Oignon ou échalotte de Sainte-Anne

Trouvaille dans un jardin familial de Sainte-Aurélie, ce légume y pousse depuis au moins 1950. S’agit-il de ciboule, de cive? Quoi qu’il en soit, ce légume vivace (et oui!, il reste en terre  pendant l’hiver) est consommé principalement comme échalote française mais le jeune feuillage peut aussi être mangé comme ciboulette ou oignon vert au printemps. Très prolifique et facile de culture!  Pour vous donner un aperçu, j’ai planté 10 oignons et déterré plus de 120 l’année suivante. Récolté le 24 juin, le goût est à son meilleur en mai et devient fortement accentué en juin; donc moins agréable. On le replante par la suite,  le 26 juillet (fête de la Sainte-Anne; d’où sont appellation). La croissance de cette plante est sensible à la photopériode. Ainsi, le feuillage grandit avec les journées qui rallongent. Aucun insecte ne l’a attaqué jusqu’à maintenant.  Laissez-en toujours quelques-uns en terre et vous en aurez pour toujours. C’est l’un des premiers légumes qu’on récolte. Imaginez! Vous faites déjà votre récolte en mai lorsque vous songez à planter vos légumes.

Variété disponible dans la section « Pour comnander ».

Inspiration d’un potager de la Nouvelle-France

Une référence: Jardins d'un autre temps

À Pointe-Saint-Charles, un musée appelé  la « Maison Saint-Gabriel » propose aux visiteurs une redécouverte de l’histoire vécue par les nouveaux arrivants en Nouvelle-France.

Vous pourrez entre autre déambuler à l’intérieur d’une reproduction d’un jardin potager inspiré de cette époque. Après cette visite guidée, vous pourrez acheter un véritable trésor.

En effet, un tout petit livre de 80 pages intitulé : « jardins d’un autre temps, deux jardins dans l’esprit de la Nouvelle-France » vous procurera un aperçu des espèces typiques de la Nouvelle-France. Écrit par Daniel Fortin, ethnobotaniste et horticulteur (concepteur du potager de la Maison Saint-Gabriel) ainsi que Robert Desjardins, architecte paysagiste (concepteur du Jardin du Gouverneur), ce bijou vous permettra d’identifier 140 espèces (légumes, arbres, arbustes, fleurs, herbes aromatiques, médicinales et odorantes) utilisés au 17e et 18e siècle et cultivés dans les deux jardins.  Un « must » à intégrer comme référence dans votre bibliothèque de jardinier-conservateur.

Où trouver des variétés anciennes?

Concombre sauvage

Que ce soit fleurs, fines herbes, plantes indigènes, légumes ou fruits, le Semencier du Patrimoine est tout désigné autant pour les jardiniers amateurs que chevronnés. Cet organisme canadien sans but lucratif concentre ses principales énergies dans la production d’un catalogue d’échange de semences offerts par les membres producteurs.

Chaque année, tous les membres reçoivent un catalogue parmi lesquelles figurent un choix de plantes souvent non disponibles dans les grandes surfaces et même chez les grainetiers spécialisés.

Même si les prix pour l’achat d’un sachet de semences est réellement minime pour les membres (ex: 2.50$ pour un sachet de petites graines), les membres producteurs bénéficient quant à eux d’un tarif encore plus bas (ex: 2.00$ au lieu de 2.50$). C’est vraiment pas cher.

Depuis 2 ans, les membres producteurs ont un rabais sur leur inscription annuelle (35$ au lieu de 40$). Et savez-vous le plus merveilleux: Tout le monde peut devenir membre producteur. C’est la démocratisation de l’échange végétal. Et bien oui, que ce soit une ou plusieurs variétés proposées, vous pouvez vous aussi contribuer à sauver notre biodiversité.

Grimpante indigène annuelle du Québec

Il y évidemment d’autres organismes de par le monde qui eux aussi fonctionnent sur le même principe. Si vous cherchez des variétés encore plus rares vous pouvez vous référer à l’organisme « seeds savers » (États-Unis) qui envoie un catalogue de plus de 500 pages. Des heures de plaisirs mais aussi de recherche parce que c’est écrit petit en plus.

En France, il y a le réseau semences paysannes mais à cause de la règlementation, il est très difficile de commercialiser des semences qui ne sont pas inscrites au catalogue officiel des espèces et variétés pour la mise en marché; d’où le tollé de nombreux. Seul Kokopelli offre des semences mais cet organisme a été frappé d’une très grosse amende pour ne pas s’être conditionné aux lois. Ils poursuivent néanmoins leurs activités.

Prospecierara quant à lui est une ressource Suisse oeuvrant non seulement dans la préservation de la biodiversité végétale mais aussi animale.

Nous vous joignons finalement un lien où vous pourrez en retrouver davantage. Nombreux sont en version anglaise.

Ci-dessus un concombre sauvage (non comestible), une grimpante annuelle autrefois offerte dans les anciens catalogues. Se ressème chaque année. Elle peut facilement atteindre plus de 15 mètres de hauteur.

Pourquoi cultiver d’anciennes variétés de légumes et fruits du Québec?

Premièrement, pour une question de climat.

Nous habitons à Saint-Denis-sur-Richelieu, une zone classée 5a. Notre région est propice à l’agriculture grâce à un sol argileux et aux sédiments déposés suite au passage de la mer de Champlain. Nous demeurons justement près de Saint-Hyacinthe, une technopole agroalimentaire. Nos savoir-faire.

Toutefois, malgré la générosité de son sol, notre situation géographique nordique nous oblige à recourir à des plantes bien adaptées.

En effet, elles doivent produire rapidement à l’intérieur de 160 jours environs soit entre le milieu mai et la fin septembre (moments habituelles où il n’y pas de risques de gel).  Nos ancêtres l’avaient très bien compris.

C’est pour cette raison qu’ils ont développé au fil des siècles une foule de plantes uniques pouvant répondre à cet objectif.

Deuxièmement, pour retrouver ces spécimens rares voire en voie d’extinction et leur redonner une place dans nos assiettes. Car c’était vraiment leur but premier; nourrir leur protecteur. Un véritable cercle de vie puisque l’un n’allait pas sans l’autre. Bonne découverte dans les semaines à venir!