Augustine et Norbert Robichaud épluchant des oignons patates en 2017 (photo: Norbert Robichaud)

Pour cette seconde semaine portant sur les variétés ancestrales acadiennes, je poursuis avec le pois « gros blanc », une plante devenue unique de cette région dont Monsieur Norbert Robichaud m’a envoyé une description, historique et commentaires retranscrits ici-bas. Je vous invite évidemment à lire notre premier texte portant sur le fayot « Vieux Flippe » pour un complément d’info et assurer une continuité logique de cette lecture. Bonne semaine!


—– texte de Norbert Robichaud —–

Les pois « gros blancs »

Pois Gros Blanc (image: Norbert Robichaud, 2018)

La première variété de plante dont j’ai préservé la semence était une variété de haricot commun qui me viennent de ma grand-mère maternelle et que nous appelons les «gros blancs». Je ne sais pas depuis quand ma grand-mère les avait, mais elle m’a dit qu’elle les tenait de son père, Richard Landry, qui les avait rapportés de Bartibogue. Mon arrière-grand-père étant décédé en 1932, ils sont donc dans la famille depuis au moins cette date.

Les « gros blancs » sont une variété dont les premières mentions datent du milieu du 19e siècle aux États-Unis. Ils sont connus sous le nom de « Marrow fat » en anglais et ils sont inscrit à l’Arche du goût de Slowfood USA. On ne les trouve pas souvent; ils sont peu cultivés au Nouveau-Brunswick et jamais en grande quantités, car ils sont de culture délicate sous notre climat.

En effet, lorsqu’ils mûrissent, les grains deviennent très gros dans les gousses qui ont tendance à s’affaisser sur le sol et risquent de pourrir en période de temps humide. Ceci est problématique lors des mois de septembre froids et humide. Ma grand-mère me faisait d’ailleurs remarquer que certaines années, elle arrivait à peine à conserver la semence. Malgré ces difficultés, nous les avons toujours cultivés à cause de leur goût incomparable et leur texture onctueuse. Mais c’est également le fait que nous ne pouvions les trouver dans le commerce que nous les avons conservés. Sans en avoir conscience, nous avons contribué à la préservation d’une variété locale d’un cultivar ancien Ce cultivar a fait l’objet d’une adoption dans le cadre du Programme semencier du Canada.


Toutes reproductions du texte ou des photographies demeurent interdites sans le consentement de Monsieur Norbert Robichaud.

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