Tabac Petit canadien

Tabac Petit canadien

Publicité (source: Le Soleil, 12 avril 1924, p. 27)

Publicité (source: Le Soleil, 12 avril 1924, p. 27)

Selon la tradition amérindienne, le tabac aurait été la première plante offerte par le créateur. C’est pourquoi, il est parmi l’une des plantes sacrées les plus utilisées par ces derniers dans divers rituels de purification, d’offrandes mais aussi pour communiquer avec les esprits. Employé dans la vie de tous les jours mais aussi lors des cérémonies, sa culture était très importante chez les premières nations.

Il est donc normal qu’on retrouve des mentions du tabac d’aussi loin que la documentation peut nous le permettre. Malheureusement, outre les descriptions physiques, nul nom de cultivar ne leur était attribué.  Du tabac, c’était du tabac un point c’est tout. Il se pourrait fort bien que le « petit canadien » soit donc l’une des souches utilisées par les amérindiens ou du moins un descendant.

En effet, ce cultivar, appelée aussi « petit tabac rouge » ou « small red canadian » est mentionné d’aussi loin que 1807 par la compagnie W.M Ewing & cie dans leur catalogue de 1897.

Petite variété très rustique, très hâtive, mûrit en six semaines. Cultivé depuis plus de 90 ans dans la Province de Québec et toujours avec succès, puisque tous les sols lui conviennent. Il paie toujours celui qui se livre spécialement à la culture de cette variété particulière.

Selon le livre « Ethnologie des terroirs », page 169,  » Le tabac à pipe, cigarette ou cigare « Petit canadien » a été élaboré par la manufacture J. O. Forest de Saint-Roch-de-L’Achigan dès 1884 justement à partir de cette variété.  On pouvait se le procurer dans toutes les tabagies du Québec et il était très prisé par les personnes âgées car très corsé et ressemblant aux goûts qu’ils avaient connu dans leur jeunesse.

Aujourd’hui, le nombre de fumeurs tend à régresser et loin de nous l’idée de perpétuer une telle habitude.

Par contre, la plante est un excellent répulsif contre les insectes.

Par exemple, la compagnie Dupuy & Ferguson recommandait en 1928 de protéger les radis et les navets contre les vers avec de la poussière de tabac. Vous n’aviez qu’à répandre généreusement la poudre dans les rangs avant de semer. Pouvant aussi agir contre plusieurs insectes infestant le sol, ils suggéraient de saupoudrer aussi les concombres, melons et courges pour les débarrasser des pucerons. L’application devait se faire au matin lorsque les plants étaient couverts de rosée. Je crois qu’on va l’essayer pour réellement savoir!

En terminant, l’histoire du tabac vous intéresse, le centre régional d’archives de Lanaudière possède un fonds offert par Claude Saint-Germain, un citoyen de la région qui leur ont permis de mettre sur pied une exposition en 2009 intitulé: « Le tabac, une culture disparue ». Ce fonds contient notamment bon nombre de documents de la manufacture de tabac  J. O. Forest et Cie.

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