Il y a quelques années, au temps où je vendais des semences, un homme ayant vu mon site Internet, me contacte par téléphone pour me demander s’il est possible de le rencontrer. Il commence sa retraite et il a beaucoup de temps libre. Il souhaite recevoir des conseils pour réussir sa culture de tomates mais aussi acheter un sachet de toutes mes variétés anciennes; environ une trentaine de cultivars du patrimoine du Québec. Voulez-vous faire des cadeaux lui demandais-je naïvement? Non!, non!, non! répond t-il. « C’est pour planter avec mes 200 autres variétés que j’ai commandées partout dans le monde« . Ayoye!, pensais-je en moi-même. Quel contrat! Je renchérissais avec un « et depuis quand cultivez-vous des tomates? ». « Depuis l’an passé » avoua t-il. Ma surprise passée, mes propos ont été dirigé à le conscientiser sur la charge de travail (semis, transplant, préparation de la terre, distance d’isolement, arrosage, tuteur, récolte, sélection, maladies, etc.) surtout qu’il avait l’intention de récolter ses semences. « Et votre conjointe », ajoutais-je… « Qu’en pense t-elle »? Rien n’y fit. Son idée faite, il se lançait corps et âme dans son projet. Personne n’arriverait à lui faire changer d’idée, même pas son épouse.

Jean Blouin en 2011 (photo: Erick Labbé)

D’autre part, j’aurai pu prendre un exemple sur les fleurs, l’ail ou toute autre plante, le principe demeure le même… la piqûre. Je me reconnaissais en lui à mes débuts. Qui étais-je pour vouloir éteindre cette flamme? Au contraire, je décida de l’encourager. Il aura tout le loisir, comme moi je l’ai fait, d’expérimenter et d’apprendre. Peut-être deviendrait-il, un Jean Blouin, autre passionné de la région de Lévis et protecteur de plus de 200 cultivars de tomates. Le merveilleux dans le jardinage; il n’y a pas d’âge pour s’y adonner. Il était beau à voir. Ses yeux pétillaient. Il se voyait échanger des semences avec d’autres passionnés, manger ses propres tomates, partager avec sa famille, cuisiner, produire ses conserves. Si un des membres de votre entourage exprime lui aussi le désir de s’investir dans ce genre de projet le printemps prochain ou tout autre qui l’anime, encouragez-le. C’est précieux.

Pour cela, je vous suggère l’ouvrage québécois édité en 2018 concernant le sujet. Intitulé: La tomate, de la terre à la table« , Lili Michaud, agronome et conférencière, dresse un portrait complet sur les points énumérés précédemment et même plus. L’oeuvre de presque 300 pages possède l’une des rares particularités de faire la recension de plusieurs variétés de notre merveilleux patrimoine agroalimentaire. Et qui plus est, de façon très, très, très modeste… je l’ai aidé un tout petit peu. Un beau cadeau sous le sapin pour les passionnés de tomates.

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