Saint-JosephIrène Guérin, une lectrice assidue nous a récemment demandé de lui expliquer pour quelle raison faisait-on les semis le 19 mars, fête de la Saint-Joseph. Elle faisait ainsi référence à sa grand-mère qui, à l’époque, partait ses semis de tomate à cette date. C’est effectivement une ancienne tradition orale et nous tentons une explication en fonction de nos recherches.

Aujourd’hui, on ne s’en souvient pas mais, anciennement, la fête de la Saint-Joseph était une fête très importante au Québec. Des compte-rendus de journaux du 19e siècle montrent que Saint-Joseph, patron des paroisses est l’un des saints les plus aimés par les canadiens français et cela, jusqu’à la fin des années 1970. La population y fait hyper confiance. Pour le célébrer, une série d’activités précèdent cette journée parfois pendant près d’un mois. Différemment selon les régions, cela pouvait s’exprimer en neuvaine, récitation de prières, litanies, dévotions et j’en passe. Le tout culminait à l’église par des confessions, et la communion.

C’est à partir de là que, dans presque tous les comtés du Québec, la croyance populaire semble s’être installée au point de dire que pour une meilleure production « on devait semer le 19 mars ». Et cela, pas seulement les tomates mais aussi oignons, giroflées, choux, concombres, blés d’inde, citrouilles, tabacs, céleris et les fleurs (dont les pétunias qu’on appelle encore aujourd’hui « Saint-Joseph »). Un commentaire d’une octogénaire beauceronne aurait même affirmée que ses « Saint-Joseph » devenaient plus beau s’ils étaient plantés cette date. C’est fort la foi!

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