Culture du poireau (photo: www.rustica.fr)

Culture du poireau (photo: http://www.rustica.fr)

J’adore le poireau (allium ampeloprasum). On peut le couper en morceaux et le congeler pour utilisation ultérieure dans nos repas en hiver. Un vrai légume de conservation qui a élu domicile au Québec depuis des siècles avec l’arrivée des premiers européens.

De fait,  Pierre Boucher le souligne dans son oeuvre, Histoire veritable et naturelle des moeurs et production du Pays de la Nouvelle-France vulgairement dite le Canada, en 1664 et par le jésuite Louis Nicolas un peu plus tard sous le vocable « porreau ».

Pour les amateurs, ça vaut la peine d’en cultiver et de produire vos propres semences même si ça s’échelonne sur 2 ans. Biannuel, il produira ses graines la 2e année. Si ça vous tente, sachez qu’il vous faudra respecter une distance de 1,6 km d’une autre variété pour conserver sa pureté. Quand même n’est-ce pas!

Première chose, faites des semis intérieurs (entre 10 et 12 semaines avant la date du dernier gel). Repiquez au jardin en plein soleil dans une terre bien drainée à 15 cm de distance et 45 cm entre les rangs.  Le site « potager durable » donne de très bons trucs lors de la plantation.

Une fois poussé et l’automne venu, vous avez le choix:

  1. Pour les régions avec un bon couvert de neige: laissez-les en terre en autant qu’ils soient recouverts d’un bon paillis (paille, feuilles mortes, etc). Ceci, pour éviter les gels et dégels successifs qui risqueraient de détruire la plante.
  2. Pour les régions très froides avec une faible couverture neigeuse: Rentrez-les; préférablement dans un endroit froid et humide (entre 0 et 5°C ). Comme ce n’est pas tout le monde qui possède une « caveau à légumes », certains se serviront d’un vieux réfrigérateur en prenant soin de déposer les légumes dans de la terre ou du sable humide. L’important, c’est qu’ils soient recouverts. Ne les mettez surtout pas dans un sac de plastique. La condensation créera trop d’humidité et ils risquent de pourrir. Inspectez-les de manière régulière. Au printemps,  enlever toutes plantes ayant des signes de maladies, meurtrissures ou qui ne correspondent pas à un poireau en santé. Pour votre propre production, 5 ou 6 spécimens seront suffisants pour la transplantation. Bien qu’hermaphrodite, j’en plante toujours davantage pour palier aux surprises de dame nature mais aussi assurer une diversité génétique.
Fleur de poireau (source: www.mon-bio-jardin.com)

Fleur de poireau (source: http://www.mon-bio-jardin.com)

Au printemps, enlevez le paillis ou replantez-les au soleil. Pour assurer une pollinisation optimum, semez en carré, chaque plant d’une distance de 15 cm chacun. Viendra un moment où une hampe florale s’étirera. Dans un corridor venteux, il vous faudra peut-être un tuteur puisqu’elle peut facilement atteindre 1 mètre. À ce moment, surveillez l’apparition des fleurs en forme de boules au bout de la tige. Comme elle ne mûrissent pas toutes en même temps, faites un tour régulièrement au jardin pour recueillir les graines noires que vous devrez probablement dégager en frottant. À la fin de la saison, rentrez les fleurs non encore prêtes et faites-les sécher la tête à l’envers. Ensachez et elles se conserveront pour une durée de 3 ans.

Sachez toutefois que dès la 3e année, le taux de germination diminuera de 50%.

Préparez-vous donc à refaire l’exercice de manière chronique.

À retenir: Mangez les poireau qui produisent une hampe florale la première année. Ce n’est pas une caractéristique à reproduire.

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