Emma De Matos avec l'une de ses variétés d'hibiscus (photo: Le Courrier de Saint-Hyacinthe - Robert Gosselin)

Ema De Matos avec l’une de ses variétés d’hibiscus (photo: Le Courrier de Saint-Hyacinthe – Robert Gosselin)

Une autre de nos belles rencontres durant l’été 2012 fût sans contredit celle survenue avec Madame Ema De Matos. Maskoutaine (ville de Saint-Hyacinthe) depuis 13 ans, vous n’aurez aucun mal à situer sa demeure si jamais vous passez devant chez-elle.

En effet, après avoir rencontré Josée Landry et Michel Beauchamps, un couple de Drummondville ayant eu des démêlés avec leur municipalité concernant l’aménagement de la façade de leur maison en potager, nous nous sommes mis à la recherche de gens ayant eu aussi l’idée de transformer la devanture de leur résidence. Et TADAM!

Façade de chez Emma De Matos

Façade de chez Ema De Matos

Résidente plus spécifiquement du secteur Douville, elle n’a pas attendu cette tendance du jardinage urbain pour s’y mettre. Pas un brin de gazon devant son bungalow. Au lieu de cela, une collection aussi inusité que magnifique d’hibiscus de tous genres.En fait, cette dame originaire du nord du Portugal entretient pas moins de 92 plants de cette fleur mythique connue depuis l’Antiquité et importée en Europe au 12e siècles par les Maures d’Espagne.  Arrivée au Québec depuis plus de 50 ans, Mme De Matos passe une bonne partie de ses journées à l’extérieur pour entretenir ses hibiscus qu’elle démarre la plupart du temps grâce à des semences qu’elle fait venir d’Ontario ou des États-Unis. Ses deux premiers plants, haut de près de 7-8 pieds et en provenance de Californie produisent d’immenses fleurs rouges foncés. Selon ses dires:

J’ai amené ces deux plants avec moi après avoir habité Saint-Denis-sur-Richelieu pendant 32 ans. J’ai bien essayé d’en faire des boutures pour en partir d’autres plants ou en donner  à d’autres personnes, mais ça n’a jamais fonctionné.

Emma De Matos avec ses hibiscus

Ema De Matos avec ses hibiscus (photo: Le Courrier de Saint-Hyacinthe – Robert Gosselin)

Ces plants sont donc assez uniques, souligne cette dernière. Qu’ils soient crème avec un centre rose, mauves, blancs, rouges vifs, fuchsias ou roses, ses hibiscus ne peuvent faire autrement qu’attirer l’attention des personnes qui circulent sur cette rue tranquille de Douville. En bordure du trottoir, du thym décoratif et couvre-sol remplacent le traditionnel gazon. La Ville de Saint-Hyacinthe n’a jamais causé de problèmes à la dame de 77 ans.

La Ville a planté des arbres sur la ligne de gazon près du trottoir et ils ont fait bien attention de ne pas malmener mes plantes. Ils les trouvaient même très beau. Au lieu de couper du gazon et de pourrir l’air avec nos tondeuses, j’aime bien mieux avoir toutes ces belles plantes.

Potager d'Emma De Matos

Potager d’Ema De Matos

Mais croyez-vous que cette dame allait s’arrêter au parterre? À l’arrière de la maison, l’étonnement se poursuit. Un immense potager s’étend en roi et maître qu’elle partage  avec huit personnes. Que ce soit des voisins, amis, une de ses filles ou petite-fille, tous ont leur petite parcelle de paradis. Légumes et arbres fruitiers y font bon ménage.

Avec mon âge, je partage mon terrain depuis 4 ans. J’ai toutes les fines herbes possibles, des tomates, des melons que j’adore et de beaux raisins de table.

Elle nous fait faire le tour de ce potager de rue. Kiwis rustiques… et oui, oui, des kiwis au Québec c’est possible!, figuiers, courges portugaises, courges butternut, artichauts, tomates italiennes et aubergines ne sont que quelques-unes des curiosités que nous dénichons dans cet espace gourmand!

Briser l’isolement, activité physique, diminution des gaz à effet de serre, protection de la biodiversité, production locale ne sont que quelques-uns des avantages d’une telle initiative. Combien d’autres qui, comme Ema De Matos, changent le monde vers quelque chose de meilleur? Une chose est sûre, il y en a beaucoup plus qu’on pense.

Ema de Matos (1935-2015)MISE À JOUR (2015): Nous avons le regret d’informer du décès d’Ema de Matos le 21 août 2015. Nous voulons offrir nos sincères condoléances à la famille. Nous espérons que ce petit article saura raviver le souvenir d’une femme unique.

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