Maîs canadien blanc (source: terrepromise.ca)

Maïs canadien blanc (source: terrepromise.ca)


Lorsque j’apprends qu’on a retrouvé un légume québécois disparu, l’espoir renaît en moi. Je me dis qu’il est encore temps. Je regardais hier soir d’un œil distrait un reportage sur des chasseurs de trésors et je me suis reconnu, moi et plusieurs de mes congénères traquant les plantes alimentaires en voie d’extinction. Remonter des traces dans le temps, chercher des indices, rencontrer des gens, dépoussiérer des archives, éliminer les rumeurs des faits. À la différence près qu’au bout du chemin, il n’y a pas d’or, pierres précieuses, reliques sacrés ou d’objets de valeur. Mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a aucune récompense. Imaginez, à la fin du chemin, tenir entre ses doigts l’unique graine d’une variété éteinte. Comment réagiriez-vous? C’est l’histoire de ce maïs qui a bien failli disparaître à jamais sans l’intervention de quelques personnes bienveillantes. Avec la permission de l’une des instigatrices et fondatrice de Terre Promise, Lyne Bellemare, celle-ci a écrit son histoire (ici-bas)… que je vous retransmets avec plaisir.

Mais canadien blanc (source: terrepromise.,ca)

Mais canadien blanc (source: terrepromise.ca)

— TEXTE DE LYNE BELLEMARRE —-

Antoine D’Avignon était un passionné des légumes anciens. Précurseur au Québec dans la sauvegarde des semences du patrimoine, il a récolté, cultivé et partagé plusieurs variétés qui, aujourd’hui, auraient été oublié sans lui. Par exemple, la pomme de terre Crotte d’ours de Louis-Marie, la tomate Ice Grow (de Suzanne Bourgeois), le blé Huron, et… ce maïs.

Lors d’une entrevue radiophonique dans les années 1990, il lance un appel à tous: le maïs québécois que nos grand-mères cultivaient n’existe plus.  Personne ne fait plus pousser du maïs à farine. Après l’entrevue, une dame, Anita Fournier de Nicolet (vraisemblablement décédée depuis peu selon nos recherches) téléphone à la station de radio pour dire qu’elle avait en sa possession des semences de maïs à farine cultivé dans sa famille depuis des lustres.

Mais à farine d"Antoine D'Avignon (source: terrepromise.ca)

Mais à farine d’Antoine D’Avignon (source: terrepromise.ca)

Et c’est ainsi qu’elle a partagé avec Antoine son précieux trésor.  Puis cet été là, Antoine en parle à son amie, Mme France Bouffard, qui le prie de lui en donner quelques graines. Hésitant, car il en a très peu, il finit par lui laisser 6 semences. Celle-ci les cultive et les multiplie, puis en fait de la farine pour ses crêpes. L’histoire aurait pu se terminer ainsi, mais c’était sans compter sur le décès précoce d’Antoine, qui emporte avec lui l’histoire du maïs.

En 2016, Mme Bouffard prend contact avec moi, qui travaille alors aux Semences du patrimoine. Nous parlons. Elle aborde le maïs, puis m’en fait parvenir par la poste. Ayant eu une belle première récolte, nous pouvons donc vous l’offrir à notre tour. Une partie des semences a été envoyée aux Semences du patrimoine pour conservation. En espérant que vous contribuerez vous aussi à ajouter un nouveau chapitre à l’histoire.

Si vous souhaitez obtenir cette variété en voie d’extinction, consultez le site TERRE PROMISE.

Lyne Bellemare (source: biopolis.ca)

Lyne Bellemare (source: biopolis.ca)

LES PHOTOGRAPHIES ET LE TEXTE EN ITALIQUE NE PEUVENT ÊTRE REPRODUITS SANS LA PERMISSION DE LYNE BELLEMARE. NOUS LA REMERCIONS POUR SA MERVEILLEUSE CONTRIBUTION À LA SAUVEGARDE DE CE PATRIMOINE AGROALIMENTAIRE ANCESTRAL. 

Advertisements