le travail de Monsieur Jordan Racine, artiste multidisciplinaire en arts visuels, pour cet amalgame d’images représentant le melon de Montréal.

En effet, ce dernier nous a contacté en début d’année pour nous demander la permission d’utiliser certaines de nos photographies dans le but de présenter cette maquette à un concours. N’ayant malheureusement pas été sélectionné par le jury, nous trouvions dommage de remiser ses efforts au placard. Nous vous encourageons à visiter sa page Facebook sur laquelle vous y retrouverez, entre autre, d’autres œuvres en lien avec l’agriculture notamment une belle peinture acrylique sur bois pour les Jardins de Léoni. C’est notre clin d’œil de la semaine!

TOUTES REPRODUCTIONS SONT INTERDITES SAUF AUTORISATION DE LA PART DE MONSIEUR JORDAN RACINE.

Provender: une start-up québécoise au service de la biodiversité

Provender

La fonction première d’un fruit ou d’un légume n’est-elle pas de « nourrir »?  Simpliste comme raisonnement, non!

Pourtant, comment se fait-il qu’il n’y ait pas plus de choix dans les épiceries, les restaurants et les marchés d’alimentation? Depuis le temps qu’on fait des recherches et fournissons des exemples sur ce blogue, ce n’est pourtant pas le choix qui manque il me semble. Et bien la raison est très simple.

En effet, les agriculteurs ne parviennent pas toujours à trouver des débouchées. Croyez-vous qu’il vaille la peine de semer des tomates rares s’il n’y a aucune demande? Qu’ils ont le temps de faire la tournée des magasins pour sensibiliser les consommateurs au goût de cette tomate? De prendre le risque de ne rien vendre et tout jeter? Le feriez-vous? Nous non plus! Trop risqué! C’est pourquoi, on se retrouve encore et encore avec les mêmes céleris, piments, patates, etc. Mais tranquillement, ça change.

De gauche à droite:  Jeff Aldrich, Kyra Kristof et Caithrin Rintoul (image:  Alain Wong)

De gauche à droite: Jeff Aldrich, Kyra Kristof et Caithrin Rintoul (image: Alain Wong)

De fait, il existe maintenant un outil formidable en français pour jumeler producteurs et chefs cuisiniers: Provender. Depuis 2013, cette compagnie québécoise, créée par Caithrin Rintou, Jeff Aldrich et Kyra Kristof, jumelle deux partenaires naturels en facilitant offre et demande via un marché virtuel. Pour le moment, près de 100 restaurants et 200 fermiers y sont membres… et ce n’est qu’un début. Par exemple, le fermier prend des photos de ses récoltes disponibles et les publient sur le site. Par la suite, les chefs passent leurs commandes directement en sélectionnant les produits souhaités. Les denrées sont livrées habituellement le lendemain. Wow! Fraîcheur garantie! Un petit vidéo ici-bas (en anglais seulement…. c’est pas ma faute!) vous démontre le processus de la terre à l’assiette.

Avec cette curiosité qu’on maintenant les clients de restos pour les nouveautés, textures, goûts et curiosités, ainsi que le désir des chefs de travailler de nouvelles matières, il devient plus facile d’offrir de la diversité; réduisant du même coup le gaspillage. En 2015, une nouvelle fonction appelée « menu planning » ou « potager personnel » offrirait aux propriétaires de restos de publier des demandes spéciales aux cultivateurs pour l’an prochain; leur permettant de prévoir à l’avance ses semailles et ses revenus. En ciblant des besoins très spécifiques concernant légumes anciens, indigènes ou exotiques (dont l’offre est habituellement rare ou irrégulière), le « projet favorisera la biodiversité et ramènera la culture d’aliments oubliés au Québec ». Et réduisant ce perpétuel questionnement sur les débouchés et revenus. 

En attendant que le projet franchisse éventuellement une autre étape (pas encore dans les cartons de l’entreprise) en rejoignant le consommateur, le concept est tellement intéressante qu’un financement de 800 000$ leur a été octroyé en 2014 pour conquérir les marchés de l’Ontario et des États-Unis.

 

AliMaCulture: une équipe de jeunes engagés

Le 6 mai dernier avait lieu une levée de fonds bien particulière pour nous.

En effet, le 21 février 2015, Madame Jessica Lambert, étudiante au programme techniques de milieu naturel du cégep de St-Félicien, nous avait demandé s’il était possible pour elle et son équipe (AliMaCulture) d’acheter des semences pour la revente.

Plants "faits maison" de l'équipe d'AliMaCulture.

Plants « faits maison » de l’équipe d’AliMaCulture.

De fait, ceux-ci visait la réalisation d’un projet de jardinage dans leur institution scolaire en vue de l’atteinte d’un objectif fixé par leur cours de Gestion de projets en développement durable. Malheureusement, comme nous n’avions pas les quantités souhaitées nous voulions quand même les encourager dans leur démarche. Nous croyons en l’importance de soutenir ce genre d’initiative. Je dois aussi avouer qu’ils m’ont remémoré beaucoup de souvenirs ayant moi-même fait de nombreuses levées de fonds au collégial.

Nous leur avons donc proposé de leur envoyer gratuitement quelques échantillons de semences dans le but de produire eux-mêmes leurs propres plants et de les vendre.

C’est ainsi qu’avec de l’amour, de la patience et de bons soins, ils sont parvenus à offrir leur labeur aux intéressées. « Dès que les personnes voyaient une plante sur la table, ils se ruaient vers nous » nous écrivit Madame Lambert. « L’événement a été un franc succès » ajouta t-elle. Les organisateurs ont eu la gentillesse d’imprimer notre logo et l’adresse de notre blogue pour l’afficher devant leur kiosque. Vraiment sympathique et apprécié!

Qui plus est, ceux-ci avaient également organisé la vente de sachets de semences deux semaines auparavant recueillies chez une tierce personne. Et… ils en ont manqués.

Équipe AliMaCulture. Sur la photographie, de gauche à droite:

Équipe d’AliMaCulture. Sur la photographie, de gauche à droite: Méduline Chailloux, Renée-Claude Caron, Jessica Lambert et Maxime Gagné

On tient à vous féliciter pour votre persévérance. Nous sommes vraiment fiers d’avoir contribué à l’avancement de votre projet. On espère qu’ils nous tiendront au courant. Aussitôt qu’on aura des nouvelles, on fera une mise à jour.

Et simplement pour faire du pouce sur cette idée, voyez ce jeune de 11 ans (Xavier Gariépy) qui rêve de devenir agriculteur et qui pourrait, avec sa passion des citrouilles, faire la leçon à bien plusieurs d’entre nous (vous devrez toutefois vous farcir les quelques publicités auparavant).