L'amour aux champs (1888) Source: Archives de folklore de l'Université Laval, Fonds Jean Simard

Il fût un temps au Québec où on célébrait la fête de la grosse gerbe. Pour quelle raison l’appellait-on ainsi?

Et bien lors de la récolte des céréales en automne, tout le monde participait à cette tâche très physique et exigeante qui prenait entre 4 et 6 semaines. Il fallait couper à la faux, engerber, laisser sécher, ramasser, vanner et entreposer le grain à l’abri. 

À la fin, comme le montre l’illustration ci-haute, la dernière gerbe regroupait plusieurs plus petites pour symboliser la puissance résultant de l’union. Sa rentrée à la « batterie* » sera le signe de la fin des récoltes et le début des réjouissances. Elle pouvait être décorée, escortée par un cortège de moissonneurs, offerte à l’église, tressée et exposée dans les maisons pour porter chance… ça dépendait. Venue de France par nos ancêtres, cette ancienne coutume aussi connue sous le nom de « fête des moissons« ,  culminait par un repas communautaire faste en reconnaissance de  l’abondance de la nourriture.

Selon le réseau de diffusion des archives du Québec :

Aucune manifestation de la fête des moissons n’a été retracée aux XVIIe et XVIIIe siècles en Nouvelle-France mais on trouve quelques mentions au XIXe siècle où elle est encore observée, notamment dans l’ouvrage de Pamphile Lemay, publié en 1898 et intitulé Fêtes et corvées.

De plus, en 1947, le journal l’Action catholique souligne qu’elle fût célébrée à maintes reprises entre 1883 jusqu’au milieu du 20e siècle par l’École supérieure d’Agriculture de Sainte-Anne-de-la-Pocatière. Elle sera aussi recensée par le curé Eustache Santerre de Saint-Arsène de Rivière-du-Loup de 1923 à 1942. De nos jours, les épluchettes de blé d’inde ont remplacé cette vieille tradition et vous pourrez la vivre en maints endroits au Québec lors de festivités  agrotouristiques.

* Le terme « batterie » fait référence, selon nos lectures, à une chaudière pour faire cuire les aliments à gros bouillons.

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