Citrouille algonquine

Citrouille algonquienne

À l’été 2017, Ashley Barbosa, étudiante à la mineure en Études indigènes de l’Universite Wilfrid Laurier, eut à réaliser, dans le cadre de son emploi estivale au Semencier du patrimoine, une collecte d’informations sur certaines variétés de leur collection et plus spécifiquement sur celles du patrimoine autochtone nord-américain. Elle a réussi le tour de force de trouver des sources « authentiques et honorables » permettant une meilleure compréhension partielle de l’historique ethnobotanique de cette courge très ancienne. Je vous inscris ici-bas une traduction intégrale en français du résumé de ses découvertes telle qu’elles ont été citées dans leur bulletin d’août 2017.

On fait donc une mise à jour, 6 ans après la parution de notre premier article.


La courge « algonquian » (ou citrouille) est une cucurbitacée extrêmement rare qui provient de la Nouvelle-Angleterre et qui a été cultivée historiquement par les Abénakis. Bien qu’elle puisse sembler avoir des liens avec les Algonquins, il n’en est rien.

Portraits de Meriwether Lewis et de William Clark (1807) par Charles Willson Peale.

En fait, l’orthographe du nom de la courge «Algonquian» est due au fait que les Algonquin sont une tribu alors que les Algonquiens sont une combinaison de tribus qui parlent la langue des Algonquins divisée en différents dialectes. Les Abénakis étaient l’une des tribus algonquiennes des régions habitées du Maine, du New Hampshire et du Massachusetts occidental. Les Abénakis pratiquaient en ces temps-là la méthode de culture des Trois Sœurs avec l’ajout de tournesols, et utilisaient les graines de la courge pour fabriquer de l’huile. Comme beaucoup d’Amérindiens, ils utilisaient ces huiles pour fabriquer des colorants pour des matériaux artistiques. Traditionnellement, la courge était utilisée dans les soupes et les ragoûts, ainsi que les plats de légumes communs. La courge algonquienne faisait partie des denrées alimentaires que Lewis et Clark* commercialisaient avec les Indiens Mandan au début du 19ème siècle, ce qui nous donne un historique du processus par lequel les semences ont été déplacées par le commerce entre les tribus ».

Auteur — Ashley Barbosa —


Selon nous, les nuances apportées par Madame Barbosa deviennent importantes car la variété se fait appeler « algonquine » un peu partout par les semenciers et sur le web alors qu’elle devrait se nommer « algonquienne ». Les transmissions orales ou les fameux « copier-coller » pourraient être à l’origine de cette mauvaise traduction d’aujourd’hui. C’est pas tous les jours qu’on retrouve le nom originel d’un légume. Va falloir réécrire les étiquettes et l’historique de ce cultivar.

Je vous encourage également à consulter les résultats de ses autres recherches notamment celui des haricots « Cherokee Trail of Tears », « Deseronto Potato et « Anasazi » ou encore la tomate « Cherokee Purple ».

 

Expédition Clark et Lewis (auteur: Charles Marion Russell)

*Saviez-vous que? Le trappeur-explorateur québécois Toussaint Charbonneau (1767-1843) et sa femme amérindienne Sacagawea (1788-1812), traductrice, sont considérés comme les acteurs principaux dans la réussite de l’expédition de Lewis et Clark (1804-1806). Bien que l’homme pourrait se faire qualifier aujourd’hui de véritable « ordure », lui et sa femme permirent aux 42 membres, sauf un, de traverser les États-Unis à terre jusqu’au Pacifique sains et saufs et ce, aux périls de maints dangers (animaux sauvages, tribus amérindiennes guerrières, obstacles naturels, climat rude …).

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