Betteraves à sucre White jumbo et leviathan

Betteraves à sucre White jumbo et Leviathan

Il y a quelques semaines, j’ai mis la main sur de « possibles découvertes ». Je pèse ici mes mots car je ne veux créer aucune attente et encore moins donner de faux espoirs. L’exploration du monde végétal, surtout la recherche d’anciennes variétés disparues, se parsème d’embûches, d’échecs et de déceptions.

En effet, grâce à un antiquaire américain, j’ai reçu non pas une mais deux boîtes encore remplies de graines de betteraves fourragères « Leviathan » et « Jumbo white », distribuées par Reenie’s. Cette entreprise de semences de Toronto (1870-1961) a eu pignon sur rue, entre autre à Winnipeg, Vancouver et Montréal avant d’être achetée après 91 ans par une autre compagnie ontarienne, Steele Briggs Seed Company. Appelée « wurzel » (en allemand) ou « mangel » (en anglais), ce dernier mot se veut si vieux qu’il a disparu des dictionnaires modernes.

De fait, la particularité de ces légumes, très populaires à l’époque, se résume incontestablement à leurs dimensions gigantesques. De véritables monstres maraîchers; d’où leurs références à des noms évoquant le gigantisme. Par exemple, une seule racine peut atteindre le poids honorable de plus de 5 livres. Imaginez la quantité d’énergie requise pour récolter un plein champs à force d’homme. L’image ci-dessous reflète la tâche colossale accomplie par nos ancêtres. Quelle cargaison!

Récolte de betteraves (1918)

Récolte de betteraves (1918)

Par ailleurs, nous tentons encore de retracer certaines infos afin d’estimer de manière la plus juste possible l’année où ces boîtes ont été offertes aux agriculteurs, Effectivement. il y a des distinctions importantes entre elles. On sait qu’elles sont très vieilles. Peut-être même près de 100 ans. On vous reviendra là-dessus.

D’autre part, il est pertinent de se rappeler qu’au début du siècle passé le bétail s’utilisait dans une foule d’activités (transport, labourage, alimentation humaine, etc.). Par conséquent, la quantité d’animaux à nourrir chaque jour s’avérait énorme. La betterave fourragère, comparativement à la betterave potagère (ou de table), constituait une source alimentaire économique et nutritive en compllément au foin. Par exemple, dans son catalogue de 1938, Hector L. Déry décrivait que

..la betterave fourragère facilite tellement la digestion et l’assimilation de la nourriture chez les animaux qu’elle tient en santé et par là augmente la valeur nutritive de toutes les autres nourritures absorbées en même temps.

De plus, dans son catalogue de 1918, deux ans après que l’entreprise Rennie ait ouvert un centre à Montréal, on décrit ladite « Jumbo White sugar » (voir photo ici-bas) comme:

… si merveilleuse et productive…elle est aussi plus nutritive plus riche en sucre et plus pesante que n’importe quelle autre racine fourragère. Jugeant par les résultats des essais très étendues que nous avons conduits pendant plusieurs années, nous sommes entièrement convaincus que cette betterave est d’une valeur fourragère immense. Les racines éléphantines sont d’une couleur blanc crème près du sol, changeant au vert vert et vert plus foncé autour du collet.

Betterave Jumbo White (1918)

Betterave Jumbo White (1918)

Publicité parue dans le journal "The Equity" le 2 avril 1925

Publicité parue dans le journal « The Equity » le 2 avril 1925

Quoi qu’il en soit, la question est surtout de savoir: Sont-elles encore viables? Sachez qu’une semence de betterave conserve une durée germinative d’environ 4 à 5 ans. Et comme je n’ai pu recevoir d’infos sur la manière dont elles ont été entreposées, il y a de très fortes chances pour qu’aucune ne germe. Je n’arrive pas à me résigner à faire un test de germination. Imaginez si la seule et unique graine encore viable se retrouvait parmi ce test. Je ne me le pardonnerai jamais.

Et qui plus est, je n’ai pas l’espace disponible (environ 10 000 pieds carré) pour semer des milliers de graines probablement non viables. Mais si ça fonctionnait, une seule plante parviendrait à ressusciter une lignée peut-être disparue depuis des décennies. Quelle fantastique nouvelle ça serait. En attendant, on vous tiendra au courant.

Pour en savoir plus sur la betterave fourragère, consultez ce site français ou l’article « le retour de la betterave à sucre » du Bulletin des agriculteurs paru en 2012.

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