Wilfrid-Henri Perron (1898-1977)

Né en 1897 à St-Philippe-de-Chester dans les Cantons de l’Est, Wilfrid Henri Perron ne se doutait sûrement pas qu’il fonderait en 1929 l’une des entreprises de semences francophones les plus importantes du milieu du 20e siècle en Amérique. Issu d’une famille de 18 enfants de parents  d’agriculteurs, (Arthur Perron et Olivine Gagnon), il s’enrôle à l’âge de 20 ans (1917) dans le « 79th Battery » après avoir obtenu son diplôme de ¨French Specialist certificate » de l’Université McGill. Il revient d’Angleterre deux ans plus tard pour s »inscrire une fois de plus à l’université McGill (campus de McDonald) mais cette fois-ci pour y apprendre, pendant 4 ans, l’horticulture. Il graduera en 1923 avec un baccalauréat ès-science agricoles et il y recevra même le prix du ministre de l’Agriculture.

Embauché par la maison Dupuy & Ferguson, il recevra peu de temps après (à l’automne 1927), une bourse d’études  sur les recommandations de Sir Arthur Currie de l’Université McGill qui lui permettra d’aller étudier une année en France et plus spécifiquement à l’École d’horticulture de Versailles et à l’École municipale et départementale de Saint-Mandé, près de Paris.

De retour au Québec en 1929, il fonde aussitôt sa propre compagnie « W.-H. Perron & cie Ltée, grainetiers et pépiniéristes ». Décorateur-paysagiste émérite, il cumule avec le temps les responsabilités telles:

  • Expert attitré de la Société d’Expertise Agricole de Montréal;
  • Membre de la « Canadian Society of Technical Agriculturists »;
  • Membre de la Chambre de Commerce;
  • Membre du Comité des jardins de la Ligue du Progrès Civique; et
  • Représentant du Commerce Canadien de Semences à Ottawa

L’entreprise W.-H. Perron & cie Ltée se spécialise dans la vente de semences et d’accessoires de jardin et elle s’oriente vers les clientèles des jardiniers amateurs et des professionnels. C »est justement en 1929 qu’il lance leur premier catalogue de vente par correspondance. Vous imaginez-vous, dans leurs premières années d’existence, ils ont publié plus de 100 000 exemplaires de leur catalogue. Cet outil a souvent servi de manuel pédagogique à plusieurs générations de québécois désireux de connaître les techniques de production horticole. Plusieurs se souviendront sûrement de leur slogan « Chez Perron, tout est bon ».

Jusqu’en 1953, ils seront situés au 935, Boulevard Saint-Laurent au centre-ville de Montréal. Vers 1936, ils y construiront un entrepôt de 4 étages attenant au magasin de sorte qu’ils occuperont l’espace de la rue Saint-Laurent à la rue Saint-Dominique. Mais leur expansion constante les obligeront à déménager en 1954 au 515, Boulevard Curé-Labelle à Laval.

Dès 1959, l’achat de 2 arpents de terrain leur permettra de produire eux-même arbustes, plantes vivaces, arbres et confères. C’est en 1969 que Monsieur Perron prend sa retraite en laissant sa place à son fils Henri Perron, agronome.

Cela ne l’empêchera pas toutefois de publier en 1971 l’encyclopédie du jardinier horticulteur, une oeuvre majeure de 415 pages dans laquelle il relate la somme de ses 40 années d’expériences en horticulture. Il meurt 6 ans plus tard en 1977 à l’âge de 80 ans.

À sa mort, il laissa une entreprise en pleine croissance qui comptera, jusqu’à son acquisition en 1994 par l’entreprise ontarienne  White Rose Crafts and nursery, 8 succursales au Québec. Le sort a malheureusement voulu que les centres-jardins ferment toutes leurs portes cinq ans plus tard pour cause de faillite.

Aujourd’hui, on se souvient encore du nom de W. H. Perron puisque maintes initiatives portent son nom notamment une chaire de recherche et l’Iris d’or W.H. Perron, un prix horticole québécois prestigieux.

Façcade du nagasin W. H. Perron au 935, Boul. St-Laurent à Montréal (1936)

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