Tellement habitués à voir nos fruits « parfaits » on a tendance à croire qu’imparfaits, ils deviennent impropres à la consommation, moins nutritifs ou encore « dégueulasses ». Il faut se rappeler qu’à l’époque les considérations esthétiques des aliments n’avaient rien à voir avec celles d’aujourd’hui. Ce facteur fait en sorte qu’une quantité phénoménale de denrées qui poussent souvent au-dessus de nos têtes sans qu’on s’en rende compte, n’atteignent jamais nos assiettes.

Laura Reinsborough (source: www.mytorontotoday.ca)

Laura Reinsborough (source: http://www.mytorontotoday.ca)

Pour contrer ce problème, un organisme sans but lucratif appellé « Not far from the tree« , développée en 2008 par la torontoire Laura Reinsborough, veut réhabiliter ces arbres fruitiers urbains. En 5 ans, 49 541 livres de noix, cerises, griottes, mûres, amélanchiers, abricots, prunes, raisins, pommettes, baies de sureau, de sumac, poires et de pommes ont pu être récoltées dans 14 régions de la ville Reine.

La branche québécoise « Fruits défendus« , démarrée en 2010 nous rappelle que pour:

… mettre un terme au gaspillage, Les Fruits Défendus mettent en contact des propriétaires d’arbres fruitiers et des cueilleurs bénévoles. Une fois récolté, le butin est partagé en trois : un tiers des fruits va au propriétaire de l’arbre; un tiers est partagé entre les bénévoles; le dernier tiers est reversé à une banque alimentaire ou à un organisme de charité.

Toutes ces provisions serviront à produire tartes, gelées, compotes et toutes une panoplie de mets qui auraient terminé sinon… écrasés sous nos pieds. L’émission de télévision du 23 novembre 2011, l’Épicerie nous rappelle que loin d’être des projets isolés, il en existe au moins une quarantaine d’autres de par le monde et le phénomène prend de l’ampleur.

Mais au-delà de ces considérations de réduire le gaspillage, les villes recèlent souvent des variétés anciennes oubliées sur des terrains vagues. Parfois même, les propriétaires terriens n’ont aucune conscience de la valeur qu’un spécimen représente. Ce sont souvent les premiers lieux où jadis, les colons et les communautés religieuses les ont plantés. Il n’est pas rare d’entendre des chercheurs de ces trésors révéler la provenance de leurs trouvailles dans les villes. À quand une cartographie montréalaise interactive comme à Londres de tous les arbres fruitiers présents sur l’espace public?

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