Pomme Saint-Hilaire

Ah! les anciennes pommes québécoises! Il y en a tellement dans l’histoire de notre patrimoine agricole qu’elles occuperaient plusieurs articles. Pour éviter une certaine redondance et une lassitude pour vous lectrices et lecteurs, je distance mes écrits sur le sujet.

Surnommée aussi « Cabane du Chien », « Fameuse Baldwin » ou simplement « Hilaire », le rapport du Montreal Agricultural and Horticultural Society de janvier 1847, retrace l’arbre originel au verger d’Alexis Déry (1789-1858) situé à Mont-Saint-Hilaire en Montérégie. Tué par les chenilles aux environs de 1822, on l’avait déjà propagé de façon limitée pendant de nombreuses années en observant sa tendance à produire un fruit dont la saveur s’intensifiait en fin de saison. Créé à partir de pépins de la « Fameuse« , cette variété devrait justement s’utiliser là où cette dernière produit mal.

Par ailleurs, on retrouve sa trace dans plusieurs anciens écrits tels, par exemple, le mensuel de la « Pomologie française » publié par la Société de pomologique de France en 1912. On qualifie l’arbre comme produisant des fruits de formats gros à moyen, globuleux, plus ou moins aplatis et irréguliers. La peau mince, tendre, lisse, jaune pâle ou blanchâtre est presque entièrement couverte d’une beau rouge, qui elle, est recouverte d’une pruine peu visible. La chair, quant à elle, aura une couleur blanchâtre, parfois teintée de rouge et elle sera aussi juteuse, croquante, tendre, incluant une texture fine. Les écrits scientifiques décrivent sa saveur comme « vive, sub-acide » et sa capacité d’entreposage de « bonne à très bonne », soit jusqu’en janvier. On qualifie finalement le pommier quant à lui de « rustique, grand, vigoureux et produisant abondamment une année sur deux ».

SAVIEZ-VOUS QUE?: Dans la tradition orale, on entend de temps à autre de vieux pommiculteurs parler qu’au moment de planter leurs jeunes pommiers, ils disposaient une dalle ou quelque chose de plat (ex: une pierre) sous les racines de l’arbre. Ce stratégème obligeait les racines à contourner l’objet en se frayant un passage au ras du sol, là où se trouve la matière organique plus abondante plutôt qu’en profondeur. Les racines s’étallaient ainsi à l’horizontale plutôt qu’à la verticale. En ingérant davantage de matières organiques, l’arbre se fortifiait, donc plus résistant. Par la même occasion, cet apport d’énergie se transmettait aux fruits. Un truc simple mais efficace.

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