Julie Lampron

Julie Lampron

En janvier 2015, Madame Julie Lampron nous a gentiment envoyé des photographies de sa plantation de maïs Glass Gem, un cultivar multicolore unique au monde (voir histoire du maïs Glass Gem ici-bas). Ayant très peu d’information en français concernant cette variété américaine bien particulière, elle a aimablement voulu nous transmettre ses commentaires et observations après avoir lu notre demande. Et comble du bonheur, elle a pris aussi la peine de photographier et dater ses expérimentations. C’est donc avec un immense plaisir qu’à notre tour et, avec sa permission, nous vous retransmettons son expérience.Pour commencer, il est important de spécifier que le potager de Madame Lampron se situe à St-Étienne des Grès (zone 4b) à 30 minutes de Trois-Rivières. Je retranscris ici la manière dont elle le décrit.

Mon potager est situé dans une clairière dans un boisé. Tout est bio, pas de pesticides, rien de chimique. La terre est enrichie avec du BFR (bois raméal fragmenté), du compost, des feuilles et des résidus verts. Je ne fais pas de retournement de terre, rien de mécanique. Je n’arrose même pas (sauf au moment de la plantation). Je n’utilise que des semences anciennes et à pollinisation libre. J’ai de beaux résultats. J’en suis à ma quatrième année sur cet emplacement. Comme vous le verrez sur la photo d’ensemble du potager, j’ai opté pour une « clôture de bois morts », pour protéger mes plants des lièvres. Ça fonctionne très bien.

Commandées chez Native Seeds par Internet, les semences sont arrivées en 10 jours. Semis intérieurs dès le 22 avril. Les graines ont levées après 3 jours seulement (Méga- full-power ces maïs s’exclame t-elle).

Ensuite, repiquage de 3 à 4 plants par pot d’un gallon et acclimaté dans un abri d’auto en début mai pour transplantation finale au potager en fin mai. Faites simplement attention à la motte pour ne pas déranger les racines et tout ira très bien. Aucun insecte n’est venu gâcher la fête. Bonne production et résistance des plants jusqu’à leur pleine hauteur (environ 7 pieds). Comme elle le dit si bien:

Je ne sais pas comment vous raconter la joie que j’ai ressentie d’ouvrir les épis et de découvrir les différentes couleurs! Wahhouu de toute beauté.

La seule erreur, selon ses dires, aura été de les récolter trop tôt.
En effet, vous pourriez les laisser sur leurs épis jusqu’aux gelées.
Au final, récoltez-les pour les faire sécher dans un endroit sec et aéré et ensuite les égrener. Entreposez les semences dans des pots Masson à l’abri de la lumière. Vous pourrez vous en délecter comme pop-corn! Délicieux! Ici bas la chronologie en photos des étapes de culture.
Réception des semences le 13 avril 2014.

Réception des semences le 13 avril 2014.

Semis levés après 3 jours (25 avril 2014)

Semis levés après 3 jours (25 avril 2014)

Plants après 3 jours (28 avril 2014)

Plants après 3 jours (28 avril 2014)

Même plants le 7 mai 2014

Même plants le 7 mai 2014

Transplantation au potager (17 juin 2014)

Transplantation au potager (17 juin 2014)

Maïs Glass Gem (29 juin 2014)

Maïs Glass Gem (29 juin 2014)

Vue du potager avec le maïs (29 juillet 2014)

Vue du potager avec le maïs (29 juillet 2014)

Récolte du 2 septembre 2014

Récolte du 2 septembre 2014

Veuillez la contacter pour les droits d’auteur. Nous en profitons justement pour vous encourager à visiter son site web car Madame Lampron combine son temps avec une autre passion: la photographie de fleurs indigènes du Québec. Son travail est une vraie source d’inspiration.

HISTOIRE DU MAÏS GLASS GEM

Maïs Glass gem (image: http://twentytwowords.com)

Maïs Glass gem (image: http://twentytwowords.com)

L’origine de cette variété remonte à Carl Barnes, un fermier de l’Oklahoma aux origines autochtone Cherokee, dont le talent pour la sélection du maïs n’avait d’égale que sa patience et sa passion à conserver des semences de maïs aux couleurs vives et translucides. Il parvint, après je ne sais combien d’années d’efforts inlassables, à créer un cultivar « plus ou moins comestible » de maïs pour le plaisir des yeux.

 Carl Barnes

Carl Barnes

Octogénaire et vers la fin de sa vie, Barnes il cède sa précieuse collection de semences à Greg Schoen, l’un de ses protégés-hybrideurs. Lors de son déménagement en 2010, ce dernier cherche un

Bill McDorman (image: www.discoversocal.com)

Bill McDorman (image: http://www.discoversocal.com)

endroit où il pourrait stocker ces échantillons pour en assurer la sauvegarde.  Il se tourne vers Bill McDorman, propriétaire de l’entreprise grainetière familiale Seeds trust et directeur exécutif de Native Seeds. McDorman explique qu’il a été « soufflé » en voyant pour la première fois les maïs à maturité. « “No one had ever seen corn like this before.”… (traduction libre: « Personne n’avait jamais vu de maïs comme ça avant. »).  Comment expliquer ce phénomène?

Et bien, selon le magazine Discover, il semblerait que chaque graine est en fait une souche de maïs différente (ou la graine d’un seul) avec un mélange unique de gènes hérités de ses parents. Wow!

Maïs glass gem (image: http://blogs.discovermagazine.com)

Maïs glass gem (image: http://blogs.discovermagazine.com)

Quoi qu’il en soit, l’histoire de Barnes et de son remarquable maïs n’est pas inhabituel. N’a t-on pas, pendant des millénaires interagi avec les plantes en les sélectionnant. D’un geste répété année après année, on ne peut que s’émerveiller de la beauté qui peut en résulter. Sans la prévoyance de Schoen, toute une vie de labeur aurait été perdue sans compter ce patrimoine génétique (couleur, saveur, résistance aux maladies et  rusticité). Comprenez-vous maintenant l’importance de protéger cet héritage.

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