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Potagers d'antan

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Archives mensuelles : novembre 2017

La citrouille Algonquienne (mise à jour)

28 mardi Nov 2017

Posted by Michel in Fruits du Québec

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Citrouille algonquine

Citrouille algonquienne

À l’été 2017, Ashley Barbosa, étudiante à la mineure en Études indigènes de l’Universite Wilfrid Laurier, eut à réaliser, dans le cadre de son emploi estivale au Semencier du patrimoine, une collecte d’informations sur certaines variétés de leur collection et plus spécifiquement sur celles du patrimoine autochtone nord-américain. Elle a réussi le tour de force de trouver des sources « authentiques et honorables » permettant une meilleure compréhension partielle de l’historique ethnobotanique de cette courge très ancienne. Je vous inscris ici-bas une traduction intégrale en français du résumé de ses découvertes telle qu’elles ont été citées dans leur bulletin d’août 2017.

On fait donc une mise à jour, 6 ans après la parution de notre premier article.


La courge « algonquian » (ou citrouille) est une cucurbitacée extrêmement rare qui provient de la Nouvelle-Angleterre et qui a été cultivée historiquement par les Abénakis. Bien qu’elle puisse sembler avoir des liens avec les Algonquins, il n’en est rien.

Portraits de Meriwether Lewis et de William Clark (1807) par Charles Willson Peale.

En fait, l’orthographe du nom de la courge «Algonquian» est due au fait que les Algonquin sont une tribu alors que les Algonquiens sont une combinaison de tribus qui parlent la langue des Algonquins divisée en différents dialectes. Les Abénakis étaient l’une des tribus algonquiennes des régions habitées du Maine, du New Hampshire et du Massachusetts occidental. Les Abénakis pratiquaient en ces temps-là la méthode de culture des Trois Sœurs avec l’ajout de tournesols, et utilisaient les graines de la courge pour fabriquer de l’huile. Comme beaucoup d’Amérindiens, ils utilisaient ces huiles pour fabriquer des colorants pour des matériaux artistiques. Traditionnellement, la courge était utilisée dans les soupes et les ragoûts, ainsi que les plats de légumes communs. La courge algonquienne faisait partie des denrées alimentaires que Lewis et Clark* commercialisaient avec les Indiens Mandan au début du 19ème siècle, ce qui nous donne un historique du processus par lequel les semences ont été déplacées par le commerce entre les tribus ».

Auteur — Ashley Barbosa —


Selon nous, les nuances apportées par Madame Barbosa deviennent importantes car la variété se fait appeler « algonquine » un peu partout par les semenciers et sur le web alors qu’elle devrait se nommer « algonquienne ». Les transmissions orales ou les fameux « copier-coller » pourraient être à l’origine de cette mauvaise traduction d’aujourd’hui. C’est pas tous les jours qu’on retrouve le nom originel d’un légume. Va falloir réécrire les étiquettes et l’historique de ce cultivar.

Je vous encourage également à consulter les résultats de ses autres recherches notamment celui des haricots « Cherokee Trail of Tears », « Deseronto Potato et « Anasazi » ou encore la tomate « Cherokee Purple ».

 

Expédition Clark et Lewis (auteur: Charles Marion Russell)

*Saviez-vous que? Le trappeur-explorateur québécois Toussaint Charbonneau (1767-1843) et sa femme amérindienne Sacagawea (1788-1812), traductrice, sont considérés comme les acteurs principaux dans la réussite de l’expédition de Lewis et Clark (1804-1806). Bien que l’homme pourrait se faire qualifier aujourd’hui de véritable « ordure », lui et sa femme permirent aux 42 membres, sauf un, de traverser les États-Unis à terre jusqu’au Pacifique sains et saufs et ce, aux périls de maints dangers (animaux sauvages, tribus amérindiennes guerrières, obstacles naturels, climat rude …).

Le tabac jaune du Québec

22 mercredi Nov 2017

Posted by Michel in Outils de références, Vieux trucs de jardinier

≈ 4 commentaires

Le tabac se cultive depuis des temps immémoriaux même ici au Québec. Aux temps où la culture amérindienne dominait, les hommes s’occupaient de cette plante sacrée comme nourriture de l’esprit comparativement aux femmes qui elles, plantaient et récoltaient la nourriture du corps. Il en existait de très anciennes variétés locales maintenant disparues. Vers la fin du 18e siècle, le gouvernement voyant une possible source de revenu pour les agriculteurs canadiens, aida l’industrie à identifier et sélectionner des cultivars répondant mieux aux contraintes climatiques nordiques.

Marché Bonsecours 19XX (image: collection Michel Bazinet)

Aux 18e et 19e siècle, les meilleurs tabacs poussaient dans les Antilles Françaises, les Caraïbes et aux États-Unis (Virginie, Caroline du Nord, Dakota, etc.) où l’histoire nous ramène jusqu’à la période esclavagiste de nos voisins du sud. Pour rivaliser avec ces régions reconnues depuis longtemps, l’industrie du Haut et du Bas Canada se devait d’améliorer la constance et la qualité de sa production. Au fil des décennies, la région de Joliette devint une plaque tournante notamment avec son « tabac jaune ». Cette appellation faisant référence aux feuilles qui, une fois séchées, devenaient totalement jaunes. Il s’agissait principalement de la variété appelée « Virginie » destinée au tabac à cigarette.

Culture de plants de tabac, Saint-Casimir, Québec, 1916 (?) (source: Musée McCord)

De fait, il existait une foule d’autres cultivars pour l’isage de la pipe, à chiquer ou pour le cigare. Nous avons pu retracer une vidéo détaillée de 1951 (photos à l’appui) tirée d’un documentaire de l’Office provinciale de publicité Ciné-Photo Québec concernant la manière dont on le cultivait dans ces années. Pour des raisons historiques et aussi parce que nous recevons de nombreuses questions concernant la culture de cette plante, nous avons cru pertinent vous en faire la description. Évidemment, ces étapes concernent une pratique commerciale à grande échelle. Vous pouvez vous en inspirer pour votre production domestique.

Stérilisation du sol par vapeur (1951)

Gardez en mémoire qu’on remonte 65 ans en arrière. Certaines techniques n’ont plus cours ou méritent qu’on les remplacent par des moyens plus écologiques. Ces notes se veulent avant tout une retranscription historique.

Pour commencer, dans une serre préparée à cet effet, le sol est stérilisé à la vapeur pour détruire tous les germes et les maladies avant de faire les semis directs. Les semences sont déposées directement sur le sol préparé car elles ont besoin de lumière pour germer et d’une température d’au moins 20 degrés Celsius. Vers le 24 mai, c’est le début officielle de la plantation au champ. Seuls les plants les plus robustes et de hauteur égale sont choisis pour assurer une plantation uniforme. Ils sont ensuite transportés sous un abris pour l’acclimatation. Cette étape se surnomme « l’attaque ».

Sélection des plants uniformes (1951)

Plantation du tabac (1951)

Par la suite, les transplants sont déposés dans des sillons espacés de 22 à 24 pouces en ayant soin d’inclure une tasse d’eau pour chaque plantule. À l’époque, à la brunante, on répandait du  » son empoisonné » pour tuer le vers gris. Cet insecte nocturne attaque le collet de la plante pour le dévorer en coupant la tige net. Cette bestiole se repose durant la journée dans le sable chaud pour s’enfoncer vers la mi-juin dans le sol pour se transformer en pupe durant 3 semaines et devenir un papillon appelé  » fil de fer ». Il existe évidemment aujourd’hui des moyens naturels pour s’y attaquer.

Sarclage du tabac (1951)

Il est donc nécessaire de repiquer de nouveaux plants au fur et à mesure de leur destruction. Il faut sarcler le plus tôt possible pour réchauffer la terre et stimuler la croissance des plants (sur le rang et entre les rangs). Vers la mi-juillet, les plants devenus trop haut, le sarclage se fait à la main. La mosaïque, une autre maladie du tabac, peut être contrôlée par la rotation des cultures. Le ver à tabac, à l’époque, se voyait détruit par l’arrosage de DDT. Il existe aujourd’hui, d’autres méthodes naturelles pour y remédier. Cet arrosage se faisait de manière hebdomadaire.

Écimage du tabac (1951)

À la fin de juillet, c’est l’apparition des boutons floraux. Voici venu le temps de l’écimage. L’écimage permet de transmettre la sève au feuillage. On le fait à la main. L’œil rapide décide où doit être cassé la tige selon la force et la forme du plant. Ça permettra au feuillage de grandir. La récolte débute au début août et dure 6 semaines. Comme les feuilles mûrissent à mesure qu’elles poussent, le cassage commence au pied de la tige. Vers le même temps, se fait l’ébrageonnage. Après l’écimage, des drageons ou rejets se forment au détriment du feuillage. En les enlevant, on augmente la qualité des feuilles et leur maturité. Le deuxième cassage des feuilles se fait 8 jours après le premier en enlevant 2 à 3 feuilles au plant. Mais l’important étant de les choisir de manière uniforme.

1er cassage des feuilles de tabac (1951)

Ébrageonnage des rejets (1951)

Attachage des feuilles de tabac (1951)

D’autre part, près des séchoirs, ce sont les « attacheuses » qui s’appliquent à attacher les feuilles par groupe et les déposer sur les supports. Pour obtenir des feuilles épaisses et bien mûres, le type de sol, la date du semis et la manière de cultiver sont autant de facteurs permettant d’augmenter ou de diminuer la qualité du tabac. Après 4 ou 5 cueillettes, c’est le dernier cassage. Il ne reste que quelques feuilles sur le dessus du plant. Les feuilles sont rangées sur des supports pour le séchage. Seul quelqu’un de très expérimenté peut parvenir à trouver le séchage adéquat. 2 fourneaux au bois ou à l’huile réchauffent les tuyaux à la base du séchoir qui va répandre une chaleur égale à travers les lattes. Lors des 4 à 5 jours de séchage, la température devra être surveillée jour et nuit. Une fois séchée, on étend le tabac. Les feuilles doivent être assez souples pour être entreposées.

Entrée du tabac au séchoir (1951)

Enfouissement des tiges de tabac (1951)

Par ailleurs, il est important de couper les tiges du tabac restées au champ pour les réintroduire dans le sol afin d’y retourner de la matière organique. Semer du seigle tout de suite après cette étape car il aura le temps de pousser jusqu’à l’automne et de se récolter en juillet de l’année suivante. On parcellait ainsi le terrains pour abriter des vents le tabac que le producteur revendait si le prix était bon. Mais la majorité préférait enfouir le seigle à la herse pour ajouter de la matière organique  donnant de la consistance aux terres légères. Cela produira des pousses vigoureuses qui protégera aussi le sol jusqu’au printemps prochain; l’important étant de ne pas laissez le sol dénudé. On y ajoutera 4 à 5 tonnes de fumier à l’argent.

Triage manuelle des feuilles de tabac (1951)

Les brises-vents naturels (épinettes ou pins) complète cet attirail pour aider les terres sablonneuses à reprendre du tonus. Sur la ferme, en octobre, on s’occupe de l’expédition. Les feuilles sont assouplies à là vapeurs. Elles sont triées à savoir, les feuilles trop sèches, brûlées, mortes et surtout celles de qualité. Cette étape se fait par le responsable selon la texture, l’élasticité et les nervures fines. Les balles de 50 à 60 livres chacune portent le sceau du producteur et le numéro de la cueillette.

Finalement, elles étaient envoyées à Joliette à la coopérative de tabac Laurentien pour être classé par des « classeuses ». Il est à noter qu’en 2012, la culture du tabac jaune cessa définitivement au Québec.

Traitement et classage des feuilles de tabac (1951)

Champs intercalés de tabac de seigle (1951)

Saviez-vous que? Le 4 juillet 1931, L’action populaire publiait une note intéressante. Le docteur Lionel Stevenson, auteur du bulletin fédéral « Parasites, animaux qui nuisent aux moutons dans l’est du Canada » suggérait aux éleveurs de leur faire manger du tabac. Dans le but de réduire les malaises intestinaux causés par ces bestioles, il proposait de mélanger une proportion de dix livres de sel pour une livre de feuilles de tabac broyées. En faisant sécher les feuilles de manière qu’elles puissent être broyées en petits morceaux, d’une grosseur comparable à celle du son de blé, la poudre mélangée au sel va former un genre de gâteau que les animaux pourront lécher. Évidemment, pour la première fois, habituer les animaux avec de plus petites quantités deux semaines au préalable. 

Champ de tabac, ferme d’Harmegnie, Chambord, Lac-Saint-Jean (Québec) vers 1906 (source: Musée McCord)

Une 4e bibliothèque de semences à Montréal

14 mardi Nov 2017

Posted by Michel in Biodiversité

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Après l’inauguration de la première bibliothèque de semences en 2015, voici que l’idée fait son chemin.

En effet, après celle d’Ahuntsic, Atwater et de Rosemont Petite-Patrie, une quatrième a ouvert ses portes le 20 septembre 2017 dans le quartier Centre-Sud ou l’Arrondissement Ville-Marie grâce aux 5 stagiaires de Katimavik. Rappelons que la mission première se veut « d’emprunter gratuitement (pour les citoyens de Centre-sud) des semences de plantes potagères et fleurs comestibles à pollinisation libre ». Pour cela, ils demandent aux emprunteurs, si possible, de remettre quelques mois plus tard des semences des variétés empruntées une fois la récolte terminée. Pour les novices, des ateliers sur les techniques de récolte des semences sont offerts gratuitement. Consulter leur page Facebook. Ceci, dans le but précis de garder en vie les graines et surtout d’offrir à d’autres la chance de les cultiver les années subséquentes. Rien n’empêche d’en remettre davantage pour permettre à plus de gens d’en profiter.

3 des 5 stagiaires de Katimavik: (De gauche à droite): Isabelle Gareau, Caroline Lemieux-Houle et Marie Legivre

Justement, pour commencer du bon pied, Madame Amelie Fraser P., chargée de mobilisation citoyenne – projet Quartier nourricier, invite toute la population, peu importe votre lieu de résidence, à contribuer en lui envoyant des semences à pollinisation libre. Envoyez-lui le tout au: 2187 Larivière, Montréal, (Québec) H2K 1P5. Vous pouvez aussi la rejoindre pour obtenir davantage d’information au 514.523.9220, par télécopieur au 514.523.2653 ou par courrier électronique à info@quartiernourricier.org. Pour en savoir davantage, consulter la page web créée à cet effet. Félicitations pour ce merveilleux projet.

Carte postale de novembre 2017

08 mercredi Nov 2017

Posted by Michel in Carte postale du mois, Outils de références

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Dans le cadre de son 150e anniversaire, le gouvernement du Canada tient aussi à souligner la contribution des premiers ministères notamment celui de l’agriculture.

En effet, la création du Ministère fédéral de l’Agriculture remonte au 1er juillet 1867. Aujourd’hui, connu sous le nom d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, l’organisme a créé pour l’occasion une section bien spéciale sur son site Internet où vous pourrez visionner, entre autre, 5 capsules vidéos d’environ une minute chacune sur le thème « d’hier à aujourd’hui ». Elles touchent la disponibilité des aliments, la lutte antiparasitaire, la préservation du sol, la traite des vaches et la récolte des grains. On vous en donne un exemple ici-bas.

De plus, vous y retrouverez de belles affiches chronologiques portant sur les découvertes importantes durant ce dernier siècle et demi, les personnalités féminines marquantes en sciences durant cette période, une analogie aux code-barres et les insectes, des « saviez-vous que? », etc. Vous verrez, il s’en est passé des choses.

 

Avis de recherche: la patate du pêcheur.

01 mercredi Nov 2017

Posted by Michel in Avis de recherche

≈ 4 commentaires

Lors d’une de mes animations à l’été 2017, j’ai rencontré une représentante du mouvement Slow Food (région de Batiscan) qui m’a entretenu d’un légume bien particulier.

En effet, celle-ci aurait eu vent d’une petite pomme de terre qu’on cultive uniquement sur la région côtière du Québec. Consommée depuis des générations, elle aurait été recueilli, à l’origine, flottant au bord de l’eau, jetée par-dessus bord par les cuisiniers des bateaux car trop petites pour être apprêtées. Mangée surtout avec du poisson, on aurait poursuivi sa culture depuis des générations car elle se serait adaptée à son nouvel environnement, toujours en conservant sa petitesse. Selon les dires de cette dame, on la semait dans des barils remplis de terre juste à côté de la maison pour qu’elles soient à portée de main. Si vous ou une personne de votre entourage reconnaissez cette patate ou son histoire, faites-nous en part. On l’ajoutera à notre merveilleuse liste de fruits et légumes uniques issus de notre terroir québécois. Et si vous avez des photographies, envoyez-les nous. On se fera un plaisir de les publier en mentionnant votre contribution.

 

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