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Potagers d'antan

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Potagers d'antan

Archives mensuelles : janvier 2015

Curiosité au potager: le maïs Glass gem (mise à jour)

28 mercredi Jan 2015

Posted by Michel in Curiosités au potager

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Julie Lampron

Julie Lampron

En janvier 2015, Madame Julie Lampron nous a gentiment envoyé des photographies de sa plantation de maïs Glass Gem, un cultivar multicolore unique au monde (voir histoire du maïs Glass Gem ici-bas). Ayant très peu d’information en français concernant cette variété américaine bien particulière, elle a aimablement voulu nous transmettre ses commentaires et observations après avoir lu notre demande. Et comble du bonheur, elle a pris aussi la peine de photographier et dater ses expérimentations. C’est donc avec un immense plaisir qu’à notre tour et, avec sa permission, nous vous retransmettons son expérience.Pour commencer, il est important de spécifier que le potager de Madame Lampron se situe à St-Étienne des Grès (zone 4b) à 30 minutes de Trois-Rivières. Je retranscris ici la manière dont elle le décrit.

Mon potager est situé dans une clairière dans un boisé. Tout est bio, pas de pesticides, rien de chimique. La terre est enrichie avec du BFR (bois raméal fragmenté), du compost, des feuilles et des résidus verts. Je ne fais pas de retournement de terre, rien de mécanique. Je n’arrose même pas (sauf au moment de la plantation). Je n’utilise que des semences anciennes et à pollinisation libre. J’ai de beaux résultats. J’en suis à ma quatrième année sur cet emplacement. Comme vous le verrez sur la photo d’ensemble du potager, j’ai opté pour une « clôture de bois morts », pour protéger mes plants des lièvres. Ça fonctionne très bien.

Commandées chez Native Seeds par Internet, les semences sont arrivées en 10 jours. Semis intérieurs dès le 22 avril. Les graines ont levées après 3 jours seulement (Méga- full-power ces maïs s’exclame t-elle).

Ensuite, repiquage de 3 à 4 plants par pot d’un gallon et acclimaté dans un abri d’auto en début mai pour transplantation finale au potager en fin mai. Faites simplement attention à la motte pour ne pas déranger les racines et tout ira très bien. Aucun insecte n’est venu gâcher la fête. Bonne production et résistance des plants jusqu’à leur pleine hauteur (environ 7 pieds). Comme elle le dit si bien:

Je ne sais pas comment vous raconter la joie que j’ai ressentie d’ouvrir les épis et de découvrir les différentes couleurs! Wahhouu de toute beauté.

La seule erreur, selon ses dires, aura été de les récolter trop tôt.
En effet, vous pourriez les laisser sur leurs épis jusqu’aux gelées.
Au final, récoltez-les pour les faire sécher dans un endroit sec et aéré et ensuite les égrener. Entreposez les semences dans des pots Masson à l’abri de la lumière. Vous pourrez vous en délecter comme pop-corn! Délicieux! Ici bas la chronologie en photos des étapes de culture.
Réception des semences le 13 avril 2014.

Réception des semences le 13 avril 2014.

Semis levés après 3 jours (25 avril 2014)

Semis levés après 3 jours (25 avril 2014)

Plants après 3 jours (28 avril 2014)

Plants après 3 jours (28 avril 2014)

Même plants le 7 mai 2014

Même plants le 7 mai 2014

Transplantation au potager (17 juin 2014)

Transplantation au potager (17 juin 2014)

Maïs Glass Gem (29 juin 2014)

Maïs Glass Gem (29 juin 2014)

Vue du potager avec le maïs (29 juillet 2014)

Vue du potager avec le maïs (29 juillet 2014)

Récolte du 2 septembre 2014

Récolte du 2 septembre 2014

Veuillez la contacter pour les droits d’auteur. Nous en profitons justement pour vous encourager à visiter son site web car Madame Lampron combine son temps avec une autre passion: la photographie de fleurs indigènes du Québec. Son travail est une vraie source d’inspiration.

HISTOIRE DU MAÏS GLASS GEM

Maïs Glass gem (image: http://twentytwowords.com)

Maïs Glass gem (image: http://twentytwowords.com)

L’origine de cette variété remonte à Carl Barnes, un fermier de l’Oklahoma aux origines autochtone Cherokee, dont le talent pour la sélection du maïs n’avait d’égale que sa patience et sa passion à conserver des semences de maïs aux couleurs vives et translucides. Il parvint, après je ne sais combien d’années d’efforts inlassables, à créer un cultivar « plus ou moins comestible » de maïs pour le plaisir des yeux.

 Carl Barnes

Carl Barnes

Octogénaire et vers la fin de sa vie, Barnes il cède sa précieuse collection de semences à Greg Schoen, l’un de ses protégés-hybrideurs. Lors de son déménagement en 2010, ce dernier cherche un

Bill McDorman (image: www.discoversocal.com)

Bill McDorman (image: http://www.discoversocal.com)

endroit où il pourrait stocker ces échantillons pour en assurer la sauvegarde.  Il se tourne vers Bill McDorman, propriétaire de l’entreprise grainetière familiale Seeds trust et directeur exécutif de Native Seeds. McDorman explique qu’il a été « soufflé » en voyant pour la première fois les maïs à maturité. « “No one had ever seen corn like this before.”… (traduction libre: « Personne n’avait jamais vu de maïs comme ça avant. »).  Comment expliquer ce phénomène?

Et bien, selon le magazine Discover, il semblerait que chaque graine est en fait une souche de maïs différente (ou la graine d’un seul) avec un mélange unique de gènes hérités de ses parents. Wow!

Maïs glass gem (image: http://blogs.discovermagazine.com)

Maïs glass gem (image: http://blogs.discovermagazine.com)

Quoi qu’il en soit, l’histoire de Barnes et de son remarquable maïs n’est pas inhabituel. N’a t-on pas, pendant des millénaires interagi avec les plantes en les sélectionnant. D’un geste répété année après année, on ne peut que s’émerveiller de la beauté qui peut en résulter. Sans la prévoyance de Schoen, toute une vie de labeur aurait été perdue sans compter ce patrimoine génétique (couleur, saveur, résistance aux maladies et  rusticité). Comprenez-vous maintenant l’importance de protéger cet héritage.

Curiosité au potager: L’épinard-fraise

21 mercredi Jan 2015

Posted by Michel in Curiosités au potager

≈ 4 commentaires

Épinard-fraise

Épinard-fraise

Nous tenons premièrement à féliciter Monsieur Alain Charest, gagnant de notre concours de fin d’année 2014. Il s’est mérité justement des semences de l’épinard-fraise (voir photo ci-haut).

En effet,  nous vous avions demandé en décembre dernier de deviner quelle était la plante photographiée chez-nous l’été passé. Ceux qui ont cru à un légume ont gagné et ceux ayant misé sur un fruit ont aussi gagné.

De fait, ce légume-fruit (Chenopodium capitatum) oublié originaire d’Asie occidentale est connu depuis des siècles. Les sources ne s’entendent pas sur son lieu d’origine mais disons qu’il arrive au Québec par l’Europe de manière tardive au XXe siècle. Le plant est compact et mesure environ 50 cm de hauteur. On le cultive pour ses feuilles nutritives triangulaires dentées qu’on ajoute aux salades mais on peut aussi les cuire à la vapeur.

De plus, les fruits rouges comestibles agrémenteront ce plant. Certains compareront leur goût à quelque chose d’anodin mais de notre côté, on adore. Allez-y quand même mollo car les petites graines noires des fruits contiennent de l’acide oxalique et des saponines, un agent toxique. Mais pas de panique…. on est pas mort. Seulement, passez le tout au chinois pour les retirer si l’idée vous vient de cuisiner sirops ou quelque chose du genre. Cliquer sur la photographie pour l’agrandir et mieux voir à quoi elles ressemblent. Peut se semer en pot (pratique pour les balcons) ou en massif. Très facile de culture. Dans les pays plus chauds, c’est une annuelle qui se ressème.

Culture: Semer directement au jardin après tout risque de gel au sol passé à 2 cm de profondeur. Privilégier les sites ensoleillés et bien drainés. Espacer les plants de 30 cm. Peu encombrant. Arroser au pied en période de sécheresse. Récolter régulièrement pour produire continuellement de nouvelles pousses et augmenter la récolte de fruits. Compter environ 60 jours pour une première dégustation.

La tomate Québec #13

14 mercredi Jan 2015

Posted by Michel in Fruits du Québec

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Tomate Québec #13

Tomate Québec #13

Catalogue W.H, Perron cie. Limitée (1952-1953)Création de Joseph O. Vandal en 1950 ou 1951 à Québec. Cette date approximative est faite à partir du catalogue de 1952-1953 de la compagnie W.H. Perron & cie. Limitée qui offrait cette variété, une sélection issue du la tomate Québec #5; elle-même créée vers 1947 par le même homme. Fruits rouges foncés plus gros que cette dernière, de grosseur moyenne, très précoce (environ 70 jours) et de bonne qualité. Les Serres P.M. Marcil de Ste-Clothidle qui possède leur entreprise depuis 1971 est l’une des rares qui la cultive en grande quantité et en dresse le constat suivant:

… la tomate Québec 13 doit être consommée dans les jours suivants son achat sinon elle risque de changer rapidement de couleur. Ce n’est pas une tomate que tu peux laisser traîner pendant des semaines sur les tablettes. Outre le goût exceptionnel, la tomate Québec 13 a beaucoup moins de graines que la tomate conventionnelle. On ne retrouve pas ce goût dans les tomates qu’on achète dans les grandes chaînes d’alimentation.

On confirme cette déclaration en ajoutant, pour les personnes désireuses d’en cultiver par eux-mêmes, qu’elle a tendance quand même à fendiller et est sujette à l’éclatement lors de grosses pluies à cause de sa peau très mince qui se pèle comme une pêche. Plant d’une hauteur de près d’un mètre de hauteur environ.

La « FÈVE » de la galette des rois

07 mercredi Jan 2015

Posted by Michel in Non classé

≈ 2 commentaires

 

Image: bangkokaccueil.org

Image: bangkokaccueil.org

Premièrement, nous voulons vous souhaitez une très belle année 2015.
Que tous vos souhaits de jardinage s’accomplissent.
Bon… c’est peut-être exagéré mais le sentiment y est.

En attendant de se tremper les mains dans la terre, chose certaine, depuis quelques années, à chaque épiphanie (6 janvier), nous dégustons une belle galette avec une certaine appréhension de la part des enfant (et aussi des adultes) à savoir qui deviendra le roi.

En effet, pour déterminer l’heureux élu portant la couronne dorée, il y a une petite vedette qu’on oublie souvent: la fève. Pour quelle raison insère t-on une fève dans une galette? Et pourquoi la nomme t-on « galette des rois »?

En fait, la réponse résulte d’un mélange de plusieurs anciennes traditions.

Pour commencer, on remonte aux temps des romains… rien de moins. Pour célébrer le dieu Saturne entourant le solstice d’hiver, la population romaine festoyait pendant une semaine entière. Appelée les Saturnales, tout y était autorisé. Même les esclaves jouissaient d’une « relative » liberté. Pour souligner cette période, la coutume voulait qu’on envoi des gâteaux à ses amis. Sous l’ancien régime romain, ce moment coïncidait aussi avec les redevances féodales et on faisait aussi parvenir un gâteau à son seigneur d’où l’appellation « gâteau des rois ». La fève quant à elle déterminait le « roi du festin ». Blanche ou noire et habituellement utilisée lors des scrutins, on en choisissait une pour l’occasion qu’on insérait dans un gâteau.

De fait, cette coutumes sera adoptée plus tard, entre autre, par la religion catholique car elle coïncidait avec l’épiphanie, terme grec signifiant « apparition »correspondant  à la présentation de l’enfant Jésus aux Rois Mages. Il est intéressant de noter que la date du 6 janvier fût définitivement fixée par le Concordat de 1801.

Série de fèves dorées : « Habits de lumière ». (source: Wikipédia)

Série de fèves dorées : « Habits de lumière ». (source: Wikipédia)

Néanmoins, la galette des rois avait déjà cours dans la tradition française du XIVe siècle. À l’époque, celle-ci voulait qu’on la partage en portions égales au nombre de convives, plus une. La pointe supplémentaire, désignée  « part de la Vierge » ou « part du Bon Dieu » se destinait au premier pauvre à se présenter à la maison. Cela peut paraître surprenant de nos jours mais pendant longtemps l’épiphanie fût plus importante que le jour même de Noël. Ça change hein!

De nos jours, on dissimule un petit objet significatif (ex: une petite figurine d’un roi) et celui qui la trouve dans sa portion se voit déclaré roi. Il se coiffera dès lors de la couronne dorée fournie avec le dessert. Chaque année, la Maison Saint-Gabriel vous invite justement à mieux connaître cette belle histoire en invitant un historien ou un conteur pour cette journée bien spéciale. Comme ils le disent dans leur communiqué:

On est loin des fèves en porcelaine (apparues en 1870), en faïence et même en métaux précieux qui se cachaient dans les galettes des plus nantis d’antan. Ces fèves sont devenues de véritables objets de collection pour les « fabophiles« .

Qui plus est, si on avait vraiment respecté la coutume, notre plus jeune se serait glissé sous la table pour désigner à qui reviendrait chacune des portions pour éviter tout favoritisme. Chicane assurée!!! On a forcé le hasard pour que nos deux plus jeunes soient couronnés. J’espère juste qu’on ne confirmera pas une personnalité d’enfant-roi chez nos enfants.

Finalement, si vous ne trichez pas comme chez-nous, il est de circonstances que le roi offre la galette l’an prochain.

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