Jardin potager de 1950 de l’Île-aux-coudres (image: Lisa Moser)

La religion catholique, omniprésente dans la vie des anciens ruraux, se manifestait jusqu’au potager avec Saint-Fiacre, patron des jardiniers, qu’on célébrait le 30 août au Québec, le 3 septembre en France. Par sa représentation divine on demandait à ce Saint de veiller aux bonnes récoltes et à la protection du jardin. Il n’est donc pas rare de retrouver parmi les plantes des emblèmes sous forme de statues, de mini-autels ou encore de croix dans le but d’attirer la bienveillance divine.

Toutefois, selon la légende*, Saint-Fiacre n’aurait pas été tendre envers les femmes dont l’une l’aurait accusé d’utiliser la magie au lieu de miracles. À cause de cette réflexion, il anathémisa (excommunier publiquement) l’ensemble de la gente féminine au point où, lorsqu’on construisit une chapelle en son honneur, les femmes furent strictement interdites d’entrée.

Ainsi donc, comme ce sont les femmes qui s’occupaient en grande partie du potager, il n’est peut-être pas improbable de croire qu’il aurait été évincé des jardins-potagers pour un personnage religieux plus significatif. Dans ce cas-ci, Marie, aussi appelée la sainte mère, Notre-Dame ou la Vierge Marie, avec son « petit Jésus » chez qui on vouait un véritable culte. Elle se voyait régulièrement invoquée pour les protections en tous genres. Certains, encore vivant, se souviendront peut-être des attroupements autour de la madone lors de la prière du soir pour invoquer le ciel de leur accorder une récolte abondante. Et, c’est ce que nous vous souhaitons à notre tour pour vous tous pour 2018.

*Référence: Journal de l’Union des Cantons de l’Est, 22 juin 1906, p.4

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