Je l’avoue, je jardine très tard en automne. Pas d’insecte, de chaleur accablante, de mauvaises herbes à arracher. Je plante, transplante, prépare le sol, couvre certaines vivaces, etc. Ça prend ça pour qu’en mai mon jardin soit déjà luxuriant. Samedi dernier, après le coucher du soleil, j’entre dans la maison en disant à tous: « c’est fini pour cette année! ». Avec pour résultat un concert d’applaudissements car je devenais du même coup un papa très disponible pour les prochains mois.

En effet, l’hiver québécois c’est long et pour le couper en deux, plusieurs songent à un voyage dans le Sud.

Ça m’a d’ailleurs fait penser au frère Marie-Victorin (1885-1944), grand voyageur.  Combien en a t-il fait? Je l’ignore mais j’ai pu retracer certaines images dignes des histoires de Tintin. Je vous en propose quelques-unes.

Marie-Victorin et le professeur Francis Ernest Lloyd à Carmel en Californie (1938)

Marie-Victorin et le professeur Francis Ernest Lloyd à Carmel en Californie (1938)

De Mombasa, j’embarque avec mon ami Lloyd (de McGill) pour le port Sudan sur la mer rouge.

En 1929, les deux botanistes (Marie-Victorin et Lloyd) sont délégués à un congrès en Afrique du Sud. Ils visitent les plus beaux jardins botaniques et musées d’histoire naturelle sur trois continents. Le frère reviendra convaincu que si les Îles Canaries ont leur jardin botanique, Montréal doit absolument avoir le sien.

Marie Victorin au Caire (1929)

Marie Victorin au Caire (1929)

De fait, la construction du Jardin Botanique l’épuise et il obtient la permission de ses supérieurs d’aller se reposer durant les mois d’hiver. À partir de 1938, il séjourne 7 fois à Cuba. Il est accueilli par le frère Léon avec qui il correspond et échange des spécimens depuis 1907.

Venu de Montréal à Miami par voie aérienne, j’arrive aujourd’hui par ce beau dimanche à l’aéroport de la Havane. Mes deux collègues, Frère Léon et J-P. Carabia sont là pour me recevoir …

Marie-Victorin à Cuba (vers 1938)

Marie-Victorin à Cuba (vers 1938)

Décidément ce frère sort de l’ordinaire pour l’époque avec ses publications, ses recherches, son théâtre. Sa santé chancelante lui procure des dispenses de la part de ses supérieurs. Ses succès et privilèges aliment la jalousie interne. Certains y voient des préférences, des extravagances qui ne devraient pas être accordés à un des leurs. Ceci n’est pas de l’apostolat, dit-on. Il s’en défend:

Il y a beaucoup de demeures dans la maison du père.

Il affirmera plus tard que de toutes les épreuves qu’il a subies, celle-ci fût la plus pénible.

Pour les gens désireux de mieux connaître cet homme et toute sa contribution, n’hésitez pas à visiter le parc Marie-Victorin conçu à son honneur à Kinsey Falls, son lieu de naissance.

Dernière photo connue du frère Marie-Victorin (1944)

Dernière photo connue du frère Marie-Victorin (1944)

 

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