Diane Joubert, lors de sa candidature au Parti Vert aux élections fédérales de 2008

Comme promis, nous avons planté cette fin de semaine un arbre à la mémoire de Diane Joubert (voir article du 10 janvier 2011). Cette ambassatrice de la biodiversité décédée au début 2011, en avait fait l’une de ses dernières volontés.

Par contre, nous souhaitions en faire un peu plus.

En effet, en 2004, nous avions débuté avec elle la rédaction d’un livre sur les variétés anciennes du Québec.  Malheureusement, le sort a voulu que nos énergies se dirigent ailleurs.

Toutefois, nous avions conservé précieusement son introduction écrite car il nous parlait et donnait du sens à cette oeuvre inachevée… pour le moment. Nous voulions vous la partager, presque 7 ans jour pour jour, afin de vous démontrer à quel point cette dame avait à coeur notre belle biodiversité mais aussi la paix pour l’humanité. Ceci… pour notre ultime adieu.

Semences, porteuses de vies

Les semences portent en elles la vie. Elles représentent de véritables embryons en dormance qui attendent le moment et les conditions propices pour germer et prendre vie. Mais derrière ces semences, il y a aussi de nombreuses vies, dont celles de jardiniers et de jardinières grâce à qui nous avons accès à cette diversité de plantes que nous offre la vie.

Nous sommes tous des gardiens et gardiennes de semences : nous avons cette responsabilité de prendre soin de la diversité biologique dont dépend la vie. Cette responsabilité commence en soi, par une prise de conscience de cette diversité inhérente à la vie. Être reconnaissants pour toute cette bonté de la nature constitue le premier pas : l’adage voulant que l’on récolte ce que l’on sème commence donc dans notre attitude lorsque l’on met en terre une semence. Cela devient un moment de communion avec la nature, un moment pour dire merci à la vie et pour mettre à germer la paix et la joie en même temps que les semences. Un sol de grande vitalité offrira des plantes dont la vitalité est également accrue. Ainsi, les semences et les aliments issus d’une agriculture respectueuse de l’environnement rayonnent de beauté et d’harmonie, pour notre mieux-être et celui de la planète.

Le pas suivant consiste à produire soi-même des semences. C’est alors que la générosité de la nature nous émerveille en nous choyant de son abondance. Cela nous guide à en faire de même : Nous sommes heureux de partager avec les autres les trésors que notre potager nous procure. Notre perception du monde se modifie : la vie est dorénavant perçue comme bienfaisante. Nous en venons à réaliser que nous vivons dans un monde d’abondance. Voilà un remède efficace pour faire disparaître nos idées de pénurie qui découlent de nos peurs (peur d’en manquer, peur de ne pas en avoir assez, peur de perdre ce qui nous tient à cœur). Nous récoltons aussi le fruit de nos pensées : en entretenant des pensées où règnent la paix, la joie et l’abondance, notre vie et nos rencontres deviennent imbues de ces qualités. Le monde meilleur dont nous rêvons tous nous fait alors un clin d’œil et nous savons que nous sommes sur le bon chemin.

Ce livre rend hommage aux jardiniers et jardinières qui nous ont précédés et grâce à qui les semences de légumes se sont rendues jusqu’à nous. J’ai aussi rédigé ce livre pour aider les gens à se réveiller, à prendre conscience de l’importance de protéger et mettre en valeur la biodiversité dans notre assiette et dans nos potagers, et pour faire revivre en chacun de nous notre responsabilité de gardiens et gardiennes de semences.

 texte de: Diane Joubert, Saint-Lambert, le 4 décembre 2004

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