1ere édition Bulletin des Agriculteurs en 1912 (image: archives du Québec)

Jeune enfant, je me souviens de ce mensuel trônant dans la salle d’attente du garage rural de mécanique automobile de mon père. Il m’interdisait d’y aller mais avant qu’il ne prenne le chemin du commerce, il transitait par la maison. Je me vois encore lire la BD « Onésime ». On vous donne un exemple ici-bas de la première parution.

En 2012, un reportage de l’émission « c’est ça la vie » de Radio-Canada, estimait que « quatre générations de Québécois avaient appris à lire avec cette bande dessinée », une œuvre d’Albert Chartier, parue de novembre 1943 à mai 2002. Et puis un jour, après m’avoir côtoyé durant plus d’une décennie, je suis parti de la maison en l’oubliant. Quelle ne fût pas ma surprise d’apprendre récemment par ma conjointe son centenaire.

Première parution d’Onésime (source: Bulletin des agriculteurs, nov. 1943, p.64)

De fait, le 2 février 1918 paru le premier numéro du Bulletin des Agriculteurs, anciennement sous le nom « le bulletin de la Société Coopérative des Fromagers de Québec ». Pour justifier cette transformation de l’époque, le premier éditorial du fondateur, Auguste Trudel (XXXX-1931) expliquait:

De sa petite liste de prix bi-mensuelle inaugurée il y a quelques années, la Société Coopérative Agricole des Fromagers, à la demande générale de ses sociétaires, avait dû faire un bulletin hebdomadaire à 8 pages, il y a deux ans, à 12 pages l’an dernier. Malgré ces transformations successives, le Bulletin ne répondait pourtant plus aux besoins. C’est pourquoi il a été de nouveau transformé, cette fois-ci, en un véritable journal: c’est Le Bulletin des Agriculteurs que nous avons aujourd’hui l’avantage de présenter à la classe agricole.

Au départ, la mission consistait surtout à informer principalement une clientèle masculine sur l’actualité agricole et agroalimentaire mais aussi sur les techniques de production, les nouveautés (produits et tendances), l’économie et la vie familiale sur la ferme. Tout ceci dans un contexte où les systèmes coopératifs s’implantaient pour rendre plus facile le travail des fermiers et augmenter leur revenu.

D’ailleurs, vous pouvez lire un historique beaucoup plus complet des motifs ayant motivé la création de cette revue en consultant l’article de Jocelyne Mathieu intitulé: Le Bulletin des agriculteurs » : pour vous mesdames. : L’empreinte d’Alice Ber (1938-1979). Au départ, les influences et les idées politiques s’entrechoquaient dans une mouvance rurale agricole en plein changement.

Toutefois, vers la fin des années 1930 les ventes du mensuel décollèrent lorsqu’on commença à y intégrer des nouvelles, romans canadiens à série, de la mode, des recettes et toute une gamme de thèmes et de publicités touchant davantage les « femmes d’agriculteurs ».

Bref, pour son centenaire, l’éditeur d’aujourd’hui recherche des producteurs ayant fait l’objet d’un article au cours du dernier 100 ans. Si jamais la ferme de vos grands-parents, parents ou peut-être même arrières grand-parents a été cité dans le magazine durant cette période et qu’elle est encore en activité, écrivez à Marie-Claude Poulin (marie-claude.poulin@lebulletin.com) ou par téléphone au 450-486-7770 poste 221.

Pour les nostalgiques, vous pouvez consulter une vaste gamme de numéros numériques (entre 1916 et 2006) aux archives nationales.

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