Si un jour vous consultez le Guide de la loi et du Règlement sur l’emballage et l’étiquetage des produits de consommation du Bureau de la concurrence (une belle petite lecture de chevet), vous remarquerez un passage intéressant dans la section des exemptions.

En effet, au paragraphe 4(1) du règlement, on y stipule que:

Les produits préemballés qui sont soumis aux exigences de la Loi relative aux aliments du bétail, de la Loi sur les engraisde la Loi sur les produits parasitaires et de la Loi sur les semences sont soustraits aux exigences en matière d’étiquetage détaillé (articles 4, 5, 6, 8, et 10) de la Loi sur l’emballage et l’étiquetage des produits de consommation.

Après avoir contacté l’agent régional de programme Engrais, Semence, Aliments du Bétail, Bio (Bureau régional de St-Hyacinthe / Division de la Production des végétaux de l’Agence Canadienne d’inspection des Aliments), nous n’avons pas encore eu de confirmation officielle à savoir si on pouvait écrire à peu près n’importe quoi sur les sachets. Comme la loi paraît complexe et pleine d’exceptions, on réécrira ce passage lorsqu’on aura la réponse.

Ainsi donc, pour faire suite à notre première partie (les renseignements habituellement inscrits), nous abordons maintenant l’information qui, selon nous, augmente la transparence de ce qu’on tente de vous vendre; une genre de valeur-ajoutée à votre choix. Est-ce mieux? C’est à vous consommateur de juger si ces infos éclairent votre sélection. En bout de ligne, le consommateur a toujours le dernier mot.

LES RENSEIGNEMENTS INSCRITS DE TEMPS À AUTRES

 

L’ANNÉE DE RÉCOLTE: Vous voulez augmenter considérablement vos chances de réussite, achetez les semences les plus récentes. Malheureusement, cette info fait trop souvent défaut et pour cause. Certaines entreprises refilent leurs invendus des années passées pour augmenter leur marge de profit. En agissant ainsi, cela réduit les dépenses supplémentaires pour la ré-impression des sachets. Évidemment, même si plusieurs variétés conservent un bon pouvoir de germination durant plusieurs années (ex: 5 ans facile pour les tomates), les gens auraient la perception d’acheter de « vieilles graines » s’ils voyaient 2014 et non 2016. En omettant volontairement cette info et en misant sur le manque de connaissances du consommateur, les compagnies font croire que le produit offert est récent. Mais comment savoir si vous dépensez pour des graines périmées? Pour vous aidez, faites simplement un test de germination quelques semaines avant de semer. Ça vous évitera de mauvaises surprises en constatant qu’elles ne germent pas. Vous pourrez alors ramener le produit à votre magasin pour remboursement ou échange avec votre coupon de caisse. Mais qui fait ça pour 3.50$? Encore une fois, on se fie sur votre manque de temps ou l’absence d’énergie pour vous plaindre. Et qui gagne encore?

LE TAUX DE GERMINATION: Pour faire du pouce sur le point précédent, certains organismes à but non lucratif de sauvegarde ou de petites entreprises ont justement la bienveillance d’esprit d’indiquer le pourcentage de germination pour l’année en cours. Par exemple, elles inscriront « 93.3%:2016 » pour mentionner qu’un peu plus de 9 graines sur 10 ont germées lors de leur test de l’an passé.

De fait, même pour l’année de récolte, il arrive souvent qu’un faible pourcentage soit déjà non viable. Et pour le consommateur muni de ses 25 graines à 3.50$, cela représente quant même une perte de 4% avec seulement une semence non viable. Ce n’est peut-être pas pour rien si de nombreux commentaires élogieux concernant la bonne levée des graines se voyaient affichés dans les anciens catalogues de semences. C’est un argument de vente majeur. Aujourd’hui, certaines entreprises font état d’une garantie promouvant le respect des normes canadiennes (ex: Canada no.1) mais saviez-vous qu’une telle cible variait entre 75% et 85%. Pire, les fines herbes peuvent voir ce pourcentage baisser jusqu’à un minimum de 50%. Il existe 8 certifications: Canada Fondation no.1 et no.2, Canada Enregistré no.1 et no.2, Canada Certifié no.1 et no.2 ainsi que Canada no.1 et no.2. Chaque certification possède son propre pourcentage minimal de germination par poids de 25 grammes. Et, tout dépendant du type de fruit ou légume, nul n’est tenu de vous vendre quelque chose au-delà de 90% de chances de levée. Intéressant, n’est-ce pas?

LE NOM LATIN: Bien qu’elle n’est pas présente sur toutes les enveloppes à cause des hybrides, cette donnée est excessivement importante pour tout individu qui souhaite reproduire ces semences issues de variétés fixées.

En effet, le nom latin des variétés hybrides n’a pas à être indiqué puisqu’il descend de deux parents distincts. Pour les sélectionneurs, les producteurs de semences ou par curiosité, cela nous permet d’apprendre le nom de famille botanique de la plante. Pour ceux soucieux de respecter les distances d’isolement entre deux membres d’une même famille, on doit absolument connaître s’ils se polliniseront entre eux. Par exemple, vous ne pouvez faire pousser deux cucurbitacées maxima (les supers grosses citrouilles) à moins de 1 kilomètre de distance entre elles. Mais, vous pouvez sans problème l’associer à une cucurbitacée pepo.


 

Carl Von Linné (image: www.garten-treffpunkt.de)

Carl Von Linné (image: garten-treffpunkt.de)

Saviez-vous que? On doit au naturaliste suédois Carl Von Linné (1707-1778) le système de classification binominale actuelle des 5900 plantes connues de son époque, une tâche titanesque qui causa vraisemblablement sa mort dû au surmenage. Bien oui, les fameux noms latins incompréhensibles pour la plupart d’entre nous. Avant la publication de son livre en deux tomes intitulés « Species Plantarum » paru en 1753, le classement des plantes et animaux s’avérait un véritable fouillis absolu rendant cauchemardesque toute tentative de classification. Par exemple, on pouvait donner plusieurs noms vernaculaires à un même oignon. Au 18e siècle, en utilisant les travaux de Linné, les botanistes et naturalistes s’entendirent pour les regrouper par famille et ensuite les diviser en différents groupes ou genres, puis de nouveau en espèces et sous-espèces. Aujourd’hui, ce système se veut la référence planétaire. Ainsi, si vous rencontrez une plante avec un « L » majuscule à la fin de son nom latin (ex: Pisum sativum L.), vous saurez qu’elle aura été répertorié par cet homme en personne.


Il y a probablement d’autres trucs qu’on pourrait ajouter. On se laisse, encore une fois, une porte pour ajouter des idées qu’on aurait pu oublier. Le monde de la production de semences, pour la majorité d’entre nous, se veut plutôt nébuleux, hors de portée, dans un monde inaccessible… même pour nous. Sans réelle référence, on se fie à la bonne volonté. On ose croire, qu’une autorité supérieure veille sur nous. Est-ce vrai? Loin des feux des projecteurs, il est plus facile de laisser libre cours à des astuces. C’est ce qu’on a découvert et ce qu’on vous entretiendra dans notre troisième partie: ce q’on vous cache.

 

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