Nigelle ou cumin noir (photo: naturallifeenergy.com)

Nigelle ou cumin noir (photo: naturallifeenergy.com)

Louise Saint-Pierre, (photo: ipir.ulaval.ca)

Louise Saint-Pierre, (photo: ipir.ulaval.ca)

En janvier 2014, nous recevions une belle attention de la part d’un de nos lecteurs (Mario Racine): des graines de nigelle (nigella sativa). Transmises par sa cousine Julie Drolet en 2005, cette dernière les avait obtenues de Louise Saint-Pierre, autrefois enseignante à l’université Laval dans un cours intitulé « Alimentation et pratiques alimentaires« . Ça voyage hein! Madame Saint-Pierre, propriétaire du « Potager de la Nouvelle-France » jusqu’en 2000, prenait soin d’apporter régulièrement des échantillons de son jardin pour illustrer à ses étudiants les aliments oubliés et consommés depuis le début de la colonie française. Madame Drolet avait eu la brillance d’esprit d’en conserver quelques graines et d’en reproduire chaque année.

Avec l’intention d’écrire un article sur cette plante sans date précise, le déclic se fit la semaine dernière suite à l’achat d’un mélange d’épices (ras el hanout) dans lequel s’inscrivait la nigelle comme premier ingrédient. Il n’y a pas de hasard nous sommes-nous dit. En passant, une erreur dans l’impression de l’étiquette du produit s’est glissée donnant lieu de croire à l’utilisation de la « nigette » mais ça n’existe pas.

Cultivée depuis l’antiquité, il en existe une vingtaine d’espèces originaires d’Eurasie mais seulement quelques-unes se consomment comme épices sous l’appellation « cumin noir ». Chez-nous, elle nous accompagne depuis le début de la colonie française et elle apparaît parfois sous les surnoms populaires anglais de « Love-in-the-mist » ou « Devil-in-a-bush ». Offerte au Québec de manière commerciale via les catalogues de semences depuis les années 1900 sous la variété « miss Jekyll », aucune mention n’indique que les graines pourraient se manger.

Par exemple, la compagnie Reenie’s, dans son catalogue de 1902, fait référence, « a une curieuse plante au feuillage finement découpé et à une fleur bleue singulière. Très jolie comme fleurs coupées« . Pour sa culture, rien de plus facile. Simplement déposer des graines à la surface du sol en plein soleil ou la mi-ombre lorsque tout risque de gel est passé. La germination survient environ une semaine après. Vous devriez vous attendre à obtenir des massifs d’un peu plus de un pied de hauteur (30 cm). Lorsque les fleurs seront fanées, des capsules se formeront contenant les précieuses semences. Attendez qu’elles soient devenues brunes avant de les récolter (en automne). Conservez-les dans une enveloppe de papier pour éviter tout contact avec l’humidité. Pour un consommation en cuisine, n’oubliez pas de moudre comme le poivre; éternuements en moins. Une consommation réduite est suggérée car légèrement toxique en fortes doses.

Il est finalement très important, après intervention de quelques lecteurs, de ne pas confondre la Nigelle de Damas bleue (nigella damascena) non comestible (voir ici-contre) versus la Nigelle blanche (nigella sativa).

 

ANECDOTE: Lorsqu’on cultive une plante pour la première fois, qu’on ignore son comportement et surtout s’il n’existe aucune info connue sur elle …. on l’isole. En effet, n’ayant aucune idée de son allure, de l’apparence des pousses et de la manière dont elle va réagir chez-soi (ex: est-ce une plante envahissante? / se ressème t-elle par elle-même? / a qu’elle hauteur va t-elle pousser? / etc.), il est essentiel qu’elle ne se mélange pas avec vos autres plantes stables. On s’est si souvent fait prendre qu’avec le temps, on a fini par comprendre. En fonction des cultivars et de votre lieu de rusticité, certaines nigelles sont connues pour se ressemer (jusqu’à -20 degrés Celsius).

Advertisements