La tomate rose italienne (photo: Philippe Panassié)

Les québécois ont ceci de particulier. À une certaine époque (entre 1950 et 1980), ils adoraient les tomates roses comparativement au reste du Canada. L’apogée de cette popularité survient dans les années soixante où les compagnies de semences proposaient presque la moitié de leurs choix en tomates roses. Par exemple, que ce soit la Québec no.245, Apha rose, Beauté de Livingstone, Champion naine, Rose de juin, Rose à feuille de patate (McMullen) ou encore la Oxheart (la fameuse « cœur de bœuf »), toutes ont comme point commun la couleur de la chair du fruit… comme celle-ci: la « rose italienne ».

De fait, en provenance du bas Saint-Laurent et plus spécifiquement de Rivière-du-Loup, les semences originent de Madame Francine Mailloux. Qualifiée de plante « costaude » par René Paquet qui a obtenues les graines de celle-ci (été moi de lui), il ajoute que le plant indéterminé aura un « gros rendement » avec des fruits produisant « peu de graines » (à discuter) et « à peau rouge et chair rose ». Ceux-ci pèseront, en général, entre 400 et 850 grammes mais pourront aller au-delà comme en fait fois le spécimen au bas de l’article.

La tomate rose italienne (photo: Philippe Panassié)

Par ailleurs, au début début 2018, j’ai reçu une charmante invitation d’Allemagne de Philippe Panassié (lui-même grand collectionneur de tomates rares) me proposant son aide dans la culture de mes anciennes variétés de tomates; ce que j’accepta avec une très grande gratitude. À la fin de la saison, il me fit parvenir ses semences cultivées, ses observations, ses commentaires et ses photographies. REPRODUCTION DU TEXTE ET DES PHOTOGRAPHIES INTERDITES SANS LE CONSENTEMENT DE PHILIPPE PANASSIÉ.

————– texte de Philippe Panassié ——————–

La tomate rose italienne (phot: Philippe Panassié)

Jolie tomate rose-rouge. Plante très robuste à croissance indéterminée environ 180 cm, feuillage normal, gros fruit rond un peu aplati de 500 à 900 g légèrement côtelé aux épaules, très charnues, chair douce, beaucoup de graines (environ 10 loges). Bonne production de mi-juillet à fin septembre (les changements climatiques qu’on le veuille ou non ont demandé plus d’arrosages que normal et la fin de saison a sans doute été plus précoce: à mi-octobre les plantes sont encore pleine de fruits qui ne mûrirons plus).

La tomate rose italienne (photo: Philippe Panassié)

 

Comme cette année a été sèche, je ne peux pas dire si cette plante est résistante ou non aux maladies cryptogamiques (je l’ai cultivée en extérieur sans abri). J’ai cultivé 7 plantes et ai obtenu une récolte de 3,5 kg par plante, ce qui en saison « normale » devrait pouvoir atteindre 5 kg au vu de ce qui reste encore sur les plantes à mi-octobre. (À noter qu’à la mise en place à mi-mai j’ai fait un arrosage copieux avec purin d’ortie à 20% et qu’ensuite elles ont reçu tous les 15 jours une ration de purin de consoude à 10%). En résumé une bonne grosse tomate à déguster crue avec une pointe de fleur de sel, un voile de poivre, un filet d’huile d’olive et une touche de pesto ou de tapenade, un régal!

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Saviez-vous que? Vous cultivez des anciennes variétés et n’arrivez pas à déterminer leur couleur exacte. Sachez qu’il existe une manière très simple de les distinguer. Consultez mon ancien article inspiré des écrits de Madame Michèle Renaud intitulé « Tomate… rouge ou rose?« .

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