Bien avant la venue de la photographie, la seule manière d’obtenir de l’information visuelle transmissible exacte sur les plantes provenait des descriptions écrites et d’iconographies botaniques, c’est-à-dire une image la plus détaillée possible, représentant un ou plusieurs végétaux.

En Europe, cette technique est devenue au fil du temps, une véritable discipline en soi (peintre botaniste) et certaines réalisations de vraies oeuvres d’art.

Ainsi, lors de l’exposition universelle de Paris en 1899, la couverture du catalogue de semences de la Maison Vilmorin fût considérée un pur chef-d’oeuvre.

Au sommet de sa gloire, l’entreprise embaucha 15 peintres pour constituer une collection d’iconographies agrobotaniques qu’on peut apprécier dans le livre les plantes potagères, l’album de Vimorin (1850-1895).

Planche no. 42 (L'album Vilmorin)

En contemplant les 46 planches (voir un exemple à gauche), vous réaliserez la beauté de cette diversité alimentaire et du même coup, cette perte dans nos assiettes.

Ces illustrations sont d’ailleurs très utiles pour les chercheurs d’anciennes variétés car elles permettent de s’appuyer sur des faits précis, outre la description écrite pour valider leurs comparaisons.

Ici au Québec, bon nombre de professionnels (médecins, apothicaires, grainetiers, etc.) y ont eu recours pour illustrer et vendre leurs produits mais à des standards de perfection beaucoup moins élevés. 

Toutefois, les gouvernements (fédéraux et provinciaux) investissent beaucoup aussi dans du matériel pédagogique dédié à l’éducation en agriculture et l’utilisation de dessins agrobotaniques s’avéraient essentiel. Par exemple, le Ministère de l’agriculture Canada a édité en 1906 un manuel intitulé: Mauvaises herbes¨. Un document de 105 pages incluant 56 planches où graines, racines, fruits et plantes  y étaient dessinés en couleur, de manière très détaillée.

Cet outil se voulait également un moyen de sensibiliser les agriculteurs à ces types de plantes mais aussi aux moyens de s’en débarasser. Faute de photographies, la représentation dessinée s’avérait très utile.  

Que ce soit donc pour des catalogues, sachets de semences, livres, publicités dans les journaux, y’a pas à dire l’adage « une image vaut mille mots » atteignait sa cible.

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