Comment reproduire et conserver vos semences de laitue

Nous vous le redirons continuellement, gardez les autres cultivars à bonne distance (entre 4 et 8 mètres); surtout la laitue sauvage car elle pourrait contaminer vos précieuses semences. Choisissez les plants qui tardent leur montée en graines.

En effet, c’est un effet indésirable qui doit être évité.  Lorsque vous aurez sélectionné votre ou vos plants, vous verrez poindre, à un moment donné, une tige pouvant atteindre entre 60 centimètres et 1 mètre 50 de hauteur (Ça dépend de la variété). Les écarts de température déclenchement habituellement la montée en graines. Elle se couvrira alors de fleurs et, comme le plant est autofécond, les graines se formeront d’elles-mêmes dans une capsule.

laitue montée en graines

Pour les variétés à feuillage serré, faites un « X » au-dessus de la pomme à l’aide d’un couteau. Cela aidera la tige à se frayer un chemin.

Une fois que votre plant aura produit ses semences, vous verrez apparaître des boules de poils (voir image en haut à droite). Pour ceux qui voudrait un truc pour la récolte en images, suivez ce lien. Ça vous évitera pas mal de soucis.

Par la suite, inscrivez le nom du cultivar, l’année de la récolte et enfermez-les dans un sachet opaque au sec et à l’abris de la lumière. Les semences se conserveront pendant 3 ans. Bonne fin de semaine!

Le Centre sur la biodiversité de l’Université de Montréal

Centre sur la biodiversité de l'Université de Montréal (image: http://www.montrealitesurbaines.com)

Ça y est… Le décompte est prévu pour le printemps 2011. Quoi? Et bien l’inauguration du Centre sur la biodiversité de l’Université de Montréal.  

En effet, les Muséums nature de Montréal seront les hôtes de nouvelles installations permanentes situées à côté du Jardin botanique de Montréal. Érigé aux coûts de plus de 16 Millions de dollars, dont une très grande partie des sommes fournies par la Fondation canadienne pour l’innovation et le gouvernement du Québec, le projet débuté en août 2009 est terminé. Ou sinon, il reste quelques détails.  

4 grands objectifs sont prévus pour cette installation:

  1. Valorisation et conservation des collections;
  2. Recherche scientifique;
  3. Transfert des connaissances et;
  4. Sensibilisation du public.

À cela s’ajoutera une base de données vituelles où vous pourrez parcourir la collection du nouveau centre et celles de 8 universités canadiennes, 8 jardins botaniques, et les catalogues des musées qui désireront y adhérer; une richesse inimaginable concernant la biodiversité canadienne.

Avis de recherche: la courge Sherington

Est-ce une variété qui aurait changé de nom au cours du temps? Est-elle disparue à jamais? Est-ce une courge d’origine amérindienne?

Quoi qu’il en soit, en 1878, le catalogue illustré William Evans, une entreprise de semences de Montréal décrivait cette courge ainsi:

…très belle espèce canadienne bonne à table et les animaux. Productive et se gardant bien.

Quant à lui, le « Canadian Agricultural Warehouse; Illustrated & descriptive catalogue of choice farm, garden & flower seeds » aussi de 1878 mentionnait:

Very fine. Good for table or stock. Produces largely and keeps well. Canadian.

Et depuis… plus rien! Ou du moins, nous n’avons plus aucune mention dans nos archives et documents. Il y a sûrement quelque chose ailleurs mais où? Nous n’avons malheureusement aucune image ou information supplémentaire. Aidez-nous à retrouver sa trace ou du moins, ajouter à nos connaissances sur ce cultivar. Si, nous avons des développements, nous les noterons sur ce blogue.

L’artisanat culinaire

La contribution de votre potager pourrait amener l’art à un niveau insoupçonné. Par exemple, qui aurait songé tisser des légumes racines pour en faire une forme d’expression. C’est ce que propose Lena Guézennec. Ayant étudié à Paris en création de costumes, elle poursuivit ses études au Centre textiles contemporains de Montréal où elle s’est spécialisée en « tissage de légumes ». Fallait le faire!

Cloche a croquer (image: http://www.velvethighway.com)

En utilisant des matières organiques telles la carotte, la betterave, le daikon et autres légumes racines, elle veut sensibiliser aux rapports qu’on les gens avec le gaspîllage des contenants. Assiettes jetables, suremballage,  l’artiste renouvelle le concept en l’amenant plus loin pour qu’il devienne mangeable.

Vous souhaitez mieux ;a connaître et la voir à l’oeuvre: Voyez un webépisode de « Ça vient de la ferme » (épisode 10).

La pomme de terre Marc Warshaw

Pomme de terre Marc Warshaw (image d'Agriculture et Agroalimentaire Canada)

La pomme de terre Marc Warshaw provient de Buckland au Québec et a été nommé du nom de celui qui l’a reçu d’un agriculteur local. Outre le fait qu’elle est cultivée depuis longtemps, Monsieur Warshaw n’a aucune autre donnée historique vérifiable à son sujet. Dommage car, remise au centre de recherche sur la pomme de terre à Fredericton au Nouveau-Brunswick en 2001, les chercheurs ont affirmé qu’elle serait parmi les aspirantes d’un concours de beauté.

En effet, l’une de ses principales caractéristiques comme ils le décrivent:

C’est une pomme de terre longue et ovale avec une chair blanche et une peau ocre pâle vivement colorée, avec de gros éclats et des taches cutanées rose vif foncé. Bonne tenue à la cuisson.

Cette pomme de terre de mi-saison très productive est uniquement disponible, à notre connaissance, via leur banque de gènes.

Pour cultiver davantage de variétés de pommes de terre l’an prochain sur un même espace, adoptez la culture en pyramide. Comme la multiplication est végétative, c’est-à-dire que la pomme de terre se reproduit par tubercule, vous pouvez faire pousser plusieurs variétés côte-à-côte sans vous soucier d’une possible hybridation. 

En effet, beaucoup de personnes manque d’espace pour cultiver les fruits et légumes qu’ils préfèrent.  Cette technique simple augmentera de manière significative (2 à 3 fois) votre production sur une même surface.  Suivez les étapes imagées:

Étape 1: Percez des trous dans 3 cadres différentes

Étape 2: Placez les tubercules vis-à-vis les orifices

Étape 3: Montez vos étages

Étape 4: Les germes se frayeront un passages à travers les trous

Étape 5: Votre pyramide se transformera en bosquet

Étape 6: Récoltez vos pommes de terre

Curiosité au potager: la chicorée à café

chicorée à café (source inconnue)

Nous avons fait récemment l’acquisition de 3 catalogues de semenciers ontariens de 1944 et 1945 à l’intérieur desquels la variété « Giant Madgeburg » était mentionnée comme « nouveau et légume spécial » (traduction libre de « new and special vegetable »).

En effet, sa racine aurait la particularité de devenir, selon les écrits:

… a delicious nourishing drink to take place of coffee.

En traduisant, quelque peu, lorsque la racine est coupée en petits morceaux, séchée et torrifiée, elle devient une boisson nourissante pouvant remplacer le café, caféine en moins. Hé!, Hé!, Hé! Nous avons cru intéressant en faire un article devant la flambée du prix du café.

Les Hollandais auraient été, semblerait-il, les premiers à industrialiser la torréfaction industrielle de la racine vers 1690, La demande s’est par la suite envolée en 1806 lorsque pour affaiblir l’Angleterre, Napoléon décida d’établir un blocus continental. 

À partir de ce moment, impossible pour les Anglais d’importer du café par les voies habituelles. Fallait trouver un substitut.

Dès lors, cette vivace biannuelle prend la relève comme succédané et même après le blocus, elle deviendra un aliment traditionnel car elle continuera d’être utilisée en mélange avec le café pour en atténuer l’effet excitant.

Vous pourrez également, comme toute chicorée, manger les feuilles en laitue. Sachez qu’au supermarché, les producteurs les auront fait pousser à l’abris de la lumière, d’où leur couleur blanche. Ceci pour répondre à la demande des consommateurs.

Si, par contre, vous la plantez au potager, elles deviendront vertes par l’action de la chlorophile stimulée par son exposition aux rayons di soleil. Ne soyez donc pas surpris!

Vous souhaitez essayer? 
www.saltspringseeds.ca (site de Colombie-Britanique uniquement en anglais)
Salt Spring Sanctuary Society (organisme avec abonnement annuell)

Bonne fin de semaine!

Comment reproduire et conserver l’ail

ail Northern Quebec

Il est très facile de produire de l’ail. Ce n’est qu’une question d’étape. Ça fait maintenant 9 ans qu’on en cultive et mis-à-part quelques déboires, c’est une culture plus facile qu’on le croit.

En fait, comme tout bulbe, vous aurez à choisir les plus beaux spécimens exempts de virus, maladies ou cicatrices.

Pour notre part, nous prenons plusieurs échantillons sur l’ensemble de nos plus belles gousses pour nous assurer une bonne diversité génétique. Évitez l’ail des épiceries. Irradié, peu adapté à nos régions froides ou infecté par des virus. Bref ne prenez aucune chance. Pour alléger le texte, le lien suivant vous montrera les étapes imagées de plantation. Vous pouvez vous y fier sans problème car nous l’avons expérimenté plusieurs fois.

Important (1): prévoyez une bonne irrigation de votre sol car plusieurs variétés d’ail n’aiment pas avoir les racines constamment mouillés.  Dans les saisons de fortes pluies, nous avons presque perdu toute la production d’un cultivar plus sensible.

Important (2): Mettez toujours un paillis de feuilles mortes ou de paille sur vos bulbes après le premier gel, ça les protégera contre les gels et dégels successifs s’il n’y  a pas un couvert de neige suffisant. En plus, ça empêchera les mauvaises herbes de pousser. L’ail n’aime pas la compétition.

Fleur d’ail (image: http://jardinsshefford.com)

Arrive le moment, vers la mi-juin où vous pourrez récolter votre fleur d’ail. Cette étape est importante car en supprimant cette partie, l’énergie épargnée se concentrera vers le bulbe pour en augmenter sa taille. Ne la jetez surtout pas car elle se consomme de différentes manières:

  • Quiche à la fleur d’ail
  • Pain au beurre de fleur d’ail
  • Vinaigrette à la fleur d’ail
  • – et j’en passe.
  • ail à tige molle

    Récoltez vos bulbes (nous utilisons une fourche à bêcher) vers la fin juillet et enlevez grossièrement la terre. Laissez-les sécher dans un endroit sec et aéré avec la tige. Pour l’ail à tige molle, attachez-les ensemble et suspendez-les. Lorsqu’ils seront prêts (vers le début septembre), vous pourrez les tresser. Pour l’ail à tige dure, comme c’est le cas pour bon nombre d’anciens cultivars, mieux vaut trouver des surfaces planes à l’abris des intempéries. Pour les petites productions-maisons, j’ai transformé de vieux moustiquaires trouvés au bord de la rue, en séchoir. Vous pourrez aussi en faire le tressage si vous le souhaitez mais ça demande plus de dextérité.

Rendu en début septembre, lorsque l’ai est séché, je demande la contribution de ma famille pour un POW WOW de mise en beauté de l’ail. On coupe le surplus de tige (au-dessus du bulbe), on enlève la première petite pellicule qui sera devenue comme une mince feuille de papier séchée et comme par magie, toute la terre séchée mais encore collée disparaîtra.TADAM! Une belle grosse gousse d’ai prête à mangerl.

Pour la conservation, rien de plus facile. Mettez vos bulbes dans un sac de papier à l’abri de la lumière dans un endroit sec. Évitez à tout prix, comme la majorité des gens le font, le réfrigérateur. L’humidité nuit fortement à la conservation de l’ail. Dans de bonnes conditions, il se conservera presqu’une année. Et le cycle recommencera en automne vers la mi-octobre.

Pour ceux et celles qui aimeraient se lancer dans cette production, je vous suggère de lire cet article du Soleil.

Armand Savignac (1898-1994), premier horticulteur biologique

Armand Savignac c.s.v (source: Pierre Beaupré, 1994)

Il y a quelques années, lors d’une conférence de Yves Gagnon, propriétaire des Jardins du Grand-Portage, ce dernier nous présentait son immense jardin-potager, ses bons et moins bons coups, l’historique de son entreprise et les raisons l’ayant poussé à se diriger vers la production de fruits et légumes bios.

Arrive le moment où il nous entretient de la tomate Savignac et des semences reçues des mains d’Armand Savignac, un clerc de Saint-Viateur à Joliette. Il projetait sur le mur une photographie du religieux monté sur l’extrémité d’une très grande échelle au bout de laquelle il cueillait ses tomates. Wow! Nous avions été très impressionné par la dimension des plants et la quantité phénoménale de fruits accrochés. Ça prenait tout un tuteur.

Monsieur Gagnon nous parla de cet homme qui, à cause de troubles digestifs (constipation chronique) et d’une difformité musculaire l’obligea à graduellement transformer son alimentation pour finalement adopter, dès 1940, un mode de vie exclusivement végétarien. Vous comprendrez qu’à l »époque, les mentalités encourageaient fortement l’utilisation d’engrais chimiques, nutriments de synthèse et autres formes de suppléments synthétiques comme étant l’apogée  en matière d’agriculture.

Image tirée du livre « Les terroirs du Québec »

Toutefois, ces méthodes de culture ne s’arrimaient pas à l’état de santé et aux valeurs du religieux.

Dès lors, il cultivera lui-même ses fruits et légumes de manière naturelle.

À contre-courant des pratiques habituelles, il deviendra l’un des membres fondateurs du Mouvement pour l’agricutlure biologique du Québec. Durant une grande majorité de sa vie, il expérimentera une foule d’arbres fruitiers notamment les cerisiers de France (de type griotte), le prunier Mirabelle et Mont-Royal, poiriers, pommiers, près de 300 cultivars de vignes, etc.

Il s’éteindra le 23 avril 1994 âgé de 95 ans et 4 mois… pas mal pour quelqu’un condamné à mourir jeune.

La banane sonne l’alarme

Banane Cavendish

La banane est l’un des fruits les plus consommés au Québec. En 2009, la province en a importé 48 600 tonnes.

Toutefois, le but du propos n’est pas tant la quantité ingérée par la population mais davantage son monopole.

De fait, la variété « Cavendish » représente à elle seule 50% de toutes les bananes consommées dans le monde et sa popularité ne cesse de croître depuis 1900, année où la banane dessert a fait son apparition sur les marchés. Malgré 1200 cultivars comestibles (ça inclut le type banane plantain), elle est de loin celle qu’on importe le plus. 

Le « hic « , et bien les bananeraies sont attaquées par la maladie de Panama et rien ne semble parvenir à enrayer ce fléau.

Vous souvenez-vous de la grande famine qui obligea des milliers d’Irlandais à fuir leur pays entre 1845 et 1849?

Ce fût le résultat de 50 années d’interactions désastreuses entre la politique économique impériale britannique, des méthodes agricoles inappropriées et l’apparition du mildiou sur l’île, un champignon parasite qui a pratiquement anéanti d’un coup les cultures locales de pommes de terre, nourriture de base des paysans irlandais.

Il se pourrait très bien qu’on assiste ici au même phénomène. Le sujet n’est pas très soulevé par les médias mais il nous concerne directement même si elle est produite à plus de 5000 km. Lorsque nous voyons de vastes champs de maïs, soya, pois ou toutes autres monocultures, que croyez-vous qu’il pourrait se passer un jour chez-nous? Changements climatiques, introduction d’un parasite, bactérie ou maladie végétale par inadvertance, résistance des insectes aux insecticides, mauvaise herbe envahissante incontrôlable et j’en passe. 

Quelles seront nos meilleures armes si ce n’est notre biodiversité? 

Il existe des solutions. C’est vous!
Par exemple, lorsque vous verrez d’autres types de bananes à l’épicerie, achetez-en.
Comme dirait Laure Waridel «Acheter, c’est voter ».
AJOUT DU 01 NOVEMBRE 2011: La fin de la banane? (émission radiophonique de Radio-Canada « bien dans son assiette »)

La tomate Forme de coeur ou Québec 473

Tomates forme de coeur

Tomates forme de coeur

Nous nous sommes longtemps demandés si cette tomate rouge était bel et bien une création québécoise car nous n’avions trouvé aucun document récent ou ancien faisant référence à celle-ci; du moins, sous cette appellation. Jusqu’au jour où, par hasard (c’est souvent le cas) nous sommes parvenus à l’identifier sous son véritable nom: « Québec 473 ».

En effet, cette tomate est une autre création de Roger Doucet, l’agronome prolifique, à la station de recherche de Saint-Hyacinthe (année à confirmer) aujourd’hui connue sous le nom de l’Institut de Technologie Agroalimentaire de Saint-Hyacinthe. Nous n’avons aucune idée d’où est venue l’appellation « forme de coeur ». Est-ce de lui, d’une tierce personne? Si vous le savez, faites-nous en part.

Tomate forme de coeur

Tomate forme de coeur

Toutefois on peut comprendre les raisons en voyant le renflement sous le fruit pouvant renvover au symbole du coeur. En mentionnant le nom de ce cultivar à notre jeune fille, il y a 2 ans, celle-ci n’arrêtait plus de les caresser en disant qu’elle les aimait beaucoup. Ce fût, sans vouloir faire un jeu de mots « notre coup de coeur » en 2009.

En effet, en plus de sa fermeté en main, elle est excellente en brushetta ou en salade car tenue ferme et saveur prononcée. Le fruit est d’environ 100 à 300 grammes sur un plant relativement compact qui mesure tout au plus 50 centimètres.  Vous aurez besoin de tailler les feuilles les plus basses pour éviter qu’elles ne trainent pas terre et occasionnent des maladies. Bonne dimension pour les petits potagers.  Une autre particularité de ce fruit est qu’il tient longtemps sur le plant et se conserve tout aussi longtemps lorsque cueilli. Vous en mangerez beaucoup car il est très productif. En danger d’extinction.

Coupe des gourmands de tomate

Culture:  Semis intérieurs 6 à 8 semaines avant la date du dernier gel. Acclimatez les plants avant le repiquage au jardin. Plantation en plein soleil dans un sol fertile et bine drainé. N’oubliez pas de pincer les gourmands pour donner de l’énergie au plant. Maturité: entre 65 et 85 jours.