Pois Bouchard (image: la semaine verte acadienne)

Depuis des années j’inscris des notes concernant des fruits et légumes rares du Québec et ce, pour de futures recherches par manque d’information sur ces derniers. Avec l’avancement d’Internet, la connaissance humaine fait des bonds de géants et une impasse il y a 3 ans, peut déboucher sur de nouvelles avenues aujourd’hui. Ce qui manque c’est le temps. Une famille, des rénos perpétuelles sur une maison ancestrale, un emploi à temps plein, un autre à temps partiel, ça fait qu’on doit organiser son temps de manière efficace. Mais il y a aussi une autre sorte de temps qui passe.

En effet, les anciens cultivars s’éteignent avec les personnes âgées qui elles, ignorent qu’elles sont souvent les seules encore à cultiver une variété du patrimoine du Québec. Et personne pour prendre la relève. C’est donc une course contre la montre.

Ainsi, par une soirée pluvieuse, tenant bébé sur les genoux en attendant la manifestation de Morphée sur cet enfant, je lisais un ancien passage gribouillé à la mine sur un bout de papier sur lequel était inscrit: « Pois Bouchard? ».

Par manque de rigueur, j’ignorais où j’avais obtenu cette information, ni sa date de référence.  C’est bête…. La note s’était perdue comme tant d’autres dans un fouillis digne du personnage de bande dessinée « Gaston Lagaffe ».

J’ai donc mis une musique relaxante et me suis connecté à Internet (très basse vitesse en campagne) avec bébé comme ordispectateur dans l’espoir surtout de le faire dormir plutôt que de déboucher sur une trouvaille. Ayant développé des techniques raffinée de recherche via des logiciels et des bases de données spécialisées, mon regard s’arrête sur une vidéo (voir ci-bas) parue le 03 novembre 2010 d’un jardinier faisant la culture d’anciennes variétés de légumes.

Quelle ne fût pas me surprise de voir en vrai le pois Bouchard au pays des acadiens. C’est une variété de pois à soupe de couleur jaune-verte, supposée avoir été mangée abondamment par les canadiens français à la fin du 18e siècle. Le plant est nain et produit abondamment.Nous cherchons encore le pourquoi du nom « Bouchard » et le lieu principal où il était cultivé. Pour nous donner un ordre de grandeur de l’âge de ce cultivar, en 2000, un membre du semencier du patrimoine habitant l’Alberta aurait obtenu ses graines de sa grand-mère originaire du Québec. Une autre bonne piste à explorer! J’espère pouvoir mettre la main sur quelques graines pour l’année prochaine car il est en danger d’extinction. Chuuuuttt! Il est temps d’aller porter bébé au lit. Il s’est enfin endormi en regardant la vidéo.

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