Avant toute chose, le navet doit être isolé de 1,6 km de distance d’une autre variété de type rapa. Qu’est-ce que ça veut dire? Et bien, le nom latin du navet est brassica rapa subsp. rapa. Les moutardes de types orientales, les autres navets, les brocolis rapi ainsi que les choux chinois ne doivent pas être semés à l’intérieur de ce périmètre pour êviter tout croisement car ces légumes sont de la même famille.

Connaître le nom latin est donc très important lorsque vous produisez des semences pour éviter des mauvaises surprises. Comme le navet est un légume biannuel, la première année sera donc concentrée à la formation de la racine. Ne soyez pas surpris s’il ne monte pas en fleur. De toute façon, il n’aurait pas le temps de fleurir et fabriquer des graines. C’est pour cette raison que vous le planterez le plus tard possible (fin juin ou jusqu’à 50 jours après la date du dernier gel) pour qu’il puisse arriver à terme sans débuter son processus de floraison.

Par la suite, entreposez vos plus beaux spécimens en choissisant plusieurs racines car le navet a tendance à moins bien se conserver que le rutabaga. Une chambre froide est un endroit excellent. Je remercie mon beau-père de me passer la sienne pour cet exercice.

En effet, nous les enterrons dans du sable humide et c’est assez pesant à descendre au sous-sol. Mais vous pourriez aussi utiliser du brin de scie ou des feuilles mortes (que vous aurez récolté chez vos voisisns qui les auront laissées au bord du chemin… hi!, hi!, hi!).  N’oubliez pas de les vérifier quelques fois durant l’hiver pour qu’ils conservent leur aspect ferme et dodu. Ça vous laissera la chance de jeter ceux qui commencent à pourrir et ainsi éviter qu’elles contaminent les autres. Et pour nous, ça nous donne une raison d’aller voir nos beaux-parents avec toute la famille (hi!, hi!, hi!).

Au printemps, lorsque tout risque de gel au sol est passé, enterrez vos racines entièrement pour éviterle pourrissement de l’extrémité laissée hors du sol. Vous verrez, après quelques temps, poindre une tige stimulée par la réserve d’énergie de la racine. N’oubliez pas de tuteurer car ça monte de plus d’un mètre de hauteur.

De fait, après la floraison, il se formera des siliques (voir image ci-contre) à l’intérieur desquelles les graines apparaîtront. Laissez les sécher et n’ayez crainte, avec trois ou quatre spécimens, vous en aurez en quantité industrielle. Nous prévilégions minimum 7 racines pour assurer une bonne diversité génétique et surtout, palier aux aléas du jardinage (ex: racine mangée par un rongeur, tempête ayant fait casser les tiges, élimination d’un tubercule pourrie pendant l’hiver, etc….). Les graines se conserveront pendant 5 ans.

Mettez-les dans un sachet opaque dans un endroit sec en inscrivant le nom du cultivar et l’année de la récolte.

Anecdote: Les siliques séchées contiennent les graines. Et lorsqu’elles sont archi-sèches, il devient difficiles de les récolter sans qu’elles explosent en propulsant les minuscules graines partout dans les airs car elles ont tendance s’ouvir toutes seules. C’est une bonne manière de voir qu’elles sont prêtes. Ce fût l’année de la naissance de ma première fille et le changement de situation familiale nous laissait moins de temps au jardin. Ayant repoussé le moins important, nous avions laissé poussé les semences au-delà de la récolte. Et bien, nous avons dû carrément entrer les plants en décomposition dans la maison pour éviter de tout perdre nos graines dans le potager. Nous aurions été très peiné d’avoir gaspillé 2 ans de travail pour rien.

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