Woody Tasch (source: www.greenmoneyjournal.com/)

Woody Tasch (source: http://www.greenmoneyjournal.com/)

Vous connaissez le mouvement Slow food?
Cette organisation fondée en Italie en 1989 est maintenant établie dans plus de 150 pays à travers le monde, dont plusieurs communautés au Québec.

Au départ, elle a été lancé pour contrer la montée constante du « fast-food », la vie de plus en plus rapide des gens, la diminution de la qualité des aliments, la disparition graduelle des traditions gastronomiques locales, la perte de plaisir de la bonne bouffe et de l’engagement qu’elle crée envers la communauté et son environnement.

En 2008, cette philosophie a inspiré Woody Tasch dans une version « économique » qu’il a intitulé Slow Money.

De fait, il estime qu’aujourd’hui l’argent circule trop rapidement. Les titres d’entreprises sont échangés à des vitesse folles au gré de décisions à court terme. Il propose une alternative pour investir: moins obsédé par le rendement rapide, mais plus soucieux de financer l’économie locale et en particulier l’agriculture.

In soil we trust

Le type d’investissement proposé par Woody Tash peut générer « un modeste 3%, peut-être 6% certaines années ». Mais derrière tout ceci réside un « dividende » plus payant: la diversité.

Dans cette période d’agriculture industrielle intensive, où l’on sème la même variété de légume sur d’immenses superficies, où des millions de cochons sont produits avec les mêmes spécifications génétiques, « les petites fermes locales sont l’ultime refuge ». Elles préservent les semences traditionnelles et les espèces rares; elles ré-énergisent le sols avec des matières organiques et contribuent à mettre sur pied des marchés locaux en mettant en lien direct producteurs et consommateurs.

Voici en traduction libre, ses 6 principes:

  1. Ramener l’argent à une échelle terre-à-terre.
  2. Ralentir la circulation de l’argent – pas toute, bien sûr, mais suffisamment. Les entreprises sont trop grosses et la finance est devenue trop complexe.
  3. Le 20e siècle fut l’époque « d’Acheter bas / Vendez haut »  tout en remettant les gestes philanthropiques à plus tard. Le 21e siècle sera l’ère du développement du capital construit autour de principes tels la non-violence, la capacité de prise en charge, le soin des autres et ce, adapté à son milieu.
  4. Apprendre à investir en partant du principe que la nourriture, les fermes et la fertilité des sols sont importants. Nous devons relier les investisseurs aux lieux où ils vivent en créant des relations vitales et de nouvelles sources de capitaux pour les petites entreprises alimentaires.
  5. Rendre hommage à la nouvelle génération d’entrepreneurs, de consommateurs et d’investisseurs qui nous montrent la manière de changer l’optique de se « tuer à l’ouvrage » en moyen de « gagner sa vie » (adaptation libre de « Making A Killing to Making a Living »).
  6. Commençons à reconstruire notre économie à partir du sol, en nous demandant:
  • Que serait le monde si nous investissions 50% de nos actifs dans un rayon de 80 kilomètres de notre lieu de résidence?
  • Que ferions-nous si une nouvelle génération d’entreprises donnait 50% de ses profits?
  • Que se passerait-il s’il y avait 50% plus de matière organique dans le sol qu’il y a 50 ans?

Même si cette belle vision relève de l’utopie pour l’instant, des centaines voire des milliers de personnes à travers le monde s’y intéressent. Pour les gens bilingues, nous avons inclus une entrevue (30 minutes en anglais seulement) de Woody Tasch expliquant son concept.

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